Op. cit. p
épîtres pauliniennes. Il y a même un manuscrit, le Codex Boernerianus, ix* siècle, qui ne contient pas l'épître aux Hébreux. Le Codex Augiensis, fin du IX* siècle, contient le texte latin de cette épître et non le texte grec.
Remarquons au sujet de l'épître aux Hébreux que, de toutes les épîtres pauliniennes, c'est celle qui a été le plus différemment placée. On dirait qu'on ne savait où la mettre. « Tantôt, dit Reuss, p. 212, elle est placée entre les épîtres aux Thessaloniciens et celles à Timothée, tantôt après l'épître aux Colossiens, le plus souvent après l'épître à Philémon, comme un appendice ajouté après coup à un recueil déjà complet, et cette variété, en apparence toute fortuite, dans la place qui lui est assignée est un indice sûr de la persistance du doute traditionnel. >»
Haimon de Hsdherstadt. — Ces doutes sur l'origine de l'épître aux Hébreux n'étaient pas en effet oubliés, puisque, au ix* siècle, Haimon de Halberstadt (7- 853) défend la canonicité de cette épître* : « Licet, dit-il. manifesta sint Pauli apostoli scripta, nonnulli tamen de epistola ad Hebraeos dubitant. Sed sciendum quod a Paulo scripta est in hebraeo sermone tanquam Hebraeis, a Luca vero ejus discipulo interpretata in graecum. Unde et stylus ejus magis videtur similis libello illi, quem idem Lucas de Actibus apostolorum scribit. Quod autem subscriptionem solitara non habet ibi, hoc rationis est quod praeceptum erat de Hebraeis ne de Pauli nomine dicta susciperent; et idcirco prudenter nomen suum omisit, ne statim in principio Pauli nomine inspecto lectio ejus repudiaretur. »
Saint Thomas d'Aquin. — Beaucoup plus tard, saint Thomas d'Aquin (j 1274 rappelle encore ces doutes :