‹ Le Nouveau Testament dans l'Église Chrétienne (volume 3)Chapitre 20 sur 239 · Histoire des livres du N. T. t. ni, p · texte numérisé non relu

Histoire des livres du N. T. t. ni, p

106,107, d'après d'autres historiens. Acceptant l'opinion de la très grande majorité des critiques, nous tenons pour authentique la collection des sept lettres, telles qu'elles ont été publiées en 1646 par Vossius.

Remarquons tout d'abord que saint Ignace cite toujours de mémoire et plus inexactement encore que les autres écrivains chrétiens de son époque, dont nous possédons les œuvres. Celle façon de citer s'explique par les circonstances de la composition de ces épîtres. Saint Ignace les écrivit pendant quelques-unes des haltes de son voyage vers Rome où il devait subir le martyre. Il n'avait ni le temps ni les moyens de vérifier ses citations ou de copier des textes. L'Ancien Testament lui-même n'est pas cité littéralement. Saint Ignace s'y réfère d'ailleurs assez rarement, six fois seulement d'après Funk. Il y aurait, au contraire, dix passages de ses lettres quon peut regarder comme des citations du Nouveau Testiiment. et une quarantaine qui présenteraient une certaine ressemblance avec des textes néotestamentaires ' .

Saint Ignace s'est souvent inspiré de révangile de saint Matthieu et lui a emprunté des expressions : Trall. XI, 1; Philad. III, 1 = Matth. XV. 13; Smyr. VI, 1 = Matth. XIX, 12, et même des sentences : Polyc. II = Matth. X, 16; Eph. XIV. 2 = Matlh. XII. 33; Luc, VI, 44. Il explique la nécessité du baptême de Jésus par Jean. Smyrn. I, 1 : BeÇaTtTta- |xévov &:tô *l(i)âvvou îva rXr,ptoOî) uSa» 8ix«io<rjvrj vtî' «Otw, de la même façon que J/a?/A. III, 15 : Ou-rwç y»P «pÉttov Ittiv f,{xîv 7tXr,pw5anTS<T«v otx«io<TÛvr,v.qui, seul des évangélistes, a donné ce motif. Il parle, Eph. XIX. 1, 2, de létoile,

1. Pour les citations et réminiscences du .\ou>eau Testament dans saint Ignace, voir Zaiin, I>jnatius von Antiochien, Gotha, 18'3, p. 5î»*- «•6 ou LicHTiooT, The apottolic Father$. S. Jgnatius. \\)l. il. sect. 2, p. U!l-ill«, London, 1885.

Matth. II, 2, 9, qui s'alluma dans le ciel et par laquelle le Christ fut manifesté. Il connaît la virginité de Marie, Eph. XIX, 1 = Matth. I, 18.

Dans la même épître, VII, 2 ; XVIII, 2, il relate la conception virginale de Jésus : '0 yàp 0£bç ^utôv 'Itq<joÛ(: 6 Xpiff'TOç lx(jo!{)op>i9r( UTîo Mapiaç xar' oîxovo[JM'av 0£Ou ex cr7rép|j(.a- Toç (ji£v AaKtS, TTVïuu.aTo; Ss àyiou, qu'il a dû apprendre de Matthieu, I, 20. Il rappelle, £'/?A. XVII, 1, l'onction de l'huile parfumée sur la tète de Jésus, Matth. XXVf, '7;Marc, XIV, 3; Jean, XII, 3. Les ressemblances avec saint Marc et saint Luc sont peu nombreuses, Eph. XVI, 1 = Marc, IX, 43 ; Smyrn. X, 2 = Marc, VIII, 38; Smyrn. X, 2 = Luc, IX, 2(S\ Marc, VIII, 38, et sont assez vagues. Cependant c'est de saint Luc que saint Ignace, Smyrn. I, 2, a appris que Jésus avait été attaché à la croix sous Ponce Pilate et Hérode le tétrarque.

Saint Ignace est pénétré des expressions et des enseignements du IV® évangile ^ Citons comme identiques à des expressions johanniquos les termes suivants : àY^-Tcv), àyaTrav, GSojp ^tov, àptoç tou 0eou, ô «p-^wv tou «tSvo!; (xoffjjiou, Jean) toutou, ou presque identiques, Tpoiv] (pÔopdç, auToç lov 6ûpa toû TraTpo'i;.

La théologie de saint Ignace, surtout en ce qui concerne Jésus-Christ, rappelle de très près celle du IV« évangile. Cf. Magn. VIII, 2 = Jean, I, 1-17; VIII, 29;XVlI,3,6;/?o/«. Nll,i-3 = Jean, XIV, 30; IV, 1; VII, 37-39, etc. Les deux passages suivants ont été inspirés par des textes du IV'' évangile, bien qu'ils ne soient pas de tout point concordants :

^. Sur les réminiscences de sainlJean dans saint Ignace voir Dinz, Die Briefe des Ignalius und das Jo/iannesevangeliwn, dans les Thcologische Studien und Kriliken, Gotha, -1905, p. 5G3-603.

Jca.i.W, 10. 14,23 : Sôàvf.n;-

aiiat èv a\jti^ 7rr,"vr. Oôato; i>,>o(i.£vo'j eî; 'wr.v altôviov... xal ^àp i TutiiÇ xo'.ovTO'j; îr,Teî tov; itpocxyvo'j/Ta; a^TOv.

IIF, 8 •• To :ïvî-jua ô-o-j 6£/et rvîî, y,»i TT,v çuvr.v aJTov àxo'jct;, à».' ovK oISo; KÔ6îv ip-zetai xai

Ic?(ACE. fl(/ floJH. VII, J : OJx

Ôè ÎJûv y.ai ).»).oyv jv ||iot ÉawftÉv {iot X«T*'*' Asvipo •spà; tôv xaTÎpa.

Id Philad. VU. 1 : To Ttvtvjwt ryj r:)avàTa'.. inô Beoû ôv oiîev

xalri xpvntà éiÉy/ii.

Pour d'autres passages ressemblants, cf. Jean, VIII, 21, 29 = ^/agn. VII, 1; VIII. t,Jean, VI, 33 = £>A. V, 2: Rom. VII, 3.

On peut se demander si saint Ignace a connu par le IV* évangile les paroles de Jésus, auxquelles il fait allusion, et les doctrines cliristologiques qu'il enseigne, ou s'il les a apprises par l'enseignement oral. On sait que ces paroles de Jésus et ces doctrines étaient le fond de la prédication de saint Jean à ses disciples; par conséquent, les unes et les autres ont pu se répandre et même être consignées par écrit et parvenir à saint Ignace, qui vivait à Antioche. Si saint Ignace a connu lelV'évangile,commentdans son épître aux Smy miens, III, 2, au lieu de se référer à un apocryphe inconnu, n'a-t-ii pas cité le chapitre XV de saint Jean, où le fait est raconté? Cependant, dit Ladeuze' :« Il ne semble pas douteux que lévêque d'Autioche ait utilisé assez souvent le texte môme du IV* évangile. Qu'on lise Rom. VII; Eph. IX. 1; Magn. VIII; Philad. VII, 1, on trouvera dans ces passages accumulés dans un même contexte des figures extraordinaires, qui sont aussi réunies dans un même contexte de l'évangile johannique, ou bien encore des incises inutiles, des manières de parler étranges, qui s'expliquent si l'auteur

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