CHAPITRE II
2. Sed anlé passi , et coDtumeliis 2. Mais , qaoiqu'auparavaDt nous «usaffecli (sicut scilis) in Philippis , fi- siens souffert et que nous eussions été ouduciam babuimus in Deo nostro, lo- tragés à Philippes, comme tous le savez , qui ad vos Evangelium Dei in multâ nous eûmes le courage , avec le secours de sollicitodine (l). notre Dieu , de vous prêcher l'Evangile de
Dieu parmi des inquiétudes continuelles.
3. Eihortatio enim nostra non de 3. Aussi lorsque nous vous avons préerrore, nequc de immunditiâ , neque cfaé, ce n'a point été en vous portant à in dolo : Terreur , ou à rien d'impur , ni pour vous
séduire :
4. Sed sicut probati sumus à Deo 4. Au contraire, comme nous avons été ùt crederetur nobis Evangelium ; ità éprouvés de Dieu pour que l'Evangile nous loquimur, non quasi hominibus pla- lut confié; aussi parlons-nous comme centes , sed Deo qui probat corda cherchant à plaire » non aux hommes , nostra. mais à Dieu qui sonde nos cœurs.
Nous avons été éprouvés de Dieu pour que V Evangile nous fût confié. C'est-à-dire Diea nous a jugés dignes qu'il nous confiât le ministère de i'Ëvangile. Mais il faut remarquer avec saint Augustin , que c'est Dieu qui en choisissant l'apôtre pour annoncer l'Evangile, l'a rendu digne d'un si sublime ministère. Car l'apôtre enseigne assez souvent lui-même que , de son propre fond , il n'était digne que de châtiments.
5. Neque enim aliquandè fuimus 5. En effet, nous n'avons jamais rien in sermone adulationis . sicut scitis, dit pour flatter, comme vous savez, ni neque in occasione avariti» : Deus cherché aucun prétexte d'avarice : Dieu testis est. • en est témoin.
6. Nec qusrentes ab hominibus 6. Nous n'avons point non plus prégloriam , neque à vobis , neque ab tendu de gloire de la part des nommes , aliis. soit de vous , soit des autres.
7. Cbm possemus vobis oneri esse 7. Quoique nous eussions droit , comme ut Christi apostoli ; sed facti suraus apôtres de Jésus-Christ, de vous charger parvuli in medio vestrûm , tamquam de notre subsistance ; cependant nous nous si nutrix foveat filios sues. sommes faits petits parmi vous, comme
une nourrice qui caresserait ses enfants.
Quoique nous eussions droit, comme apôtres de Jésus-Christ, de vous charger de notre tvhtisianee, 11 y a dans le teite latin , oneri esse , être à charge : et dans le grec , cv ^xpst livac , esse in pondère : ce que quelques interprètes ont entendu comme s'il y avait, esse m auctoritate; pouvant nous faire respecter parmi vous, nous nous sommes cependant faits petits. Eu égard au texte grec, cette explication est forcée, et le texte latin ne la comporte nullement. — Nous nous sommes faits petits. Il y a dans quelques exemplaires grecs v^n toi t parvuli ; mais dans la plupart on lit, ^ntot , placidi , pleins de douceur. L'auteur de la Yulgate a saiis doute lu v^Trtoe. Le sens des deux leçons est peu différent.
8. Itadesiderantes vos, cupide vo- 8. C'est ainsi que vous aimant avec lebamns tradere vobis , non soliim tendresse , nous souhaitions ardemment , Evangelium Dei , sed etiam animas non-seulement de vous communiquer l'Enostras : Quoniam charissimi nobis vangile, mais encore de vous donner notre facti estis. propre vie : car vous nous êtes devenus
. extrêmement chers.
9. Memores enim estis , fratres , la- 9. Aussi , mes frères , vous souvient-il ^pris nostri et fatigationis : nocte ac de nos travaux et de nos fatigues : nous die opérantes, ne quem vestrûm avons prêché l'Evangile de Dieu parmi (^avaremus, prsdicavimus in vobis vous, travaillant la nuit et le jour, pour Evangelium Dei (2). n'être à charge à aucun de vous.
Travaillant la nuit et le jour, pour n'être à charge à aucun de vous» Le temps qui festatté l'apôtre après la prédication de l'Ëvangile, il l'employait au travail des mains afin de n'être à charge à personne.
(l) ict. 16. 19. — (2) âict. 20. 34.-1. Cor. 4. 12. - 2. Thess. 3. 8.
2^0 I. EPITRE DE S. PAUL AUX TH£SSALO?ilCIEKS.
10. Vos testes estis, et Deus, quàm 10. Vous êtes témoins , comme Diea sanctè , et juste , et sine querelâ , vo- l'est aussi , combien notre conduite à bis, qui credidlstis , fuimus : l'égard de vous autres qui croyez, a été
sainte , juste et irrépréhensible :
11. Sicut scitis, qualiter unum- 11. Vous le savez , de quelle sorle cooquemque vestrûm (sicut pater filios jurant et consolant chacun de vous , ainsi suos), qu'un père en userait à l'égard de ses
enfants ,
12. Beprecantes vos et consolantes, 12. Nous vous persuadions d'avoir une testifîcati sumus ut ambularelis digne conduite digne de Dieu, qui vous a appelés Deo , qui vocavit vos in suum regnum à son royaume et à sa gloire*
c> gloriam.
