‹ Le Nouveau Testament dans l'Église ChrétienneChapitre 88 sur 156 · USAGE DES VERSIONS POUR LA CRITIQUE. 2<J · texte numérisé non relu

USAGE DES VERSIONS POUR LA CRITIQUE. 2<J

nisterium, etc. Il a pu mal interpréter les abréviations. Ainsi, dans Me, XV, 8, le codex a et la Vulgate ont lu àvocêa;, tandis que les codex cffr ont lu àva6oi]<iaç. Une erreur de ce genre explique la variante <fyo«v pour wfjioX<)y/)<iev.

4° Il faut tenir compte surtout de ce fait que plusieurs versions ont été revisées. Nous avons signalé déjà plusieurs de ces revisions; rappelons celle de saint Jérôme pour le texte des évangiles des vieilles versions latines, celle des vieilles versions latines elles-mêmes, celle de la Vulgate au moyen âge par Alcuin au moyen des manuscrits grecs et syriaques et celle des Biblia corectoria au xme siècle. Ces revisions portèrent sur divers points. On corrigea les erreurs des copistes et les altérations intentionnelles ; on traduisit les mots qui primitivement avaient été inscrits sans être traduits.

On substitua les mots courants et actuels à ceux qui étaient devenus obsolètes ou dialectaux; on corrigea les fautes de grammaire; on ramena le texte des versions à celui des textes originaux. Saint Jérôme, avons-nous déjà dit, conforma le texte de la vieille latine à celui des meilleurs manuscrits grecs. Thomas de Harkel fit subir la même opération à la version syriaque philoxénienne. On a déjà cité d'autres exemples de ce genre de revision. D'autres fois, une version a été revisée à l'aide d'une autre version, de la Vulgate par exemple.

5° On ne doit pas s'en tenir aux éditions des versions pour étudier leur témoignage, à moins qu'il n'ait ete fait de ces versions des éditions critiques, ce qui n'est pas encore le cas pour toutes les versions. Nous avons eu soin de les signaler quand nous les rencontrions. Mais jusqu'en ces dernières années, les éditions des versions du Nouveau Testament n'avaient pas été

établies d'après les principes de la critique et de ce fait la valeur de leur témoignage était très affaiblie. Les éditeurs ne s'étaient pas préoccupés de choisir les meilleurs manuscrits ; ils ne les avaient pas rangés en familles et n'avaient pas su apprécier leur valeur. Ils s'étaient même permis d'introduire des changements de texte ; ils avaient corrigé une version par une autre . Ainsi les éditions des versions arménienne et éthiopienne ont été interpolées à l'aide de la Vulgate. On a même comblé certaines lacunes du texte à l'aide de celui d'une autre version.

Autorité des versions pour la critique textuelle. — Ceci posé, il s'agit de déterminer quelle peut être la valeur d'une version au point de vue textuel. Elle dépendra de la date de la version, de son homogénéité, de leur archétype, c'est-à-dire du fait que deux versions connexes, comme la vieille syriaque et la vieille latine, dépendent d'un même texte grec ou non, ce qu'il importe de savoir pour compter le nombre des témoignages.

La valeur des leçons d'une ou de plusieurs versions peut être considérable pour fixer l'ancienneté d'un type de texte. Ainsi, nous observons que les versions récentes reproduisent les variantes du type syrien, tandis que les versions plus anciennes donnent les variantes du type occidental, ou du type neutre; nous en concluons que le texte syrien est plus récent que les textes occidental et neutre. Cette observation (Mira lieu d'être modifiée si l'on adopte les conclusions de von Soden sur la date respective de ces trois recensions. Le principe néanmoins restera bon, quoique cette application aa toit pas exacte.

Nous avons admis jusqu'ici que les variantes, que supposrnt les versions, ont ponr elles l'autorité «l'un manuscrit grec. Ce d *es1 pas toujours le cas ci, alors

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