CHAPITRE IV
la jnsliiicatioD n'est pas le fruit des œoyres de la loi , mais de la foi en Dieu qui foi imputée à justice à Abraham , avant que la Circoncision lui fût donnée ; laquelle il reçut eusuile , pour être , non par la loi , mais par la justice de la Foi , le père de tous ceux qui imiteraient sa foi. Oi il crut Dieu qui l'assurait qu'il serait le père de plusieurs nations par le fils qai lui avait été promis , quoique Sara sa femme et lui eussent passé Tâge propre à avoir des enfants.
1. QuiD ergo dicemus invenisse 1. Qub dirons-nous donc qu'a eu en Abraham patrem nostrum secundum partage Abraham notre père selon la carnem ? chair ?
Que dinmt-nou* donc , etc. Les Joift comptaient beaucoup sur la qualité d'enfants d*Abrabaiki, et sur les promesses faites a ce patriarche L'apôtre leur montre qu'Abraham n'a étéjustifié lui-même que par la foi en Jésus-Christ ; que c'est A la foi que les promesses sont attachées , et qu'elles sont pour tous ceui qui croiront , Juifs et gentils. Dana le texte grec le verbe inveniste est entre pairem notlrum ei tecundiim carntm ; c'est pourquoi quelques interprètes font rapporter tecundûm eamem A mveniste eu cette manière : Que dirom-nous que notre père Abraham a eu selon la chair ? C'est-àdire dirons-nous qu'il a trouvé la justice par les œuvres de la chair ? Nullement ; car, etc.
2. Si enim Abraham ex operibus 2. Car si Abraham a été justifié par les jastificatus est, habet glortam, sed œuvres, il a sujet de se glorifier, mais non apud Deum. non pas à l'égard de Dieu.
Jl a tujet de te glorifier , mais non pas à l'égard de Dieu. C'est-é-dire que les actions faites sans la grâce et sans la foi , peuvent bien nous attirer l'estime et l'approbotiou des hommes , mais qu'elles ne peuvent nous rendre agréables aux yeux de Dieu; puisqu'elles ne peuvent nous justifier , ni nous réconcilier avec lui.
3. Quid enirodicit Scriptura?Cre- 3. En effet, que dit l'Ecriture? Abradidtt Abraham Deo, et reputatum est ham crut à la parole de Dieu, et sa foi illi ad juslitiam (1). lui fut imputée à justice.
Que dit r Ecriture ? Abraham crut à la parole de Dieu, Quand Dieu fit A Abraham la promesse qui a donné occasion à Uoïse de dire ces paroles, Abraham était déjà justifié , et il avait déjà donné plus d'une fois des preuves de sa foi. Hais parce que l'acte de foi qu'il fit alors , renfermait une croyance plus formelle et plus expresse de la venue du Messie, que celle qu'il avait eue jusque-là ; A cette occasion Moïse a voulu faire remarquer aux Juifs que c'est par la foi que ce patriarche avait été d^abord justifié, et qu'il avait ensuite mérité une nouvelle augmentation de justice. Ce que dit ici saint Paul parait d'abord opposé A ce qu'enseigne saint Jacques sur le même sujet, chap. 2. V. 21. 22. Abraham noire père n*a-Uil pas été justifié par les (KW>res? etc. Vais ces deux passages rapprochés et comparés ensemble s'expliquent l'un l'autre, et nous apprennent tout ce que nous devons croire touchant la justification et le mérite
(1) Gen. 15. 6. *Gal. 3. 6. - Jac. 2. 33. - Hachab. 11.32.
16 CPITBE DE 8. PkVL AUX ROIIIAIIVS.
des bonnes œuvres. Le passage de saint Paul nous apprend que les œuvres et les cérëmouies de la loi, séparées de la foi et de la grâce de Jésus-Christ, ne sont nullement la cause de la justification; que les œuvres même surnaturelles qui précèdent la justification, ne la méritent point , quoiqu'elles y disposent le pécheur. Le passage de saint Jacques, si on Teiplique de la première justification , nous apprend que la foi pour justifier, doit être opérante par la charité, accompagnée de Tespérance et des aatres vertus dont elle fasse produire des actes. Le même passage, si on l'entend de la seconde justification, nous enseigne que l'homme déjà justifié acquiert et mérite parles bonnes œuvres un accroissement de justice, et qu'il marche de vertu en vertu par la pratique des commandements de Dieu et de l'Eglise. — Sa foi lui fut imputée à justice, Non par une imputation extérieure qui le fit regarder comme juste, quoiqu il ne le fût pas en effet; mais par un renouvellement intérieur de l'âme, et par l'infusion de la grâce sanctifiante, qui le rendit juste véritablement.