13. Ideô et nos gratias agimus Deo 13. C'est dans cette vue aussi (^ue nous sine intermissione , quoniam cùm ac- ne cessons point de rendre des actions cepissetisànobisverbumauditùsDei, de grâces à Dieu, de ce que nous ayaot accepistis illud, non ut verbum ho- ouï prêcher la parole de Dieu, vous l'avez minum, sed (sicut est verè} verbum reçue, non comme la parole des hommes, Dei , qui operatur in vobis, qui credi- mais selon ce qu'elle est en effet, comme distis. la parole de Dieu, lequel opère en vous
autres qui avez cru.
Lequel opèrg en tous autres qui avez cru. Qui opère dans vos cœur» par sa grâce, pour vous l'aire croire et persévérer daus la foi. il y a dans le grec , oç xal inpyeîrtci. Le relatif èç peut se rapporter, ou à Dieu, ou à la parole, qui en grec est du mascuiiii. Si on l'explique en ce dernier sens, cela signifiera que la parole de Dieu a été chez les Thessalouiciens, comme une semence féconde, qui a produit quantité de bons fruits.
14. Vos enim imitatores facti estis, 14. Car , mes frères, vous avez suivi fratres, Ecclesiarum Dei, qus sunt l'exemple des Eglises de Dieu, qui sont in Ju4œâ , in Christo Jesu ; quia à Jésus-Christ dans la Judée ; puisque eadem passi estis et vos à contribuli- vous aussi vous avez souffert de vos combus vestris , sicut et ipsi à Judaeis : patriotes les mêmes traitements fu'ilsoot
souffeits des Juifs ;
Vous mez suivi l'exemple des églises de Dieu, qui sont d Jésus-Christ dans la Judée. Les fidèles de la Judée avaient eu beaucoup à souffrir de la part des Juifs ; et les fidèles de Thessalonique , qui avaient eu aussi des persécutions à essuyer de la part Ae leurs compatriotes, avaient montré le même courage.
15. Qui et Dominum occiderunt 15. De ces gens qui ont mis à mort et Jesum, et prophctas, et nos persecuti le Seigneur Jésus, et les Prophètes; de sunt , et Deo non placent , et omnibus ces gens qui nous ont persécutés, et qui hominibus adversantur ; ne plaisent point à Dieu , et qui sont opposés à tout le monde ;
Qui sont opposés à tout le monde. En ce qu'ils s'opposaient à ce qu'on annonçât Jésus-Christ, qui est le Sauveur de tous, et qu'ils ne voulaient pa« eux*métties le reconnaître. Us étaient donc les ennemis déclarés du genre humain^ puisqu'il' tachaient d'anéantir la mémoire de celui qui devait les sauver.
16. Prohîbentes nos gentibus loqui 16. Qui , afin de rempïir sans cesse la Qt salvffi fiant, ut impleant peccata mesure de leurs péchés, nous empécheut sua semper : pervenit enim ira Dei de parler aux nations pour leur salut: car super illos usque in finem. la colère de Dieu est tombée sur eux pour
toujours.
Afin de remplir sans cesse la mesure de leurs péchés. La mesure des péchés est comblée , selon le langage de l'Ecriture, lorsque le dernier péché , après lequel Diea a lésolu de faire éclater sa colère en punissant les coupables, est commis. Nous apprenons de lé qu'il y a une mesure de prévarication pour les vil 'es et l^ royaumes, au delà de laquelle Ûieu ne diffère plus'ses vengeafice». — Car la- colère de Dieu est tombée sur euw pour toujours. Cela doit s'entendre de la désolation entière de ta uatien, q<u arriva peu de temps après, lorsque Titus détruisit entièrement Jérusalem, comme Jésus-Christ l'avait prédit. Depuis ce temps-là , les Juifs n'ont jamais pu se relever ; et la main de Dieu s'est toujours visiblement appesantie sur eux.
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17. Nos autcm , fralreâ , desolali à 17. Quant à nous , mes frères • après Tobisad tempus hors, aspeclu , non avoir été pour un peu de temps séparés corde, abundantiCis festioavimus fa- d'avec vous de vue, non pas de cœur, nous ciem vesiram videre cum multo desi- nous sommes d'autant plus hâtés de vous derio : revoir , en ayant un fort grand désir.
18. Quoniam voluimus venire ad 18. De fait nous étions résolus de vous vos : ego quidem Paulus, et semel , aller voir : ei moi Paul , en mou particuetiterùm; sed impedivit nos Satanas. lier, je l'ai été jusqu'à deux fois ; mais
Satan s'est opposé à nous.
Nais Satan èett opposé à nous, C'est-é*dire les ennemis de l'Evangile, à rinsti^iatioM deSutan, uousen ont empêchés par les embûches qu'ils nous ont tendues , et les différents obstacles qu'ils ont fait naître pour nous en détourner.
19. Qus est enim nostra spes , aut 19. Car , enfin , quelle est notre espégaudium , aut corona gloriœ ? Nonne rance , notre joie , ou notre couronne de vos ante Dominum nostrum Jesum gloire? N'est-ce pas vous qui l'êtes en la Christum estis , in adventu ejus ? présence de Jésus-Christ Notre-Seigneur ,
pour le jour de son avènement?
20. Vos enim eslis gloria nostra et 20. Oui , c'est vous qui êtes notre gaudium. gloire et notre joie.