‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 304 sur 364 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

marque tout é la fois, et deux natures distinguées dans Jésus-Christ, et une seule personne qui les fait toutes deux subsister. Voilà donc dès ces premières lignes toufe l'économie de rincarnation parfaitement établie contre les cérinthiens , les ébionites et les sociniens , les basilidiens , les nestoriens et les eutychiens. Au reste » saint Jean répète encore la même chose en d'autres termes , lorsqu'il ajoute au verset second, qoe la vie s'est manifestée; que la vie éternelle ^ qui était dans le Père, s'est découverte d nous. — Concernant le Verbe de vie. Il y a ici un hébraïsme, suivant lequel ces mots de Verbo vitœ, sont mis au lieu de ceux-ci, Verbum vHœ : comme dans ces autres passages, Joël, 2,8. Effundam de tpiritu meo, pour spiritummeum. Pt.lXy 15. Dabilur ei de auro Arabiœ , pour aurum. Ibid, Adorabunt de ipso, c'est-é-dire iptum, Ifoiis vous annonçons donc l& Verbe de vie , le Verbe qui possède essentiellement une ▼ie infiniment parfaite, et qui communique aux hommes, nun-seuleraent la vie naturelle, mais encore celle de la grâce et de la gloire. Nous vous annonçons, dis-je, œ Verbe de vie, qui était dès le commencement. Puisqu'il était dès le commencement, il était de toute éternité: car il n'y a rien qui précède le commencement , que l'éternité même. Voilà donc la co-éteruité et la divinité du Verbe que saint Jean enseigne dans les premiers mots de son épitre, comme il l'avait établie dans les premières paroles de son Evangile.

2. Et vita maolfestata est , et vidi- 2. (Car la vie s'est manifestée, nous mus , et testamur , et annuntiamus l'avons vu : et nous en rendons témoivobis vitam sternam , quœ erat apud gnage, et nous vous annonçons la vie éter- Patrem , et apparuit nobis : nelle qui était dans le Père , et qui s'est

découverte à nous) :

3. Quod vidimus et audtvimus , an- 3. Ce que nous avons vu et ce que nous Duntiamus vobis ; ut et vos societatem avons ouï , c'est ce que nous vous annon* habeatis nobiscum , et societas nostra çons : afin que vous entriez en société avec sit cum Pâtre » et cum Filio ejus Jesu nous , et que la société qui est entre nous , Christo. soit avec le Père et avec Jésus-Christ son

Fils.

Afin que vous entriez en toeiàté avec nous. Nous vous annonçons Jésus-Christ , afin que vous participiez aux mêmes avantages que nous , vous trouvant réunis avec nous dans la même foi , la même religion et la même Eglise, — Et que la ioeiété qui est etUre nous , soit avec le Père et avec Jésus-Christ son Fils. Afin que réunis ainsi ensemble par la profession d'une même foi , nous soyons étroitement unis avec le Père et le Fils par la communication des biens qu'ils répandent sur leurs fidèles serviteurs ; et que nous ayons ainsi part aux biens de la grâce dans cette vie , et à ceux de la gloire dans l'autre.

4. Et hsc scribimus vobis , ut gau- 4. Et nous vous écrivons ceci , afin que deatis , et gaudium vestrum sit pie- vous ayez de la joie, et que votre joie soit num. complète.

Afin que vous ayez de la Joie, Ces mots ne se lisent pas dans le grec ordinaire : mais on les trouve dans les manuscrits d'Espagne du marquis de Vêlez. Et encore , au lien de ces mots, et que votre joie , il y a dans le grec , que noire joie. La leçon de la Vulgate est autorisée par le manuscrit d'Alexandrie. Il ne faut que comparer ces deux leçons , pour juger que celle de la Yulgate est préférable à l'autre, comme Socin luimême est obligé d'en convenir.

5. Et hec est annuntiatio 9 quam 5. Voici au reste la doctrine que nous audivimus, ab eo, et annuntiamus avons apprise de lui-même, et que nous vobis : Quoniàm Deus lux est , et te- vous annonçons : c'est que Dieu est la lunebrs in eo non sunt uU». miére, et qu'en lui il n'y a nulles ténèbres.

Voici au reste la doctrine que nous vous annonçons. Il y a dans le grec *(zl arjTn içh Vi iTtayy&Xioc : suivant lequel texte, au lieu de ces mots qu'on lit dans la Vulgate , et hœe est annuntiatio , il faudrait traduire , et hœe est promissio. Mais Erasme qui traduit ■Insi , avoue lui-même dans ces notes que cela ne s'accorde point avec la suite , où il n'est fait mention d'aucune promesse. Le manuscrit d'Alexandrie est encore ici conforme à la Vulgate , aussi bien qu'un grand nombre d'autres cités par le Père Amelotte, dans lesquels on lit àyyiXia. , annuntiatio. — Que Dieté est la lumière , et qu'en lui il n'y a nulles ténèbres. Rien n'est plus pur que la lumière : c'est pour cela que souvent

ëS6 I. EPITRE HE S. JEAN.

dans rEcrihira elle se prend pour la pureté et la sainteté : Lue, 16, 8. /éet. 26 , 18. jRom. 13, 12. Sainf Jean veut donc dire par lé que Dieu est ia pureté et la sainteté même , et que rien de cç qui est impur , ne peut lui plaire.

