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CHAPITRE XI

17. Quôd si aliqui ei ramis fracti 17. Que si quelques-unes des branches

suDt, tu autem cUm oleaster esses, étant rompues, vous qui étiez un olivier

insertus es in illis, et sociusradicis, sauvage , y avez été enté, et avez eu part

et pÎDguedinis olivœ factus es ; à la racine et à la sève de l'olivier ;

Que si quelques-unei des branches étafU rompues ^ etc. Saint Paul compare r£glise et la société des fidèles à rdivier franc. Les branches naturelles qui sont restées , sont les Juifs qni ont embrassé le christianisme. Les branches de l'olivier sauvage . entées A la place des branches naturelles qui sont tombées , ce sont les gentils sortis d'une racine corrompue par l'idolâtrie , et mis à la place des Juifs incrédules , pour être uni:; dans la même fui aux anciens patriarches et aux prophètes , et pour avoir part aux béi\^ dictions qui leur ont été promises. Les Juifs incrédules sont des branches rompues : Eteo effet , avant la promulgation de l'Evangile , ils étaient membres de fa synagogue qui était alors la véritable Eglise, ils étaient du nombre des fidèles pur la foi et l'attente du Messie. Mais ils sont devenus des branches rompues et séparées d» leur tronc nat'irel, faute d'avoir voulu reconnaître Jésus>Christ pour le Messie , et d'a\oir voulu embrasser ^Evangile.

18. Noli gloriari adver&us ramos, . 18, Ne vous glorifiez point au mépris

des branches.

Quèd si gloriarîs : Non tu radiceio Que si vous vous glorifiez , ce n'est pas portas, sed radix te : vous qui soutenez la racine, mais c'est la

racine qui vous soutient.

siste si>tez

Testament

19. Drces ergo : Fracti sunt rami , 19. Ces branches donc , direz-vous , ont ut ego ÎDscrar. été rompues, pour que je fusse enté dessus.

Ces branches donc, direz'Vous, Le dessein que Dieu avait formé d'appeler les gentils à la foi, n'a pas été la cause de la rejection des Juifs. Dieu a seulement pris occasion de leur infidélité pour faire réussir ce qu'il pouvait accomplir par d'autres voies. Aussi l'apôtre, dans la réponse qu'il fait à cette espèce d'objection , n'attribue lu cause de la chute des Juifs qu'a leur incrédulité volontaire.

20. Benè : Propter incredulitatem 20. Oui certes : C'est à cause de leur fracti sunt. Tu autem fide stas : Noli infidélité qu'elles ont été rompues ; et aitumsapere, sed time. vous, c'est par la foi que vous y tenez :

N'ajez point de sentiment présomptueux , mais craignez.

21. Si enim Deus naturalibus ramis 21. Car si Dieu n'a pas épargné les non pepercit : Ne forte nec tibi parcat. branches naturelles , il pourrait bien ne

vous épargner pas vous-mêmes.

^* Vide ergo bonitatem el severi^ 22. Considérez donc la bonté et la sévétatem Dei : In eos quidem qui eecide- rite de Dieu : Sa sévérité à l'égard de ceux fUQt, severitatem; in te autem boni- qui sont tombés; mais sa bonté à votre laiem Dei, si perroanseris inbonitate : égard , si néanmoins vous demeurez atta- ^Hoquia et tu excideris. ché à sa bonté : autrement vous serez

retranché vous-même.

. ^' Sed et illi, si non permanserint 23. Mais eux aussi , s'ils ne persistent m incredulitate , inserentur : potens point dans leur incrédulité , ils seront «st eoim Deus iterùm inserere illos. entés : Car Dieu peut les enter tout de

nouveau.

24. Nam ai tu ex naturali excisus es 24. En effet , si ayant été pris de l'olioieastro, et contra naturam insertus vier sauvage d'où vous êtes lié, vous avez es ÎD booam olivam ; qnatô magis il , été enté contre l'ordre naturel sur l'olivier <lai secundùm naturam inserentur franc; à combien plus forte raison les sua oliv© î branches naturelles seront-elles entées sur

leur olivier?

^^ ^ffei , si ayant été pris . eU. C'est-à-dire si Dieu a pu recevoir djuis TEgUse , et mettre au nombre des enfants spirituels d'Abraham ceux qui ne t'étaient pas selou Ui

60 EPITRE DE S. PÂVL ASX ROMAIIVS.

chair , et qui sortaient au contraire de parents idolâtres, à combien plus forte raison pnurra-t-il recevoir dans TEglise, et mettre au nombre des enfants spirituels d'Abraham ceux qui le sont déjà selon la chair.

