‹ Le Nouveau Testament dans l'Église Chrétienne (volume 3)Chapitre 91 sur 239 · Histoire du Canon · texte numérisé non relu

Histoire du Canon

doit à la vérité être lu, mais il ne peut être publié (annoncé), se publicare, au peuple dans l'église ni parmi les prophètes, complets en nombre, ni parmi les apôtres, à la fin des temps (qui finissent les temps de l'inspiration). » Il est fait allusion ici à l'usage qui était fait du Pasteur dans certaines communautés, où il était lu publiquement. L'auteur déclare que le Pasteur ne doit pas être lu dans les assemblées des fidèles, parce qu'il a été écrit tout récemment, et qu'il ne peut être rangé parmi les écrits des prophètes, dont le nombre est clos, ni parmi les apôtres, puisqu'il a été écrit par Hermas, frère du pape Pie. il faut cependant le lire, mais en particulier, dans un motif d'édification.

Arsinoi auteni seu uaientini. uel metiades nihil In totum recipemus. Qui etiam nouQ psalmorum libruin marcioni conscripso runt una cum basilide assianôm calafry cum contitutorem

Correction du texte. — Arsinoe autem seu Valentini vel Mitiadis? (Mitiad, W.) nihil in totum reci pimus, qui etiam novum psalmorum librum Marcioni conscripserunt una cum Basilide [ et, Z. ] Asiano Cataphrygum constitutore (constitutorem, \V.).

Le Muratorianiim passe ensuite à des livres hérétii|ues, sur lesquels il nous est inutile d'insister, d'autant plus que le passage est presque inintelligible, vu son état fragmentaire et la mention d'ouvrages que nous ne connaissons pas.

« Mais nous ne recevons absolument rien (ou rien de tout), nihil in totum, d'Arsinoé, ou de Valentin ou de Mitiade, qui même écrivirent à Marcion un nouveau livre des psaumes, ensemble avec Basilides (et) l'Asiatique, fondateur, créateur (d'hérésies) chez les Phrygiens, Asiano Cataphrygum constitutore. »

Qui était cet Arsinoë ? Zahn conjecture que le texte grec portait : xou 5â 'ApaivoiTou OùaXevxîvou, que le traducteur a reproduit trop littéralement. 11 s'agirait ici de Valentin d'Arsinoé. Dom Chapman propose de lire Arsinoitarum au lieu de Arsinoi autem, qu'il traduit ainsi : Nous ne recevons rien des hérétiques du nome d'Arsinoé, soit de Valentin, soit de ses compagnons. 11 suppose que Metiad est la reproduction de twv [xst' aÙToîi^ Il en serait de môme de Cataphryguin qui aurait été dans le texte grec, xatà Opûyai;, à moins que l'on ne veuille traduire : l'Asiatique fondateur des Cataphrygiens, nom qui fut donné aux sectateurs de Montan. Il ressort de cette étude du Maratorianum que, vers la fin du ii*^ siècle, à Rome ou peut-être à Alexandrie, on connaissait et on lisait dans les assemblées publiques les quatre évangiles, les Actes des apôtres, treize épîtrcs de saint Paul, l'épître de saint Jude, les trois épîtres de saint Jean, l'Apocalypse. 11 n'est pas parlé de l'épître aux Hébreux, de l'épître de saint Jacques et des deux épîtres de saint Pierre. Quelle est la raison de ces omissions? Celle de l'épître de saint Jacques s'explique par ce fait qu'elle était peu répandue. Cependant, si elle n'a pas été citée par saint Irénée, par Tertullien, elle était probablement connue d'Hermas et de Clément d'Alexandrie. De la IP épître de saint Pierre nous n'avons aucune trace à cette époque. Mais l'épître aux Hébreux et la P® épître de saint Pierre étaient connues à Rome et à Alexandrie, vers la fin du w" siècle. Il faut donc supposer que le copiste a sauté une partie de son texte. Nous avons relevé la conjecture de Zahn pour retrouver les épîtres de saint Pierre.

Dom Chapman^, de son côté, suppose qu'avant la

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