4. Ei autem qui operatur, merces 4 Or, à l'égard de celui qui fait des non imputatur secundùm gratiam , œuvres , la récompense n'est point réputée sed secundùm debitum. comme une grâce , mais comme une chose
due.
Or à l'égard de celui, etc. C'est-é-dîre, si Abraham avait été justifié pour ses œuvres, la justice ne lui aurait pas été donnée comme une grâce, mais comme une chose due à titre de récompense.
5. Ei yerô qui non operatur, cre- 5. Au lieu que celui qui ne fait point denti autem in eum, qui justificat d'œuvre, et qui croit en celui qui justifie impium, reputatur fides ejus ad jus- l'impie , sa foi lui est imputée à justice , titiam secundùm propositum gratis selon le dessein que Dieu en a formé par Del. grâce.
Au lieu que celui qui ne fait point d'œuvret. An lieu que celui dont les œuvres ne peuvent mériter la justification , mais qui croit en celui qui justifie l'impie; celui-là est justifié gratuitement par la foi, selon qu'il a plu à Dieu de faire dépendre notre justification de la foi et de la grâce de Jésus-Christ. Ces dernières paroles, tecundûm propositum, ne se trouvent point dans le texte grec.
6. Sicut et David dicit beatitudinem 6. C'est aussi en ce sens-là que David hominis , cui Deus accepto fert justi- appelle heureux l'homme que Dieu tient tiam sine operibus : pour juste sans les œuvres :
7. Beati, quorum remiss» sunt ini- 7. Heureux ceux dont les iniquités ont quitates , et quorum tecta sunt pec- été remises, et dont les péchés ont été coucata (1). verts.
8. Beatus vir cui non imputavit Do- 8. Heureux l'homme à qui le Seigneur minus peccatum. n'a point imputé le péché.
6. 7. 8. L'apôtre fait voir que même sous la loi de Moïse , David n'a point cru que la loi ou les œuvres de la loi pussent parelles-mêmes donner la sanctification et remettre les péchés; lui qui n'attribue la justification de l'homme pécheur qu'à la libéralité et à la miséricorde de Dieu. Les paroles de ces trois versets n'auraient pas besoin d'autre explication, si les hérétiques n'en avaient abusé, pour établir leur dogme de la justice imputative. Il faut donc savoir que cette rémission des péchés ne consiste pas en ce que les péchés cessent seulement d'être imputés, mais en ce qu'ils sont entièrement effacés , en sorte qu'il n'y a plus de sujet de les imputer. Outre cette rémission des péchés , il se fait encore dans l'homme un renouvellement intérieur par l'infusion des vertus, et en particulier de la charité que rend le pécheur d'injuste et d'ennemi de Dieu qu'il était auparavant, juste et ami de Dieu.
9. Beatitudo ergo hœc in circumci- 9. Ce bonheur donc se trouve-t-ii seusione tantùm manet , an etiam in lement dans les circoncis , ou encore dans prœputio? Dicimusenimquia reputata ceux qui ne le sont pas? Car nous disons est Abrahae fides ad justitiam. <]ue la foi d'Abraham lui a été imputée à
justice.
(1) Ps. 31. l.
CHAPITRB lY. 17
Ct bonheur donc, ele. C'est-é-dire cette justification gratuite qui fait te bonheur de Thomme, et que Dieu n'accorde qu'A ceui qui croient, ta trouve^t-elle , etc.
10. Quomodô ergo reputata est ? In 10. Comment donc l'a-t-elle été ? Est-ce circumcisione , an in prsputio? Non lorsqu'il fut circoncis, ou avant que de in cirtumeisione , sed in prsputio. l'être? Ce n'est point lorsqu'il fut circoncis , mais avant qu'il l'eût été.
