CHAPITRE t. 15S
3. BenedictusDeusetpatetrDomini 3. Béni soit Dieu le père de Jésusnostn Jesu Christi, peter misericor- Christ Notre-Seigneur, le père des midiarum , et Deus totius consolatio- séricordes et le Dieu de toute consolation , Dis (1) ,
4. Qui consolatur nos in omni tri- 4. Qui nous console dans toutes nos bulatione nostr : ut possimus et ipsi tribulations , afin que par les choses que consolari eos, qui in omni pressura Dieu nous dit pour nous encourager noussunt , per exhortationem , quâ exhor- mêmes, nous puissions aussi de notre taniur et ipsi à Dec. côté consoler ceux qui sont accablés de
toute sorte de maux.
Par les choies que Dieu nous dit pour nous encourager nous-mêmes, Per exhorta" Umem quà exhortamur et ipsià Deo. Les motii grecs qui répondent aux mots , exhorlatio et exhortamur, étant les ménaes que l'auteur de la Vulgate traduit dans ce verset et dans les suivants par consoîalio et consolari ; il semble qu'un pourrait expliquer ainsi leteite de l'apôtre : Dieu nous console dans nos tribulations; afin que faisant part des consolations qu'il nous envoie , nous puissions aussi consoler ceux qui souffrent.
5. Quoniàm sicut abundant pas- 5. Car plus nous avons de part aux siones Christi in nobis : ita et per souffrances de Jésus-Christ, plus nous Christum abundat consolatio nostra. en avons aux consolations qui nous
viennent par Jésus-Christ.
6. Sive autem tribulamur pro vestrâ 6. Or, soit que nous soyons affligés, c'est exhortatione et salute , sive consola- pour votre instruction et pour votre salut ; mur pro vestrâ consolatione , sive soit que nous soyons consolés , c'est pour eihortamur pro vestrâ exhortatione et votre consolation ; soit qu'on nous dise de salute, quae operatur tolerantiam quoi nous encourager, c'est pour votre earumdem passionum , quas et nos instruction et pour votre salut , qui vous palimur ; fait supporter des afflictions semblables â
celles que nous-mêmes nous souffrons ;
Soit que nous soyons consolés , c'est pour votre consolation : soit qu'on nous dise de (juùi nous encourager^ c'est pour votre instruction. Pour exprimer tout cela , il y a seulement dans le texte grec, sers 7rapaxaAou//sda , ùnkp rr.i ù/jl&v noipaxXihaeuç , sive f^nsolamur pro vestrâ consolatione. Mais parce que les roots grecs peuvent aussi signifier, «tt;e ea^AoWamur pro vestrâ exhortatione; c'est peut-être pour cette raison qu'ils se trouvent traduits des deux manières dans la Vulgate. 11 y a encore ici dans le texte grec quelqu'autre variété de peu d'importance. Le dessein de l'apôtre est de marquer aux Corinthiens que dans les vues de la providence, tout ce qui lui arrive, doit servir à leur salut. Si Dieu permet qu'il soit affligé , c'est afin qu'à son exemple ils loient encouragés et animés à souffrir patiemment : si Dieu lui envoie des consolations, c'est pour qu'il leur en fasse part et qu'il ranime leur courage. Au lieu de ces paroles de la Vulgate , pro vestrâ salute, quœ operatur tolerentiam earumdem passionum , ete, on lit dans le grec ordinaire, pro vestrâ salute, quœ efficitur in tolerantiâ earumdem passionum ^ etc. , pour votre salut qui s'accomplit , c'est-à-dire que vous obtiendrez , en ■ouffrant les mêmes afflictions que nous souffrons.
7. Ut spes nostra firma sit pro 7. De sorte que l'espérance que nous ^obis : scîentes quôd sicut socii pas- avons pour ce qui vous touche, est solide , sioDum estis , sic eriiis et consola- étant persuadés que comme vous partitionis. cipez aux souffrances , vous participerez
de même à la consolation.
8. Non enim volumus ignorare vos, 8. Car nous ne voulons pas vous laisser Patres , de tribulatione nostra , quae ignorer , mes frères , ce que nous avons facta est in Asiâ , quoniàm supra eu à souffrir en Asie , nos peines ayant Diodum gravati sumus supra virtu- été excessives, et tellement au-dessus de tem, ità ut tsderet nos etiam vivere. nos forces, que nous étions même ennuyés
de vivre.
Ce que nous avons â souffrir en Asie. Dans l'Asie mineure, pendant notre séjour à Ephèse. La plupart croient que ceci se doit entendre de la persécution qu'un certain I^émétrius excita contre saint Paul , et dont il est parlé au ch. 19. des Actes. Mais ces
(i)Eph. 1.3.-1. Pet. 1.3,
l^i II. fiPITRC DE S. PXVL HVX CORINTHIEPIS.
paroles, nous étions même ennuyés de rtrrf, semblent supposer une suite de persécutions, qui aient duré plus longtemps. Aiu.si il est plus croyable que Tapôtrea voulu marquer tout ce qu'il eut à souffrir pendant son séjour à £phèse.
