CHAPITRE ITI
Car ceux qui auront bien exercé leur minulère, parviendront à un rang honorable. Cesi'à-dWe qu'iU seront élexés à un plus haut rang , et seront prnnius a Tordre de prêtrise. Saint Paul ajoute qu't7« auront beaucoup de liberté dans ce qui regarde la foi, Cest-à-dirc qu'ils prêcheront la foi, et reprendront les coupables avec une sainte liberté.
14. Hœc libi scribo , sperans me ad 14. Je vous écris ceci , quoique j'espère
te veDÎre citô. vous aller voir bientôt.
la. Si autem tardavero, ut scias 15. Que si je retarde, ce que je vous
qiiomodù oporteat te in domo Dei con- écris , c'est afin que vous sachiez quelle
\ersari, qus est Ecclesia Dei vivi, est la conduite que vous devez tenir dans
columna et fîrmameotum veritatis. la maison de Dieu» qui est l'Eglise du Dieu
vivant, la colonne et l'appui de la vérité.
La maison de Dieu , qui est l'Eglise du Dieu vivant. Il s'agit ici d'une Eglise visible , dans laquelle il y a desévéques, des diacres et d'autres niinif^tres, a qui saint Paul prescrit dans la personne de Timothée, la conduite qu'ils y doivent tenir « c'est cette maison bâtie sur la montagne, dont Jésus-Christ lui-même est l'urchitecte, suivant ce qu'il dit lui-même , Matlh. 16. 18. Sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise, Dire, connue font les nouveaux hérétiques , que cette Eglise a cessé d être visible , et qu'elle a été renversée par l'erreur, c'est faire de Jésus-Christ un architecte iusenhé, qui a bâti sur le sable, au lieu de bâtir sur la pierre , comme il a\ait promis de le faire. — La colonne et l'appui de la térité. L'Eglise est la colonne et l'appui de la vérité, non pas par elle-même , mais par l'assistance continuelle que Jésus-Christ a promise à ses premiers pasteurs , en leur disant, lorsqu'il les envoya prêcher l'Evangile . Maith. 28. Ecce ego vobiscum sum omnibus diebus, usquê ad consummationem sœculi. Nous ne disons donc point, comme Bèze nous en accuse, que l'Eglise produise elle-même la vérité, et qu'elle la soutienne indépendamment de Jésus-Christ. Nous ne disons point non plus que la vérité de la parole de Dieu dépende de l'Eglise comme le même lierétique, après Calvin, nous impute de le dire. Mais nous soutenons ce que ces deux sectaires n'ont pu s'empêcher eux-mêmes de reconnaître, et ce qui suffit pour les condamner, que l'Eglise soutenue continuellement par Jésus-Christ, omnibus diehu$j est la colonne et l'appui de la vérité; parce qu'elle la prêche à ses enfants , parce qu'elle la conserve pure et sans tache, parce qu'elle la transmet à la postérité. Ilaque hominum respectu, dit ici Calvin , sustinet Ecclesia veritatem^ quia eamprœconio luo célébrât, quia puram et sinceram retinel^ quia transmittit ad poster os. Testis, dumtaxat, dit Bèze, allrix, et conservatrix veritatis inter homines. îout cela ne peut s'eoteodre que du ministère visible et public. Si donc Jésus-Christ a établi dans son Eglise un ministère public, pour annoncer hautement la «vérité, pour la conserver dans toute sa pureté, pour la transmettre continuellement a la postérité; il est évident que les nouveaux docteurs qui se sont soulevés contre ce ministère qu'ils trouvèrent en possession, au lien de la vérité qu'ils promettaient , n'ont pu débiter que le mensonge. Xous savons aussi bien qu'eux, que l'Ecriture est très-certaine en elle-même : mais nous soutenons que cette certitude ne nous est connue infailliblement, que par le témoignage que l'Eglise nous en rend. Nous soutenons encore que c'est à l'Eglise à nous en donner certainement la vraie intelligence, contre les fausses interprétations que les hérétiques peuvent vouloir y substituer. C'est pour cela que suint Irénée , Tertullien et les autres Pères, rappelaient à l'Eglise les hérétiques de leur temps , pour y trouver l'arrêt de leur condamnation. C'est pour cela que saint Augustin lui-même disait qu'il ne croirait pas A l'Evangile si l'autorité de l'Eglise catholique ne l'y déterminait; et qu'il n'était pas moins obligé d'obéir à ceux qui lui disaient de ne pas ajouter foi aux îHanichéens, qu'il s'était cru obligé de leur obéir, lorsqu'ils lui avaient dit de croire à l'Evangile. L. cont. Ep. fundam. c. 5. Ego Evangelio non crederem, nisime calholicm Ecclesiœ commoveret auctoritas. Quibus ergo obtemperavi dicentibus, crede Evangelio, cur non obtemperem dicentibus mihi, noli credere Manichœis Avec ce seul passage de saint Augustin , le simple fidèle n'a qu'à substituer aux Manichéens le nom de quelque novateur que ce soit; et il sera en état de se garantir de Terreur, et de confondre ceux qui la répandent.
