‹ Le Nouveau Testament dans l'Église Chrétienne (volume 3)Chapitre 187 sur 239 · Pauli apoêtoli ad Laodicemes Epistola, Hamburg, «SOS · texte numérisé non relu

Pauli apoêtoli ad Laodicemes Epistola, Hamburg, «SOS

i. Dis», sur Col. IV, 16 ; cité par Licutfoot, Ep. ta the Colotsians, LontlûD, ISM, p. J98, n. •».

3. Ligbtfoota doQDé sur l'épître anx Laodicéens un travail important clans son Commentaire sur l'épitre aux Colossiens, p. féi-ia».

Cassiodore (468-560) a donné, dans l'ouvrage ' qu'il écrivit pour l'instruction de ses moines, trois listes des écritures canoniques : La première reproduisait la liste de saint Jérôme; la seconde, celle de saint Augustin; la troisième était faite d'après une ancienne traduction, par conséquent d'après la vieille version latine. La voici : « Scriptura sancta secundum antiquam translationem in Testamenta duo dividitur... Post haec sequuntur Evangelia quatuor, id est Matthaei, Marci, Lucae, Johannis : Actus apostolorum : Epistolae Pétri ad gentes : Jacobi, Johannis ad Parthos : Epistolae Pauli ad Romanos una, ad Corinthios duae, ad Galatas una, ad Philippenses una, ad Ephesios una, ad Colossenses una, ad Hebraeos una, ad Thessalonicenses duae, ad Timotheum duae, ad Titum una, ad Philemonem una : Apocalypsis Johannis. » L'épître aux Éphésiens qui manque dans les éditions a été rétablie par Westcott d'après les manuscrits. On remarquera que l'épître de saint Jude n'est pas mentionnée dans cette liste. L'omission est probablement accidentelle puisque Cassiodore l'a introduite dans ses précédentes listes.

L'épître aux Hébreux n'était encore entrée que récemment dans l'usage latin, puisque Cassiodore nous apprend qu'il n'en existait aucun commentaire latin et qu'il a été obligé de faire traduire du grec les homélies de saint Jean Chrysostome sur cette épître pour les mettre entre les mains de ses moines.

Concile de Tolède. — En Espagne, le troisième concile de Tolède ^ ordonne qu'après la condamnation de l'hérésie arienne, les épîtres des pontifes romains restent en vigueur, et il adopte le canon du Nouveau

-1. De Institutionedivinarum Litterarum,i'^. 2. Mansi, IX. p. 992.

Testament établi par le pape Innocent I" dans son épître à Exupère.

Saint Isidore de Séville, dans son ouvrage * Etymologiarum, VI, 1, vers 630, distingue deux ordres dans le Nouveau Testament : « In novo autem Testamento duo sunt ordines : primus evangelicus, in que sunt Matlhaeus, Marcus, Lucas et Joannes. Secundus apostolicus, in quo sunt Paulus in quatuordecim epistolis, Petrus in duabus, Joannes in tribus, Jacobus et Judas in singulis, Actus apostolorum et Apocalypsis Joannis. »

Dans son traité De Scriptoribus sacrorum librorum, c. XII, il rappelle ce qu'on a pensé sur quelques livres du Nouveau Testament. Après avoir parlé des évangiles et des épîtres pauliniennes, il ajoute : « Ad llebraeos autem epistolam plerisque Latinis ejus esse incertum est, propter dissonantiam sermonis, Eandemque alii Barnabam conscripsisse, alii a Clémente scriptam fuisse suspicantur. Petrus scripsit duas nomine suo epistolas, quae catholicae nominantur ; quarum secunda a quibusdam ejus esse non creditur, propter stili sermonisque distantiam. Jacobus suam scripsit epistolam, quae et ipsa a nonnullis ejus esse negatur,sed sub nomine ejus ab alio dictata existimatur, Joannis epistolas très idem Joannes edidit, quarum prima tanium a quibusdam ejus esse asseritur, reliquae duae Joannis cujusdam presbyteri existimantur, cujus juxta Hieronymi sententiam alterum sepulcrum apud Ephesum demonstratur. Judas suam edidit epistolam. Actus apostolorum Lucas composuit, sicut audivit vel vidit. Apocalypsin Joannes evangelifta scripsit eodem tempore, qui ob evangelii praedicationem in insulam Pathmos traditur relegatus. » L'auteur

\. M. L. LXXXU, CoL«33.

de ces mêmes Ecritures, ajoute saint Isidore, est l'Esprit Saint.

