CHAPITRE XI* 1S
prssumit ad manducandum. Et alius ce qu'il a pour souper : Tellement que l'un
quidem esurit, alius autem ebrius est» souffre de la faim , et que l'autre fait des
excès.
22. Numquid domos non habetis ad 22. Est-ce que vous n'avez pas des mai* manducandum et bibendum ? aut Ec- sons pour manger et pour boire ? ou que clesiam Dei contemnitis . et confun- vous méprisez l'Eglise de Dieu, et que ditis eos, qui non habent? Quid di- vous prétendez douner de la confusion à cam vobis? Laudo vos? In hoc non ceux qui n'ont rien? Que vous dirai-je? laudo* Que je vous loue ? Non , en cela je ne vous
loue point.
Est-ce que vous n*ate% pai, etc. Saint Paul ne prétend pas blAraer ou défendre absolument les agapes. I) veut seulement apprendre aux fidèles é les distingupr des repas ordinaires , et à ne les regarder que comme un moyen établi pour entretenir la charité mutuelle que Jésus-Christ a eue surtout en Tue de nous inspirer , en instituant le sacrement de l'Eucharistie.
23. Ego enim accepi à Domino quod 23. Car j'ai appris du Seigneur ce que et tradidi vobis , quoniàm Dominus je vous ai aussi enseigné , que le Seigneur Jésus in quft nocte tradebatur^ accepit Jésus , la nuit môme qu'il fut livré , prit panem ; du pain ;
Toi apprit du Seigneur, etc. Ce n'est point des hommes, pat même des autres apôtres que je tiens ce que je vous ai enseigné : c'est Jésus-Christ lui-même qui me l'a révélé. Voyez pour les deux versets suivants les notes sur le chap. 26, de saint Matthieu , et sur le chap. 22 , de saint Luc.
24. Et gratias agens fregit, et dixit : 24. Et que rendant des actions de grà- Àccipite , et manducate : Hoc est cor- ces, il le rompit, et il dit: Prenez et pus meum , quod pro vobis tradetur : mangez ; ceci est mon corps qui sera livré Hoc facile in meam commemoratio- pour vous : Faites ceci en mémoire de nem (1). moi.
25. Similiter et calicem , postquam 25. De même , après souper , il prit la ccenavit , dicens : Hic calix novum coupe , et il dit : Cette coupe est le testatestaraenlum est in meo sanguine : ment nouveau par mon sang : faites ceci Hoc facite quotiescumque bibetis , in en mémoire de moi , toutes les fois que meam comroemorationem. vous en boirez.
26. Quotiescumque enim mandu- 26. Car toutes les fois que vous mancabitis panem hune et calicem bibe- gérez de ce pain , et que vous boirez de tis : mortem Domini annuntiabitis cette coupe , vous annoncerez la mort du donec veniat. Seigneur , jusqu'à ce qu'il vieïine.
TotUei les fois que vous mangerez , ete, te sacrifice non sanglant de Jésus-Christ, ne différant que quant à la manière du sacrifice sanglant du même Sauveur, il doit rappeler dans l'esprit de ceux qui y participent , le souvenir de la mort de Jésus-Christ. Par oes parole», jusqu'à ce qu'il vienne, saint Paul nous marque que le sacrement de l'autel durera jusqu'à la fin du monde.
27. Itaque quicumque manduca* 27. Quiconque donc mangera de ce verit panem hune , vel biberit cali- pain , ou boira de cette coupe indignecem Domini indigné, reus eritcorpo- ment , sera coupable de crime contre le ris et sanguinis Domini (2)* corps et le sang de Jésus-Christ.
Sera coupable de crime. He sera pas moins coupable, que s'il avait fait mourir Jésus-Christ, et qu'il eût répandu son sang. Outre la preuve démonstrative que les docteurs catholiques tirent de cette expression , en faveur de la présence réelle du oor(M et du sang de Jésus-Christ, ils en trouvent encore une autre dans ces paroles, quiconque mangera de ce pain, ou hoira de cette coupe, pour montrer que selon saint Paul même il est permis de communier sous une espèce seulement.
28. Probet autem seipsum homo ; 28. Mais que l'homme s'examine soiet sic de pane illo edat , et de calice même à fond ; et qu'après cela il mange bibat (3). de ce pain et boive de cette coupe.
(I) Hatth.26.26.-Marc. 14. 22. -Luc. 22. 17.— ^2; Joan.6. 56. — (3; 2. Cor. 13.5.
Que l'homme t'examine toi-même. Cet examen consiste à faire une revue exacte de sa conscience; en sorte que si Ton se trouve coupable de quelque péché mortel , on est obligé, quelque contrition qu'on croie avoir, de recourir au sacrement de pénitence , avant que de se présenter à la sainte table. C'est la définition du saint concile de Trente, fondée sur la pratique ancienne de l'Eglise depuis son établissement, et sur le témoignage constant des saints Pères dans tous les siècles. Sett, 13. ehap, 7.
29. Qui enim manducat et bibit in- ^. Car celui qui eo mange et en boit digne , judicium sibi manducat et indignement , mange et boit sa condambibit : Non dijudicans corpus Domini. nation » faute de discerner le corps du
Seigneur.
30. Idcô inter vos multi infirmi et 30. C'est pour cela qu'il y a parmi vous imbecilies , et dormiunt multl. beaucoup de malades et d'infirmes, et
qu'il en meurt beaucoup.
C'etl pour cela qu'il y a , etc. Cassien a entendu ces paroles des maladies spirituelles de l'ânie et de la mort du péché. Mais les interprètes les expliquent communément des maladies ou infirmités corporelles et des morts subites , qui sont souvent la punition des communions sacrilèges.
31. Quôd si nosmetipsos dijudica* 31. Que si nous nous jugions nousremus, non utique judicaremur. mêmes, sans doute nous ne serions pas
jugés.
Nàut ne terionspatju^ét. Nous ne serions pas punis de la sorte comme profanateurs du sang de Jésus-Christ.
32. Dum judicamur autem , à Do- 32. Mais en même temps que nous mino corripimur, ut non cum hoc sommes ainsi jugés, le Seigneur nous mundo damnemur. châtie , afin que nous ne soyons point condamnés avec ce monde.
33. Itaque , fratrcs mei, cùm con- 33. C'est pourquoi, mes frères, quand venitis ad manducandum , invicera vous faites vos assemblées pour ce repas , expectate. attendez-vous les uns les autres.
34. Si quis esurit , domi manducet : 34. Si quelqu'un a besoin de manger. Ut non in judicium convenialis. Cs- qu'il mange chez lui, afin que ce ne soit pas tera autem, cùm venero, disponam. pour votre condamnation que vous vous
assemblez. À l'égard des autres choses , je les réglerai quand je serai arrivé.
Si quelquun a hetoin de manger» Si quelqu'un ne peut attendre que tout le monde soit assemblé , qu'il mange auparavant chez lui en particulier. Quelques-uns croient que ceux qui avaient fait ce repas particulier avant que de venir à l'assemblée , n'avaient pas la liberté de communier ce jour-là. Mais il y a lieu de douter si dès ce temps-là c'était un point de discipline de ne communier qu'à jeun.