UisL eccl. IV
•2. Mis t. ceci. IV, 3, 3.
PÉRIODE DES PERES APOLOGISTES
J. A. Robinson^ Remarquons que, d'après la version arménienne et un premier titre de la version syriaque, l'Apologie aurait été adressée à Tempereur Hadrien ; d'après un second titre de la même version, à Caesar Titus Hadrianus Antoninus, par conséquent à Antonin le Pieux, fils adoptif d'Hadrien (138-161). La date de l'Apologie serait donc reculée vers le milieu du second siècle.
Aristide expose à l'empereur, dans son Apologie, les principales vérités du Christianisme ; il serait possible d'extraire de celle-ci un symbole de la foi chrétienne analogue au Symbole des apôtres. Elle présente les faits de la vie du Seigneur de la même façon que les évangiles, sauf sur un point : Jésus a été crucifié par les Juifs. Elle n'a aucune citation textuelle des évangiles, mais elle est néanmoins un témoin important de Fexistence des évangiles et d'écrits chrétiens. Au chapitre H, nous lisons dans la version syriaque^ : « Cela, l'Incarnation du Fils de Dieu, est enseigné d'après 1 Évangile, qui, il y a peu de temps, a été prêché (parlé) parmi vous, et si vous le lisez (l'évangile) vous comprendrez la puissance qui est en lui. » Aristide mentionne ici un évangile écrit qui possède une puissance, ce qui doit s'entendre de l'autorité qu'il a d'enseigner. Le texte grec, XVI, tel qu'on le retrouve dans Y Histoire de Barlaam et Josaphat^ ^ est encore beaucoup plus précis : Mstoc Se Tpetç TÎfXc'paç àveêto) xai ei; oùpavolç avT^XOsv. Ou to xXeoç t^ç TTOfpouataç ex Tyjç ^ap' auTOt;
lav IvTu^Tiç. De ce texte grec il ressort que, pour Aristide, les évangiles sont une Ecriture sainte. Le texte syriaque constate seulement dans ce passage l'existence
1. TecctsandStudies, 1,1, The Apology of Aristides, Cambridge, 1891. % Edition citée, p. 36 de la traduction. 3. Edition citée^ p. 110.
des évangiles. Lequel des deux est le texte authentique? Il est diflicile de croire que, si le texte grec était aussi clair, le traducteur syriaque Tait reproduit d'une façon aussi obscure. Wdinieur del Histoire de Barlaam a peutêtre expliqué et développé le texte qu'il reproduisait.
Au chapitre XVI, Aristide en appelle au témoignage des écrits des chrétiens : Kai ?va yvo^, paciiXtu, gxt ojx
eôpviaeiç oùSev l^w t9); aXrjÔeta; (jls Asysiv. Le texte syriaque s'accorde avec celui-ci.
On peut relever dans le texte grec un certain nombre d*expressions qui rappellent celles du Nouveau Testament : At' auTOu Se Tot TTotvxa aruv6<yTr,xev = Col, I, 17; (jO'i/Oi XiyovTeç stvai lawpavÔyidav = Rom. I, 22; tohç. aTreoTOfXjjiévou; TTpoç auToù; 7rpoçpr,Tac; xai Sixaiouç aTTSxTStvotv, combinaison de Matthieu, XIII, 17 et XXIII, 37, etc. ^
g 2. — Les presbytres et Papias.
C'est à peu près vers la même époque, 110-130, que vécurent en Asie et enseignèrent les presbytres, dont Papias et saint Irénée rapportent les paroles, et Papias lui-même.
Le témoignage suivant du presbytre, disciple du Seigneur, auquel saint Irénée ^ l'ait allusion : « Hujusmodi quoque de duobus Testamentis senior, apostolorum discipulus, disputabat, ab uno quidem et eodem Deo utraque contendens », serait d'une importance capitale, s'il n'était pas Tobjet de contestation. Il établirait qu'au temps du presbytre, probablement saint Polycarpe, on reconnaissait Texistence de deux Testaments, et que le Nouveau jouissait de la même autorité que l'Ancien,
1. Voir les textes dans l'édition citée, p. 100, 104, 110. ^,^Adv. Haer, IV, 49,1.
PÉRIODE DES PÈRES APOLOGISTES
puisque tous les deux venaient du même Dieu. Mais on peut se demander si le presbytre s'est réellement servi de cette expression « les deux Testaments », et, d'autre part, si cette expression était bien dans le texte grec de saint Irénée que nous n'avons plus, et, par conséquent, si elle n'est pas une interprétation du traducteur latin d'un terme que nous ne connaissons pas. On ne trouve pas dans le reste du traité de saint Irénée le terme Sictôr^x-^, qu'aurait traduit testamentum^ ni à^diil" leurs testamentum, employé dans le sens de collection de Livres saints. Saint Irénée se sert pour désigner celle-ci da terme Scriptiirae.
Saint Irénée cite encore un presbytre, qui rapporte des passages de saint Paul, extraits de l'épître aux Romains, de la première épître aux Corinthiens et de l'épître aux Éphésiens, et d'autres presbytres, disciples des apôtres, qui rapportent des passages de l'Apocalypse, qu'ils attr ibuent à Jean l'apôtre^
Mais le plus important de ces témoignages est celui de Papias, évêque d'Hiérapolis, que nous avons à exposer et à discuter. Papias, né, d'après Edwin Abbot, en 85, ou d'après Lightloot en 60-70, vécut dans la première moitié du ii® siècle et publia probablement ses Aoytwv xupiax(ov s^v^riasK OU lîr,vy)(7i<;, vers 120- 130, d'après Abbot ; vers 125-130, d'après Sanday, Nicol, Zahn, Loisy ; vers 130-140, ou un peu plus tard, d'après Lightfoot; vers 140-150, d'après Westcott, Stanton, Batilîol; vers 145-160, d'après llarnack. Saint Irénée^ affirme qu'il a été auditeur de Jean, et compagnon de saint Polycarpe. Eusèbe^ remarque que, d'après la préface de ses dires, TÔiv aùxoîî Xoywv, Papias ne paraît pas avoir entendu et vu les saints apôtres, et il cite le pas-