11. Et signura accepit circumcisio- 11. Aussi, a-t-il reçu la marque de la nis, signaculum justiti» fidei, quae circoncision comme le sceau de la justice est in prsputio (1) : qui vient de la foi , et qu'il avait avant que
d'être circoncis :
Ut sit pater omnium credentium AGn qu'il soit le père de tous ceui qui per praeputium , ut reputetur et illis croient sans être circoncis , que leur foi ad justitiam : leur soit à eui-mêmes imputée à justice ;
Autti ttrt-U reçu , elt. De ce qu'Abraham a été juBtifié avant que d'avoir reçu la cÎTOoncinon , Tapôtre en tire deux conclusions ; l'une qu'Abraham ne doit pas sa justification A la circoncision ; l'autre, que la circoncision n'a été donnée que pour être la itaBique de Injustice qu'il avait reçue par la foi, et pour être comme le sceau et le ga^e des promesses que Dieu lui faisait de le rendre le père de tous les croyants ; c'est-A-dire de faire naître de sa postérité un Messie et un libérateur , qui sanctifierait tous ceux qui A l'exemple d'Abraham croiraient en lui.
12. Et sit pater circumcisionis, non 12. Et qu'il soit le père de la circoncieî8 tantùm, qui sunt ex circumcisione, sion , non-seulement à l'égard dé ceux qui sed et lis qui sectantur vesti^ia fidei , sont circoncis , mais aussi de ceux qui quœ est in prsputio patris nostri suivent les traces de cette foi qu'eut Abra- Abrahs. ham notre père n'étant pas circoncis.
Qu'il toii le père de la eireoncision. Afin qu'il soit aussi le père des Juifs circoncis , non pas de ceux qui sont circoncis seulement selon la chair, mais de ceux qui joignent A cette circoncision extérieure la foi qu'a eue Abraham. C'est le sens que tes Pères grecs donnent A ce verset , et que fournit le plus naturellement le texte grec : xaè Ttecripa Tcspiro/iT^ç, roXç oùx ix itipiro/JifiÇ fiôvov, aXXkxxi rôti çoc^oO^c i etc. Ceux qui croient que ce verset regarde et les Juifs et les gentils , l'expliquent en cette manière : afin qu'il soit le père de la circoncision, non>seulement A l'égard des Juifs, mais aussi A l'égard de ceux qui sans être circoncis imitent la foi d'Abraham. Suivant cette explication , qui parait la plus conforme A la Vulgate , il semble que dans cette phrase . ut »U pater cireutncisioni* , le root de circoncision ne marque pas la circoncision prise matériellement , mais entendue au sens de l'apôtre , en tant qu'elle est le sceau de la justice qui vient de la foi. Dans ce sens figuré et spirituel , Abraham est véritablement le père de la circoncision A l'égard des Juifs et des gentils; parce que la circoncision n'avait été établie que comme le signe et le sceau de la justice, qui devait leur être commune aux uns et aux autres par la foi en Jésus-Christ , de même qu'Abraham avait été justifié lui-même par la foi en Jésus-Christ.
13. Non enim per leçem promissio 13. Car ce n'est point en vue de la loi Abrah», aut seminiejus, ut bsres qu'il a été promis a Abraham ou à ses esset mundi, sed per justitiam fidei (2). descendants que le monde serait son héritage ; mais c'est en vue de la justice qui vient de la foi.
Car ce n'eet point en tue de la loi. La promesse faite A Abraham qu'il serait le père de tout les croyants , que toutes les nations seraient bénies dans sa postérité , c'esi-Adire que le Messie et le Sauveur de tous les hommes naîtrait de lui , cette promesse ne lui a point été faite en vertu des œuvres de la loi , puisqu'elle a précédé la loi de plus de 4Q0 ans. L'exécution de cette promesse n'est donc point non plus attachée aux cenvres de la loi.
14. Si enim qui ex lege , bœredes 14. En effet, si l'héritage est pour ceux sunt : exinanita est fides« abolita est qui font profession de la loi , la foi n'est promissio. bonne à rien , la promesse demeure vaine.
(l) Gen. 17. 10. 1 1. — (2) Gai. 3. iS.-Deb. 11.9.
