CHAPITRE III
2. Ut memores sitis eorum, qus 2. Afin que vous vous souveniez des prœdixi verborum à sanctis prophe- chosesqueje vous ai déjà dites, tirées des Us , et apostolorum vestrorum, prae- saints prophètes ; de celles que vous ont ceptorum Domini et Salvatoris : dit vos apôtres ; les préceptes de celui qui
est et Seigneur et Sauveur :
3. Hoc primùni scientes , quôd ve- 3. Ayant surtout dans l'esprit , qu'à la nient in novissimis diebus in decep- fin des temps des séducteurs viendront tione illusores , juxta proprias conçu- avec tout leur artifice, qui ne se conduipiscentias ambulantes (1), ront que par leurs propres passions,
Ayant surtout dans l'esprit qu'à la fin des temps des séducteurs viendront avec tout leur artifice. Jésus-Christ avait prédit la même chose, Malt, 24, 24, et saint Paul n'a pareillement rien épargné pour prémunir l'esprit des fidèles contre les artifices et l'imposture de ces novateurs. Ces mots à la fin des temps ^ marquent le dernier âge du inonde, qui comprend tout le temps de la loi évangéiique. 11 n'y a point eu de siècle depuis la fondation de l' Eglise dans lequel cette prophétie de S. Pierre ne se soit accomplie.
4. Dicentes : Ubi est promissio, aut 4. Et qui diront : Où est sa promesse ? adventus ejus? ex quo enim patres où est son avènement? car depuis que nos doroAierunt , omnia sic persévérant pères sont morts , toutes les choses sont ab initio creaturœ. comme elles ont été dès le commencement
du monde.
Et qui diront : où est sa promesse ? où est son avènement ? C'est en se raillant de la croyance des fidèles que les faux docteurs tenaient ce langage, comme voulant dire : vous êtes bien simples de compter sur les promesses de l'autre vie et de craindre l'avènement de Jésus-Christ. Ce ne sont lé que de pures fables, qui ne doivent pas faire d'impression sur vous, ni vous empêcher de jouir tranquillement des avantages de la vie présente. Ces hérétiques. niaient la résurrection des corps , rimmortalité des âmes et par conséquent le jugement, le paradis et l'enfer ; et étant par là à lenrs sectateurs toute espérance et toute crainte , ils les engageaient à se plonger dans toutes sortes d'abominations. Dès le temps dès apôtres , les sadducéens étaient dans ces principes , Act. 28, 8, aussi bien qu'Hyménécet Phijet, 2. Timot, 2, l7. Ce même athéisme ou épicurisme a été renouvelé de nos jours par les libertins et par plusieurs autres hérétiques, comme le rapporte Stanislas Rescius dans son livre de Atheismis hereticorum : et Ton peut dire que c'est là tout le fruit que la nouvelle réforme a produit. — Car depuis que nos Pères sont morts, etc. C'est comme s'ils disaient : Après tant de siècles qui se sont écoulés depuis le commencement du monde, nous ne voyons point qu'il y soit arrivé aucun changement. Nous devons donc présumer qu'il n'y en arrivera pas davantage dans la suite; et nous ne devons point nous mettre en peine , ni de sa fin dont on nous menace, ni du Jugement dernier qu'on nous fait appréhender.
5. Latet enim eos hoc volentes , 5. Aussi veulent-ils ignorer que c'est quôd coeli erant priùs, et terra, de par la parole de Dieu que les cieux sont aquâ et pcr aquam consistens Dei de tout temps, et que la terre tirée de verbo : 1 eau a sa consistance au milieu de l'eau
même :
Aussi veulent-ils ignorer, etc. Ce raisonnement des faux docteurs est plein d'ignorance , mais d'ignorance volontaire, qu'ils auraient pu facilement dissiper. Saint Pierre dans ce verset et les deux suivants renverse le raisonnement des hérétiques , en y opposant cette solide réponse : Ces hommes vains en raisonnant de la sorte , ont-ils pu ignorer que Dieu par la force toute-puissante de sa parole, créa le ciel et ta terre? Cela n'empêcha pas qu'après quelques siècles, la terre ne fût noyée par les eaux du déluge. Or si le monde changea alors de face, il n'y a pas plus de difficulté à croire qu'un jour il en changera encore ; et que le ciel et la terre que nous voyons, seront consumés par le feu au grand jour que Dieu a marqué, pour tirer vengeance des impies.
6. Per quae ille tune niundus aquâ 6. C'est ce qui fît périr le monde de ce inundatus periit. temps-là par l'inondation des eaux.
(1) 1. Tim. 4. 1.-2. Tim. 3. l.-Jud. 18.-Ezech. 12. 27.