M. G. CXLV, col
(Je ceux-là sont illégitimes et inscrits par fraude. TrapÉYYpaTTTot.
Comme certains livres quil a relatés ont été frappés d'un obèle, il va rappeler ce qu'Eusèbe en a dit. Il n'y eut jamais de suspicion suri authenticité des évangiles et des Actes. Il y eut des doutes sur l'épître de Jacques, sur celle de Jude et sur la seconde de Pierre. Des trois épîtresde Jean, la première seule a été hors le contestation; les deux autres seraient, disait-on, de Jean le presbytre dont parle Papias. Quelques-uns s'imaginèrent aussi que l'Apocalypse était de ce même presbytre. Les épîtres de Paul, sauf l'épître aux Hébreux, ont toujours joui d'une autorité indiscutable. On a douté do l'authenticité de cette épître à cause de la différence de style entre elle et les épîtres pauliniennes et parce que le nom de Paul n'est pas en tête de l'épître. Les uns ont affirmé qu'elle avait été écrite par Luc. les autres, ce qui est plus vraisemblable, par Clément. Quoi qu'il en soit, ces livres, mis en doute par les anciens, ont obtenu dans toute l'Eglise une autorité qu'on ne peut contredire, «vovTt'pprjtov.
Nicéphore recense ensuite les livres qu'on doit tenir pour illégitimes et inscrits par fraude : La Prédication et l'Evangile, les Actes et l'Apocalypse de Pierre. Il reçoit aussi parmi les contestés, èv àjA^tXéx-coi;, les Actes de Paul et le Pasteur d'Hermas. Ce dernier livre paraît cependant nécessaire à quelques-uns pour enseigner les éléments de la piété. Plusieurs parmi les anciens s'en sont servis. Parmi les illégitimes, voOoi, doivent être placées l'épître attribuée à Barnabe et les Doctrines des apôtres : à côté deux on placera l'évangile selon les Hébreux.
Il fallait, conclut-il, rapporter les livres qui ont toujours été mis au nombre des écrits canoniques et ceux qui ont été autrefois discutés, mais qui sont actuelle-
ment acceptés par l'Eglise, afin que nous sachions quelles sont les Ecritures légitimes, YVïiaîai, et que nous les distinguions des écritures pseudonymes, attribuées aux apôtres Pierre, Thomas, Jean et Matthias.
Il ressort de ces pages de Nicéphore quele canon du Nouveau Testament reçu dans l'église d'Orient, est le même que celui que nous avons déjà trouvé dans l'église d'Occident et qui est confirmé par le témoignage des écrivains dont nous allons parler.