‹ Le Nouveau Testament dans l'Église ChrétienneChapitre 19 sur 156 · Eusèbe, Hist. eccl. VI, 16, v · texte numérisé non relu

Eusèbe, Hist. eccl. VI, 16, v

Etinsynagoga erathomohabens Daemonium immundum Etexclamauit uocemmagna dicons

Un travail analogue existait déjà pour le Nouveau Testament. Un diacre d'Alexandrie, Euthalius, aurait écrit entre 393 et 396? des prologues aux épîtres de saint Paul, aux Actes des apôtres, aux épitres catholiques, suivis de tables des citations et de sommaires des chapitres et un texte de ces livres établi colométriquement. C'est là ce qu'avait démontré Armitage Robinson1, et ce qu'admettaient les critiques. Par suite de la découverte faite au Mont Athos par Wobbermin d'une confession de foi d'Euthalius, von Soden2 a cru pouvoir reconstruire la vie de ce personnage. Euthalius aurait été, dans la seconde moitié du vu" siècle, diacre dans une église d'Orient, peut-être à Antioche, dont un patriarche, Athanase, l'aurait chargé de faire une édition des épîtres de saint Paul. A la suite de faits qu'on ignore, probablement de dissentiments dogmatiques, il fut exilé en Sardaigne. Ayant fait la confession de foi orthodoxe, dont il est parlé plus haut, il fut nommé évoque de Sulci, en Sardaigne. Telle est l'hypothèse de von Soden ; elle a été combattue vivement par von Dobschûtz, Conybeare, Zahn, A. Robinson et ne paraît pas devoir être acceptée, vu les difficultés qu'elle présente.

Quoi qu'il en soit, dans le prologue à son édition des épîtres, Euthalius déclare qu'il lésa écrites tm/riSôv, ce qui ne veut pas dire écrites en stiques de même longueur, mais en membres de phrase alignés. Et la preuve c'est que le nombre de stiques qu'il attribue à chacun des livres <lu Nouveau Testament, si tant est

l, Euthaliana, Cambridge, IM&

que ce calcul de stiques soit de lui, est bien inférieur à celui des membres de plirase qu'il a séparés pour chaque livre. C'est donc une erreur de croire qu'Euthalius est celui qui a inventé la stichométrie des livres du Nouveau Testament. Au iv° siècle, donc avant Euthalius, Eustathius d'Antioche cite deux passages de l'évangile de saint Jean, et il fait remarquer qu'il y a entre eux un intervalle de 135 «m/oi, ce qui correspond exactement au nombre de phrases séparées par un point dans le codex Freer, W, des évangiles, ainsi que l'a constaté Hoskier.

Le travail d'Euthalius a consisté à écrire per vola et commuta les épîtres pauliniennes, les Actes et les épîtres catholiques. On croit que le codex II, Coislinianus, représente le texte d'Euthalius.

Voici un exemple tiré du codex Claromontanus greclatin, qui, d'après Tischendorf, reproduit la division euthalienne* :

jtavcoirapaxi8£(ievov\j(itv omnequodanteuosponitur

£<j8ieTe manducate

ixïi8evaavotx(iivovTE; nilnlinterrogantes

ôiaTY)vcrvvi8r)(jiv propterconscientiam

Eav8eTiav|juventri siquisautenniixerit

TouToeiÔw>>o6uTGve<rriv hocimmolaticiumest

jiYiea8teTeôi£xeivovTov(i7)vu<TavTa nolitemanducarepropteril l u m

quinuntiaviil xatTYivduviGrioiv. propterconscientiam

I Cor. x, 27, 28.

Le texte des évangiles grecs fut aussi écrit d'après ce système; quand et par qui? on l'ignore. Le codex de Bèze nous en donne un exemple, Jn, xxi, 24, 25.

