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CHAPITRE XIV

H dil que le don des langues est inférieur au don de prophétie, et qu'il est même inutile^ H Ton manqoe d'in!erprète. Il prescrit donc aox fidèles une règle pour se servir avec ordre de ces dons, et il ordonne aux femmeS de ne point parler dans les Eglises.

1. Sbctahini charitatero, œmula- 1. Travaillez à acquérir la charité; mini spiritaalia : magis autem ut recherchez avec ardeur les dons spiriprophetetis. tuels ; mais plus que nul autre, le talent

des prophètes.

Travaillez à acquérir , etc. La charité étant donc au-dessus de tout, mettez toute votre application à l'acquérir. Ne négligez pourtant pas les autres dons spirituels, mais recherchez-les à proportion de ce qu'ils peuvent être utiles au prochain; et par cette raison préférez le don de prophétie , c'est-à-dire de prêcher au peuple et d'expliquer en langue vulgaire les mystères de la religion , à celui de parler une langue inconnue.

2. Qui enim loquitur linguâ, non 2. Car celui qui parle dans une langue hominibus loquitur, sed Deo; nemo étrangère, ne parle point aux hommes, enim audit. Spiritu autem loquitur mais à Dieu , puisqu'il n'est entendu de Diysteria. personne. 11 ne laisse pas de dire par ins~

piration des choses pleines de mystères.

3. Nam qui prophetat, hominibus 3. Au lieu que celui qui a le talent de loquitur ad aedificationem, et e&hor- prophète, c'est aui hommes qu'il parle taiionem, et consolationem. afin de les édifier, de les exhorter et de

les consoler.

(l; CH\P. XIV. Avant que d'entrer dans l'explication de ce chapitre, nous rapporterons quelques remarques d'un savant auteur, qui peuvent beaucoup servir à l'intelligeuce du texte sacré. 1. Il parait que ce que saint Paul dit comme en général touchant l'ueage ou l'abtis d'une langue étrangère dans l'Eglise , se doit appliquer principalement à quelque langue particulière , que l'apôtre avait dessein de marquer, et sur laquelle il avait été consulté. En effet, à quel propos ceux des fidèles de Corinthe qui avaient le doo des langues, eussent-ils voulu en parlant au peuple, se servir de langues que ce peuple n'eût point entendues? Il s'agissait donc de quelque langue particulière, dont on croyait avoir une raison particulière de vouloir introduire l'usage. 2. Cette langue, selon toutes les apparences, c'était la langue hébraïque. Les Juifs avaient pour cette langue une vénération très-grande. Quoiqu'ils ne la parlassent plus depuis très longtemps , et que peu d'entre eux l'entendissent, ils ne laissaient pas dans leurs synagogues de lire encore en hébreu le texte sacré. Il était naturel que les Chrétiens , à l'imitation ou à la persuasion des Juifs, entrassent dans les mêmes sentiments d'estime pour une langue utile d'ailleurs pour l'intelligence de l'Ecriture; et que quelques-uns qui avaient le don des langues, .se prévalussent surtout de l'avantage de parler hébreu , et qu'ils affectassent par ostentation et à contre-temps de se servir de cette langue. C'est aussi ce qu'a remarqué , il y a longtemps , l'auteur du commentaire attribué â saint Arabroise. 3. A ce sujet saint Paul s'étend particulièrement sur le don des langues , et il s'applique à déterminer le degré d'estime qu'on en doit avoir par rapport aux autres dons plus utiles au prochain. La suite fera voir l'importance de ces remarques, qui se trouvent plus étendues dans le commentaire de Lightfoot sur cet épitre.

lâ(î I. EPITRE DE S. PAUL AUX CORIKTHIEI^S.

4. Qui loquitur linguâ, semetip- 4. Celui qui parle dans une langue sum sdificat : qui autem prophetat, étrangàre, s'édifie lui-même; mais celui Kcclesiam Dei œdificat. qui a le talent de prophète , édifie l'Eglise

de Dieu.

