‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 63 sur 364 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

rhomme doit prier ayant la tète décnaverle , et la femme Tayant îoilée. Il reprend les Corittthieus de ce qne s'assemblant pour manger la cène dn Seigneur , ils ne s'attendaient point les uns les autres , et de ce qu'ils ne s'accordaient point ensemble. Il rapporte ensuite rinslitution du sacrement de TËucbaristie par Jésus-Christ , et le crime et le cbâiiment de ceux qui en approchent indignement.

1. Ihitatores mci estote» sicut et 1. Soyez mes imitateurs , comme je le ego Cbristi. suis moi-même de Jésus-Christ.

2 Laudo autem vos, fratres, quôd 2. Je vous loue, au reste, mes frères, per omnia mci memores estis : et sicut de ce qu'en toutes rencontres vous vous tradidi vobis, prscepta mea tenetis. souvenez de moi; et que vous gardez les

règlements que j'ai faits, tels que je vous les ai laissés.

De ee qu'en ioutet rencontres voug voui souvenez de moi. De ce que dans toute votre condoite vous n'avet point oublié ce que je vous ai recommandé. Le teite grec pourrait être traduit A la lettre, qudd omnia mea meministis, tzt itdvra /lou /lifAWioQs. — Vous gardez les règlements que foi faits. Le texte grec porte, de ce que vous gardes les traditions, ainsi que je vous les ai laissées. Sur quoi Théophylacte remarque après saint Cbrysostôme , que saint Paul et les autres apôtres ont bien établi des choses qui ne sont point écrites, et qui ne se sont conservées que par la tradition.

3. Volo autem vos scire, quùd om- 3. Mais je veux que vous sachiez que

nis viri caput Christus est: caput tout l^omme a pour chef Jésus-Christ, que

autem mulieris , vir : Caput verô la femme a l'nomme pour chef, et que

Cbristi , Deus (1). Jésus-Christ a pour chef Dieu mclme.

Tout homme a pour chef, etc. Le mot de chef, caput, qui se prend métaphoriquement, fait la difficulté de ce passage. Le sentiment le plus commun est que ce mot marque en cet endroit prééminence et supérioriic. Jésus-Christ, même comme homme , est le chef de tous les hommes, par l'autorité et le pouvoir qu'il a sur eux. L'homme est le chef de la femme , parce qu'elle doit vivre a son égard dacs la dépendance et la sujétion. Jésus-Christ lui-même a Dieu pour chef, à qui il obéit comme homme. Les anciens commentateurs, surtout les Grecs, n'ont pas craint d'accorder aux ariens que ces paroles, caput Chrisli Deus, peuvent s'entendre de Jésus-Christ en tant que Dieu , sans que cela préjudicie a sa divinité ; pourvu que le mot caput ne se dise pas dn Père par rapport au Verbe dans le même sens qu'il se dit de Jésus-Christ par rapport à I homme, et de Thomme par rapport à la femme. Nous rapporterons les paroles du f-ommentaire , qui porte le nom de saint Ambrois4>. Elles contiennent une explication particulière de tout ce passage. Dignum est ut Filii caput Pater dicalur, quasi geniior ejui. Aliter tamen caput viri Christus est, et aliter vir mulieris ^ et aliter Deus caput Chrisii est. Deus autem ideà caput Christi est^ quia de eovelàb ipso genilus est. Mulieris verd caput idcircù vir est , quia ex efus costd Dei virtute formata est, Christus

(1) Eph. 5. 23.

H4 1. EPtTftS Dfi $. P4UL AVX CORIIITHlENâ.

auiem ided eapui viri e$i, quia per iptum, cûm noh etset, crealug est. On Toit par lA que selon l'auteur de ce commentaire, te mot eaput aiarque, non la supériorité et la prééminence, mais le principe, la source et V origine, ce qui est trèc-conforme à ce qui se dira ci-dessous, versets 7 et 8, — Tout homme a pour chef Jésus-Christ. Quelques-uns restreignent ceci A Thomme fidète et chrétien ; parce que Jésus-Christ n'est point le chef de tous les hommes dans le sens particulier, qu'il est le chef de l'Eglise, et que les fidèles sont ses membres. Mais cette restriction n'est point nécessaire, Jésus^ Christ étant véritablement dans un sens plus étendu le chef non-»seuIemeut de tous leA hommes, mais encore des anges.

