‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 316 sur 364 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Qui sont ceui qui tirent leur naissance de Dieu , et quel est le vrai amour envers lui. La foi est victorieuse du monde. Trois témoins sur la terre rendent témoignage que Jésus-Christ est vrai homme , et trois dans le ciel reudenl témoignage qu'il est le véritable Fils de Dieu. Celui qui croit en lui, possède la vie é ernelle. Du péché qui va à la mort , et de celui qui n'y va

1. Omnis qui crédit, quoniàm Jésus 1. Quiconque croit que Jésus est le est Christus , ex Deo natus est : et Christ , tire sa naissance de Dieu : et quiomnis qui diligit eum qui genuit , dt- conque aime celui qui a donné la vie, aime ligit et eum qui natus est ex eo. aussi celui qui en tire sa naissance.

Quiconque croit que Jésus est le Christ , tire sa naissance de Dieu. Cela doit s'entendre , comme nous l'avons déjà remarqué, d'une foi vive et active. Quiconque donc croit de la sorte que Jésus-Christ est le Uessie, quiconque croit fermement tout ce que Jésus-Christ a enseigné, et pratique exactement (ont ce qu'il a commandé ; celui-là tire sa naissance de Dieu , est véritablement enfant de Dieu. — Quiconque aime celui qui a donné la vie , etc. Il est naturel à un père d'aimer tendrement ses enfants , et de vouloir qu'on les aime. Quiconque donc n'aime pas , ou Jésus-Christ, ou les fidèles, frères de Jésus-Christ, ne peut que déplaire beaucoup au Père commun qui est au ciel.

2. In hoc cognoscimus , quoniam 2. Voici en quoi nous reconnaissons que diligimus natos Dei , ciim Deum dili- nous aimons ceux qui tirent leur naissance gamus , et mandata ejus faciamus. de Dieu, c'est si nous aimons Dieu , et que

nous mettions en pratique ses préceptes.

Nous reconnaissons que nous aimons ceux qui tirent leur naissance de Dieu ; c'est si nous aimons Dieu, Au chapitre précédent, saint Jean , de ce que nous aimions nos frères, concluait que nous aimions Dieu ; ici de ce que nous aimons Dieu, il conclut que nous aimons nos frères. Ces deux conséquences sont également justes , parce que Tamour de Dieu ne se peut trouver sans l'amour du prochain j ni l'amour du prochaii» «ans l'amour de Dieu.

3. H«cestenîm charitas Dei, ut 3. Car c'est là aimer Dieu, que de mandata ejus custodiamus : Et man- garder ses préceptes ; et ses préceptes data ejus gravia non sunt : n'ont rien de fâcheux :

Ses préceptes n'ont rien de fâcheux. Et mandata ejus gravia non sunt. Ce n'est pas que parmi ce qui nous est commandé , il n'y ait plusieurs choses pénibles, et en ellesmêmes, et eu égard à notre faiblesse; comme de renoncer à soi-même, de porter sa croix, d'aimer ses plus grands ennemis, etc. Mais tout cela devient supportable, et même facile et doux par le secours de la grâce, qui aide, qui fortifie, et que Dieu ne refuse jamais a ses enfants. Mais si Dieu nous assure lui-même que ses commande-

(1) Joan. 13. 34. et 15. 12. - Eph. 5. 2.

^56 .1. EPITAE BE S. JEAIV.

ments ne sont pas difficiles, comment Calvin peut-il et ose-f>il enseigner qu'ils sont impossibles, et que l'homme le plus juste pèche dans toutes ses meilleures actions? Nest-<;e pas une absurdité visible, de faire consister la facilité de la lot , en ce que Dieu, par pure miséricorde, ne nous impute pas toutes les prévarications que nous commettons, et que nous ne pouvons nous empêcher de commettre?

4. Quoniàm omne quod natum est 4. Parce que tout ce qui tire sa naisex Dec , vinclt munduin : et hxc est sance de Dieu , remporte la victoire sur Victoria , qts vincit mundum , fîdes le monde : el cette victoire qui rend vie* iiostra. torieux du monde , c'est notre foi.

