‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 223 sur 364 · CHAPITRE T. S · texte numérisé non relu

CHAPITRE T. S

faîjtar.l cède prière , il fit nn grond cri lî est vrai qu'ils ne disent rien de ses larmes : mais ils n'ont pas parlé de tout. Tout ce discours de suint Paul tend à faire connaitie aux Hébreux , que Jêsus-Cbrist noire pontife était lui-même environné de faiblesse , et par là même porté à compatir aux nôtres; puisqu'il avait recours à la prière pour obtenir de son Père ce qu'il souhaitait : et l'apôtre en disant qn*t7 a été exaucé , anime la confiance des Hébreux , en leur insinuant qu'ils ont un Pontife, à qui Dieu son Père ne peut rien refuser. On pourrait dire encore avec le père Amelotte, que saint Paul confirme ce qu'il venait d'avancer , que Jésus-Christ ne s'était pas ingéré dans l'honneur du sacerdoce, puisqu'au lieu de se ressusciter lui-mêiue, ainsi qu'il pouvait, il voulut pourtant comme tenir cet honneur de son Père, en le lui demandant respectueusement,

;8J. Etquidemcùm cssel FiliusDeî, 8. Et raèmxi, loul Fils de Dieu qu'il didicit ex lis quae passus esl, ahe^ était, il a su partout ce qu'il a souffert, dientiam : ce que c'est qu'obéir :

Et même , tout Fils de Dieu quil était, il a su par tout ce qu'il a souffert ce que eest quohéir. Ce n'est pas que Jésus-t^hrist avant ses souffrances ne sût ce que c'était qu'obéir; puisque c'est robéissance même qui l'a engagé à souffrir. Mais en souffrant, il a appris d'une nouvelle manière ce que c'est qu'obéir, c'est-à-dire ce qu'il en coûte à obéir : ou bien , il a appris combien l'obéissance est une excellente vertu , combien elle est agréable à Dieu, et combien elle est méritoire; puisque parla pratique de cette vertu , il a obtenu , comme à nouveau titre , ce qui déjà lui était dû en qualité de Fils de Dieu. On peut dire enfin qu'en souffrant, il a appris Tobéissance; c'est-àdire qu'il Ta tellement exercée , que s'il ne l'avait pas sue , il aurait pu Fapprendre^ comme l'explique Théodoret.

0. Etconsummalus, factusest om- 9. Puis parvenu h sa consommation, eibus obtemperantibus sibi , causa il est devenu le principe du salut éternel salulis sternse ; à l'égard de tous ceux qui obéissent;

Puis parvenu à sa consommation , etc. Ayant mit? le comble à l'ouvrage de notre «alut par ses souffiances , sa raor^ et sa résurrection , e7 est devenu le principe ou la ^use du salut éternel , et non pas seulement du sa4ut temporel comme Joseph , Moïse , Josué. U est devenu , dis-je , la cause du Falut éternel , non pas à l'égard de ceux fjui prétendent que la seule foi suflit pour être sauvé, et qui se contentent d'une justice purement extrinsèque qui leur soit imputée , ntats à l'égard de tous ceux qui lui obéisserU : c'est-à-dire à l'égard de tous ceux qui croient en lui , et qui pratiqueitt «^ec le secours des grâces qu'il leur a méritées, tout ce que sa loi leur commande. €ar ce n'est qu'à cette condition que Jésus-Christ sauve les adultes, comme il le déclare Matt. 19, 17. Si vis ad vilam ingredi , serva mandata.

10. Àppellatus à Deo pontifex juxta 10, Ayant reçu de Dieu la qualité d« wdiîiera Melchisedech. pontife selon l'ordre de Melchisédech.

^yantreçu de Dieu la qualité de pontife selon l'ordre de Melchisédech, Il est devenu la cause du salut éternel , à l'égard de tous ceux qui lui obéissent; parce que Dieu l'a établi Pontife , non pas selon l'ordre d'Aaron , mais selon l'ordre de Melchisédech , «ppe?/a/y* , Tr/?o<yayo/?£u9ei5 , c'est-à-dire factus ou constitulus ; car dire et faire dans l^ieu, c'est précisément la même chose.

