CHAPITRE XT
42. 43. 44. Ce corps corruptible , qu'on enfouit en terre comme une semence , ce eAi|M vilf sans force, et animal, resRiiscitcra incorruptible, glorieux , plein de force «t spirituel. Pur le corps animal , il faut entendre un corps sujet aux changements et ani >icis»itode8 de cette vie, qui a continuellement besoin d'aliments pour entretenir la vie animale. L'apôtre compare ce corps au corps spirituel , c'est-à-dire au corps tel qu'il sera dans le Ciel après la résurrection , incorruptible , n'ayant plus besoin de nourriture pour se conserver, et participant aux qualités et aux propriétés des esprits.
4J$. Factus est primus homo Adam 45. Adam le premier homme a reçu in animam Tiventem , noyissimus dans sa création une Ame vivante : et le Adam in spiritum \ivificantem (1). second Adam , un esprit vivifiant.
Adam le premier homme. Saint Piiul oppose l'état de notre corps en cette vie , et sa conformité avec celui que reçut Adam dans sa création , A l'état de notre corps dans le Ciel et à sa conformité avec le corps de Jésu»Cfarist ressuscité. Factuê eti primuê Adam m animam vivetUem ; c'est-é-dire , comme au Terset précédent. Ft^ui ett in awirniU thcent : le premier Adam , et après lui toute sa postérité , a été créé avec un corpa animal , un corps végétant qui avait besoin d'aliments pour sa conservation. Novië' timus Adam in tpiritum vivifiraniem; c'est-é-dire, in corpus tpirit^e : Jésus-Christ, le second Adam , a eu dans sa résurrection un corps spirituel , exempt de toute altération , de tout assujettissement aux aliments matériels ; et tous ceux qui ressusciteront avec loi, seront vivifiés de même.
46. Sed Qon priùs quod spiritale 46. Mais ce qui est spirituel n'est pas est, sed quod animale : deindè quod venu le premier ; au contraire, c'est ce spiritale. qui est animal : ce qui est spirituel est
venu après.
47. Primus homo de terrA, ter- 47. Le premier homme est terrestre, reaus : secundus homo de cœlo , venant de la terre : le second homme est cœlestis. céleste, venant du ciel.
4& Qualis terrenus « taies et ter- 48. Tel que fut le terrestre , tels aussi reni : et qualis cœlestis , taies et sont les hommes terrestres : et tel qu'est cœlestes. le céleste, tels sont aussi les hommes
célestes.
46. 47. 48. Il semble que le dessein de l'apôtre dans ces trois versets , est de montrer quecetétat glorieux et spirituel de nos corps^ n'est pas pour la vie présente^ et qu'étant nés terrestres , comme enfants d'un père formé du limon de la terre , nous ne deviendrons célestes et spirituels que par Jésus-Christ , lequel est descendu du Ciel , et s'est fait homme pour nous acquérir le droit à cette résurrection glorieuse De ié l'apôtre prend ensuite occasion , verset 49 , de représenter aux fidèles l'obligation indispensable qu'ils ont d'exprimer en eux-mêmes par une vie sainte l'image de cet Homme-Dieu , sans qnoi ils ne peuvent prétendre avoir part à l'heureuse immortalité.
49. Igitur , sicut portavimus ima- 49. De même donc que nous avons porté ginemterreni, portemuset imaginem l'image de l'homme terrestre, portons coriestis. aussi l'image de l'homme céleste.
50. Hoc autem dico, fratres; quia 50. Or, ]« vous dis ceci, mes frères; caro et sanguis regnum Dei possidere parce que la chair et le sang ne sauraient nonpossunt, neque corruptio incor- posséder le royaume de Dieu, et que la raptelam possidebit. corruption ne possédera point ce qui est
incorruptible.
51. Ecce mysterivm vobis dico : 51. Voici un mystère que je vous ap- Orones quidem resurgemus, sed non prends : A la vérité nous ressusciterons omnes immutabimur. tous , mais nous ne serons pas tous
changés.
