EisfcBE, Uist.cecl.W. a
i. Ib. IV, 43.
5. Strom. I, 7, 38. Cf. J.-B. Licutkoot, SI Clément of Rome, 1, p. 3iC. London, 181)0.
OU même plus tard. La grande majorité des critiques, Cotelier, Cellier, Windischmann, Fessier, Hilgenfeld, Lipsius, Lightfoot, Donaldson, Bryennios, liarnack, Funk, Bardenhewer, Stanton, Gregory pensent qu'elle date de la fin du règne de Domitien (96) ou du commencement de celui de Trajan (98 après J.-C.)^
L'épître de saint Clément est toute pénétrée des saintes Ecritures ; l'Ancien Testament est cité à peu près textuellement cent six fois et de nombreux passages de l'épître le rappellent. Le Nouveau Testament a également fortement marqué son empreinte sur l'épître, ainsi qu'on le constate par les nombreuses réminiscences qu'on y rencontre, et surtout par des citations presque textuelles de plusieurs des écrits du Nouveau Testament. Cette seule observation établit déjà l'estime dans laquelle saint Clément tenait ces livres, et cela ressort d'autant mieux du fait qu'il n'a connu aucun livre chrétien en dehors des écrits du Nouveau Testament, ou que, s'il les a connus, il ne leur attribue aucune autorité, puisqu'il n'en cite aucun passage ou ne semble pas y faire allusion. Et pourtant, de son temps, il existait déjà plusieurs récits évangéliques et même des épîtres et des Actes des apôtres en dehors de ceux du Nouveau Testament. S'il utilise seulement ces derniers, c'est donc que ceux-là seulement avaient de l'autorité pour lui. Cependant, nous relèverons dans le passage cité plus loin, XIII, 2, une sentence extra-canonique insérée dans une suite de sentences canoniques : wç j^^pviffTsueffOe, outw; j^priaTsuÔTQaeTat ô(jLÎv. Signalons aussi une sentence introduite par fé- YpaTtTai, et inconnue aux Ecritures canoniques : réYpaTrtai yy.^' KoXXauOe ToTc àytoiç^Tt oi xoXXcoixevoi aùtoîç aYiotffôviaovTai. Cette sentence a été citée par Clément d'Alexandrie
1. cf. pour la preuve de ceUe opinion Lightfoot, op. cit. p. 3i6.
et se retrouve en termes analogues dans plusieurs écrits chrétiens ^
Voyons maintenant l'usage que saint Clément a fait des textes néotestamentaires, tout en nous rappelant qu'il ne s'astreint pas à citer littéralement les textes.
Au chapitre Xlll, 1, saint Clément invite ses lecteurs I se souvenir des paroles du Seigneur Jésus, car il a dit, enseignant léquité et la longanimité :
1. 'KXeSte iva tltrfir^xt = Matth. V, 7 : fiaxâpioi oî lkfr[ixoveç Sti aùioi iXer.Or'ffovrai ?
2. 'A^pîete îva «(psO?] Gfiiv = Luc, VI, 37 : iiztjkCixz xil àTToXuôr'ireoOe?
3. 'l2;TroielTe, oCtw T:oir,ô/'oeTai Guiv = Lmc, VI, 31 : xetOfoç OiXere fva iroiôiaiv iiuïv oî avOptonot, Koittxe aÙTot( 6u,ot'a)ç. Cf. Matth.NW^n.
4. 'il; oi'SoTe, outw; Swôr'ffetat &}xîv = Luc, VI, 38 : oiîott xati SoÔr,(JETai ufxîv.
5. *iiç xpîv£T£, ooTOiç xpiOr,<i£aOï = Matth. \ I, 1 : l* y Y^p xpifxaTi xpivexe xpi6r,ceff6c.
6. Ï2; /pr.ffTeÛEdOï, ouTojç/pr.CTTtiiOr.ffïTat ûuîv. Ce passage n"a pas de parallèle dans les évangiles.
7. 'ïi fJ^"pw [JLeTpelTe, Iv «ÙtS (xtTpri6i^«T«i &(*îv =: Matth. VII, 1 : Èv w (xérpoi [xirpiÎTe jjitTpr,Oi^«T«i ouTv. Cf. /.«r, VI, 38.
Ce passage de l'épître de saint Clément est un mélange de textes de saint Matthieu et de saint Luc cités non littéralement-. Quelle conclusion devons-nous en tirer? Ce qui complique le cas, c'est que nous retrouvons dans Clément d'Alexandrie, Strom. II, 18, 91, ces mêmes sentences citées littéralement et dans le même ordre, sauf quelques détails sans importance.
1. Strom. V, 8, .-îa. Cf. Rkscii, Ayrapha, Leipzig, 1906, p. 89. i. Cf. Rescii, op. cil. p. 88.
De plus, saint Polycarpe cite les sentences 1, 2, avec une variante; 5, mais dans la forme de saint Matthieu ; 7, avec une variante empruntée à saint Luc. Les mêmes sentences sont aussi dans les Didascalies, mais se rapprochent davantage de saint Matthieu et de saint Luc que de saint Clément. Diverses hypothèses peuvent être faites. La plus simple serait que saint Clément a cité de mémoire des sentences empruntées tantôt à saint Matthieu, tantôt à saint Luc et que Clément d'Alexandrie lui a emprunté cette citation. Cet emprunt à saint Clément nous paraît improbable, étant donné que Clément d'Alexandrie avait entre les mains les évangiles, qui donnaient exactement ces textes.
