CHER THÉOPHILE
PUISQUE PLUSIEURS AUTRES ONT ESSAYÉ DE RÉDIGER UN RÉCIT DES FAITS ACCOMPLIS PARMI NOUS, TELS QUE NOUS LES ONT TRANSMIS CEUX QUI EN ONT ÉTÉ, DÈS L'ORIGINE, TÉMOINS OCULAIRES ET QUI SONT DEVENUS MINISTRES DE LA PAROLE, J'AI CRU DEVOIR, | MOI AUSSI, APRÈS M'ÊTRE SOIGNEUSEMENT INFORMÉ DE TOUT, DEPUIS LE COMMENCEMENT, TEN ÉCRIRE UNE NARRATION SUIVIE, POUR QUE TU RECONNAISSES LA SOLIDITÉ DES ENSEIGNEMENTS QUE TU AS REÇUS.
Aux jours d'Hérode?, roi de Judée, vivait un prêtre nommé
1 Grec : excellent Théophile. Ge mot excellent, qui ailleurs (par ex. Actes 23,26; 24,3; 26,25) marque la dignité de celui auquel on s'adresse et le respect qu’on lui témoigne, est ici synonyme de cher, très cher. On peut remarquer que Luc, à la première phrase du Livre des Actes, appelle son correspondant Théophile tout court, sans lui conférer ce titre d’excellent. Il ne s’agit donc ici que d’un terme d’amitié. On trouve d’ailleurs, chez les auteurs grecs, des exemples du mot excellent employé dans le sens de cher ou très cher.
? La première phrase de l’auteur, que nous avons imprimée en caractères majuscules et à part, parce qu’elle forme la dédicace de son livre, est écrite dans
Zaccharie. Il était de la classe d’Abia 1 et sa femme était d’entre les filles d’Aaron. Son nom était Élisabeth. Tous deux étaient justes devant Dieu, marchant irréprochables dans tous les commandements et toutes les ordonnances du Seigneur. Ils n'avaient point d'enfants; parce qu'Élisabeth était stérile; et tous deux étaient avancés en âge.
Or, le tour de sa classe étant venu de remplir devant Dieu les fonctions sacerdotales, il lui échut par le sort (qui était le mode usité entre les prêtres) d'entrer dans le sanctuaire du Seigneur pour y offrir l’encens.
Pendant cette heure de l’encens, la foule du peuple restait au dehors et priait.
Or, à la droite de l’autel de l’encens?, apparut à Zaccharie un ange du Seigneur, debout devant lui. À sa vue Zaccharie fut troublé, et la crainte le saisit. <Ne crains point, Zaccharie, lui dit l'ange; car ta prière a été exaucée et ta femme Élisabeth t'enfantera un fils ; tu lui donneras le nom de Jean. Il sera ta joie et ton allégresse, et beaucoup se réjouiront de -sa naissance. Devant le Seigneur, en effet, il sera grand; il ne devra jamais boire ni vin, ni cervoise*; et, tout rempli de l'Esprit saint dès les entrailles de sa mère, il ramènera au Seigneur leur Dieu, de nombreux enfants d'Israël. Lui-même, dans l'esprit et la vertu d'Élie, se mettra en marche devant le Seigneur, afin de faire revivre dans les enfants le cœur même des aïeux, de ramener les rebelles à la sagesse des justes, et de préparer au Seigneur un peuple bien disposé. » — «A quoi reconnaïtrai-je cela, dit à l'ange Zaccharie, car je suis moi-même un vieillard, et ma femme est
le style grec classique le plus pur, A partir du verset 5, au contraire, Luc s’exprime dans une langue incorrecte et mêlée d’hébraïsmes, Π est évident qu'il utilise, dès ce verset 5, un de ces documents anciens auxquels il vient de faire allusion, document rédigé primitivement en langue hébraïque ou syriaque, soit qu'il le traduise lui-même littéralement, soit qu'il en copie une traduction,
1 Les prêtres étaient partagés en vingt-quatre classes. Gelle d’Abia était la huitième. Voir I Chron. 24, 10.
2 C’est-à-dire où brülait l’encens.
3 Sorte de bière très commune en Palestine au premier siècle. En hébreu, Schechar; en latin, Cervisia.
avancée en âge.» L'ange lui répondit par ces paroles: «le suis 19,1 Gabriel qui me tiens devant Dieu. Et j'ai été envoyé pour te parler
et t’annoncer cette Bonne Nouvelle!. Et à cause de ton manque de 20 foi en mes paroles, qui s’accompliront en leur temps, voilà que
tu seras muet et ne pourras parler jusqu’au jour où ces choses arriveront. »
Le peuple cependant attendait Zaccharie, et s’étonnait de le voir 91] s’attarder dans le sanctuaire. Lorsqu'il sortit, il lui fut impossible 92 de leur parler ; on comprit qu’il avait eu une vision dans le sanctuaire. Lui-même le leur faisait entendre par signes.