Parce que tout ce qui lire sa naitsance de Dieu , remporte la victoire iur le monde. Tous les fidèles, tons les enfants de Dieu remportent la victoire sur le monde ; c'est-àdire sur tout ce qui compose le monde corrompu et corrupteur, comme le dit saint Jean dans cette épitre, chapitre 2 , verset 6, savoir : la convoitise de la chair ^ la convoitise des yeux et l'orgueil de la vie. (Vest donc cette triple concupiscence, qui, avec les secours de la grâce, est surmontée et vaincue par tous ceux qui sont véritablement ses enfants, et qui l'aiment comme leur Père. — Et cette victoire qui rend victorieux du monde , c'est notre foi. Comme si l'apôtre disait : Ce n'est point par nos propres forces que nous remportons cette victoire sur le monde; mais par le secours de notre foi en Jésus-Cbrist y laquelle nous fait espérer en lui, demander en son nom, et obtenir les secours qui nous sont nécessaires pour vaincre nos ennemis. Il n*y a donc que la foi en Jésus-Christ qui puisse nous faire triompher du mofide , comme saint Jean le dit au verset suivant.

5. Quis est qui vincit mundum »nisi 5. Qui esi^celui qui remporte là viequi crédit quoniàm Jésus est Filius toi re sur le monde, sinon celui qui croit Dei (1) î que Jésus est le Fils de Dieu ?

6. Hic est qui venit per aquam et 6. C'est ce Jésus-Christ même qui est sanguinem, Jésus Christus : non in venu avec l'eau et avec le sang : non avec aquâ solùm . sed in aquâ et sanguine, l'eau seule, mais avec l'eau et avec le Et Spiritus est, qui testificatur, quo- sang. L'Esprit même rend témoignage niàm Christus est veritas. que le Christ est la vérité.

C'est ce Jésus-'Chrisi même qui est vm,u avec l'eau et le sang. Il est le Messie promis par les oracles des prophètes , qui est venu pour laver les péchés des hommes acec l'eau du baptême , devenue propre à cet effet par la vertu du sang qu'il a répandu sur la croix. C'est pourquoi saint Jean ajoute que Jésus-Christ est venu , non avec l'eau seule, comme Jeao-Bapti«te, dont le baptême n'effaçait pas les péchés ; mais avec l'eau el avec le sang ^ qu'il a versé pour expier nos péchés, et dont l'eau du baptême tire toute son efficace — L'esprit même rend témoignage que le Christ est la vérité. Il y a dans le grec, que l'esprit est la vérité : mais saint Augustin , saint Léon , le vénérable Bède. et les autres Pères latins ont lu comme l'auteur de la Vnlgate. L'esprit rend donc témoignage que Jésus-Christ fft la vérité, c'est-à-dire véritable Fils de Dieu, et véritablement Dieu lui-même, fliais quel est l'esprit qui rend ce témoignage ? Plusieurs entendent par là le Saint-Esprit ; quoiqu'il paraisse que saint Jean les distingue. Car au verset suivant , où il est fait mention du Saint-Esprit, saint Jean l'appelle le Saint' Esprit; au lieu qu'ici il dit simplement l'esprit. Quelques-uns aiment donc mieux l'entendre de l'inspiration secrète de l'esprit de grâce , dont il est parlé dans cette même épitre, e. 2. v. 27. c. 3 v. 24. c. 4. «. 15, et plus bas dans ce même chapitre, «.10. C'est le même esprit dont parle saint Paul, lorsqu'il dit, Rom. 8. 16: Ipse enim spirUus testimonium reddit spiritui noslro , quod sumus Filii Dei.

7. Quoniàm très sunt, qui tesli- *î. Car il y a trois témoins qui rendent monium dant in cœlo : Pater , Yer- témoignage dans le ciel : le Père, le Verbe bum> et Spiritus sanctus : et bi très et le Saint-Esprit : et ces trois sont une unum sunt. même chose.

Car U y a trois témoins. Ou bien il y en a trois qui rendent témoignage , qui testi^ monium dant» Ce ne sont pas trois natures ou trois choses, tria; mais trois personnes réellement distinctes, très. Car si par le Yerbe on devait seulement entendre la sagesse de Dieu » et par le Saint-Esprit sa bonté, il serait ridicule de dire, que le Père, le

(1) Cor. 15. 57.

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