Celui qui parle dans une langue étrangère. Il n'est pas facile de concevoir comment celui qui parle une langue étrantjère , s'édifiait lui-même , si l'on entend cela indéter-f minément de toute sorte de langues. IVe se fût-il pas également édifié en disant les mêmes choses en sa propre langue? Il eût en outre cela l'avantage d'édifier les autres. Si l'on suppose au contraire , que ceci soit dit par rapport à la langue hébraïque , on conçoit d'abord que celui qui lisait la parole de Dieu , dans la langue même dont s'étaient servis les auteurs sacrés , trouvait en cela une raison particulière de s'édifier. Il était aussi assuré de ne dire alors que des choses pleines de mystère , ainsi que saint Paul a remarqué , verset 2 , et cela pouvait être une raison bien apparente pour vouloir s'exprimer plutôt en cette langue qu'en toute autre.

5. Yolo autem omnes vos loqui lin- 5. Je voudrais au reste que vous eussiez guis , magis autem prophctare. Nam tous le don des langues , mais encore plus major est qui propnelat, quàm qui le talent de prophète. Car celui qui a le loquitur linguis : nisi forte inlerpre- talent de prophète est au-dessus de celui tetur, ut Ecclesia aedificationem ac- qui a le aon des langues : à moins que cipiot. celui-ci n'interprète ce qu'il dit , pour que

VEglise en soit édifiée.

A motm que celui-^i n'iiUerprète. Le don de l'interprétation ne consistait pas seulement à traduire mot pour mot ^ d'une langue en une autre } mais encore à développer le sens des paroles , et à expliquer au peuple les mystères qu'elles renferment. L'interprète était au-dessus du prophète, c'est-à-dire du prédicateur, puisqu'il joignait le don des langues à celui de la prédication. Au reste , ce que l'apôtre veut qu'il se pra-* tique dans les Eglises des Chrétiens , les Juifs l'observaient aussi à leur manière dans leui-s synagogues. Après la lecture du texte hébreu on avait soin de l'interpréter et d'en donner le sens en langue vulgaire.

6. Nunc autem, fratres, si venero 6. En effet, mes frères, si je vais aaad vos linguis loquens, quid vobis jourd'hui chez vous avec le dondeslanprodero , nisi vobis loquar aut in re- gués, à quoi vous serai-je bon, si je ne velalione , aut in scientiâ , aut in pro- vous parle par révélation , ou par le don phetià , aut in doctrinà ? de science, ou en faisant la fonction de

prophète ou de docteur ?

Si je ne vous parle par révélation. Il n'est pas facile de déterminer au juste la dtfi'érence et la vraie signification de ces quatre mots. Selon la plupart des interprètes, loqui in revelaiione , c'est discourir de ce qu'il y a de plus sublime et de plus relevé dans la religion ; loqui in scientiâ , se servir d'arguments et de raisons humaines pour confirmer les dogmes de la foi ; loqui in prophétie , avoir le talent de la parole pour prêcher au peuple ; loqui in doctrinà , expliquer ce qui regarde la morale. Mais peutêtre par ces expressions saint Paul a-t-il voulu seulement marquer les devoirs différents d'un même emploi , c'est-à-dire de celui de prédicateur.

7. Tamen quœ sine anima sunt vo- 7. Les choses même inanimées qui rencem dantia, sive tibia, sive cithara, dent un son, soit flûte, soit harpe, si les nisi distinctîonem sonituumdederint, tous n'en sont distincts, comment savoir quomodô scietur id, quod canitur, aut ce qu'on joue sur la flûte ou sur la harpe? quod citharizatur ?

S. Etenim si incertam vocem det 8. Et si la trompette sonne d'une matuba, quis parablt se ad bellum? nière qui ne signifie rien , qui est-ce qui

se préparera au combat?

9. Ita et vos per linguam , nisi ma- 9. Vous aussi de même, si en parlant

uifestum sermonem dederitis; quo- dans une autre langue, vous ne vous

modo scietur id, quod dicilur?Eritis expliquez pas clairement, comment en-

enim in aëra loquentes. lendra-t-on ce que vous dites? Car enfin

vous parlerez en Tair.

Si vous ne vous expliquez pas clairement. Si vous ne vous faites entendre de cenx à qui vous parlez, soit en vous servant de leur langue , soit en interprétant ce que vous leur aurez dit en langue étrangère.

ex

CH4PITRB XIT. IS'f

iO. Tarn muUa , nt puta , gênera 10. Il y a , par exemnle , tant de sortes

linguarum sunt in hoc mundo : et de langues dans ce monde ; et il n'y a point

nihil sine voce est. d'hommes, qui n'aient leur langage-

|t li.Siergonesciero virtutemvocis, 11. Si donc je ne sais pas la significa-

ero ei, cui luquor, barbarus : et qui tion des mots, je serai barbare pour celui

loquitur, mihi barbarus. à qui je parle; et celui qui me parle sera

barbare pour moi.

