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CHAPITRE VII

19. Circumcisio oihil est, et pra»- 19. Il ne sert de rien d'ôtre circoncis, putium nihil est : sed observatio man- et il ne sert de rien de ne Tétre pas : ce dalorum Dei. qui sert , c'est de garder les commandements de Dieu.

n ne sert de rien d'être circoncit. La circoncisioD , ou i'incirconcision ne contribuent rien par elles-mêmes au salut. D'où il ne s'ensuit pas qu'il ait été iudiiFérent en tout temps de se faire circoacire , ou de ne se pas faire circoncire. Dans la loi ancienne la circoncision était de précepte pour les Juifs , et ils n'eussent pu l'omettre sans péché. Celait la marque qu'on était du peuple de Dieu , et qu'on s'engageait é observer la loi ; et c'est en ce sens que saint Paul dit ; circumcitio quidem prodett , ti legem oheerves. Rom. 2. 25. Mais depuis l'abrogation de la loi ancienne, la circoncision ne peut plus être regardée que comme une profession du judaïsme et un renoncement à Jésus-Christ. Si cireumeidamini , Christus vobit nihil proderit. Gai. 5. !£.

20. Unusquisaue in quà vocatione 20. Que chacun demeure ce qu'il était Tocatus est, in eà permaneat (1). lorsqu'il a été appelé.

21. Ser\us vocatuses? non sittibi 21. Etiez-vous esclave, lorsque vous curs : sed et si potes Gcri liber , ma- avez été appelé ? Que cela ne vous fasse gis utere. point de peine. Si néanmoins vous pouvez

recouvrer la liberté, tant mieux; profitez-en,

Etiex-voui esclave , eie. Il est à présumer que quelques-uns regardaient l'état de servitude et d'esclavage comme contraire à la liberté de l'Ëvangile et capable de déshonorer le christianisme ; ou qu'au moins on doutait si un chrétien pouvait demeurer esclave chez un idolâtre. L'apôtre s'explique encore ailleurs plus expressément sur le même sujet. 1 Ttm.6. — Si néanmoint vout pouvez recouvrer la liberté^ tant mieux ^ profitez-en, Sed et si potet fieri liber , magis utere. Ces paroles peuvent former un sens tout différent do celui qu'on a suivi dans la version française. Elles peuvent signifier : mais même, quand il dépendrait de vous de recouvrer la liberté , choisisses plutôt de demeurer dans l'esclavage , et servez-vous de cet état pour votre profit spirituel. C'est ainsi que les commentateurs grecs ont entendu cet endroit ; et l'on ne peut nier que ce sens ne s'accorde parfaitement avec ce que Tapôfre venait de dire , verset 20, et ce qu'il répète encore verset 24. Que chacun demeure ce qu'il était , lorsqu'il a été appelé.

22. Qui en ira in Domino vocatus 22. Car un esclave que le Seigneur a esiservus , libertus est Domini : si- appelé , est l'affranchi du Sei^^neur : et de militer qui liber vocatus est, servus même une personne libre qu'il a appelée , est Christi. est l'esclave de Jésus-Christ.

Car un esclave que le Seigneur a appelé. C'est-à-dire que par rapport à Dieu les fidèles sont tous également libres et esclaves. Celui que sa naissance assujettit à la condition d'esclave devant les hommes , ne doit point s'en affliger ; puisque comme chrétien il a le bonheur de jouir de la liberté des enfants de Dieu. Celui au contraire qui est né libre, ne doit point se prévaloir de cet avantage , ni se regarder comme indépendant ; puisque par sa vocation au christianisme , il est devenu Teaclave de Jésus- Christ.

23. Pretio eropti estis, nolite fieri 23. Vous avez été achetés bien cher : servi homiuum (2). ne vous faites point esclaves des hommes.

Vous avez été achetés bien cher. De quelque condition que vous soyez , libres ou esclaves , puisque vous avez tous été achetés si ch^r par Jésus-Christ , ayez soin de vous conserver dans cette liberté spirituelle , et ne vous rendez point les esclaves des hommes , en vous conformant par une lâche complaisance é leurs passions et à leurs désirs criminels. Telle est l'explication de saint Chrysostôme et des autres commentateurs grecs. Quelques-uns prétendent que par ces paroles , nolite fieri servi hominum , ittiut Paul veut marquer une servitude extérieure et civile , et qu'il défend aux chrétiens qui ont une fois recouvré leur liberté , de s'abaisser désormais à une condition servile. Il ne sera pas hors de propos de faire remarquer ici qu'Origèue et saint Chrysostôme , voyant que dans toute la suite de ce chapitre il n'est parlé que du mariage et de la continence , ont cru que ce qui est dit depuis le verset 18 jusqu'au verset 24 ,

(I) Eph. 4. 1. — {2} Sup. 6. 20.-1. Pet. 6. 19.