4. Omnis vir orans , aut prophetans 4. Tout bomraè qiii prié , ou qui fait velato capite , deturpat caput suum. quelque fonction de propnèle avec un voile

sur la tète , fait honte à son chef.

Qui fait quelque fonction de prophètes. Le mot prophetare a différentes significations dans l'Ecriture. Il signifie quelquefois chanter, ou réciter des psaumes et des cantiques, comme au I. livre des Paralip. 24. I. et ailleurs. Et c'est le sens qu'il parait avoir dans ce verset aussi bien que dans le suivant. — Fait honte d son chef, C est sa propre tête , c'est-à-dire sa personne qu'il déshonore. Telle est l'explication de plufiieurs interprètes. Mais si l'on fait attention à ce que l'apôtre vient de dire, que l'homme a pour chef Jésus-Christ , et que la femme a l'homme pour chef; on ne peut guère douter que le chef que l'homme déshonore en se couvrant la tête , ne soit Jésua- (Jhrist, et que ce chef que la femme déshonore en ne se couvrant pas, ne soit l'homme même. L'apôtre veut donc dire que l'homme ayant été créé pour être l'image de Dieu , Dieu l'ayant établi dépositaire de son pouvoir et de son autorité sur les créatures , n'ayant rien mis au-dessus de lui ; ce serait se dégrader lui-même, renoncer à la dignité de son origine et déshonorer celui dont il est l'image, que de se couvrir la tête, puisque le voile est une marque de sujétion et de dépendance. La femme au contraire en ne se couvrant pas , déshonorerait son chef, c'est-d-dire qu'elle usurperait sur l'homme un droit d'indépendance, auquel elle ne peut prétendre.

5. Omnis autem mulier orans, aut 5. Au contraire, toute femme qui prie prophetans non velato capite, detur- ou qui fait quelque fonction de prophète pal caput suum : unum enim est ac si sans avoir de voile sur la tête , fait nonte decalvelur. à son chef : Car c'est autant que si elle

était rasée.

C*est autant que si elle était rasée. Pour mieux entrer dans la pensée de l'apôtre , il faut rapprocher ce qui est dit plus bas, verset 16, que la nature apprend qu'il est honorable d la femme de porter de longs cheveux , parce que les cheveux lui ont été donnés comme une espèce dévoile. De ce que la nature a donné une longue chevelure aux femmes, ce qui passe même pour un ornement de leur sexe, saint Paul en tire une preuve de l'obligation qu'elles ont de se voiler la tête. Cette chevelure qui est pour elles comme un voile naturel , leur apprend que la bienséance veut qu'elles soient voilées, et qu'il n'est pas moins contre l'ordre naturel qu'une femme parai.<ise la tête découverte, que de paraître la tête rasée.

6. Nam si non velatur mulier, ton- 6. Que si une femme ne se voile point, deatur. Si ver6 turpe est mulieri ton- qu'on lui coupe les cheveux : Mais s'il deri aut decalvari , velet caput suum. est vilain à une femme d'avoir les cheveux coupés ou d'être rasée , qu'elle se mette un voile sur la tête.

Qu'on lui coupe les cheveux. C'esl-d-dire une femme qui ne fait pas difficulté de paraître sans voile, n'en devrait pas faire davantage de paraître sans cheveux.

7. Vir quidem non débet velare 7. Pour l'homme, il ne doit point se caput suum : Quoniàm imago et glo- mettre un voile sur la tête, étant l'image ria Dei est , mulier autem gloria viri et la gloire de Dieu , comme la femme est est (1). la gloire de l'homme.

Pour l'homme, i'ne doit point , etc. Ici et dans les deux versets suivants, saint Paul fait sans doute allusion d ce qui est dit dans la Genèse touchant la cré-atlon d'Adam et

(1) Geo. 1.26.