«I« MTot barhwe. Le» Grecs et les Romains appelaient barbares , tous les peuples qui ne parlaient pas leur langue. Barbarus hic ego mm, quia non intelligor ulU , disait un ancien poète à l'occasion du lieu de son exil.

12.Sicet vos, quoniàm œmulatores 12. Ainsi, vous autres, puisque vous estis spirituum , ad sdificaiiouem £c- êtes si jaloui des dons du Saint-Esprit , clesis qusrite , ut abundetis. aspirez, pour l'édiûcation de l'Eglise, à

en avoir encore plus.

13. Et ideô qui loquitur linguâ , 13. Et pour ce sujet , que celui qui «ret ni interpretetur. parle dans une langue étrangère , de-

mande le don d'interpréter.

Demande le don d'interpréter. Afin qu'il ait aussi le don de la parole , et qu'il puisse pliquer lui-même en une langue connue ce qu'il aura dit en une langue étrangère.

14. Nam si orem linguâ, spiritus 14. Car si je prie Dieu dans une langue meus orat , mens autem mea sine étrangère , c'est le souiDe de ma bouche fructu est. qui prie; mais ce que j'ai dans l'esprit

demeure sans fruit.

Ceti le iouffle de ma bouche qui prie. Spiritus meus orat. Quelques interprètes par le mot spiritus entendent un sentiment intérieur, et une affection de cœur; et par le mot mens, ils entendent ainsi que dans la traduction, le sens et l'intelligence des paroles , non par rapport à celui qui prie , mais par rapport à ceux avec qui ou devant qui l'on prie. Voici donc comment ils expliquent ce verset et le suivant. Si je prie dans one langue inconnue aux autres, je prie, il est vrai , de cœur et d'affection , je prie pour moi. Mais ie sens et l'intelligence de ma prière ne sera d'aucun usage pour les autres. Que ferai-je donc? Je prierai non-seulement de cœur et d'affectioo, mais je tâcherai que les autres entendent aussi ma prière, et qu'ils en profitent.

15. Quid ergo est? Orabo spiritu , 15. Que faut-il donc? Je prierai de orabo et mente : psallam spiritu , bouche , et je ferai aussi que ma prière psallam et meote. s'entende : je chanterai de bouche , et je

ferai aussi que mon cantique s'entende.

16. Cieterùm si benedixeris spiritu, 16. Autrement, si vous ne bénissez

3 ai supplet locum idiotœ, qoomodd Dieu que de la bouche, comment un icet , Amen , super tuam bénédictin- homme du nombre de ceux qui ne savent Dem 7 quoniàm quid dicas? nescit. que leur propre langue , dira-t-il, Amen ,

sur votre bénédiction , puisqu'il n'entend pas ce que vous dites? "

Si vous ne bénissez Dieu que de la bouche. Autrement, si vous bénissez- Dieu en vous-même, étant le seul qui entendiez ce que vous dites. Ces bénédictions ou louanges à la fin desquelles le peuple répondait Amen, étaient aussi fort en usage dans les synagogues des Juifs. Comme ces sortes de prières étaient presque toutes tirées de l'Ecriture, il y a tout sujet de croire que quelques nouveaux chrétiens trouvaient plus à propos de les prononcer dans la langue originale , que dans toute autre langue. C'est particulièrement à cause de ce passage que les hérétiques prétendent qu'on oe doit se serTir dans l'Eglise pour les prières publiques que d'une longue vulgaire. Mais deux réflexions feront voir la vanité de leur prétention. Premièrement saint Paul parle d'une langue entièrement inconnue, telle qu'était la langue hébraïque, par rapport •ux Corinthiens. La langue latine qu'emploie l'Eglise romaine est encore entendue •ujourd'hui d'une infinité de personnes ; et de toutes les langues , c'est la plus commune, et sans contredit la plus propre à conserver l'unité, et à empêcher les variations si dangereuses dans les choses de religion. En second lieu , I apôtre ne défend point dans l'Eglise l'usage d'une langue étrangère, £ût-elle entièiement ignorée ; il vaut seulement qu'on y joigne l'interprétation et l'explication. Or n'a-t-on pas soin