En effet ti l'héritage, etc. Si ce n'était que par le mérite des œuvres qu'on entrât dans cet héritage de bénédiction et de justice promis aux vrais enfants d'Abraham, la foi en Jésus-Christ ne serait point nécessaire et deviendrait inutilp , la promesse faite A Abraham que les nations seraient bénies dans sa race demeurerait vaine. Ou bien , s'il n'y avait que ceux qui sont de la lui , c'est-à-dire les Juifs , qui dussent avoir part à cet héritage, la foi d'abrabam qui a vécu avant la loi, serait donc inutile; les promesses faites en faveur de ceux qui imiteront sa foi, et qui ne feront point dépendre leur justice des œuvres de la loi , demeureraient vaines.
15. Lex eniiD iram operatur. Ubi 15. Car la loi produit la colère : puisenim non est lex , Dec prsvaricatio. qu'où il n'y a point de loi , il n'y a point
non plus de transgression.
La loi produit la colère. L'ap6(re montre ici qne la loi, loin de pouvoir procurer la justice, attire plutôt la colère de Dieu. Ce qu'elle fait, non par elle-même et dans les desseins du législateur; mais parce que le grand nombre d'obligations qu'elle impose, devient une occasion de transgression et de désobéissance. Saint Paul ati reste en disant que la loi attire la colère ^ regarde la loi précisément en elle-même, faisant abstraction des secours de grâces que Dieu n'a jamais refusés pour l'accomplir. — Où iln'yapoini de loi, il n'y a point de trantgresiion . Si l'on entend ces paroles de toute sorte de loi , soit positive , soit naturelle, la proposition est véritable prise à la rigueur. Hais si on les entend seulement de la loi de Moïse, l'apôtre ne veut pas dire qu'il n'y ait point eu de péchés pour ceux qui n'avaient point cette loi. 11 suppose ailleurs que les gentils pèchent , et seront condamnés sans avoir été sujets à la loi. Ces paroles doivent donc s'entendre de ce grand nombre de cérémonies légales, auxquelles la loi de Moïse assujettissait les Juifs, et qu'ils auraient pu omettre impunément, si la loi ne les eût prescrites.
16. Ideô ex fide, ut secundùm gra- 16. Ainsi , rhéritage est pour ceux qui tiam firma sit promissio omni semini, font profession de la foi ; afin que par un non ei qui ex lege est solùm , sed et el bienfait gratuit la promesse soit assurée qui ex fide est Àbrab» , qui pater est pour toute sa race, non- seulement pour omnium nostrûm ; celle qui fait profession de la loi , mais
aussi pour celle qui fait profession de la foi d'Abraham que nous avons tous pour père;
17. (Sicut scriptura est : Quia pa- 17. (Selon ce qui est écrit : Je vous ai trem multarum gentium posui te) (1). fait père de plusieurs nations : )
Ante Deum , cui credidit , qui vivi- Et qui l'est devant Dieu , auquel il a iicat mortuos, et vocat ea qu» non cru, lequel rend la vie aux morts, et apsunt tamquàm ea quas sunt. pelle les choses qui pe sont point comme
celles qui sont.
Qui l'est devant Dieu, Ante Deum. Ces paroles se rapportent à celles du verset précédent, ^ttt ettptXer omnium nostrûm, Abraham est le père de tous les croyants Juifs et gentils , non devant les hommes , c'est-à-dire, non par une génération naturelle , mais devant Dieu , c'est-à-dire, d'une manière spirituelle; Dieu voulant que tous ceux qui imiteront la foi d'Abraham, soient censés être ses enfants, et aient part aux promes»es faîtes à sa postérité. Saint Chrysostôme et d'autres interprètes grecs expliquent ces paroles ante Deum en cette manière : Comme Dieu est le père de tous les hommes par la création , Abraham l'est aussi devenu en quelque sorte par la foi dont il leur a a donné l'exemple. — • Lequel rend lame aux morts. Selon quelques interprètes, ces paroles marquent la croyance qu'eut Abraham que, malgré son âge, Dieu pouvait lui faire avoir un fils, et accomplir les promesses qui lui avaient été faites. Selon d'auties, par cette vie que Dieu rend aux morts , il faut entendre la résurrection spirituelle des gentils de l'état de péché à celui de la grâce. Mais il vaut peut-être mieux prendre â la lettre les paroles du texte sacré. Quoique Dieu eût promis à Abraham qu'une nombreuse postérité descendrait d'isaac, ce{>endant Abraham ne balança point à sacrifier son fils, persuadé que Dieu pouvait le ressusciter. C'est ce que saint Paul explique lui-même. Jlebr, 11. l9. Et c'est aussi en ce sens que l'apôtre à la fin de ce ch a p., verset 24, conclut que nous serons aussi justifiés, si nous croyons en celui qui a ressuscité Notre-
(l)Gen.l7. 4.
