‹ Le Nouveau Testament dans l'Église ChrétienneChapitre 29 sur 156 · Système de Tischendorf-Scrivener · texte numérisé non relu

Système de Tischendorf-Scrivener

Manuscrits majuscules. — Anciennement, le Nouveau Testament était copié d'ordinaire sur quatre cahiers séparés, renfermant : le premier, les évangiles ; le second, les Actes des apôtres et les épîtres catholiques; le troisième, les épîtres de saint Paul; le quatrième, l'Apocalypse, il existe cependant des manuscrits contenant tout le Nouveau Testament ou des parties plus ou moins considérables du Nouveau Testament. Un seul cependant, le Sinaiticus, est complet; d'autres, tels que le Vaticanus ou l'Alcxandrinus, sont presque complets ; d'autres, tels qucle codex Ephraemi rescriptus, ont dos fragments de tous les livres du Nouveau Testament.

On a dû adopter pour la notation des manuscrits le sectionnement du Nouveau Testament en quatre parties, étant donné que la plus grande partie des manuscrits qu'on possédait n'avait que deux ou trois ou môme une seule section. On a désigné chaque manusi majuscule, au fur et à mesure de sa découverte, d'abord par des lettres romaines majuscules, de A à /. : puis. Lorsque l'alphabet romain a été épuisé, on ;i employé des lettres grecques en commençant par 1' jusqu'à w. Les Lettres A, H, C, E, M, etc., semblables

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en grec et en latin, ne pouvaient être utilisées, parce qu'elles avaient déjà servi pour désigner des manuscrits, Alexandrinus, Vaticanus, Ephraemi rescriptus. On se servit ensuite des lettres hébraïques. Chacune des quatre sections du Nouveau Testament reçut ainsi pour sigle une des lettres romaines, grecques ou hébraïques. Mais on recommençait la série des lettres pour chaque section ; de sorte que la même lettre peut désigner des livres différents du Nouveau Testament, lorsque la section n'est pas la même. Ainsi, la lettre D désigne deux manuscrits différents : D pour les i giles, c'est le codex de Bèze, et D pour les épttres de saint Paul, c'est le codex Claromontanus. Pour distinguer la section à laquelle appartient le manuscrit, on a ajoute des chiffres au bas de la lettre, sauf pour les évangiles : ainsi, K c'est le codex Basileensis pour les évangiles ; E2, c'est le codex Laudianus pour les Actes des apôtres et E:i, c'est le codex Sangermani pour les épitres de saint Paul.

Une autre notation plus claire a été de mettre en exposant le nom de la section que contenait le manuscrit : D" désigne un manuscrit des évangiles; D""1, un manuscrit des épîtres de saint Paul, etc. Lorsqu'on ne peut s'y tromper on met simplement la lettre. Ainsi, dans l'appareil critique d'une variante des épîtres pauliniennes, on notera simplement D, sans chiffre ou exposant, et l'on saura bien que c'est le codex Claromontanus qui est désigné, et non le codex de Bèze, puisque celui-ci ne contient que les évangiles et les Actes.

En outre, il est arrivé que l'on a désigné par une seule lettre, en y ajoutant en exposant des lettres ou des chiffres, des manuscrits de même provenance, ou des fragments trop courts pour recevoir des lettres différentes. Ainsi, sous la lettre T on a groupé des

fragments trouvés en Egypte et pour la plupart bilingues, grec et sahidique, el on a distingué ainsi ces fragments : Tb Tc Td Te etc. Sous la lettre W on a rangé aussi des fragments, presque tous palimpsestes, Wa jusqu'à W". Il en a été de même pour les lettres

Faisons observer que quatre manuscrits, Sinaiticus, Alexandrinus, Vaticanus et le codex Ephraemi rescriptus, contenant tout le Nouveau Testament ou presque, leurs quatre sections portent la même lettre x A B C. En outre, toutes les sections n'ont pas toutes les lettres que nous venons d'indiquer. Ainsi, pour l'Apocalypse, qui est, il est vrai, la section la plus pauvre en manuscrits, on n'a, outre h A C, que les codex P Q et l\ Il en est de même pour la deuxième et la troisième section. La section des évangiles, qui est la plus complète, a seule toutes les lettres.

Observons enfin qu'un certain nombre de manuscrits majuscules portent des épithètes empruntées au lieu d'où ils proviennent : Sinaiticus (Sinaï), Alexandrinus (Alexandrie) ; au lieu où ils se trouvent : Vaticanus (Vatican), Mutinensis (Modène), Mosquensis (Moscou), Rossanensis (Kossauo); à celui à qui ils appartiennent ou ont appartenu : codex Bezae (de Bèze) , Barberini, Laudianus (Laud), Boreeli (Boreel), Wolfii Wolf), Freer, Coislinianus (Coislin) ; ou à un de leurs caractères : Kuber (écrit avec de l'encre ronge), Purpureus (feuilles de vélin teint en pourpre); ou à celui qui les a trouvés : Tischendorfii (Tischendorf).

Il y a d'autres manuscrits qui portent aussi des noms du môme genre : des manuscrits minuscules : codex Basileensis (Bâle), Medicaeus (Médicis), Usserianui (Useher), Genevensii (Genève); des manuscrits vieux latins : codex Verœllensil (Verceil), Veronensis Vérone), Colbortinus (Coibert), Bràdtnns (Brescia);

des manuscrits de la Vulgate : Codex Amiatinus Amiata) , Cavensis (La Cava) , Fuldensis (Fulda! etc.

