‹ Le Nouveau Testament dans l'Église Chrétienne (volume 3)Chapitre 146 sur 239 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Saint Cyprien. — Nous trouvons dans l'évoque de Carthage, saint Cyprien, un témoin important des livres reçus en Afrique, à son époque, 200-258, car il a cité 905 versets du Nouveau Testament, extraits de presque tous les livres du Nouveau Testament, et la plupart de ces livres sont cités à peu près dans leur entier. Son Nouveau Testament a été reconstitué d'après ses œuvres par Hans Freiherr von Soden ^ 11 contenait les quatre évangiles, de saint Matthieu, de saint Marc, de saint Luc, de saint Jean, les Actes des apôtres, les épîtres de saint Paul aux Romains, la première et la deuxième aux Corinthiens, aux Galates, aux Éphésiens, auxPhilippiens, aux Colossiens, la première et la deuxième aux Thessaloniciens, la première et la deuxième à Timothée, à Tite, la première épître de saint Pierre, la première épître de saint Jean, l'Apocalypse. Saint Cyprien n'a donc pas cité les épîtres à Philémon, aux Hébreux, l'épître de saint Jacques, la seconde et la troisième de saint Jean, celle de saint Jude et la seconde de saint Pierre.

1. Da$ lateiniiche Neut Testament inAfrika zur Zeit Cypriana, Leipzig, 1909.

LÉGUSE D'OCCIDENT (220-350). 283

il est probable qu'il devait connaître l'épître aux Hébreux, puisque TertuUien en parle, en l'attribuant à Barnabe, mais lui non plus ne la croyait pas paulinienne et ne la regardait pas comme canonique. Von Soden * n'en a pas retrouvé non plus des citations dans les autres écrivains du temps. Cependant Heidenreich^ affirme qu'on trouve dans les écrits faussement attribués à saint Cyprien quatre citations de l'épître aux Hébreux et une de l'épître de saint Jude.

Aux écrits cités par saint Cyprien, von Soden ajoute la seconde épître de saint Jean citée daiiBles Sententiae LXXXVII episcoporum du concile de Carthage, tenu en 256, sous la présidence de saint Cyprien, et par Optât de Milève, IV, 5. Au milieu du m* siècle, l'église d'Afrique recevait donc comme canoniques tous les livres du Nouveau Testament sauf l'épître aux Hébreux, celle à Philémon, lépître de saint Jacques, la troisième de saint Jean et celle de saint Jude. Celleci cependant était, d'après Zahn', reçue à Carthage vers l'an 200. La seconde épître de saint Pierre devait être dans le canon africain puisque nous la trouvons dans les manuscrits vieux latins d'origine africaine.

Autres écrivains latins. — Nous avons peu de témoignages à relever, sauf la persistance du refus à accepter l'épître aux Hébreux comme canonique, et au contraire l'acceptation de l'Apocalypse, malgré les doutes émis en Orient. Pour la première, le fait est constaté par Eusèbe '', qui affirme qu'il en est chez les Romains, irapà 'Pwjxai'tov xioî, qui ne la regardent pas comme une œuvre de l'apôtre. Romains ici est syno-

i. Opère citalo.

i. Der neulestamentliche Text bei Cyprian cergliehen mit den Vulgata-Text, p. 136, Bamberg, *900.

a. Grundrits des nt. Kanons p. 68.

♦. Hist. eoel. VI, iO, 3.

nyme de Latins. Saint Jérôme^ résume ainsi le témoignage de l'église latine sur cette épître : « Sed et apud Romanos usque hodie quasi apostoli Pauli non habetur. » Et ailleurs^, il dit en parlant de cette épître : « Quod si eam Latinorum consuetudo non recipit inter canonicas Scripturas. » L'évêque de Pettau, en Pannonie, Victor in, mort en 303 ou 304, ne regardait pas non plus l'épître aux Hébreux comme paulinienne, puisqu'il affirme que Paul n'a écrit qu'à sept églises ^. Optât de Milève ne cite pas l'épître aux Hébreux.

Nous trouvons cependant quelques témoignages d'écrivains occidentaux en faveur de l'authenticité paulinienne de l'épître aux Hébreux.

Commodianus. — L'évêque africain Commodianus, qui vivait probablement dans la seconde partie du m* siècle, fait allusion à l'épître aux Hébreux, mais il n'est pas un témoin très sûr quant aux livres tenus pour canoniques de son temps, car il cite l'épître de saint Jacques, qui n'était pas dans le canon africain, ou il imite des livres apocryphes, la Didachè, le Pasteur d'Hermas.

Ambrosiaster et Pelage. — Beaucoup plus tard, au commencement du v^ siècle, le commentateur des épîtres pauliniennes, désigné sous le nom d'Ambrosiaster, cite un passage de l'épître aux Hébreux, comme scripturaire ' ; Pelage •'', dans son commentaire de l'épître aux Romains, affirme que l'épître aux Hébreux est de Paul : Sicut dicit ipse Apostolus ad Hebraeos. Cependant, ils n'ont ni l'un ni l'autre expliqué l'épître aux Hébreux dans leurs commentaires sur les épîtres pauliniennes.

\. De Viris ill.^.

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