‹ Le Nouveau Testament dans l'Église Chrétienne (volume 2)Chapitre 74 sur 259 · Adi\ i/aer. III · texte numérisé non relu

Adi\ i/aer. III

AvecTaide des démons, dit-il, dans sa première Apologie, 26, il sema le blasphème à travers le monde. Beaucoup acceptent sa doctrine comme la seule vraie, ib. 58.

« Sur la fin du ii® siècle, dit Batiffol^ dans presque toutes les provinces on se préoccupe de combattre le raarcionisme : citons saint Irénée à Lyon, Tertullien à Cartilage, le Muratorianum, Hippolyte et Rhodon à Rome, Clément à Alexandrie, Théophile à Antioche, Bardesanes à Ephèse, Denys à Corintlie, Philippe de Gortyne en Crète. Sur la fin du iv^ siècle, saint Epiphane signalera le marcionisme comme subsistant à Rome et en Italie, en Egypte et en Palestine, en Arabie et en Syrie, en Chypre, en Thébaïde, en Perse, ailleurs encore : au v^ siècle, Théodoret signale des villages entiers de Marcionites dans son diocèse de Cyr^. »

Quelques mots sur la doctrine de Marcion nous expliqueront la position qu'il a prise à Tégard des Livres saints. Marcion poussa à l'extrême et dans toutes ses conséquences Tantinomie paulinienne entre la loi et la grâce. Pour lui, il y a un abîme infranchissable entre le Dieu de l'Ancien Testament et celui du Nouveau, entre le Dieu anthropomorphe du judaïsme et le Dieu entièrement spirituel du christianisme. Le Dieu de l'Ancien Testament fut le créateur du monde, AyitAioupyoç ; il était juste, mais il n'était pas bon : il était de cœur dur, cruel, sanguinaire. Le Dieu du Nouveau Testament était le Dieu de la grâce qui envoya Jésus pour révéler la vérité et apporter à tous le salut; il était bon, aimable, saint, parfait. Le Dieu juif de la loi était opposé au Dieu de Jésus, comme la matière à l'esprit; Jésus n'était pas venu

1. LÉglise naissante et le catholicisme^ p. 280, 3^ éd. Paris, 1009.

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