16. Et manifesté magnum est pie- 16. Et certainement c'est un grand mys-
latis sacramentum , quod manifes- tère de piété que celui qui a été manifesté
taiom est incarne, justificatum est dans la chair, autorisé par l'Esprit, vu
m Spiritu, apparuit angelis, prsdi- des anges, prêché aux gentils, cru dans
catum est gentibus , creditum est in le monde , et élevé à la gloire, mundo , assumplura est in gloriâ.
SOO I. EPITRE DE S. PAVL A TIMOTIIEE.
El certainûment c'est un grand mystère de piélé, que celui qui a été manifesté dans la chair, C'e»! coraiiie si l'apôtre disait : Parmi les mystères dont Jésus-Christ a fatt ri^glise dépositaire, qu'elle doit prêcher à ses enfants, et défendre contre ceux qui les attaquent , celui de l'incarnation est inconstabiement le plus grand de tous , et l'abrégé de tous les autres. Au lieu de ce mot de la Vuigate, quod manifestatum est in carne; on lit dans le grec Qîbç ifavsp<Si$ri Iv vxpKl, Deut manifestatui est in came; et c'est ainsi que tous tes Pères grecs ont lu. IHaifl le texte de la Vuigate est autorisé par tous les Pères latins, par le manuscrit grec deClermont , par l'anGiea manuscrit d'Angleterre et par les manuscrits du marquis de Los-Velex. Quoi qu'il en soit , tous les Pères grecs conviennent avec les Latins, pour expliquer cet endroit du mystère de Tincaruation, où Uieu s'est manifesté dans une chair passible et mortelle. C'est pourquoi Bèiea eu raison de s'élever contre Erasme, qui en adoptant le texte de la Vuigate, l'explique de la prédication de l'Evangile, et ôte parlé aux catholiques une forte preuve pour établir la divinité de Jésus-Christ. Quoique les raisons de Bèze soient très-fortes, elles u'oot pas empêché Grotius de suivre l'explication d'Erasme. Ce n'est pas dans ce seul endroit que Grotius est favorable aux Sociniens; et ces liaisons a^c le chef de ce parti ne sont inconnues à personne. — Autorisé par l'esprit. Ce mystère de l'Homme- Dieu, qui est un scandale pour les Juifs, a nié autorisé par le Saiut-Esprit. Les miracles que Jésus-Christ a opérés lui-même par la vertu du Saiut-Esprit dont il était revêtu . et qui oat été faits dans la suite par le minis>tère des apôtres , ont pleinement justifié le dessein que Dieu avait eu de s'incarner, et ont fait connaître à toute la terre que rien n'était plus glorieux é Dieu, et plus avantageux aux hommes. — Vu des anges. Grotius qui applique tout cet endroit à la prédication de l'Evangile, dit que les anges ont appris ce secret par le ministère des hommes mortels. Mais il s'agit , comme nous avons dit , du mystère d'un Dieu fait homme. Ce fut un ange qui le révéla é la Vierge ^ et dans la suite a saint Joseph : et après que cet Homme-Dieu eut paru re>êtu de notre chair, les anges le virent avec étonnement dans la crèche de Bethléem , et l'annoncèrent aux bergers. — Et élevé à la gloire. Au jour glorieux de son Ascension , où il monta au ciel accompagné des anges et des saints , qui étaient ressuscites avec lui.