Ib. ni
MaTÔatov, Evangelium secundum Marcum. Remarquons que, si saint Irénée a rapporté quelques paroles du Seigneur, qui ne sont pas dans les évangiles canoniques, telles que les suivantes : a Quemadmodum Verbum ejus ait, omnibus divisum esse a pâtre, secundum quod quis dignus est aut erit », V, 36, 1, ou « Et ideo Dominus dicebat ingratis existentibus in eum : Si in modico fidèles non fuistis, quod magnum est quis dabit vobis? » II, 46, 1, cependant, jamais il ne s'est servi des écrits apocryphes, qu'il méprise d'ailleurs comme œuvres d'hérétiques.
A côté des euayyeXijca, saint Irénée place les aTroaxoXixa, terme qui désigne les épîtres pauliniennes et les autres écrits du Nouveau Testament. 11 est à croire que ceuxci étaient joints à la collection des épîtres pauliniennes, qu'il désigne par le terme : 6 aTToaToXoç. Ce dernier terme est cependant quelquefois employé pour signifier toute la seconde partie du Nouveau Testament. « Neque Scriptura aliqua retulit, nec Apostolus dixit, nec Dominus docuit », II, 43, 2. Dominus désigne ici la première partie, l'Évangile, Apostolus^ probablement le reste des écrits néotestamentaires. Le plus souvent, il s'applique à la collection des épîtres pauliniennes, car il est fréquemment fait allusion à ces épîtres. Après avoir rapporté le témoignage de Pierre, de Philippe et de Paul, saint Irénée ajoute : « Quoniam autem his annuntiationibus ejus omnes epistolae consonant, ex ipsis epistolis ostendimus apto in loco, exponentes apostolum », III, 16, 12. Mais ailleurs : « Necessarium est post Domini sermones subjungere Pauli quoque doctrinam et examinare sententiam ejus et Apostolum exponere », IV, 48, 2, où l'on voit rassemblées les deux parties du Nouveau Testament désignées par Dominus et Apostolus.
Saint Irénée enseigne très clairement que les livres
du Nouveau Testament sont Écritures saintes par les formules de citation dont il se sert pour en introduire des passages, formules identiques à celles qu'il emploie pour l'Ancien Testament. Ainsi^ il introduira de la façon suivante des textes néotestamentaires : Inquit Scriptura ; — Juste Scriptura dixit ; — Quemadmodum Scriptura dicit, Ps. XXXll, 6, et iterum : Jean^ 1,3; Trspt Sv al Ypa^pai SiaêeêaiouvTai; — Secundum scriptum est; Quando et scriptum est ; — De eo quod est scriptum ; — Quemadmodum in Evangelio scriptum est; — Scribitur.
Les formules employées pour les évangiles sont : In ci^angelio dicit Dominus ou Ser mortes Domini^ ih, Aoyia Kupiou, dicit Dominus. Pour les épîtres pauliniennes, nous avons : Apostolus ait, dixit.
En outre, pour désigner les livres du Nouveau Testament, il emploie les termes ^ ypacpvi, ai yp»?'^^ Scriptarae. Et ces termes précédés de l'article désignent toujours les Écritures sacrées. Quand il mentionne un écrit profane, il dit : ypa'f/i sans l'article ou : GuyïP'^l^f^'^-
D'ailleurs, saint Irénée place les livres du Nouveau Testament sur le même pied que ceux de l'Ancien, car il les cite les uns à côté des autres, leur attribuant la même autorité. 'Ioaavv7]ç ô paTrxicrTv^ç cpy,(ji Tuepl auTOu... 'l£p£tjt,(aç l\ ôfxoi'oK (p7](jiv, V, 17, 4; Quoniam omnes clamant Scripturae et Dominus docet, II, 7, 3 ; Et Dominus manifeste dixit et reliquae demonstrant Scripturae, II, 43, 2; Dies nominatur et a propheta et a Paulo, II, 32, 7; Ait propheta Isaias... et apostolus autem scribens ad Galatas similiter ait », V, 35, 2. Pour saint Irénée, c'est le même Esprit divin qui a inspiré les écrits des deux Testaments : « Unus et idem Spiritus Dei qui in prophetis quidem praeconavit... ipse et in Apostolis annuntiavit ^ » Il enseigne très clairement l'inspira-