T ht fragments ofHeraeleon, Cambridge
expliquerait pourquoi l'Eglise à cette époque, c'est-àdire dans la seconde moitié du n*^ siècle, a adopté comme jouissant de la même autorité que les livres de l'Ancien Testament, les quatre évangiles et les épîtres pauliniennes ainsi que les Actes des apôtres.
Mareion et son Nouveau Testament. — D'après Harnack', Mareion, fils de Tévèque de Sinope. dans le Pont, naquit en 85 après J.-C; en l'an 100, d'après Salmon^. Au temps de Hadrien, il enseigna des doctrines particulières et eut des difficultés en Asie. Vers l'an 138-139, il vint à Rome comme patron d'un bateau et distribua en aumônes une grosse somme à la communauté chrétienne ; il donna un éclaircissement écrit orthodoxe sur sa foi et fut reçu dans l'église romaine. Dès le commencement, il chercha à répandre à Rome ses doctrines sur l'opposition entx'e l'Ancien et le Nouveau Testament; il entra donc bientôt en conflit avec la communauté, se sépara d'elle et fonda une église particulière en l'an 144. En union étroite avec le syrien Cerdon, qui était venu à Rome peu de temps avant lui, il élabora sa doctrine dualiste, puis composa ses Antithèses et forma sa collection de livres saints : les deux choses entre 144-154. Il a été raconté sur Mareion divers épisodes dont nous n'avons pas à tenir compte et cela d'autant moins qu'ils ne sont nullement prouvés. Le fait certain c'est que son influence a été grande et que sa doctrine a été jugée excessivement dangereuse par les écrivains catholiques de l'époque. D'après saint Irénée^, saint Polycarpe, qui l'avait rencontré à Rome probablement, le flagelle du nom de premier-né de Satan, tov TtpwTOToxov toù 2aTava. Saint Justin aurait écrit un traité contre Mareion que nous n'avons plus.
i. Cliron. der altchr. LUI. p. 309.