9. Sed îpsi in nobismetipsis res- 9. Mais si nous a^ons eu au^dedans de ponsum mortis babuimus , nous-méme un pressentimefit de mort ,
Ut non simus fidenles in nobis sed C'est aGn que nous ne nsettions pas in Deo , qui suscitât mortuos : notre confiance en nous-mêmes, mais en
Dieu qui ressuscite les morts ;
Nous a^jons eu au-dedant de nous-mêmes un pressentiment de mort. Sfid ipsi in n^bismetiptis responsum mortis habuimus. C'est-â-dire. selon Texplication commune : l'état où nous nous sommes trouvés, ne nous promettait qu'une mort prochaine ; nous a\ ions tout sujet de rroire que l'arrêt de mort était porté contre nous. M. Simon a donné A ces paroles un sens tout opposé en cette manière : Mais nous avons eu en nous-mêmes une assurance de ne point mourir. La suite du discours, ajoute-t-il , insinue que le mot de réponse signifie ici caution ^ ou comme nous disons, un répondant , Dieu lés ayant assurés intérieurement qu'il les tirerait de ce danger. Ce critique eût dû apporter queltjue exemple , où les mots responsum et ccTtéxpifia. se trouvent pris dans cette signification. — Qui ressuscite les morts. L'apôtre veut marquer qu'il n a pas fallu un moindre miracle pour lui sauver la vie , que pour la lui rendre s'il l'eût perdue. Sa mort étoit si assurée , qu'on ne doit regarder sa délivrance que comme une espèce de résurrection.
10. Qui de tantis periculis nos eri- 10. Qui nous a délivrés de si grands puit , et eruit , in quem speramus périls , qui nous en délivre , et par qui quoniàm et adhuc eripiet , nous espérons en être encore délivrés,
11. Adjuvantibos et vobis in ora- 11. Avec le secours des prières que tione pro nobis : ut ex multorum vous ferez aussi pour nous : afin que plupersonis , ejus quse in nobis est dona- sieurs personnes rendent pour nous des tionis , per multos gratis agantur pro actions de grâces du bienfait que nous nobis. avons reçu à cause de plusieurs.
Afin que plusieurs. L'apôtre regardant sa conservation , non comme une grâce particulière faite à sa personne, mais comme un bienfait général accordé pour l'utilité commune des fidèles, et auquel ils sont tous intéressés, > eut aussi qu'ils s'unissent tous ensemble pour en rendre à Dieu des actions de grâces convenables. Comme ce verset est exprimé d'une manière obscure dans la Yulgate , aussi bien que dans le texte grec , on y donne des explications différentes : mais ces différences ne sont pasassez essentielles, pour qu'il soit besoin d'entrer là-dessus dans un long détail , et il semble qu'on peut s'en tenir au sens que présente la version française.
1?. Nam gloria nostra haec est , tes- 12. Car ce qui fait notre gloire, c'est le
timoniumconscientiœ nostr9B,quôd in témoignage de notre conscience, sur ce
simplicitate cordis, et sinceritate Dei, que nous nous sommes comportés dans ce
et non in sapienli carnali , sed in monde avec un cœur simple et sincère
gratiâ Dei , conversât! sumus in hoc devant Dieu; non selon la prudence de la
mundo , abundantiùs autem ad vos. chair, mais selon la grâce de Dieu, principalement en ce qui vous regarde.
13. Non enim alia scribimus vobis , 13. Car nous ne vous écrivons que ce quàm qu» legistis , et cognovistis. que vous avez déjà lu , et ce que vous avez Spero autem quôd usque in fînem reconnu vrai. J'espère, au reste, que vous cognoscetis : le reconnaîtrez jusqu'à la fin.*
Car nous ne vous écrivons. Ce n'est au reste , ni par ostentation , ni par vanité , que je vous parle de la sorte. Je ne dis rien dont vous n'ayez été instruits, et dont vous n'oyez vous-mêmes été témoins.
14. SIcut et cognovistis nos ex 14. De même que vous avez aussi reparte , quôd gloria vestra sumus , connu en partie que nous sommes votre sicut et vos nostra , in die Domini gloire , comme vous serez la nôtre au jour nostri Jesu Christi. de Jésus-Christ Notre Seigneur.
15. Et hàc confidentiâ volui priùs 15. Et dans cette confiance, pour vous venire ad vos, ut sccundam gratiam procurer une nouvelle grâce, mon premier haberetis , projet a été de vous aller voir,