‹ Le Nouveau Testament dans l'Église Chrétienne (volume 3)Chapitre 135 sur 239 · ScRivOER, op. cit · texte numérisé non relu

ScRivOER, op. cit

ti. Textkritik des Neuen Test. Leipzig, IWM;!!, p. 539 et ss.

$2. — Église de Palestine.

Eusèhe de Césarée et les écrits néotestsunentaires. — Né vers Pan 265 et mort en 340, Eusèbe Pamphile, évêque de Césarée de Palestine, a rassemblé dans son Histoire ecclésiastique ce que Ton pensait de son temps sur les écrits authentiques du Nouveau Testament et sur les écrits contestés. Il a essayé d'établir une délimitation raisonnée entre les uns et les autres. Il s'est attaché surtout à réunir tout ce qui avait été dit sur les écrits de la seconde catégorie, afin d'établir un jugement sur leur valeur. Pour lui, l'estime qu'on en doit avoir ne dépend pas de la valeur intrinsèque de l'écrit, mais de l'usage qui en a été fait dans l'Église chrétienne. Il relève donc, dans les ouvrages des écrivains ecclésiastiques qu'il étudie, les livres qui ont été cités, l'usage qui en a été fait et l'autorité qu'on leur a attribuée.

Ce sont ces relevés qui lui fournissent les matériaux de sa classification, qu'il nous a donnée au livre III de son Histoire ecclésiastique, ch. 25. « Au point où nous en sommes, il semble à propos de capituler, (xvaxe'.paXaiû)- (jotaOai, dans une liste les écrits du Nouveau Testament dont il a déjà été parlé. Et certes, il faut mettre au premier rang, Iv irptoToiç, la sainte tétrade des évangiles, que suit l'écrit des Actes des apôtres. Après celui-là, il faut joindre les épîtres de saint Paul, à la suite desquelles il faut recevoir celle qui est rapportée la première de Jean, Tr,v (pepofjtÉvïiv 'Itodvvoi» irpotépav, et semblablement l'épître -sanctionnée, xupwTs'ov, de Pierre. A ceux-là on ajoutera, si on le juge bon, l'Apocalypse de Jean, au sujet de laquelle nous exposerons en son temps ce qui en a été pensé. Et tels sont les livres reçus de tous, IvôfjtoXoYoufjiévoiç.

L'ÉGLISE D'ORTENT (220-350). 269

« Parmi ceux qui sont contestés, -rwv 8' àvTi>.£YO{Aévwv, mais pareillement connus de beaucoup, on place l'épître dite, XeyoïJLEVTi, de Jacques, et celle de Jude, la seconde épître de saint Pierre et celles qui sont nommées, xa\ yi ovoaaCojxévy,, la deuxième et la troisième de Jean, qu'elles viennent, soit de l'évangéliste, soit d'un autre, homonyme de celui-ci.

« Parmi les apocryphes (bâtards, vôôoiç), il faut aussi ranger le livre des Actes de Paul et celui qui est appelé, 0 Xe^ôtAEvoç, le Pasteur et l'Apocalypse de Pierre et, de plus, l'épître attribuée, (pepojjivr,, à Barnabe et les enseignements dits des apôtres, xai twv àitoffTÔXwv al Xeyôaevai AiS«;^at, et encore, comme je l'ai dit, l'Apocalypse de Jean, si cela paraît bon, û ifaveÎT), laquelle, comme je l'ai dit, quelques-uns rejettent, -îiv Tiveç àôetoûdiv, mais que d'autres admettent après examen, parmi les livres universellement reconnus, e'vxpîvouffiv toîç èuoXoYouuÉvotc. Quelques-uns enregistrent encore parmi ceux-ci lévangile selon les Hébreux, dont ceux des Juifs qui ont reçu le Christ se servent de préférence. Tous ces livres pourraient être rangés parmi les contestés, twv àvTÙ.EYOfiiévwv.