25. Noio enira vos ignorare , fra- 25. Car, mes frères, de peur que vous très, tnysterium hoc : (Ut non silis ne soyez sages à vos propres yeux , je ne vobis ipsis sapientes) quia cœcitas ei veux pas que vous ignoriez ce mystère : parte contigit in Israël , donec pleni- Qu'Israël en partie se trouve dans l'aveutudo gentium intraret (1). glement, jusqu'à ce que la foule des nations soit entrée.

Je ne ^eux pas que vous ignoriez ce mystère. Le mystère que l'apôtre découvre ici , est un mystère mêlé de justice et de miséricorde à l'égard des Juifs incrédules , et un mystère de pure miséricorde à l'égard des gentils. Dieu a permis qu'une partie des Juifs se trouvât dans l'aveuglement: Yoilà le mystère de justice à leur égard. Il a pris occasion de cet endurcissement des Juifs, pour donner entrée dans l'Eglise à la foule des gentils : Voilà le mystère de miséricorde à l'égard de ceuï-ci. Cependant il veut bien encore recevoir à pénitence les Juifs incrédules , et leur ouvrir la porte de l'Evangile qu'ils s'étaient fermée par leur incrédulité , afin que se joignant à leurs frères par la foi en Jésus-Christ , tout Israël soit sauvé : En quoi Dieu tempère par sa miséricorde le jugement de justice porté contre eux. Sur quoi il faut remarquer que , selon la plupart des interprètes , saint Paul parle en cet endroit d'une conversion de tous , ou de presque tous les Juifs qui se doit faire vers la fin du monde , lorsque le nombre des gentils qui doit embrasser l'Evangile , sera complet. On n'a garde de vouloir contredire ce sentiment de la conversion générale des Juifs ; c'est le sentiment commun des Théologiens, appuyé sur l'autorité des Pères et fondé même sur quelques endroits de l'Ecriture. Mais aussi on a de la peine à se persuader que saint Paul n'ait prétendu parler que d'un retour et d'un temps si éloigné. Son dessein était d'empêcher les gentils d'insulter aux Juifs , de consoler ceux-ci, et de les encourager par l'espérance de pouvoir obtenir miséricorde , et d'être eûtes de nouveau , dès qu'ils cesseraient de persévérer dans leur incrédulité. Or si tout ce que dit l'apôtre à ce sujet , ne regarde que ce qui doit arriver à la fin du monde , quel avantage et quel sujet de consolation peuvent y trouver ceux qui vivaient alors , ceux à qui l'apôtie parlait , ceux à qui il écrivait? D'ailleurs , il n'y a rien dans tout le texte sacré qui ne puisse s'expliquer par rapport au temps auquel vivait saint Paul. Par exemple, ces paroles, Et sic omnis Israèi salvus fieret , marquent seulement que dans les desseins de Dieu tous les Juifs incrédules peuvent se réunir par la loi à ceux de leurs frères qui ont déjà embrassé l'Evangile , composer tous ensemble avec les gentils une seule bergerie et une seule Eglise. En supposant même qu'il s'agit de la conversion des Juifs é la fin du monde , on n'a aucun isujet d'assurer qu'alors ils se convertiront tous sans exception. Et il est certain que le mot de tous ne signifie souvent dans l'Ecriture qu'une grande multitude. Cette autre expression , donec plenitudo ffentium intraret , n'est pas non plus déterminée à signifier que tous les gentils auront embrassé l'Evangile à la fin du monde. Elle peut marquer seulement qu'à l'occasion de l'incrédulité d'un grand nombre de Juifs, les gentils ont été appelés de toutes les parties du monde pour composer l'Eglise avec les Juifs fidèles. Or tout cela s'accomplissait, et était même déjà accompli en partie du temps de saint Paul. Ainsi rien n'empêche de croire que l'apôtre parle de ce qui était déjà arrivé ou de ce qui pouvait arriver à ceux à qui il écrivait; quoiqu'il soit certain que tout cela se doive encore accomplir d'une manière plus sensible et plus éclatante à la fin du monde.

26. Et sic omnis Israël salvus fieret. 26. Et qu'ensuite tout Israël vienne à Sicut scriptum est : Yeniet ex Sion, se sauver. Selon qu'il est écrit : C'est de qui eripiat , et avertat impietatem à Sion que viendra le libérateur qui retirera Jacob (2). Jacob de son impiété.

C'est de Sion que viendra le libérateur, C*est-à-dire de la tribu de Juda et de la famille de David viendra le Messie, qui bannira l'impiété des descendants de Jacob.

27. Et hoc illis à me testamentum , 27. Et voilà quelle sera l'alliance que je eùm abstulero peccata eorum. ferai avec eux, quand j'aurai aboli leurs

péchés.