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d'Eve. L'homme sortit immédiatement des mains de Dieu qui le créa é son image : Creavti Deuihominem ad itnaginem tuam. Gen. c. 1 . Ad iimilitudinem DeifecU illum. c. 9. Âiusi la création de l'homme se rapporte immédiatement à Dieu. La femme au contraire fut formée d'une portion de matière tirée du corps de l'homme : Elle fut formée à son image pour lui servir d'aide et de compagne : Faciamug ei adjutorium timile tibi. Par là elle est l'image et la gloire de l'homme , quoique dans un autre sens, et surtout eu égard à ses perfections spirituelles, elle soit aussi bien que l'homme l'image et la gloire de Dieu.

8. NoD enim vir ex muliere est, 8. Car l'homme ne ^ient pas de la sed mulier ex viro. femme , mais la femme vient de l'homme.

9. Etenim non est creatus vir prop- 9. Aussi l'homme n'a-t-il pas été créé ter mulierem , sed mulier propter pour la femme , mais la femme l'a été virum (1). pour l'homme.

10. Ideè débet mulier potestatem 10. C'est pourquoi la femme doit, à habere supra capui propter angelos. cause des anges, avoir dessus sa tête une

marque du pouvoir qu'on a sur elle.

A eausê des anges. Par respect pour les saints anges ^ qui sont présents. Mais il vaut peut-être mieux entendre par les anges les pasteurs de l'Eglise , à qui le nom d'anges est souvent donné dans l'Ecriture, surtout dans l'Apocalyse. — Une marque de puissance. Un voile qui est la marque delà puissance que l'homme a sur elle. Dans cette façon de parler^ potesiaiem hahere supra eaput, la chose signifiée se prend par une figure asset usitée pour le signe même.

11. Yerumtamen neque vir sine 11. Cependant il n'y a point d'homme muliere, neque mulier sine viro, in sans la femme, ni de femme sans l'homme, Domino. selon l'ordre du Seigneur.

12. Nam sicut mulier de viro , ita 12. Car comme la femme vient de et vir per mulierem : Omnia autem l'homme , de même l'homme vient aussi ex Dec. par la femme ; et tout vient de Dieu.

11. 12. Ces deux versets contiennent une explication et une sorte d'adoucissement de ce qui avait été dit versets 8 et 9. C'est comme si l'apôtre disait : Quoique j'aie déclaré que le premier homme n'est pas venu de la femme , et qu'il n'a pas été créé pour elle , cependant Dieu a voulu que dans la suite la production de l'homme dépendit de la femme, de même que la production de la femme dépend de l'homme. Cela montre l'union qui doit être entre eux : mais la femme pourtant demeure toujours soumise et subordonnée à l'homme.

13. Vos ipsi judicate : Decet mu- 13. Jugez-en vous-mêmes : est-il de la lierem non velatam orare Deum ? bienséance qu'une femme prie Dieu sans

être voilée?

14. Nec ipsanatura docet vos, quôd 14. La nature même ne nous apprendvir quidem si comam nu triât , igno- elle pas que , pour l'homme , ce lui est une mioia est illi : chose honteuse de porter de longs cheveux :

La nature même ne nous apprend-elle pas? L'apôtre donne ici le nom de nature^ à un usage reçu communément parmi les peuples civilisés. En effet , les longues chevelures cultivées et entretenues avec art, ont presque toujours été regardées comme une marque de mollesse dans les hommes. Si parmi des nations entières les hommes se sont fait quelquefois un ornement de leurs longs cheveux ; c'était le plus souvent ou la férocité ou la nécessité qui avait introduit cet usage, faute d'autre vêtement pour se couvrir ; et cet usage n'a guère manqué de s'abolir par le commerce avec des peuples plus polis.

Itf. Mulier yerô si comam nutriat, 15. Mais que pour la femme, il lui est

gloria est illi: Quoniàm capilli pro honorable de porter de longs cheveux :

velamine ei dati sunt. Parce que les cheveux lui ont été donnes

comme une espèce de voile.

16. Si quis autem videtur conten- 16. Que s'il se trouve quelqu'un qui

tiostts esse : Nos talem consuetudinem aime à disputer , nous n'jBivoos point une

non babemos » neque ]&xlesia Dei. teUe coutume, ni nous, ni l'Eglise de Dieu.

(1) Gen. 2. 23.

