V. Hist. ofthe Canon of the New Testament, p
19i FORMATION DU CANON DU NOUVEAU TESTAMENT.
Correction du texte. — (Ali)quibus (quibus, W.) lamen interfuit et ita posuit.
Terlium evangelii librum secundum Lucan Lucas isle medicus, post ascensum Cliristi cum eum Paul us quasi itineris (ut juris, W.) studiosum secum (secundum, W.) adsumsissct, nominesuo exordine (opinione W.) conscripsit ; dominum tamen nec ipse vidit in carne. Et idem, prout assequi potuit, ita et a nativitate Johannisincipit (inccpit, W.) dicere.
Le fragment commence par une fin de phrase : Quibus tamen interfuit et ita posuit. Il est probable que, dans les lignes précédentes, l'écrivain avait parlé du premier évangile selon Matthieu et du second selon Marc, et reproduisait ici une tradition analogue à celle qu'avait enregistrée Papias. Avant cette première ligne, il mentionnait donc le second évangile, lequel était selon Marc, si l'auteur du fragment a employé la même forme que pour le troisième. Marc, a-t-il dû dire, aurait rapporté la prédication de saint Pierre. « 11 avait cependant été présent à quelques-uns des faits, quibus tamen interfuit^ et les a racontés comme il les avait vus. » Westcott pense que quibus interfuit se rapporterait aux entretiens de Marc avec Pierre, et rétablit ainsi le texte : colloquiis quibus interfuit. Interesse colloquio est de bonne latinité. Mais que signifierait tamen?
« Le troisième livre de l'Evangile est selon Luc. Luc, ce médecin, après l'ascension du Seigneur, lorsque Paul le prit avec lui comme compagnon de route, quasi itineris secundum, écrivit par ouï-dire, ex opinione, en son nom. Cependant il n'avait pas vu luimême le Seigneur en sa chair et de même, ou luimême, idem ^owv ipse, ou c'est pourquoi, ideo, (écrivit) comme il a pu obtenir ses informations, prout assequi
potuit. Ainsi, il a commencé à écrire, dicere, depuis la naissance de Jean. »
On ne voit pas bien à quoi se rapporte post ascensiini Christi. L'écrivain a-t-il voulu dire que Luc avait écrit après Tascension du Seigneur ou que Paul l'avait pris comme compagnon après l'ascension ? La leçon cum cu/n au lieu de cum eo est certaine. 11 n'en est pas de même de quasi itineris, au lieu de quasi ut iuris studiosum. Quasi itineris est possible paléographiquement et donne un sens plausible. Mais le sens le serait autant si Ton gardait quasi utjuris en traduisant par : Paul le prit avec lui comme attaché à ce qui est juste, ou recherchant ce qui est juste. On pourrait aussi lire virtutis au lieu de ut Juris, et l'on aurait le sens : Comme un assistant appliqué à la vertu. Est-ce que le /ICC ipse fait allusion à Marc dont il est dit plus haut qu'il n'avait pas assisté aux faits de la vie du Seigneur, ou à Paul? Plutôt à ce dernier. La leçon secum est admissible, mais on pourrait garder secundum qui signifierait que Paul a pris Luc comme second, comme assistant. La leçon ex opinione, par ouï- dire est plausible et vaut mieux que la leçon ex ordine, en ordre, laquelle, il est vrai, rappellerait le xaûe^^ç, ex ordine, de la préface du III* évangile.
QUART! EUANGELI0RUM.I0HANNI6 EX DECIPOLIS
cohortantibus condescipulis et eps suis dixit conieiunale mihi odie triduo et quid cuique fuerit reuelatum alterutrum nobis enarremus eadeni nocle reue latuni andrae ex apostolis ut recognis centibus cuntis lohannis suo nomine cunta discribret et ideo licit uaria sin gulis euangeliorum libris principia doceantur nihil tamen diflert creden tium fedei cum uno ac princlpali spu de clarata sint In omnibus omnia de naliui
tate de passlone de resurrectione
de conuesatione cum decipulis suis
ac de gemino eius aduentu
Primo In homilitate dispectus quod fo
it secundum potetate regali pïs pre
clarum quod foturum est quid ergo
mirum si lohannes taru constanter
singulaetiâ In epistulis suis proferam
dicens In semeipsu que iiidimus ocuiis
nostris et auribus audiuimus et manus
nostrae palpauerunt haec scripsimus uobis
Sic enim non solum uisurem sed auditorem
Sed et scriptorë omnium mirabiliû diis per ordi
nem profetetur.
Correction du texte. — Quartum ("quarti, W.) evangeliorum Johannis (Johannes W.) ex discipulis. [Is] cohortantibus condiscipulis et episcopissuisdixit : Conieiunale mihi hodie triduo (triduum, W.) et quid cuique l'uerit revelatum, alterutrum nobis enarremus. Eadem nocte revelatum Andreae ex apostolis, ut recognoscentibuscunctis Johannes suo nomine describeret.
Et ideo, licet varia singulis evangeliorum libris principia doceantur, nihil tamen differt credentium fidei, cum uno ac principali spiritu sint in omnibus omnia de[domini] nativilate, de passionc, de resurrectione, de conversatione cum discipulis suis ac de gemino eius aventu (advento, W.) primo in humilitate despecto (despectûs, W.), quod fuit, secundo (secundum, W.)potestate regali praeclaro (praeclarum,W.), quod fulurus (futurum, W.) est.
Quid ergo mirum si Johannes tam constanter singula etiam in epistulis suis proférât dicens in semetipsum: « Quae vidimus ocuiis nostris, et auribus audivimus et manus nostrae palpaverunt, haec scripsimus vobis. » Sic enim non solum visorem se (se ou sed, W.) et auditorem, sed et scriptorcm omnium mirabilium domini per ordinem profitetur.
La première ligne consacrée au IV<^ évangile a dû être corrompue. Après Quarti ei>angeliorum, il y a un point dans le manuscrit. Faut-il conjecturer Quarti Evangeli librum ou simplement Quartum EvangeliumP Ou bien lire : Quartum evangelium Johannes ex discipulis; en supprimant le point et en sous-entendant conscripsil, exprimé précédemment? Quelle que soit la lecture adoptée, le renseignement reste le même. L'écrivain veut nous raconter l'origine du 1V« évangile, et il répète une légende courante de son temps, a Jean, d'entre les disciples, ses co-disciples et évéques l'exliortant, dit : Jeûnez avec moi (à partir d'jaujourd'hui, pendant trois jours, et quoi que ce soit qui sera révélé à quelqu'un de nous, racontons-le-nous réciproquement, alterutrum nobis enarremus. La même nuit, il fut révélé à André, lun des apôtres, que Jean rapporterait toutes choses en son nom, tous reconnaissant la vérité de son récit. »
D'après Zahn ', cette légende provient probablement des Actes apocryphes de Jean. Clément d'Alexandrie, Eusèbe et saint Jérôme rapportent aussi que Jean écrivit son évangile à la prière de son entourage ou des évêques de la province d'Asie.
On remarquera que Jean est appelé disciple, tandis qu'André est qualifié d'apôtre. Faut-il en conclure que le Jean, auteur de l'évangile, est un des disciples de Jésus et non l'apôtre Jean ? Il est certain que l'auteur du fragment vise ici Jean l'apôtre, puisqu'il affirme quelques lignes plus loin que celui-ci a été le témoin oculaire et auriculaire de Jésus. Il l'a peut-être appelé Jean le disciple en souvenir du titre que celui-ci se donnait dans le quatrième évangile : l'autre disciple, le disciple que Jésus aimait, titre par lequel il était d'ail-