Peut-on supposer que ce passage provient des Logia du Seigneur, qu'on croit être une des sources de Matthieu et de Luc ? Nous ne le pensons pas, car il faudrait supposer qu'on avait seulement à Rome ce recueil des paroles de Jésus, qu'on en avait une traduction grecque et qu'enfin on suivait encore ce recueil au commencement du m*' siècle. Cette hypothèse n'explique pas d'ailleurs pourquoi le texte de saint Clément se rapporte tantôt à saint Matthieu, tantôt à saint Luc.
Provient-il de la tradition orale? Ce serait possible si Clément d'Alexandrie ne présentait pas ces sentences dans la même forme et dans le même ordre.
Enfin, ce passage pourrait reproduire une sorte de catéchèse en usage dans l'église romaine. La concision et la forme rythmique des sentences sembleraient indiquer une origine de ce genre. La difficulté est qu'un manuel de cette espèce, qui aurait été analogue à la Didachè, n'a jamais été signalé à Rome et que, de plus, on ne voit pas pourquoi il aurait été utilisé par Clément d'Alexandrie. La question reste ouverte; cependant, étant donné que nous trouvons dans la Didachè et dans Polycarpe un mélange de textes analo-
gues, il est à supposer que, dès lorigine, il exista des recueils de sentences évangéliques, recueils connus en Occident et en Orient, puisque nous avons les mêmes sentences disposées dans le même ordre et exprimées dans les mêmes termes dans la Didachè et le Diatessaron d'une part, dans l'épître de saint Clément Romain, dans celle de saint Polycarpe et dans les écrits de Clément d'Alexandrie, de l'autre.
Au chapitre XLVI, 8, saint Clément cite des paroles du Seigneur Jésus, formées d'un mélange de l'anathème contre Judas, qu'on lit dans Matthieu, XXVI, 24, et de l'analhème contre ceux qui scandalisent un petit enfant, Matth. XVIIi. 6, 7, et Luc, XVII, 1-2. La citation est presque littéralement empruntée à saint Matthieu, sauf pour quelques mots. Au lieu de £v« tûJv jxupww T0UTO)VTwv maxeudvTwvîtç tue, de saint Matthieu, saint Clément a eva i% Twv txXejcTwv. Il y a addition de quelques termes de saint Luc et dans l'ordre de celui-ci. Un terme employé seulement par saint Matthieu, xaTotrovxiaOT;, se retrouve dans saint Clément. Il estdonc possible que nous ayons dans ce passage une citation faite de mémoire.
Chapitre XV, 2, saint Clément cite le texte disaïe, XXIV, 13 : Ce peuple m'honore des lèvres; mais sa citation est reproduite de Matthieu, XV, 8, sauf pour un mot : aTrecTtv au lieu de «Tté/et. On pourrait rapprocher de Matthieu, XV, 29, pour lidée et pour l'emploi de deux mots caractéristiques, le passage de saint Clément. XVI, 17. Enfin, nous avons dans saint Clément, XXIV, 5, la proposition de Matthieu, XIII, 3 : IÇr.XÔEV ô oirefpwv.
Nous constatons des ressemblances de texte entre l'épître de saint Clément et les épîtres pauliniennes assez nombreuses, quatre-vingts d'après Funk, et assez littérales pour que nous devions conclure que saint Clément a cité les épîtres de saint Paul. Funk relève seize
passages parallèles entre l'épître aux Romains et celle de saint Clément. L'énumération des péchés que donne saint Clément, XXXV, 5, 6, est empruntée à Rom. I, 29-32. La conclusion est des deux côtés presque identique. Relevons aussi des expressions analogues : ô Kupioç 'lyiffotl; to xaxi aapxa, Cl. XXXII, 2 = ô XptdToç ToxaTa (japxa, Rom. IX, 5 ; t) àsûveToç xat laxoTtijjxÉvr] Stdtvoia -^,uwv, Cl. XXXVI, 2 = xat IcrxOTiffOy) y\ àauveTo; autwv xapSi'a, Rom. I, 21. Cf. encore : Cl. XXXIIl, 1 = Rom. VI, 1; Cl. XXXVIII, 1; XLVI, 7 = Rom. XII, 4; Cl. XL, 1 = Rom. XI, 33.