138 I. EPITBE DE S. PAUL AUX CORIIMTHIE^iS.

d'iastrnire les fidèles de tout ce qui leur est nécessaire de savoir, pour entrer dans l'esprit et dans l'intention de ce que fait et de ce que dit l'Ëglise. Défend-on même aux personnes capables d'en piofiter, de lire ^ langue vulgaire ce qui se chante dans la langue de l'Eglise? Si dans ce qui regarde la célébration des saints mystères, cette sage mère a cru devoir user d'une plus grande réserve, elle suit en cela l'usage de tous les siècles depuis le temps même des apôtres, et c'est de quoi saint Paul n'a nullement dessein de parler ici.

17. Nam tu quidem bcnè gratias 17. Car pour vous , vous faites bien de agis : sed aiter non sdificalur. rendre des actions de grâces : mais l'autre

n'est point édifié.

L'autre n'est point édifié. N'y prend aucune part , et n'en retire aucun profit.

18. Gratias ago Deo meo , quôd 18. Je rends grâces à mon Dieu de ce omnium vestrûm linguâ loquor. que je vous parle à tous dans votre langue.

De ce que je vous parle d tous dans votre langue. D'autres traduisent , de ce que je parle toutes les langues que vous parlez, c'est-à-dire toutes celles dont vous avez reçu le don.

i9. Sed in Ecclesiâ volo qainque 10. Mais j'aime mieux dire dans verba sensu meo loqui , ut et alios l'Eglise cinq mots dont j'aie Tintelliinstruam , quàmdecem millia verbo- gence , afin de pouvoir aussi instruire les rum in linguâ. autres , que dix mille mots en une langue

étrangère.

Dont j'aie l'intelligence. Sensu meo. Cela peut aussi signifier, en me faisant entendre des autreà, en leur communiquant ma pensée. Le mot grec vovç , qui est traduit ici par sensuSf est traduit ci-dessus versets 14 et 15, par inens, f oyez la note sur ces deux versets.

20. Fratres , nolite pueri efiSci sen- 20. Mes frères , en ce qui regarde la sibus , sed malitiâ parvuli estote : prudence , gardez-vous bien de devenir .scnsibus autem perfecti estote. enfants : mais soyez-le en ce qui regarde

la malice. Pour ce qui est de la prudence, soyez des hommes faits.

En ce qui regarde la prudence. En ce qui regarde le jugement que vous portez des dons spirituels, et de la préférence que vous donnez aux uns au-dessus des autres, gardez-vous déjuger comme des enfants, et de préférer ceux qui ont quelque chose de plus éblouissant, par exemple le don des langues , a ceux qui sont plus utiles au prochain , tel qu'est le don de prophétie.

21. In Lege scriptum est : Quo- 21. Il est écrit dans la Loi : Je parlerai niàm in aliis linguis et labiis aliis à ce peuple en diverses langues et avec loquar populo huic : et nec sic exau- divers accents ; et ils ne m'entendront pas dient me , dicit Dominus (1). pour cela , dit le Seigneur.

22. Itaaue lingu» in signum sunt 22. Ainsi , le don des langues est pour non fidelibus , ged infidelibus : pro- servir de preuve non aux fidèles , mais phetiœ autem non infidelibus, sed aux infidèles : au lieu que le talent de profidelibus. phétie n'est pas donné en vue des infidèles , mais des fidèles.

21. 22. L'apôtre emploie un passage d'Isale, pour montrer que le don des langues n'est pas si utile aux fidèles, que quelques-uns voulaient le faire croire ; et cela pour deux raisons : l'une , c'est que le don des langues est donné particulièrement pour frapper les infidèles, et les disposer par là à embrasser le christianisme; l'autre, c'est que ce don , quelque extraordinaire et quelque prodigieux qu'il paraisse , ne produisait pas le plus souvent l'effet que Dieu se proposait. Ainsi la plupart des Juifs persistèrent dans leur obstination ; quoiqu'ils vissent les disciples après la descente du Saint-Esprit parler toute sorte de langues. Au contraire le don de la parole est particulièrement donné pour instruire et pour exhorter dans leur langue ceux qui ont déjà emiirassé la foi : d'où il résulte que c'est le don qu'on doit le plus rechercher, lorsqu'oa n'a à traiter qu'avec des fidèles.

