Reowe bèn, 2l« année, même article
ÉGLISES D'OCCTDENT (170-220). 211
mention de l'épître de saint Jude, il y avait dans le texte : « Epistola ad Hebraeos, a Paulo quidem scripta. a Luca vero interpretata. a plerisque agnoscitur. Pétri unam epistolam ad eos qui in dispersione Ponti, etc., erant directam accipimus. Epistola sane Judae... » etc. Le copiste aurait passé du premier Epistola au second, en omettant tout ce qui était mentionné dans l'intervalle. Cette omission n'aurait rien d'étonnant de la part du copiste très négligent qui a reproduit ce fragment.
Enfin celui qui le premier a écrit ce fragment paraît l'avoir composé à l'aide de morceaux détachés, qu'il a rangés arbitrairement. 11 n'a pas reproduit une liste otBcielle des écrits acceptés par l'Église : cela ressort d'ailleurs du contenu du fragment. Il est donc possible qu'il n'ait rien trouvé de particulier sur les écrits qu'il a omis et que ce soit la raison pour laquelle il n'en a pas parlé.
Gaïus et saint Hippolyte. — A peu près vers la même époque, c'est-à-dire vers l'an 199-217, eut lieu, dans l'église de Rome une controverse entre deux prêtres romains, Gaïus et saint Hippolyte, au sujet de 1 origine johanniquederApocalypse. D'après Eusèbe', Gaïus 1 attribuait à l'hérétique Cérinthe, D'après le Catalogue d'Ebed Jesu*, c. 7 : « Sanctus Hippolytus martyr et episcopus composait... capita adversus Caium et apologiam pro Apocalypsi et Evangelio Joannis apostoli et evangelistae. » Il ne nous est pas rapporté cependant que Gaïus ait rejeté le IV' évangile. Eusèbe^ nous apprend que, dans son Dialogue avecProclus, Gaïus mentionne seulement treize épîtres de saint Paul, ne comptant pas l'épître aux Hébreux
\. Hist. eccl. ni, 28, i.