11. De quo nobis grandis sermo, 11. Nous aurions à en dire bien des «l ininterpr€tabi1is ad dicendum : choses; mais qui ne se peuvent guère «xquoniàm imbecilles facti estis ad au- pliquer par aucun discours , vu le peu de ^iendum. disposition que vous avez à entendre.

^ous aurions à en dire lien des choses. De Melchisédech ou de Jésus-Christ fait ptêtre selon l'ordre de Melchisédech , Grandis sermo, nous aurions à en dire des choses Ijicn sublimes et bien, relevées, qui ne se peuvent guère expliquer par aucun discours : **<>« pas que je ne sois en état de les expliquer, mais parce que vous êtes trop faibles pour les entendre. Saint Paul fait ici une petite digression, qui dure jusqu'au comïnencement du chapitre suivant. Elle n'est pas inutile à son sujet. Car en reprochant aux hébreux leur enfance dans les choses spirituelles, il veut exciter leur attentioa pour écouter les mystères qu'il va leur expliquer dans la suite.

SBB CPITRE DE S. PAUL AUX HEBREUX.

12. Etenim cùm deberetis magistri 12. Car au lieu qu'après tant de temps

fsse propter tempus , rursfim indi- vous devriez être maîtres, il faut encore

getis ut vos doceamini qnœ sint ele- vous apprendre quels sont les premiers

rîienta eiordii sermonum Dei : et facli éléments de la doctrine de IMeu : et

cstis quibus lacté upus sit , non solido vous en êtes réduits à avoir besoin de lait,

cibo. non d'une nourriture solide.

riiuiDanité de Jésus-Christ : mais il ne puroit pas nécessaire de restreindre ainsi les paroles de l'apôtre ; puisqu'il est certain que tous ceux qui recevaient le baptême, devaient faire profession de croire la divinité de Jésus-Christ. Saint Paul entend donc plus vraisemblableoient par là, les premiers éléments, ou les premiers points de la doctrine chrétienne , qu'où enseignait aux cuthécumènes , et qu'un enseigne encore aujourd'hui aux enfants.

13. Omnis enim, qui lactis est par- 13. Aussi quiconque en est encore su ticeps , expers est sermoais justitis : lait , ne comprend rien aux discours de la parvulus enim est. justice» parce qu'il est enfant.

Aussi quiconque en est encore au lait , ne comprend rien aux discours de la justice. Quiconque en est encore à s'instruire des premiers éléments de la doctrine chrétienne, ne comprend rien aux leçons de la sublime sagesse que l'Evangile nous propose. Cette doctrine est une nourriture trop forte pour ceux qui sont encore dans l'enfance de la ▼ie spirituelle, et ne convient qu'à ceux qu'un long exercice dans la voie de Dieu en a rendus capables. Mais si les Hébreux étaient dans cet état d'enfance , comment saint Paul leur enseigne-t-il dans cette épitre une doctrine si relevée . et sur la génération éternelle du Verbe, et sur le sacerdoce de Jésus-Christ? Saint Tliomas répond après Augustin , qu'il n'y a pas une doctrine particulière pour les commençants, et une autra pour les parfaits : qu'on doit annoncer aux uns et aux autres les mêmes mystères; mais qu'on doit les expliquer à ceux-ci, et se contenter de les proposer à ceux-là , que leur faiblesse rend incapables de cette explication. On peut dire encore que l'enfance qno saint Paul reproche ici aux Hébreux, ne leur était pas commune à tous; qu'il y en avait parmi eux de parfaits à qui il ne devait pas soustraire une doctrine dont les autres n'étaient pas encore capables.

14. Perfectorum autem est solidus 14. Mais la nourriture solide est pour cibus ; eorum , qui pro eonsuetudine les parfaits; pour ceux qui , par un long exercitatos habent sensus ad discre- usage , ont l'esprit fait au discernemeul tionera boni ac mali. du bien et du mal.

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