« Mais nécessairement nous avons dûdresserdemême le catalogue de ceux-ci, séparant, Siaxpi'vovTs;, les écrits 'qui, selon la tradition ecclésiastique, sont vrais et authentiques et reconnus, to? ts xari t-Jjv ^xxX/,(jiaaTix:Jlv icapâSoffiv àXrjOeî; x«i àTrXdfffou; x«l àvwtxoXoYïluiEva; Ypot:paç, et ceux qui sont autres que ceux-ci, xa\ xàç dfXXw; ir«pà ToiÛTa;, n'étant pas testamentaires, oux èvoiaôr'xoui;, mais sont contestés, bien qu'ils soient connus de la plupart des écrivains ecclésiastiques, afin que nous paissions bien reconnaître ces écrits et ceux qui, sous le nom d'apôtres, ont cours chez les hérétiques, xai tsç 8vo(jiaTi TWV ànooToXwv Trpô; twv otîpeTtxwv TrpocpepOjjiêvaç, qu'ils s'annoncent comme évangiles de Pierre et de Thomas et de Matthias et de quelques autres à côté de ceux-ci, ou

comme Actes d'André, de saint Jean et des autres apôtres, livres qu'aucun homme, inscrit dans la succession ecclésiastique, n'adaignéjamaisappeleren témoignage, (j>v oùSèv oùSajjLÔiç Iv (7UYYpa(J''[Ji.aTt tîov xaxà Taç SiaSo)(^ài; èxxXrjaiaaTixôûv tiç àv^p eîç (Aviq(jir)v àyaYeîv •}\lm(si'*. Le caractère même de leur style est en opposition avec l'usage apostolique ; la pensée et le choix de leurs enseignements sont tout à fait en désaccord avec ceux de la véritable orthodoxie, de sorte qu'ils montrent clairement qu'ils sont des inventions d'hérétiques. C'est pourquoi il ne faut pas même les ranger parmi les apocryphes (bâtards, Iv vôôotç), mais il faut les rejeter comme absolument absurdes et impies, iW àç ^toTra TtavTïj y.«i Suffffeêri. »

Ce texte important doit être examiné soit en luimême, soit en le comparant à d'autres textes d'Eusèbe sur la même question. Rappelons que le but de l'écrivain est de fixer le canon du Nouveau Testament en cataloguant le témoignage des écrivains précédents sur les écrits néotestamentaires ou non. 11 range donc, d'un côté ceux qui sont acceptés par tous, homologoumènes, et ceux qui sont contestés, antilégomènes, et de l'autre les écrits des hérétiques. Cette séparation des livres hérétiques des autres écrits qui ont reçu une acceptation plus ou moins étendue dans l'Eglise est fondée sur ce que la doctrine de ces écrits n'est pas conforme à la foi orthodoxe.

La division des écrits en homologoumènes et antilégomènes est basée sur leur réception plus ou moins étendue dans l'Église. Les homologoumènes, c'est-àdire les écrits acceptés par tous, sont les quatre évangiles, les Actes des apôtres, les épîtres pauliniennes, la première épître de saint Jean et la première épître de saint Pierre et, avec une restriction toutefois, l'Apocalypse de saint Jean.

Sur les antilégomènes, la manière de s'exprimer d'Eusèbe est un peu flottante. Il distingue deux catégories d'antilégomènes. Dans la première, il range les livres qui ont été contestés, mais qui sont acceptés par la majorité, tels que l'épître de saint Jacques, celle de saint Jude, la seconde de saint Pierre, la deuxième et la troisième de saint Jean.

La seconde catégorie, qui comprend les Actes de Paul, le Pasteur d'Hermas, l'Apocalypse de Pierre, l'épître de saint Barnabe, les Doctrines des apôtres et, d'après quelques-uns, l'évangile selon les Hébreux et même, pour un petit nombre, l'Apocalypse de saint Jean, est formée de livres qui peuvent être rangés parmi les contestés, antilégomènes, mais qui, ne portant pas les marques authentiques d'origine apostolique et n'étant reçus que de la minorité des églises, sont appelés" vôOoi, c'est-à-dire bâtards, illégitimes, apocryphes. Cette appellation ne vise pas leur contenu ou leur authenticité, mais leur moindre réception dans l'Église. Ailleurs ^ cependant, il appellera bâtards ou apocryphes, vôôoi, des écrits hérétiques. « Voilà ce qui est venu à notre connaissance relativement aux apôtres et à leurs temps, ainsi qu'aux saintes Écritures qu'ils nous ont laissées et aux écrits qui, bien que contestés, sont lus de même publiquement dans un grand nombre d'églises, enfin à ceux qui sont absolument apocryphes, TTavTeXtTi; vôôwv, et étrangers. àXXoTpfwv, à l'orthodoxie apostolique. » 11 y aurait donc deux catégories de vo'ôoi, de bâtards : les écrits simplement bâtards, qui sont contestés, et les écrits tout à fait bâtards, qui sont hérétiques. Cet emploi d'un même terme pour deux sortes d'écrits différents entraîne une certaine confusion, à laquelle on remédiera

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