Que s'il se trouve quelqu'un. Si quelqu'un ne se rend pas à ce que nous Tenons de dire , et qu'il s'obstine encore à disputer, ce n'est pas noire coutume do contester inutilement contre des opiniâtres. C'est le sens que saint Chrysostôme donne à ces paroles, nos talem consueiudinem non habemus. D'autres interprètes les expliquent de la sorte : Si quelqu'un Teut encore soutenir que les femmes doivent prier la iéte découverte , je lui dirai pour toute réponse, que cela est contre notre usage et contre la pratique de l'Eglise.

17. Hoc autem çrscipio : Non lau- 17. Voici encore ce que je vous prescris, dans , quod non in melius , sed in n'approuvant pas qu'au lieu de vous asdeterius convenitis. sembler pour votre avantage , vous le fassiez à votre préjudice.

Pour bien entendre ce qui est dit dans toute la suite de ce chapitre, il est a propos de remarquer que dans ces premiers temps de l'Eglise , les fidèles , soit pour représenter la dernière cène que Jésus-Christ célébra avec ses apôtres, et A la fin de laquelle il institua l'Eucharistie, soit pour entretenir l'union entre eux et avoir occasion de pratiquer la charité à l'égard des pauvres , faisaient de petits festins auxquelles ils donnaient le nom d'Agapes, dans les lieux où ils s'assemblaient pour la célébration des saints mystères. Les Corinthiens abusaient de cet usage en plus d'une manière. Premièrement, ils ne gardaient pas dans ces repas la tempérance et la retenue convenable. Secondement, au lien de s'attendre les uns les auties, et de mettre en commun ce que chacun avait apporté, les premiers venus commençaient d'abord à manger, les riches se séparaient des pauvres, et se joignaient ensemble pour faire bonne chère. Une telle conduite ne pouvait manquer de causer du trouble et d'exciter des murmures. Nais le plus grand mal , c'est qu'en approchant de la sainte table avec de pareilles dispositions, plusieurs se rendaient coupables d'un horrible sacrilège.

18. Primum quidera convenientibus 18. Et premièrement lorsque vous vous vobis in Ecclesiam , audio scissuras assemblez dans l'Eglise , j entends dire esse inler vos, et ex parle credo. gu'il y a de la division parmi vous; et

j'en crois une partie.

H9. Nam oportel et hœreses esse, 19. Car il raut qu'il y ail même des ut cl qui probati sunt, manifesli fiant hérésies , afin qu'on reconnaisse parmi in vobIs. vous ceux dont la vertu est à répreuve.

// faut qu'il y ait même des hérésies. Les commentateurs grecs n'entendent pas ici par le mot d'hérésies des opinions erronées contraires à la foi . mais des divisions causées par la diversité de conduite. Le» auties donnant à ce mot la signification que nous y donnons aujourd'hui, rendent ainsi la pensée de saint Paul : J apprends qu'il y a des divisions parmi vous, et je n'ai pas de peine à le croire, puisqu'il faut qu'il y ait même des hérésies , lesquelles sont pires encore que vos divisions. Au reste , l'apôtre dit qu'il est nécessaire qu'il y ait des hérésies dans le même sens que Jésus-Christ a dit : Il est nécessaire qu'il arrive des scandales; c'est-à-dire qu'eu égard à la faibles&e et à la corruption des hommes, ces sortes de désordres sont immanquables. Dieu qui les permet , les fait servir à éprouxer et à affermir la vertu de ses fidèles serviteurs.

20. Convenientibus er^o vobis in 20. De la manière donc que se font vos unum, jam non est Dominicam cœnam assemblées , ce n'est plus manger la cène manducare. du Seigneur.

De la manière dont se font vos assemblées. De la manière dont se font les agapes dans vos assemblées, sans union et sans charité, ce n'est pas imiter cette cène du Sei> gneur , à la fin de laquelle il institua le sacrement de 1 Eucharistie Manger la cène du Seigneur f ne signifie pas ici recevoir le corps et le sang de Jésus-Christ, mais faire un repas en mémoire et à l'imitation de la cène que fit Jésus-Christ avant l'institution du sacrement. On demande si les Corinthiens faisaient leurs agapes avant ou après la communion. Selon saint Chrysostôme, ils ne les faisaient qu après; mais selon saint

universelle a eu raison de la changer dans la suite. 21 . Unusquisque enfm suam cœnam 21. Car chacun se met d'abord à manger

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