Dans un autre de ses ouvrages ^ après avoir cité les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, dans l'ordre précité, il conclut : « Hae litterae sacrae, hi libri integri numéro et auctoritate ; aliud cum istis nihil est comparandum. Quidquid extra hosfuerit,interhaec sancta et divina nullatenus est recipiendum. »

Cette exclusion très nette des livres apocryphes s'explique par le fait qu'en Espagne, à cette époque, circulaient un grand nombre de livres apocryphes et hérétiques. Un évêque des Asturies en a dressé les listes 2.

On remarquera que saint Isidore parle des doutes soulevés à propos de l'authenticité paulinienne de l'épître aux Hébreux, tandis qu'il ne rappelle pas ceux qui ont été élevés sur l'origine johannique de l'Apocalypse. Il est probable qu'il s'en est tenu ici au point de vue de la tradition latine qui a toujours accepté l'Apocalypse, tandis que pour l'épître aux Hébreux, elle l'a reçue plus tardivement. Il est vrai qu'il ne dit rien non plus de ceux qui ont rejeté l'épître de saint Jude, quoique saint Jérôme, à qui il emprunte ses renseignements, en ait parlé. De plus, saint Isidore ne voulait pas rappeler les doutes au sujet de l'Apocalypse, à cause du décret de condamnation porté par le quatrième concile de Tolède contre ceux qui rejetaient l'Apocalypse (les Wisigoths ariens) : « Apocalypsim librum multorum conciliorum auctoritas et synodica sanctorum praesulum Romanorum décréta Joannis evangelistae esse perscribunt, et inter divines libros recipiendum constituerunt ; sed quamplurimi sunt, qui ejus auctoritatem non recipiunt

\. In librosW ac N. T. Prooemia.

2. Turribii episc, Aslur. Epistola de non recipiendis apocryphis scripturis. In Op. Lkonis Magni, éd. Uaix, I, 711.

atque in Ecclesia Dei praedicare contemnunt. Si quis eum deinceps aut non receperit, aut a pascha usque ad pentecosten missarum tempore in ecclesia non praedicaverit, excommunicationis sententiam habebit. » Le concile voulait par cette prescription obliger les Wisigoths récemment passés de l'arianisme au catholicisme, qui n'avaient pas l'Apocalypse dans leur Bible, à recevoir tous les livres tenus pour canoniques par l'Église latine. On se demandera pourquoi le concile n'a pas porté la même condamnation v^ontre les Wisigoths qui ne possédaient pas non plus l'épître aux Hébreux dans leur Bible.

Saint Eug-éne ', évêque de Tolède, a mis en vers la liste des livres du Nouveau Testament de son maître, saint Isidore. Son disciple et successeur, saint Ildefonse ^, a reproduit presque textuellement celle qu'avait donnée saint Augustin.

Le Vénérable Bède. — En Angleterre, le Vénérable Bède, vers 700, reçoit le canon du Nouveau Testament qui a été transmis aux convertis anglo-saxons par les missionnaires romains. Cependant, adoptant l'opinion de saint Jérôme, il place l'évangile selon les Hébreux parmi les livres ecclésiastiques et non parmi les apocryphes ^.

Les autres écrivains anglais, Aelfric, Jean de Salisbury, Lanfranc, etc., mise à part leur opinion sur l'épître aux Laodicéens, reçoivent aussi le canon de l'église romaine.

Jean de Sahsbury. — Cependant, Jean de Salisbury reproduisant le Prologus galeatus de saint Jérôme, place le Pasteur après les livres de la Sagesse et de

i. il. L. LXXXVll, col. 394.

i. M. L. XCVI, col. 140.

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