Chronologie der allch. Litt.p, Gi
LES ÉCRITS APOCRYPHES
seul connu des chrétiens d'Egypte est dénuée de fondement, car on ne peut soutenir que nos évangiles canoniques n'étaient pas en usage dans les chrétientés d'Égypte vers 130-150. D'ailleurs, s'il en avait été ainsi, quel évangile auraient donc connu les chrétiens d'Egypte avant l'an 130? Voudrait-on soutenir qu'avant cette date la tradition orale était pour eux l'unique source des enseignements évangéliques ? Que cet évangile ait été celui des judéochrétiens égyptiens, nous l'admettons, mais les chrétiens orthodoxes lisaient les évangiles canoniques. Cela ressort très nettement du texte de Clément d'Alexandrie, cité plus haut ^
Ei^angile de Pierre. — En 1892, Bouriant ^ publiait un long fragment de cet évangile qu'il avait trouvé à Akhmîm. Ce fragment rappelle ce qui se passa après le jugement de Jésus parPilate; il débute ainsi : « Aucun des Juifs ne se lava les mains » et il se termine au moment où Pierre partit de Jérusalem pour la Galilée, après la résurrection du Seigneur.
Nous connaissions déjà cet évangile par un passage d'Origène^, et par Eusèbe'^qui rapporte une lettre de Sérapion, évêque d'Antioche, 190-209, aux chrétiens de Rhossos, à propos de l'évangile de Pierre qui était lu dans leurs assemblées. Sérapion constate qu'il était accepté par les héritiers de ceux qui l'ont fabriqué, les Docètes. Il le rejette, parce que la tradition ne lui a transmis aucun évangile de Pierre. Sérapion reconnaît cependant que cet évangile est en grande partie en accord avec la droite parole du Sauveur, mais il constate qu'il contient des prescriptions ajoutées.
1. cf. sur cet évangile Tarticle de Tasker, in op. cit, p. 423.
2. Mémoires publiés par les membres de la mission archéologique française au Caire, IX, 1. Paris, 4892.