Nous ne serons pas tous changés. Nous ne serons pas tous changés en hommes spirituels et célestes. Les méchants ne ressusciteront que pour être condamnés aux flammes éternelles. Au lieu de ces paroles de la Vulgate ^ Omnes quidem resurgemus , sed non omnes immutabimur ; ou lit dans le grec ordinaire , nous ne mourrons pas tous , mais nous gérons tous changés : Uxvreç //ev où xoi/JLYiB-nçùfÂeBaf izxvreç ik àXlxygçôjjLeSx, La
II) Gcn. 2. 7.
148 I. EPITRE DE S. PAVL AUX CORINTniENS.
manière dont la plupart des anciens commentateurs grecs expliquent ce texte , suppose deux choses : la première , que Paint Paul ne parle que des élus , dont il est vrai de dire que tous seront changés , otnne* immutabimur , de même qu'il est dit au verset suivant , et nos immutabimur; la seconde , qu'il y aura des hommes qui ne mourront point , ceux , par exemple , qui se trouveront sur la terre au temps de la résurrection. Quoi qu'il en soit de cette dernière supposition , que quelques théologiens exemptent d'erreur é cause de l'autorité de ses défenseurs , il est certfain que le sentiment reçu dans l'Eglise est que tous les hommes mourront véritablement , et qu'ils ressusciteront de mort à vie. Aussi quelques-uns de ceux qui ont suivi le texte grec , supposent que tous mourront ; mais qu'il y en aura qui ne dormiront point , c'est-à-dire qui ne demeureront point dans le tombeau, à cause que leur mort sera suivie immédiatement de la résurrection.
52. In momento , in ictu oculi , in 52. Cela se fera en un moment , en un novissimA tubA. Canet enim tuba, et clin d'œil, au son de la dernière trommortui résurgent incorrupti : et nos pette. Car la trompette sonnera , et les immutabimur. morts ressusciteront incorruptibles; et
nous autres nous serons changés.
Au ion de la dernière trompette. Au signal qui sera donné à la fin du monde, pour la résurrection générale. Ce signal sera comme le son d'une trompette.
53. Oportet enim eorruptibile hoc 53. Car il faut que ce corps corruptible induere incorruptionem , et mortale soit revêtu d'incorruptibilité , et que ce hoc induere immortalitatero. corps mortel soit revêtu d'immortalité.
54. Cùm autem mortale hoc in- 54. Or, après que ce corps mortel aura duerit immortalitatem , tune fiel été revêtu d immortalité, alors la parole sermo , qui scriptus est : Absorpta qui est écrite se vérifiera : La mort a été est mors in victoriA (1). engloutie dans la victoire.
55. Ubi est mors Victoria tua ? Ubi 55. O mort, oii est ta victoire ? 0 mort , est mors stimulus tuus ? où est ton aiguillon ?
56. Stimulus autem mortis pecca- 56. Or, l'aiguillon de la mort, c'est le tum est : péché :
Yirtus verà peccatilex. Et la force du péché c'est la loi.
Vaiguiîlon de la mort , c'est le péché. C'est-à-dire , c'est par le péché que la mort tue l'homme, c'est du péché que lui vient sa force; et le péché tire sa force de la loi , en tant qu'elle est une occasion à l'homme de désobéir au législateur.
57. Deo autem gratias , qui dédit 57. Mais grAces soient rendues à Dieu nobis victoriam per Domtnum nos- qui nous a donné la victoire par Jésustrum Jesum Christum (23. Christ Notre Seigneur.
5S. Itaque , fratres mei dilecti , sta- 58. Ainsi , mes frères bien-aîmés , biles estote , et immobiles; abun- soyez constants, ne changez jamais; em^ dantes in opère Domini semper , ployez-vous de toutes vos forces et sans scientes quôd labor vester non est relAche à l'œuvre du Seigneur, étant perînanis in Domino. suadés que votre travail n'est point perdu
devant le Seigneur.