CttAPifRB XtV. 1

23. Si ergo conveniai universa Ec- 23« Si donc toute TEglisc s'étant assem-

elesia in unum , et omnes Hnguis bice, tous parlent dans des langues étran-

loquantur , intrent autem idiots , aut gères , et qu'il vienne à entrer des gens

infidèles : nonne dicent quôd insa- qui ne les entendent point , ou des infi-

Ditis ? déles , ne diront- ils pas que vous extra-

vaguez ?

2i. Si autem omnes prophetent, 24. Mais si tous parlent comme pro-

iniret autem quis infidelis, vel idiola, phètes , et qu'il vienne à entrer quelque

convincitur ab omnibus , dijudicatur mfidèle , ou quelque homme qui n'entende

ab omnibus : que sa propre langue , ils le convainquent

tous , ils le jugent tous :

25. Occulta cordis ejus manifesta 25. On voit ce qu'il avait de plus caché fîunt : et ita cadens in faciem adorabit dans le cœur : et ainsi la face contre terre Deum, pronuntians quôd verè Deus il adorera Dieu, et publiera que Dieu est in vobis sit. véritablement parmi vous.

On toit ce qu'il avait de plus caché dam le cœur. Convaincu par la force des raisons et par le témoignage de sa conscience , il reconnait ses propres égarements , et en fait ua aveu public.

26. Quid ergo est , fratres , cùm 26. De quoi s'agit-il donc , mes frères , convenitis ? Unusquisque vestrûm lorsque vous êtes assemblés ? Tel d'entre psalmum habet , doctrinam babet , vous a le don de faire un cantique, tel a le apocalypsim habet, linguam habet, don d'enseigner , tel a quelque révélation , interpretationem habet : omnia ad ou le don des langues, ou celui d'intersdificationem fiant. prêter : que tout se fasse pour l'édification.

27. Sive linguà quis loquitur , se- 27. S'il y en a qui parlent dans quelque cunduro duos, aututmultùm très, et langue étrangère, qu'ils ne soient que per partes , et unus interpretetur. deui ou trois au plus à parler ; que chacun

parle à son tour, et que quelqu'un serve d'interprète.

Que quelqu'un serve d'interprète. Que quelqu'un explique et développe le sens de ce que l'autre aura dit. En supposant qu'il s'agit de la langue hébraïque, tout ceci se comprend fort bien. Celui qui avait le don de lire ou de citer l'Ecriture en hébreu , a'avaît pas toujours le don d*en pénétrer le sens : la simple connaissance de la langue hébraïque ne suffit pas pour cela. Mais 8*ii s'agissait de toute autre langue, on ne voit pas aisément , ni pourquoi les chrétiens de Corinthe eussent voulu se servir d'une langue étrangère en parlante leurs compatriotes convertis, ni pourquoi ils n'eussent pas pu interpréter eux-mêmes en leur langue ce qu'ils auraient dit en une langue étrangère.

28. Si autem non fuerit interpres , 2S. Que s'il n'y a point d'interprète, qu« taceat in Ecclesià , sibi autem loqua- celui qui parle , se taise dans l'Eglise , tur , et Deo. mais qu'il parle à lui-même et à Dieu.

29. Prophets autem duo , aut très 29. Quant aux prophètes , qu'ils soient dicant, et csteri dijudicent. deux ou trois à parler, et que les autres

en jugent.

Quant aux prophètes, etc. Quant aux prédicateurs, il suffît que deux ou trois parlent l'un après l'autre dans une assemblée. Que pendant ce temps-là les autres qui ont reçu le don de discernement des esprits, jugent si c'est l'esprit de Dieu qui les fait parler , et s'ils n'avancent rien de contraire à la sainte doctrine.

30. Quôd si alii revelatum fuerit 30. Que si quelque chose vient à être sedenti , prior taceat. révélé à quelqu'un de ceux qui sont U

assis, que celui qui parlait auparavant , se taise.