108 I. EPITRE DE S. PAt'L A.UX CORINTHIENS.

se devait entendre dans un sens allégorique ; c'est*à-dire que ce qui est dit des circoncis et des incircoDcis , des esclaves et des libres , est une double parabole dont saint Paul se sert, pour marquer par les circoncis et les escla^^es, les personnes mariées ; par les iiicircoiicis et les libres , les personnes non mariées. Riais outre que cette explicaliou n'a pas été suivie, saint Jérôme reconnaît lui-même que de très-judicieux interpièles donnaient un autre sens aux paroles du texte sacré.

24. Unusquisque in quo vocatus 24. Mes frères, que chacun demeure est,fratres, io hoc permaaeat apud devant Dieu ce qu'il était lorsqu'il a été Deum. appelé.

25. De virginibus autem prscep- 25. Pour ce qui regarde les vierges, je tum Domini dod habco : coosilium n'ai point sur cela de précepte du Seiautem do, tanquàm misericordiam gneur : je ne fais que donner conseil, consecutus à Domino , ut sim Gdelis. comme ayant reçu du Seigneur la gr&ce

d'être fidèle.

Comme ayant reçu du Seigneur, etc. Gomme ayant reçu de Dieu la grâce pour remplir fidèlement les devoirs de mon apostolat , et pour ne vous rien conseiller qui ne vous soit avantageux. £n effet, le conseil que donne ici saint Paul, c'est celui que Jésus-Christ lui-même avait déjà donné , ou qu'il avait du moins indiqué par ces paroles : Non omnet capiunt verbum iitud,.., Sunt Eunueki qui seipsos catlraverunt propter regnum cœlorum. Quipoteet capere , captât, Slatt. 19. 11. 12.

26. Existimo ergo hoc bonum esse 26. Je pense donc qu'eu égard am mipropter instantem necessitatem , quo- séres qui nous environnent, c'est un état niam bonum est homini sic esse. avantageux : puisque c'est un avantage à

l'homme de vivre de la sorte.

Je pense donc qu'eu égard, etc. Quelques-uns expliquent ainsi ce verset : Je pense donc qu'il est avantageux vu la brièveté de la vie , propter inttantem neceêsilatem , je pense, dis-je , qu'il est avantageux que l'homme demeure dans l'état où il se trouve , hominem tic esse. Selon cette explication , ce verset , de même que le verset 27 , ne regarde pas seulement les vierges.

27. Àlligalus es uxori ? noli quae- 27. Etes-vous engagé avec une femme rere solutionem. Solutus es ab uxore ? par le lien du mariage ? ne cherchée point noli qusrere uxorem. a vous dégager. Etes-vous sans femme?

n'en cherchez point.

28. Si autem acceperis uxorem , 28. Que si vous avez pris une femme , non peccàsti : et si nupserit virgo, vous n'avez point péché : et si une fille non peccavit : tribulationera tamen s'est mariée , elle n'a point péché non carnis habebunt hujusmodi. Ego au- plus : mais ces personnes-là auront à souftem vobis parco. rrir les tribulations de la chair. Pour moi

je vous épargne là-dessus.

Si une fille t'est mariée. Les interprètes , après les maints Pères , ont eu soin de remarquer ici contre les hérétiques anciens et nouveaux , que l'apôtre ne parle que des vierges , qui ne sont point engagées par vœu à garder la virginité. — Les tribulaiûms de la chair. Par les tribulations de la chair , il faut entendre toutes les peines et lea incommodités du mariage, par rapport au corps et par rapport à l'esprit, quant à la vie présente et quant aux dangers du salut. — Pour moi , je vous épargne lâ-dessuê. C'est-à-dire pour moi je ne cherche qu'à vous épargner toutes ces traverses. Ou bien , ego autem vohis parco , cependant je veux bien condescendre;' à votre faiblesse , et vous laisser là-dessus votre liberté.

29. Hoc itaque dico , fratres. Tem- 29. Ainsi , mes frères, j'ai ceci à vous pus brève est : reliquum est, ut et dire. Le temps est court : du reste, il faut qui habent uxores, tamquàmnon ha^- que ceux qui ont des femmes, soient bentes sint : comme s'ils n'en avaient point ;

30. Et qui fleot , tamquàm non 30. Que ceux qui pleurent , soient fientes : et qui gaudent , tamquàm eomme s'ils ne pleuraient point : ceux qui non gaudentes : et qui emunt , tam- sont dans la joie , comme s'ils n'y étaient quàm non possidentes : pas : ceux qui font des acquisitions,

comme s'ils ne possédaient rien ;

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