Ecrivant aux Corinthiens, saint Clément devait se souvenir de l'épître que l'apôtre envoya à ceux-ci et employer des expressions analogues, car, sur quelques points, la situation de l'église de Corinthe était encore à son époque ce qu'elle fut lorsque saint Paul lui écrivit. Chapitre XXXVII, 5, saint Clément parle du corps humain et de ses membres presque dans les mêmes termes quesaint Paul, I Cor. XII, 12, 14, 21. Chapitre XLIII, 5, il groupe trois qualités de la même façon que dans I Cor. XII, 8, 9. Saint Clément, XXXIV, 8, a cité littéralement, sauf un mot, le passage de I Cor. II, 9 : A^yei yap" 'OcpôaXfxbç oùx slSev xat ouç oùx Tjxouaev xat lut xapStav àvOpwTrou oùx avéêv), S(ja yjTOifxadsv toî; uTrofxevouffiv (àyauwfftv, Paul) aÙTo'v, que saint Paul introduit par la formule scripturaire xaôw; y^YP»^^"'' Gt qu'on ne peut identifier avec aucun passage des Ecritures, à moins d'y voir une citation très libre d'Isaïe, LXIV, 4 et LXV, 16. 11 semble donc que saint Clément a emprunté ce passage à saint Paul, quoique les choses auxquelles il est fait allusion ne soient pas les mêmes dans les deux écrits. Remarquons que ce passage a été cité par de nombreux écrivains * dans le même sens que saint Clément Romain.
-l. Uescii, Agrapha, p. 25.
Nous pourrions relever encore d'autres passages (les épîtres pauliniennes que l'on retrouve dans saint Clément Romain, tels que : CL I, 3 = Tile, II, 4, 5 : Cl. II, 7 = rite, III, 1; CL XXIV, 4 = II Tirn. II, 21; m, 17; II Cor. IX, 8; CL XLVI, 6 = Eph. IV, 'i-6, etc. ' et conclure que celui-ci estimait ces épîtres à l'égal des Klcritures de l'Ancien Testament, mais remarquons que lui-même affirme que saint Paul était divinement inspiré. « Prenez, dit-il aux Corinthiens, XLVII, 1, les épîtres du bienheureux Paul. Que vous a-t-il écrit au commencement de l'Evangile? Certainement inspiré, eV àXr.ôei'a; 7rv£u{x«TixÛ>i;, il VOUS a envoyé une lettre sur lui, sur Céphas et sur ApoUo. »
Il est certain que saint Clément a connu l'épitre aux Hébreux. Que l'on compare son épître. XXX'\'I,2-5 et Hébreux. I, 1-14 et Ion y constatera de nombreux points de ressemblance. Il y a des passages littéralement cités et l'emploi d'un même groupe de textes de psaumes. En plusieurs autres passages, saint Clément s'est souvenu de lépîlre aux Hébreux : CL XVII, 5 = //éb. III, 2; CL XXXVI, 1 = J/éb. II, 18 et HI, 1; CL XVII, 1 = I/éb. XI, 37, 39; CL XIX, 2 = J/éb. XH, 1; CL XXI, 0 = Jléb. IV, 12, etc. On pourrait aussi relever de nombreuses expressions communes à saint Clément et à l'épître aux Hébreux.
11 est probable que saint Clément a connu les Actes desapûlres.Il rappelle, H, 1, la sentence que saint Paul attribue au Seigneur Jésus, Act. XX, 30 : Maxâpiôv lativ uaXÀov cioôvai îj Àafxôatvttv, mais SOUS une forme un peu différente, Sioiov oiSôvTeç r, XauCavovre;, et sans l'attribuer à Xotre-Seigneur. Au chapitre XVIH, 1, il cite un texte des psaumes, LXXXVIÎl, 21, en le combinant comme les Actes, XIH, 22, avec I Samuel. XIII, 14, et
l. Cf. Histoire des l^vr^s du S. T. l. I, p. K>1.
en insérant tov tou 'lecciat et àvopa, termes inconnus à Samuel et aux psaumes. Mais, pour la finale, il s'accorde avec le psaume et non avec les Actes. Il est possible que les Actes et saint Clément aient cité ici un texte extrait d'un florilège des prophéties messianiques.
On ne peut douter que saint Clément ait connu la première épître de saint Pierre. Les ressemblances entre : CL Yll, 2, 4 = Pr. 18, 19; Cl. XXX, 1,2 = Pr. II, 1; V, 5; CL XLIX, 5 = Pr. IV, 8, etc., sont trop frappantes pour qu'il y ait simple coïncidence. Nous avons déjà remarque ^ que saint Clément reproduit les expressions les plus caractéristiques de l'épître de saint Pierre et que même quelques-uns des étwa^ XeYO[jisva de ce dernier, se retrouvent dans saint Clément, àyaOcTroua, dSeXcpoTyjÇ, Ci7roYpaa[ji.oç, etc.
Nous pourrions citer encore d'autres passages de son épître où saint Clément semble avoir été influencé par les écrits du Nouveau Testament; les constatations précédentes suffisent pour établir que, de son temps, la majorité des livres du Nouveau Testament étaient connus et jouissaient déjà d'une très grande autorité, puisqu'il s'en est servi pour appuyer ses exhortations aux Corinthiens, presque à l'exclusion de de tout autre livre, ainsi que nous l'avons déjà remarqué.
g 3. — Les épîtres de saint Ignace martyr.
Par ordre de date à peu près certaine, nous avons maintenant les épîtres de saint Ignace d'Antiochc. Elles ont dû être écrites vers l'an 110-117, d'après Harnack, peut-être même un peu plus tôt, vers 98, 104,