‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 300 sur 364 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

SâO II. EPITRE DE S. PIERRE.

7. Cœli autem quinunc sunt, et 7. Mais les cieux qui sont mainteDant, terra , eodera verbo repos iti sunl , et la terre se conservent par la même paigni reservati in diem judicii , et per- rôle , réservés au feu pour le jour du juditionis impiorum bominum. gement et de la perte des bommes impies.

Mais les deux qui sont mainltnani, Soun te num du ciel , on ne doit pas comprendre ici les globes céle&tes , mais l'air qui environne la terre. C'est ce que TËcriture entend , lorsqu'elle dit, les oiseaux du ciel. Car de croire que le ciel même des étoiles sera coqsuQié par le feu , c'est ce qui n'est appuyé , ni sur l'antiquité, ni sur la raison.

8. Unum verô boc non laleat vos, S. Pour vous, mes bieu-aimés, Yoici charissimi , quia unus dies apud Do- surtout une chose qu'il faut que vous saminum sicut mille anni , et mille anni chicz : qu'à l'égard du Seigneur un jour sicut dles unus. est comme mille ans , et mille ans comme

un jour.

Qu'à l'égard du Seigneur un jour est comme mille ans. C'est comme si saint Pierre disait : Si le jour du Jugement ne vient pas sitôt; ne prenez pas occasion de là de croire qu'il ne viendra jamais : mais sachez que devant le Seigneur mille ans sont comme un jour , et un jour comme mille ans. C'est-à-dire qu'en comparaison de l'éternité dont il jouit, et qu'il nous a promise, les siècles qui s'écouleront entre le temps ou nous sommes et le Jugement dernier, ne sont que comme un moment.

9. Non tardât Dominus promissio- 9. Le Seigneur ne diffère point à exécunem suam, sicut quidam existimant : ter ce qu'il a promis , comme quelquesscd patienter agit propter vos , nolens uns se le persuadent : mais il use de paaliquos perire , sed omnes ad pœni- tience à cause de vous , ne voulant point tentiam reverti. que pas un périsse , mais que tous aient

recours à la pénitence.

Le Seigneur ne diffère point à exécuter ce qu'il apromis. Il viendra au temps marqué par sa divine providence pour rendre à chacun selon ses œuvres; et s'il ne vient pas sit(^t, ce n'est point qu'il use de retardement, on qu'il traîne en longueur, pour ne pus accomplir su promesse : mais il use de patience à cause de vous. Il veut vous accorder le temps de faire pénitence et de retourner a lui. Il y a dans le grec ordinaire ttç •fifJt-âç y envers nous : mais on trouve ^t O/Aàs, à cause de vous, dans le manuscrit d*A.Iexaridrie et dans plusieurs autres cités par le P. Amelotte, aussi bien que dans le syriaque et dans l'éthiopien. — Ne voulant point que pas un périsse, mais que tous aient re'^ours à la pénitence. Si Dieu ne veut point que pas un périsse , c'est une conséquence nécessaire, qu'il veut que tous sans en exrepter aucun, se 5au%ent. 11 le veut, dis-je, d'une volonté conditionnelle, si les hommes secourus de sa grâce veulent y coopérer, Eslius ne fait point difficulté de rejeter cette explication , quoiqu'elle soit de tous les Pères grecs et latins; de saint Thomas et de tous les scholastiques, et de saint Augustin lui-même, qui l'enseigne en termes formels , i. de Catech. rud. c. 26. n. 52. en ces ternies : A quo interitu , hoc est pœnis sempiternis , Deus misericors volens homines liberare, si sihi ipsis non sint inimici^ et non résistant misericordiœ conditoris sui, misit unigenitum Filium suum. Dieu le veut encore autant qu'il est eu lui : explication, laquelle n'est pas non plus du goût d'Eslius, qui la rejette eu la mettant sur le compte de deux auteurs modernes. Mais fallait-il dissimuler que c'e^t pai'eillement le sentiment de l'antiquité, non-seulement des Pères grecs, mais encore de saint Hilaire, de saint Ambroise, de saint Jérôme, de saint Paulin, de saint Thomas, de saint Lauient Jnstinien, et de saint Augustin lui-même. Tract, l2. in Joan. où il parle de la sorte? Non enim misit Deus Filium suum in mundum , ut judieet mundum^ sed ut salvetur mundus per ipsum. Ergo quantum in medico est , sanare venit œgrotum : ipse se interimit, qui prœcepta medici servare non vuU. Ëstius, après avoir rejeté ces explications, en apporte d'autres qui se détruisent d'elles-mêmes. Dieu, selon lui, ne "veut pas qu'aucun périsse, mais que tous fassent pénitence; parce qu'il fournit à tout le genre humain de certains moyens géiieraux par lesquels ils pourraient se convertir , quoique ces moyens ne soient pas suffisants sans une grâce spéciale qu'ils ne donnent qu'aux seuls élus. !Nais n'y a-t-il pas une contradiction manifeste à dire que tous les hommes pourraient se convertir, sans avoir des moyens suffisants de conversion? £t n'est-ce pas se jouer de Dieu et de ses Ecritures, que de dire qu'il veuf une chose, en tant qu'il prend des moyens qui ne sont pas suffisants pour y arriver? C'est

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