Manuscrits minuscules. — Les manuscrits minuscules sontdésignés par des chiffres arabes, ensuivant le même principe que pour les majuscules. Les chiffres 1 et suivants sont assignés aux manuscrits des évangiles ; puis on reprend le chiffre 1 et les suivants poulies Actes, ensuite pour les épîtres de saint Paul et enfin pour l'Apocalypse. Quelquefois, le même manuscrit reçoit le même chiffre pour toutes les sections. Ainsi le minuscule 1 pour les évangiles est aussi noté 1 pour les Actes et 1 pour les épîtres pauliniennes. mais d'ordinaire le même manuscrit reçoit des chiffres différents suivant les sections : le codex 18 pour les évangiles est noté 113 pour les Actes, 132 pour les épîtres pauliniennes, 51 pour l'Apocalypse.

Lectionnaires. — Les lectionnaires sont diviséd'après leur contenu en deux sections : les Évangéliaires, EùxYYe'^l0v> E0aY7eXi<rtâf,iov, qui contiennent la série des évangiles des fêtes, des dimanches et des fériés, partie variable de la liturgie, et celle des saints, partie fixe : l'Epistolaire ou l'Apôtre, 'AtcôottoXoç, s'il contient seulement les épîtres de saint Paul ; le f]poilan6<r:okoç, si, outre les épîtres pauliniennes, il a des extraits des Actes et des épîtres catholiques. Les manuscrits sont marqués par des chiffres arabes, précédés d'une -fquand le manuscrit est majuscule. Les manuscrits de l'Évangéliaire sont cotés 1 et suivants : pour ceux de l'Epistolaire on reprend les chiffres 1 et suivants. Il s'ensuit que des manuscrits contenant l'Évangéliaire et l'Epistolaire reçoivent des chiffres différents suivant qu'on désigne le premier ou le second. Ainsi, l'Évangéliaire + 6 est l'Epistolaire + * I l'Évangéliaire 112 est l'Epistolaire 4.

Lorsque nous parlerons des vieilles versions nous dirons comment on en désigne les manuscrits.

//. — Système de Gregory*.

La notation de Gregory est simple, mais donne des renseignements moins complets que celle de von Soden. Gregory supprime l'emploi des lettres hébraïques, sauf pour le Sinaiticus, marqué k. Pour les manuscrits majuscules il conserve les lettres romaines et grecques, mais il préférerait employer des chiffres gras précédés d'un O. Ainsi, »s* serait 01; B, 02, jusqu'à £2, 045. Ensuite, n'utilisant pas les lettres hébraïques, il ne se sert plus que des chiffres : 046 jusqu'à 0165 inclusivement.

Pour les papyrus, il les désigne par un P gothique avec des chiffres en exposants : $ * à $19 inclusivement.

Pour les manuscrits minuscules, il emploie des chiffres arabes, le même, quel que soit le nombre des sections, que contient le manuscrit. Ainsi, le chiffre 1 désigne un manuscrit qui renferme les évangiles, les Actes et l'Apocalypse ; le chiffre 18 un manuscrit où se trouve tout le Nouveau Testament et qui précédemment était noté par quatre chiffres différents. Il s'ensuit que les chiffres des manuscrits des évangiles ne sont pas changés, mais qu'ils le sont pour les manuscrits des autres sections. Ainsi, le chiffre 172 désigne un manuscrit noté auparavant 178 pour les Actes, 242 pour lesépitres pauliniennea et 87 pour l'Apocalypse. Quand le manuscrit contient, outre les évangiles, d'ailtrefl sections, on l'indique en ajoutant en exposant

i. cf. il,.- griiûMschm ïïandtchrifttn dn N«um mttmmtt, i.eip-

au chiffre les lettres e, a, p, r = évangiles, Actes et épîtres catholiques, Paul, Révélation (Apocalypse).

Les lectionnaires sont désignés par des chiffres arabes : le chiffre sans addition, précédé de la lettre /, désigne un lectionnaire qui contient seulement l'Évangéliaire; le chiffre accompagné du sigle l-\-* indique qu'il contient aussi TEpistolaire; le chiffre accompagné du sigle /*, marque que le lectionnaire est un Epistolaire.

///. — Système de von Soden * .

Dans sa notation des manuscrits, von Soden De dis tingue plus entre les majuscules et les minuseul. s. les lectionnaires et les papyrus; il donne à chaque manuscrit un sigle qui indique son contenu et son âge. Il a divisé les manuscrits du Nouveau Testament en trois groupes, désignés par les lettres grecques S, première lettre de Siaô^xY), Testament; s, première lettre de eùaYyéXiov, évangile ; a. première lettre de àno'aToXoç, apôtre.

Le sigle 8 désigne les manuscrits qui contiennent le Nouveau Testament avec ou sans l'Apocalypse.

Le sigle e désigne ceux qui contiennent les évangiles.

Le sigle a désigne ceux qui contiennent les écrits apostoliques.

Des chiffres arabes sont ajoutés à la lettre grecque pour indiquer l'âge absolu du manuscrit et son âge par rapport aux autres manuscrits. Ainsi o 1 désigne le Vaticanus ; S 2 le Sinaiticus; S 3 le codex Ephraemi rescriptus ; 8 4 le codex Alexandrinus ; S 5 le codex de Bèze; S G le codex W du mont Athos, etc.

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