CHAPITRE PREMIER
Jean annouce anx autres ce qu'il a tu de Jésus-Christ et ce qu'il lui a entendu dire ; afin que comme lui ils aient société avec Dieu et avec Jésus-Christ son Fils, dans le saug doqnel les hommes sont nettoyés de leurs péchés. Celui qui se flatte de n'avoir point péché , fait Dieu coupable de mensonge.
1. QcoD fuit ab initio, quod audi- i. Ce qui a été dès le commenceineDt , vimus , quod vidimus , oculis nostris , ce que nous avons ouï , ce que nous avons quod perspeiimus : et manus nostr» tu de nos yeux , ce que nous avons consicontrectaverunt de Yerbo vit®. déré , ce que nos mains ont manié concer-
nant le Verbe de vie.
Ce qui a été dès le commencement. Il y a dans le grec o ^v, quod erat : ce qui marque entre le commencement de cette épître de saint Jean et celui de son Evangile, une si grande conformité que cela seul pourrait faire juger que ces deux écrits sont du même auteur. Les trois premiers versets de cette épitre sont assez obscurs, à cause des transpositions et des parenthèses dont ils sont remplis. Voici de quelle manière on doit les arranger : nous vous annonçons le Verbe vivant, qui était dès le commencement, et qui s'étant dans le temps revêtu de notre nature, s'est fait voir à nous. Nous l'avons vu ce Verbe incarné de nos propres yeux , et nous l'avons touché de nos mains. Ainsi rien ne peut être plus certain que le témoignage que nous vous rendons en vous l'annonçant. — Ce que nous avons oui, ce que nous avons vu de nos yeux. Cela regarde certainement l'humanité sainte de Jésus-Christ , qui est la seule qiieJes apôtres aient pu entendre, voir et toucher dans Jésus-Christ. Mais cependant c'est le même qui était dés le commencement f et que lej apôtres ont oui et vu de leurs ^propres yeux : ce qui ■ - ^ -
(1) PREHIÈRE EPITRE DE SAINT JEAN. Quoique cette épîtro ne ports point le Dom àm ton auteur , on n'a cependant jamais douté qu'elle ne fût de l'apôtre saint Jean. Eutèbe assure aveo raison que , pour s'en convaincre , il n'y a qu'à la comparer avec TEvangile qu'il a composé. Par la même raison elle a toujours été reçue de tout le monde comme canonique , sans qu'il y ait en sur cela la moindre contestation , 2omme nous l'apprenons d'Eusëbe , i. 3. Hibt. c. 19. et de saint JérAmc dans son catalogue des écrivains sacrés. On ne sait , ni quand , ni d'où cette épitre a été écrite , ni à qui elle a été adressée ; parce qu'on ne trouve rien dans toute l'épître qui en puisse faire juger. Qaelqnes anciens Pères , comme saint Augustin , ont cru qn'elle a été écrite aux ParUics , c'esl-i-dire anx fidèles qui étaient répandus dans l'empire des Parthes , qui s'étendait depuis l'Euphrate jusqu'à l'Inde. G*e*t oe qui a fait croire à quelques modernes que saint Jean avait annoncé l'Evangile dans cet empiro : mais tout cela est très incertain. 8aint Jean combat ici plusieurs hérétiques, qui dès ce temps>là niaient la divinité du Verbe , la vérité de son Incarnation , la nécessité des bonnes œuvres, et qui établissaient plusieurs autres faux dogmes , dont nous aurons occasion de parler dans les notes. Il exhorte enfin 1rs fidèles à demeurer fermes dans la foi , et donne à tous les âges des règles de conduite trèa-sagcs at trèssalutaires.