1. Dom Cliapnian n'est pas de cet avis; il croit que le codex de Bèze et le Claromontanus reproduisent l'écriture colométrique du texte occidental, au commencement du u* siècle.

xaiot8afAevoTiaXY)6Y)<re<jTwavTou etscimus quoniamuerum est

eius] TiHaprupia effxiv8sxaiaX).a7io)la testimonium suntautem etalia

, __ plura]

o»ae7rot»](TevoxpnT tTj(rtr|(jaTtva qualefecitxrs ihsquae

£avypa(pT)Tatxa0sv ou&xutov siscribaatur singulariter ne-

cipsum] ot(iaiTovxo(T(xovxwpviiT£ facileputomundum capere

TaYpaço(Aev(x6«6X£ia quiscribunturlibri.

On trouve encore cette façon d'écrire dans les codex Laudianus, Coislinianus. Le codex Cyprius des évangiles nous a conservé, sous une forme particulière, un souvenir exact de cette façon d'écrire. Le texte est écrit sans alinéa, mais la fin de chaque ligne de l'ancien original, écrit axiyrfiév, est ici marquée par un point :

'ETCiiS^TcepTroXXolîTTE/siprjffavàvaTàçaarôaiof^viîiv 7r«ptTtov7T6TC Xifjpo^opy)w.év(«)vlvT1(xîvTcpaY(JiâTiov xa8wTrcapé5coxav^iAÎvot77t'dlpyr, ffaÙT^TTTai. Luc, 1,1.

Cette division par ligne de sens, per cola et commuta, a varié suivant le copiste qui l'appliquait ; elle ne peut donc être d'aucune utilité pour la fixation de l'étendue d'un livre '.

S 9. — Correction des manuscrits.

Les plus anciens manuscrits du Nouveau Testament ont été corrigés. Tischendorf signale pour le Sinaiticus des corrections de sept mains différentes; pour le Vaticanus on compte deux correcteurs. 11 est très important de discerner à quelle main appartient telle ou telle correction, et de déterminer la date de la correction, et aussi la valeur générale du correcteur. Il est

. rcnsclKiioniciils iodI presque t"iis emprunté! à l'article de tux, sur la Stiohûtnêtri; dans la Revu* d$ PhHoto§i«, Nu* série, i. il, p. m. l'aris, 1K7H <t li L'ouvrffa (,r RiKWtt Makhin. stirhometry, l.ondon, 18<W.

NOTIONS PRELIMINAIRES. 4f>

évident que les corrections qui ont été exécutées par Je scribe du manuscrit ont la même valeur que celle de la copie. Une valeur égale doit être attribuée à celles qui proviennent de celui qui était chargé de corriger le manuscrit, 6 StopOomfc, ô Siopôwv, dont la fonction était de supprimer les erreurs manifestes, de placer, dans les manuscrits récents, les points, les esprits et les accents, et les souscriptions.

Il y a lieu d'examiner dans chaque manuscrit les corrections, pour reconnaître quelles mains Ls ont écrites, et aussi pour fixer la date de chacune d'elles. Cette tâche de l'éditeur est une des plus délicates.

Les corrections étaient faites parle grattage de ce qui était écrit, ou étaient transcrites à la marge du manuscrit, ou placées entre les lignes du texte. Les signes de correction étaient divers : Le mot ou le passage corrigé était enfermé entre des crochets, des points ou des virgules; quelquefois la lettre à supprimer était marquée par un accent : ex. twv, t«; ou la première et la dernière d'un mot à supprimer étaient accentuées, toxvt<x, codex Àlexandrinus, ouïe mot était surmonté d'un trait, xôî, ou chaque lettre portait un point, juv. Souvent les mêmes signes sont employés par un scribe sur des pages différentes pour marquer à la marge des passages omis ou pour indiquer les renvois aux leçons à lire pendant les offices divins: de là des erreurs.

< 10. — Inscriptions et souscriptions des manuscrits.

Il serait trop long de rapporter toutes les formes d'inscriptions et de souscriptions qu'on relève dans les manuscrits. On les trouvera dans von Soden * quia ca-

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