CHAPITRE V
Efaiil justifiés par la foi, dit-il, iion>seul«iiKDt nous nous glorifions dans Tesp^rance, mais encore dans les adversités. Car si Jésus-Christ est mort pour nous, lorsque nous étions encore impies ; à plus forte raison nous sanTora-t-il maintenant que nous sommes justifies par son sang , et comme par la seule désobéissance d'Adam nous avons tous péché , et nous sommes tous morts; de même par robéissance du seul Jésus-Christ nous sommes justifiés de nos péchés .et rappelés à vie.
1. JcsTiFicATi ergo ex fide , pacem 1. Etant donc justifiés par ]a foi , conbabcamus ad Deum per DoniiDum servons la paix avec Dieu par Jésus-Christ nostrum Jesum Christum : Noire-Seigneur ;
Congei-vonê la paix avec Dieu. A la lettre , ayons la paix avec Dieu. Le grec ordinaire porte, noui avons la paix , Ixoyusv. Mais la plupnrt des Pères grecs ont lu conformément é notre Vulgate, ayons la paix, Uy^^fiev, Par la paix dont parle ici l'apôtre^ les uns entendent la réconciliation avec Dieu , son amitié ; les autres, la paix de l'âme et la tranquillité que goûtent les Justes, opposée aux troubles et aux frayeurs d'une mauvaise conscience. Ce dernier sens paraît fort conforme à la suite du texte , et ne favorise eu rien la fausse sécurité et la certitude absolue que les hérétiques prétendent qu'on doit avoir de son salut et de sa justification.
2. Per quem et habemus accessum, 2. Lequel nous a fait entrer par la foi per fidem in gratiam islam , in quâ dans cet élat de grâce où nous sommes , et slamus , et gloriamur in spe gloriae où nous nous glorifions en l'espérance de filiorum Dei (2). la gloire des enfants de Dieu.
3. Non solùm autem , sed et glo* 3. Et non-seulement cela , mais nous riamur in tribulationibus : scientes nous glorifions aussi dans nos tribulaquôd tribulatio patientiam opéra- lions : sachant que la Iribulalion produit tur (3) , la patience ,
4. Patientia autem probalionem « 4. La patience l'épreuve , et l'épreuve probatio verô spem. l'espérance.
3. 4. La iribulalion produit lapcUienee, ete, La tribulation donne occasion d'exercer la. patience. La patience sert d'épreuve , c'est-à-dire que par la patience on donne une preuve et une marque de sa vertu , on prouve sa foi. Ces preuves et ces pratiques de vertu augmentent l'espérance , en donnant droit d'espérer une plus grande récompense. C'est ce qu'enseigne saint Pierre : Vi probatio vestrœ fidei mullà pretiosior auro quod per ignem probalur , inveniatur in laudem et gloriam et konorem in revelatione Jesu Ckristi, 1 . Petr, 1 . 7. Saint Paul dit ici que la patience produit l'épreuve. Saint Jacques semble dire le contraire par ces paroles : Probatio fidei vestrœ patientiam operatttr. Hais toute la difiiculté consiste en ce que le mot probatio n'a pas la même signification dans ces deux passages. La patience des fidèles dans leurs afflictions , est une preuve qu'ils donnent de leur foi , patientia probationem operatur : c'est le sens des paroles
( 1 ) CH\P. V. Saint Paul , après avoir enseigné dans les chapitres précédents de quelle manière nous sommes justifiés par la foi et ta grâce de Jésus-Christ , commence dans celui-ci é expliquer les effets et les fruits de la justification , dont un des principaux est la paix et l'espérance d'un bonheur éternel. Le fondement de cette es)>érance, c'est l'amour de Dieu pour nous. Car si lorsque nous étions encore ses ennemis , il nous a aimés jusqu'à livrer à la mort son propre Fils ; quel motif n'avons-nous pas d'espérer la vie éternelle étant réconciliés avec lui ? L'apôtre relève ensuite le prix de notre rédemption , en comparant les avantages qui nous en reviennent , avec les maux qu'avait produits le péché de notre premier père. — [2) Ephes. 2. 18. — (3) Jac. l. 3.