Que si quelque chose , etc. Que si quelque chose de meilleur vient à être révélé A( quelqu'un des docteurs qui sont là assis. Le peuple se tenait debout pendant l'ina* truction; ceux qui instruisaient étaient assis.

31. Potestis enim omnes per singu- 31. Car vous pouvez tous faire la fonC'los prophetare ; ut omnes discant , et tion de prophètes, chacun à son tour; afin omnes exhortentur : que tous apprennent , et que tous soient

exhortés au nien.

140 I. EPITRB DE S. PAUL AUX CORH^TBIERS.

32. El spirilus prophetarum pro- 32. Aussi , les esprits des prophètes phetis subjecti sunt. sont-ils soumis aux prophètes.

31. 32. Vous pouvez tous faire la fonction de prophètes. Tous ceux d'entre vous qui ont reçu le don de prophétie, c'est-à-dire de la prédication, peuvent tous prêcher, pourvu qu'ils le fassent chacun à son tour et sans confusion. Aussi, ajoute l'apôtre, verset 32 , les prophètes ont la disposition libre des esprits et des dons qu'ils ont reçus. Ils peuvent s'en servir ou ne s'en servir pas , comme ils le jugent à propos , selon les différentes conjonctures.

33. Non enim est dissensionis Deus , 33. Car Dieu n'est pas un Dieu de dissed pacis , sicut et in omnibus Eccle- corde, mais de paix, comme je l'enseigne siis sanctorum doceo. dans toutes les Eglises des Saints.

34. Mulieres in ecclesils taceant , 34. Que les femmes se taisent dans les non enim permittitur eis loqui, sed églises, parce qu'il ne leur est pas permis subditas esse , sicut et lex dicit (1). de parler : mais il faut qu'elles soient soumises , comme la loi même le dit.

Il ne leur est pas permis de parler, 11 ne leur est pas permis de se mêler de prêcher ou d'instruire publiquement dans l'Eglise , pas même d'y proposer publiquement leurs difficultés par manière d'interrogation. Yoyez la 1. épitre à Tim. eh. 2.

35. Si quid autcm \olunt discere , 38. Que si elles veulent être instruites domi viros suos interrogent. Turpe sur quelque chose, qu'elles interrogent est enim mulieri loqui in ecclesiâ. leurs maris dans le logis. Car il est mes-

séant à une femme de parler dans l'église.

36. An à vobis verbum Dei pro- 36. Est-ce de chez vous qu'est sortie cessil? Aut in vos solos pervenit? la parole de Dieu? ou êles-vous les seuls

chez qui elle soit venue ?

Est-ce de chez vous , etc. C'est-à-dire vous appartient-il d'établir dans l'Eglise de nouvelles coutumes? Etes vous les seuls , qui ayez embrassé le christianisme, pour vous croire en droit de vous faire une discipline particulière ? Ne devez-vous pas vous conformer aux usages reçus dans toutes les autres Eglises , lesquelles sont ou plus anciennes ou aussi considérables que la vôtre ?

37. Si quis videtur propheta esse 37. Si quelqu'un passe pour avoir le aut spiritualis , cognoscat quse scribo talent de prophète ou d'autres dons spiri- Yobis , quia Domini sunt mandata. tuels , qu'il reconnaisse que ce que je vous

écris, c'est autant de préceptes du Seigneur.

C'est autant de préceptes du Seigneur. C'est au nom et par l'autorité du Seigneur que je vous l'écris.

38. Si quis autem ignorât , igno- 38. Que si quelqu'un ne les reconnaît rabitur. pas , il ne sera pas reconnu.

Il ne sera pas reconnu. 11 sera désapprouvé et méconnu du Seigneur. Dans le teste grec ordinaire , voici comme on lit ce veiset : iiSi riç àyvsoïy àyvcetroi : Si quis au4em ignorât^ ignoret. Cela veut dire : Si quelqu'un ne les reconnaît pas , qu'il ne les reconnaisse pas ; ce sera à son dam.

39. Itaque, fratres, smulamini 39. Ainsi, mes frères, aspirez à avoir propbetare : et loqui linguis nolite le talent de prophète ; et n'empêchez point prohibere. qu'on ne parle en diverses langues :

40. Omnia autem honestè, et secun- 40. Mais que tout se fasse selon les dùm ordinem fiant. règles de la bienséance , et dans l'ordr».

(1) Geo. 3. 16.

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