(l) Prot. 3. 7. - Is. 5. 21. — (2) If a. 59. 50.

CnAPITftE Xf. 61

ÎS. SecuDdùm Evangelium quidem, 28. 11 est vrai que , par rapport à l'Evaninimici propter vos : secundùm elec- gile ce sont des ennemis, h cause de vous ; tionein autem , cbarissimi , propter mais par rapport au choix qui a été fait , patres. ce sont les bien-aimés à cause de leurs

pères.

// est vrai que par rapport, eic. Il est vrai que par leur obstination à rejeter l'Evangile, ils sont aujourd'hui à cet égard les ennemis de Dieu. La Providence Ta ainsi permis en votre faxeur, afin que vous prt^8iez leur place. iMais après tout, ils sont ce peuple autrefois choisi de Dieu, ils descendent de tes patriarches, dont il a prorois si authentiquement de bénir la postérité, et par cet endroit ils lui sont encore cbers. Car Dieu ne rétracte point ses promesses : S'il a pei mis qu'ils soient tombés duns l'infidélité , c'est alind exercer ensuile sur eux sa naiséricorde de la niéuie manière qu'il la exercée sur vous lorsqu'il vous a tirés de l'infidélité où vous étiez auparavant , pour vous appeler à l'Evangile. £t voilà le mystère que j'd\ais à vous expliquer : Ce^t que Dieu a permis que tous se trouvassent dans l'inlidélité, le Juif aussi bien que le gentil, afin de faire à tous miséricorde. Tel est, ce semble , le véritable sens de ce verset et des suivauts. Saint Augustin et après lui plusieurs interprètes expliquent ces paroles , ieeundûm eleelionem ehari$$imi , non de cette élection générale que Dieu a faite de la Dation juive pour être son peuple choisi , mais de l'élection au sulut éternel : Et selon cette explication , sous le nom de ces biens-ainiés de Dieu , chariêsimi, il ne faut comprendre que ceux des Juifs incrédules qui sont prédestinés à la foi de l'Evangile et A la gloire des bienheureux.

29. Sine pœnitentià enim sunt dona 29. Aussi les dons et la vocation de Dieu et vocatio Dei. ne sont poiut sujets au repentir.

Leg dons et la vocation de Dieu. Comme les promesses faites aux patriarches en faveur de leur postérité renfermaient la condition de la croyhnce et de la foi en Jésus-Christ : si elles ne s'accomplissaient pas .i l'égard des Juifs , ce n^était que par leur faute. Dieu de son côté persistait toujours dans ta xolunté de leur tenir sa parole aussitôt qu'ils mettraient la condition , et qu'ils seraient dociles aux grâces qu'il leur donnait pour cela.

30. Sîcut enim aliquandù et vos non 30. Car comme autrefois vous-mêmes crcdidistis Deo, nunc/iulem miseri- vous avez été incrédules à l'égard de Dieu, fordiam consecuti eslis propter incre- et qu'à présent vous avez obtenu miseridulitatem illorum ; corde à cause de leur incrédulité ;

31. Itaet isti nunc non crediderunt 31. Ainsi ils ont été à leur tour Inrréin \estram misericordiam : Ut et ipsi dulesà l'égard de la miséricorde qui \ous miscricordiam consequanlur. a été faite , afin qu'ils obtiennent euxmêmes miséricorde :

Ih ont été incrédules à l'égard de la miséricorde qui vous a été faite. Non credidnunt in Tt'stram misericwdiam. On explique difTéremme: t ces paroles. Quelques-uns leur donnent ce sens : ils n'ont pas cru que Dieu vous oit fuit miséricorde , qu'il ait voulu vous faire part de ses grâces ot de hes 1 énédictions. lUais il paraît plus convenable de les entendre en cette sorte : Dieu a pernitslcur incrédulité . qui a tourné à \otro avanta;^ , en ce qu'il a pris de là occasion d'user en\ers vous de miséricorde.

32. Conclusit enim Deus omnia in 32. Dieu avant tout laissé dans Tincréincredulitate : Ut omnium mise- dulitc , pour faire miséricorde à tous, reatur.

Pour faire miséricorde à tous. Afin que le Juif aussi bien que le gentil recnnnaisseiit qu'ils ne peuvent éti-e justifiés que par la miséricorde de Dieu , et par la foi en Jésus- Ûhrist,

33. 0 altftudo divitiarum sapien- 33. O profondeur des trésors de la satiœ et scienti» Dei ! Quàm incompre* cesse et de la science de Dieu I Que ses hensibilia sunt judicia ejus, et in>es- jugements sont incompréhensibles , et que ligabiles viœ ejus ! ses voies sont au-dessus de tout ce qu'on

en peut décou>rir!

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