‹ Le Nouveau Testament dans l'Église Chrétienne (volume 3)Chapitre 158 sur 239 · Ed. bén. t. VI, p. 314. ~ M.G. LVI, col · texte numérisé non relu

Ed. bén. t. VI, p. 314. ~ M.G. LVI, col

ÉGLISES D'ORIENT (35<MàO;. 299

tent du canon, àTfoxavovtJJooui, la seconde et la troisième.

Dans son Homélie sur l'évangile de saint Jean, 34, saint Jean Chrysostome rapporte une citation des Proverbes, XXVI, 11, que l'on retrouve dans II Pierre, II, 22. L'a-t-il empruntée au premier ou au second écrit? Plutôt au premier, car sa citation s'en rapproche davantage. Un ami de saint Jean Chrysostome, Palladius, qui a écrit un Dialogue sur la vie de Jean, évoque de Constantinople, à la bouche d'or ', lui fait citer des passages de la deuxième épitre de saint Pierre, de la troisième de saint Jean et de celle de saint Jude. Cela prouverait qu'il les a connues, mais non qu'il les a tenues pour canoniques. 11 en est de même pour l'Apocalypse, malgré raffirmation de Suidas' que saint Jean Chrysostome reçoit les trois épîtres de saint Jean et l'Apocalypse; on constate qu'il n'a jamais cité ce dernier livre, ce qui nous oblige à conclure qu'il ne le rangeait pas parmi les canoniques. Eu fait, son canon des livres saints était celui de la Peschitlo, la version syriaque de son temps.

Théodore de Mopsueste. — Théodore, évéque de Mopsueste en Cilicic, né aux environs de l'an 350 et mort en 428, fut lui aussi un représentant de l'école d'Antioche. Il nous reste seulement des fragments de ses œuvres qu'on trouvera rassemblés dans le tome LVl de la Patrologie grecque de Migne. Il y aura lieu d y ajouter les morceaux découverts dans les cinquante dernières années.

Léonce de Byzance, vi« siècle, a porté sur Théodore un jugement très sévère' : « Theodorus... audet contra gloriamSpiritus Sancti, cum omnes scripluras humiliter et démisse interpretans, tum vcro a numéro sacrarum

\. Edité par É m. Bigot, Paris, 1680.

*. Lexique, au mot 'luiiwm.

. Contra Nestor, et Eulych, M. G. LXXXVI, col. 136.

300 PaOMOLGATION DE LISTES DES LIVRES DU N. T.

Scripturaram divine praescripto et indioato eas separans. » 11 l'accuse d'avoir rejeté l'épître de saint Jacques et les autres épîtres catholiques qui suivent ^ 11 est donc probable que Théodore recevait la première de saint Pierre et la première de saint Jean, placées avant. On ne nous dit pas son opinion sur l'Apocalypse, mais il est probable que, comme ses contemporains de l'école d'Antioche, il ne la tenait pas pour canonique. Il a écrit des commentaires sur les quatorze épîtres de saint Paul et il a cité l'épître aux Hébreux comme étant de l'apôtre saint Paul.

Théodoret. Né à Antioche vers 393, il devint évêque de Cyrrhus, dans la Syrie supérieure, où il mourut vers 458. Il a écrit des commentaires sur les épîtres de saint Paul. Dans sa préface à l'épître aux Hébreux, il affirme que ce sont les ariens qui l'ont retranchée du canon 2. « Depuis que les églises ont eu communication des lettres apostoliques, elles ont pris leur édification dans l'épître aux Hébreux. Si cela ne suffisait pas pour persuader les ariens, ils auraient dû s'en rapporter à Eusèbe de Palestine qu'ils tiennent pour fauteur de leurs dogmes, car il avoue que cette lettre est de saint Paul et que tous les anciens l'ont reçue comme telle. » On ne voit pas que, si quelques-uns l'ont fait, tous les ariens aient rejeté l'authenticité paulinienne de l'épître aux Hébreux. Théodoret, élève de Théodore de Mopsueste, n'a pas cité l'Apocalypse.

§ 4. — Église syrienne du nord.

Revenons en arrière dans l'ordre du temps pour citer les témoignages des écrivains delà Syrie septentrionale, Aphraates, le sage Persan, et saint Éphrem.

Page 1