6. Si dixerimus quoniàm societatem 6. Si nous disons que nous avons une habenius cum eo, et in tenebris am- société avec lui, et que nous marchions bulamus, mentimur, et veritatem non dans les ténèbres , nous faisons un meafaciihus. songe , et n'agissons pas selon la vérité.

Si nous disons que nous avons une société avec Zut , et que nous marchions dans les ténèbres^ nous faisons un mensonge. Les ténèbres se prennent pour la corruption et le péché , qui ailleurs est appelé ouvrages de ténèbres : Rom. 13 , 12. Si donc nous vivons dans le péché, nous ne pouvons dire sans mensonge que nous avons une société avec Dieu. Car il ne peut y avoir aucune union entre le péché et lui , qui est ia sainteté même ; comme il ne peut y en avoir aucune entre la lumière et les ténèbres.

7. Si autem in luce ambulamus , 7. Mais si nous marchons dans la lu-sicut et ipse est in luce , societatem mière , comme il est lui-même dans la habemus ad invicem , et sanguis Jesu lumière ; il y a une société entre lui et Christi , Filii^ejus , emundat nos ab nous , et le sang de Jésus-Christ nous netomni peccato (!)• ^oie de tout péché.

JUais si nous marchons dans la lumière ^ comme il est lui-même dans la lumière, etcm Si nous vivons saintement , et que nous imitions sa sainteté, autant que notre faiblesse le peut permettre ; il sera vrai de dire que nous avons une société avec lui, que noua lui sommes étroitement unis, ayant été purifiés de tout péché par le sang de Jésus- Christ. La cause de cette société qui est entre Dieu et nous, est le sang de Jé»us-Christ , qui en nous purifiant de tous nos péchés, nous réconcilie avec Dieu.

8. Si dixerimus quoniàm peccatum 8. Si nous disons que nous sommes non habemus(; ipsi nos seducimus, et exempts de péché ; nous nous séduisons Veritas in nobis non est (2). nous-mêmes , et il n'y a point de vérité

eu nous.

Si nous disons que nous sommes exempts de péché ^ nous nous séduisons nous-mêmes. Saint Jean parle des justes qui sont purifiés par le sang de Jésus-Christ. Il n'y a donc point d'homme si juste, qui ne pèche quelquefois et qui n'ait besoin pour cela de recourir à la miséricorde de Dieu pour en obtenir le pardon. Il s'ensuit de là qu'il y a des péchés véniels, qui se trouvent dans les justes mêmes, et qui ne détruisent pas la société que nous avons avec Dieu. Au reste, cette sentence générale de saint Jean regarde les hommes considérés dans l'ordre commun de la Providence : ce qui n'emprche pas que quelqu'un , par un privilège spécial, ne puisse vivre exempt de tout péché, comme le saint concile de Trente l'a défini en faveur de la sainte Vierge, après saint Augustin, l. de nature et gratid^ c, 36. n. 42. Excepta tfo^utf, dit-il , sanetd Ftrgine Maria , de qudpropter honorem Domini, nuUam prorsûs, cûm de peccato agilur, haberi volo qtuBst!onem. Pour confondre les calvinistes, il est â propos de rapporter ici les termes de Luther, qui a trouvé cette vérité si bien établie dans l'Eglise, qu'il n*a pas osé la contester. (î'est dans sa réfutation de Latomus, tom, 2. fol. 218, page 1, où il parle de la sorte : Quis dubitat Deum posse tantam gratiam alicui dare , ut plenè tMpùat (legem) sicut de beaià Virgine sentimus, lioet id non faciat omnibus ?

9. Si confiteamur peccata nostra , 9. Que si nous avouons nos péchés , il fidelis est et justus , ut remittat nobis est fidèle et juste , pour nous remettre nos peccata nostra , et emundet nos ab péchés , et pour nous nettoyer de toote oroni iniquitate (3). sorte d'iniquité.

Que si nous avouons nos péchés , il est fidèle et juste , posr nous remettre nos péchés, Bèze dit ici que les catholiques sont ridicules de tirer de ce passage la confession auriculaire des péchés. Mais il est bien ridicule lui-même d'entendre ce passage de la seule confession qu*on fait à Dieu. Car confesser ses péchés est une expression générale qui doit s'entendre de la confession faite a la manière que Dieu l'exige selon les différenti temps et les différentes circonstances. Or dans la loi nouvelle il exige que nous confessions au moins tous les péchés mortels aux prêtres. C'est pour cela qu'il leur a dit dans

(I) Heb. 9. 14.-1. Pet. 1. l9.-Apoc. i. 5. — (2) 3. Reg. 8. 46.-2. ParaL 6. 36. —(3) Pw)v. 20. 9. - Eccli. 7. 21.

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