‹ Le Nouveau Testament dans l'Église Chrétienne (volume 3)Chapitre 9 sur 239 · CITATIONS CHEZ LES PREMIERS ÉCRIVAINS CHRÉTIENS · texte numérisé non relu

CITATIONS CHEZ LES PREMIERS ÉCRIVAINS CHRÉTIENS

passages des saintes Écritures modifiés, tronqués, arrangés. Origène lui-même, à qui certes on ne saurait refuser une connaissance approfondie des livres saints, n'est pas exempt de reproches à ce sujet. « Origène, dit Paulin Martin*, cite le Nouveau Testament avec la plus grande liberté, on pourrait dire avec la plus grande licence, retranchant, ajoutant, substituant, transposant sans règle ni mesure, à tel point qu'il donne quelquefois trois ou quatre leçons différentes sur le môme point... 11 n'est pas le seul Père qui ait cité le Nouveau Testament avec une extrême liberté : tous les Pères grecs l'avaient fait avant lui et beaucoup ont continué à le faire après lui. »

Nous reconnaîtrons cependant que les premiers écrivains chrétiens, du moins quelques-uns, ont cité plus littéralement les livres de l'Ancien Testament que les écrits du Nouveau, sans cependant reproduire toujours exactement les textes. Saint Clément Romain, dans son épître aux Corinthiens, cite exactement lorsque le passage est long, IV, X, et surtout les citations des psaumes: XXVII, XLVI, XLVII, L, etc. ; les différences avec les Septante peuvent provenir des manuscrits des Septante. Quand les sentences sont courtes, elles sont citées assez inexactement. La Didachè possède dt'ux citations presque textuelles : Did. XIV, 3 = Mal. 1, 11 eiDid. XVI, 7 — Zach. XIV, 5. Dans d'autres passages, on a seulement des réminiscences. Saint Ignace d'Antioche cite l'Ancien Testament de mémoire et toujours inexactement. Saint Polycarpe a plutôt des réminiscences fondues dans le texte que des citations de l'Ancien Testament. Le Pasteur d'Hermas ne contient aucune citation directe de l'Ancien Testament.

1. Les plus anciens manuscrits grecs du Nouveau Testament: Revue des Questions historiques, t. XXVI, p. 8i, 83, Paris.

Saint Barnabe cite presque littéralement les psaumes et Isaïe; pour les autres livres, il cite de mémoire et prend des libertés avec les textes, même lorsqu'il les fait précéder de la formuleXe'Yet, et qu'il indique le livre : AsYEt auTOÏç Iv Tto A£UTepovo[Ji((jj' Kat SiaOrjffojxat upoç xov Xaov -cotJxov Ta SixaioifxaTdc ixou, et la suite, passage qui n'est pas une citation, mais un résumé de Deut. IV, 1-23, Nous avons un exemple analogue dans la pseudoépître' de saint Clément aux Corinthiens, VI, 8 : Ae'Yei oï xat ri YP*T^ ^'^ tw 'leî^sxiv^X, on làv àvaffx^ Nwe xal 'Jwê xat AavivjX, où puffovrai xà xéxva aùxwv Iv x9) atj(^[xaX{Oî(«, compilation très large d'Ezéchiel, XIV, 14, 18, 20. Saint Justin cite aussi très inexactement, le plus souvent de mémoire et sans nommer ses sources. Exceptons cependant un long passage d'Isaïe, LXV, 17-25, dans le Dialogue avec Tryphon, 81, Saint Irénée est plus exact et plus précis ; souvent il indique le livre ou l'écrivain auquel il emprunte ses citations.

Signalons cette caractéristique g. nérale des citations , soit dans le Nouveau Testament, soit dans les écrivains chrétiens, qui consiste à fondre ensemble des textes d'un même auteur ou d'auteurs différents et à accumuler des textes extraits de livres différents. Saint Paul nous en fournit de nombreux exemples. Ainsi, Rom. III, 10-18, nous avons des citations de Ps. XIV, 1-3 ; LUI, 2-4; V, 10; CXL, 4; X, 7; Isaïe, LIX, 7, 8; Ps. XXXVl, 2. Cf. Ro?n. XV, 9-12; II Cor. VI, 16-18. Comme simples sentences composites nous citerons : Rom. III, k=zPs. CXVI, 11 ; Ll, 6, on Rom. IX, 33;

IX, 8 ; I Cor. XV, 54, 57, etc. Nous retrouvons ce procédé dans les autres écrivains du Nouveau Testament : \Pr. II, 6-10 = Isaïe, XXVIII, 16; Ps. CXVIII, 22; haïe, VIII, 14; XU\l,20',Ex. XIX, 16; XXIU, 22; — Apoc. XV, 3,4 = Deut.XXWl, 4; Ps. CXI, 7; Jérémie,

X, 6, 7, ainsi que dans les écrivains chrétiens : Barn.

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