CHAPITEE lY. 19
Seigneor dont Isaac a été la figure. — Appelle les choses qui ne sont point , ete. C'est une façon de parler qui marque la facilité et la promptitude avec laquelle Dieu produit par la création tout ce qu'il lui plaît, disposant également de ce qui D'est pas comme de ce qui est. Cette persuasion qu'avait Abraham de la toute-puissance de Dieu , lui fit regarder comme assurée la postérité nombreuse qui lui était promise; quoique la chose parût alors contre toute apparence: Contra spemin spem credidit.
18. Qui contra spein in spem cre- 18. Espérant contre l'espérance, il crut didit, ut fieret pater multarum gen- qu'il deviendrait le père de plusieurs natium , secundùm quod dictum est ei : tiens, selon ce qui lui fut dit : Telle sera Sic erit senien tuum (1). votre postérité.
Tel'e sera votre postérité. C'est-à-dire, elle sera aussi nombreuse que les étoiles du ciel. Di^t ei Dominus : Inspice eœlum, et numera stellas^ si potes : sic erit semen tuum. Gen. 15. 5.
19. Et non infîrmatus est fide, nec 19. Sa foi ne s'afTaiblit point, et il ne consideravit corpus suuro emortuum , considéra point qu'ayant alors près de cent cùm jam ferècentum esset annorum, ans, son corps était comme mort aussi et emortuam vulvam Sarae. bien que celui de Sara , qui n'était plus en
état d'avoir des enfants.
Sa foi ne s'affaiblit point, ete. \braham ne laissa pas de représenter l'impossibilité qu'il paraissait y avoir , qu'étant aussi âgé il pût avoir un fils, Gen. 17. 17. Mais il le fit sans se défier le moins du monde du pouvoir de Dieu. Il reconnaissait seulement par là que les promesses divines ne pouvaient s'accomplir que par un miracle. Au reste, la fécondité que Dieu donna alors miraculeusement à Abraham , ne se termina pas à la seule génération d'isaac. Elle lui fut continuée dans la suite, et il eut plusieurs enfants d'une femme qu'il épousa après la mort de Sara.
20. In repromissione etiam Dei non 20. Il n'hésita point non plus , et n'eut hssitavit diffidentift, sed confortatus aucune défiance sur la promesse de Dieu : est fide , dans gloriam Dec : mais il se fortifia par la foi , et glorifia
Dieu,
21. Plenissimé sciens quia quae- 21. Pleinement convaincu que tout ce cumque promisit , potens est etfacere. que Dieu a promis , il le peut faire.
22. Ideô et reputatum est illi ad 22. C'est pourquoi sa foi lui fut imputée jusliiiam. à justice.
23. Non est autem scriptum tantùm 23. Or, ce n'est pas pour lui seul qu'il propter Ipsum, quia reputatum est est écrit, que sa foi lui a été imputée à illi ad justitiam : justice :
24. Sed et propter nos, quibus re- 24. Mais aussi pour nous, à qui elle putabitur credentibus in eum, qui sera imputée de même; à nous qui suscitavit Jesum Christum Dominum croyons en celui qui a ressuscité J.-C. nostnim à mortuis (2] : Notre-Seigneur ,
25. Qui traditus est propter delicta 25. Lequel a été livré pour nos péchés , nostra,et resurreiit propter justifi- et est ressuscité pour notre justification, cationem nostram (3).
Qui est ressuscité pour notre Justification. C'est par sa mort proprement , et non par sa résurrection que Jésus-Christ nous a mérité la rémission des péchés et la sanctification. Cependant l'apôtre dit que Jésus-Christ est ressuscité pour notre justification ; parce que sa résurrection a été le terme et le complément de l'ouvrage de notre salut. Elle est le modèle de notre résurrection spirituelle à la vie de la grâce; et c'est sur elle qu'est fondée l'espérance d'une résurrection glorieuse, qui doit être le fruit de notr» justification.
(l)Gen. 15. 5. — [2) 1. Pet. 1.21. — (3) Isa. 53. 6. juxta 70. - l. Pet. 1. 3.
20 EPITRB DE S. VkVL AUX ROMAINS.