Etudes biblique; U H, p. 91, Paris, ISt
catholiques ce mot devait sonner mal. Car l'Eglise, vraie fille de lumière, et prêchant sa doctrine à ciel ouvert, n'éprouvait que de l'horreur pour ces prétendues inspirations des sectaires. De là, l'idée défavorable que ce mot réveille toujours dans la bouche de ses docteurs. Et toutefois, même chez eux, il n'imprime pas partout une égale flétrissure. Si le plus souvent ils l'ont appliqué à des livres suspects, pleins de fables ou même entachés d'hérésie, d'autres fois, ils en ont qualifié des écrits qu'ils jugeaient bons et utiles, mais qui ne semblaient pas encore revêtus de l'autorité suprême qu'ils ont reçue depuis par le témoignage authentique et solennel de l'Eglise. Ces distinctions sont nécessaires pour l'intelligence des anciens écrivains ecclésiastiques, et il faut du tact pour discerner, en chaque endroit où cette expression se rencontre, la nuance précise à laquelle on doit s'arrêter. Parmi les modernes, le mot « apocryphe » désigne toute œuvre littéraire qui, par son titre et par son contenu, semble se placer au rang des écritures canoniques, s'en attribuer l'inspiration et l'infaillible autorité », mais, ajoutons-le, ne justifie pas cette attribution.
Remarquons que les premiers écrivains chrétiens ont employé des termes différents pour exprimer la même idée. Outre le terme aTrôxpucpoç, que traduit le latin secî'etuSj en opposition avec ^avepo'ç, manifestas, on trouve encore àTtdppriTo;, arcanus, secretus, opposé à ^rjToc;. Comme le contraire de airoxpucpoç on a aussi SyiiaÔctioç, xoivoç xat SeSTi[jieu{ji£VO; ou 86Syi[jiO(jieu[xévoç( f'M /g"ai«5) ^ .
Rappelons que les protestants appellent « Apocryphes » les livres deutérocanoniques de l'Ancien Testament.
4. On trouvera les citations et les références dans Zahn, op. cit. p. 131, note 1.