Laccharie resta sourd-muet ?. Quand la période de ses fonctions 29 fut terminée, il retourna en sa maison; ce fut alors que sa femme 24 Élisabeth devint enceinte. Pendant cinq mois elle vécut dans le secret de sa demeure. « Voilà, disait-elle, ce qu'a fait pour moi le 20 Seigneur en ces jours où il m'a regardée pour mettre fin à mon opprobre parmi les hommes. »
Le sixième mois, Dieu envoya l’ange Gabriel dans une ville de 9 | Galilée, appelée Nazareth, vers une vierge, fiancée à un homme de 97 la famille de David, nommé Joseph. Le nom de la vierge était
Marieÿ. L'ange, étant entré où elleétait, lui dit: «Salut! unegrâce 98 [ἃ été faite; le Seigneur est avec toi!» ἃ ces paroles, Marie fut 99
toute troublée; et elle se demandait ce que pouvait être une semblable salutation. « Ne crains point, Marie, reprit l'ange, car tu 30 as trouvé grâce près de Dieu. Sache que tu vas concevoir en ton 31 sein et enfanter un fils auquel tu donneras le nom de Jésus. Il sera 32 grand; on l’appellera : Fils du Très-Haut ; à lui le Seigneur Dieu donnera le trône de David son père; il régnera à jamais sur la 38 maison de Jacob et son règne n’aura point de fin. » Alors Marie dit 34
1 Littéralement : févangéliser ces choses.
? Sourd-muet et non pas seulement muet. Le mot grec signifie proprement privé d’un sens (le plus souvent de l’ouie), et il sert d'ordinaire à désigner un sourd-muet ; que Zaccharie devint muet, la suite du récit l'indique assez et qu'il devint sourd, cela est clairement montré par le verset 62, où l'on s'adresse à lui par signes. Ἴ
5 Voir note sur Matthieu 1. 18.
--- — -- Re
à l’ange : «Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d'homme? » Et l’ange lui répondit par ces paroles : « L'Esprit saint viendra sur toi, et une puissance du Très-Haut t’enveloppera de son ombre, C’est pourquoi l'Étre saint qui doit naître sera appelé Fils de Dieu!. Sache également qu'en sa vieillesse, ta parente Élisabeth, elle aussi, a conçu un fils, et que celle que l’on appelait stérile en est déjà à son sixième mois. Rien n'est impossible à Dieu.» Alors Marie dit : « Voici la servante du Seigneur. Qu'il me soit fait suivant ta parole. » | Et l’ange la quitta.
En ces jours-là, Marie se hâta de partir, se dirigeant vers le pays des montagnes. Elle alla dans une ville de Juda.
En entrant dans la maison de Zaccharie elle salua Élisabeth. Et dès qu'Élisabeth eut entendu la salutation de Marie, l'enfant qu'elle portait tressaillit, et elle-même fut remplie d’Esprit saint. «Tu es bénie entre les femmes, s’écria-t-elle en élevant la voix, et le fruit de tes entrailles est béni! D'où me vient que la mère de mon Seigneur vienne me visiter? Aussitôt que ta voix, quand tu m'as saluée, ἃ frappé mon oreille, l'enfant ἃ tressailli de joie dans mon sein. Bienheureuse celle qui ἃ cru à l’accomplissement de ce qui lui ἃ été dit de la part du Seigneur!»
Et Marie dit :
«Mon âme magnifie le Seigneur,
Et mon esprit est transporté de joie en Dieu mon Sauveur,
Parce qu'il ἃ abaissé son regard sur l'humilité de sa servante.
Voilà que désormais toutes les générations m’appelleront la bien-
[heureuse,
Parce que le Tout-Puissant m'a fait de grandes choses!
Son nom est saint, Sa miséricorde se répand de génération en génération Sur ceux qui le craignent.
1 On peut lire aussi, d'après une autre ponctuation : C’est pourquoi l'Être qui doit naître sera appelé saint, lui, Fils de Dieu.
Il a déployé! la force de Son bras, Il a dissipé les pensées des cœurs des superbes, Il a jeté bas de leurs trônes les puissants, Et il a exalté les humbles; Il a comblé de biens les affamés, Et il a renvoyé les riches à vide; Il a secouru Israël son serviteur, Il s’est souvenu de sa miséricorde, Ainsi qu’il l'avait dit à nos pères, A Abraham et à sa postérité pour toujours. »
Marie séjourna environ trois mois avec Élisabeth, et retourna ensuite en sa maison.
Parvenue au terme de sa grossesse, Élisabeth enfanta un fils. Ayant appris que le Seigneur faisait ainsi éclater par elle sa miséricorde, ses voisins et ses parents partagèrent sa 1016.
Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l'enfant. Ils lui donnaient le nom de Zaccharie, celui de son père, quand sa mère prit la parole: «Non, dit-elle, il se nommera Jean.» — «Mais, lui dirent les autres, personne dans ta famille ne porte ce nom.» Et l’on demanda au père, par signes, comment il voulait le nommer. Alors, se faisant apporter des tablettes, Zaccharie écrivit ceci: «Jean est son nom.» Tout le monde fut surpris. Aussitôt la bouche de Zaccharie s’ouvrit, sa langue se délia et il se mit à parler et à bénir Dieu. Chacun dans le voisinage fut saisi de crainte et, dans la région des montagnes de Judée, il ne fut bruit que de toutes ces choses. Chacun en les apprenant les recueillait dans son cœur et disait: «Que
sera donc cet enfant? » En effet, la main du Seigneur était avec lui.
1 Ce verbe et les suivants sont au passé dans [6 texte et nous les rendons par le même temps en français; mais dans la pensée de l’auteur ces verbes expriment des faits présents et même à venir. La poésie hébraïque a toujours pérmis ces substitutions de temps, dont les livres prophétiques de l'Ancien Testament offrent de fréquents exemples.
oÙ
Quant à Zaccharie, son père, il fut rempli d’'Esprit saint et il prophétisa en ces termes :
«Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël!
Car 1] ἃ visité son peuple et opéré sa rédemption; Il nous a suscité un Sauveur puissant!
De la maison de David, son serviteur.
(Ainsi qu'il l'avait annoncé par la bouche de ses saints prophètes qui jadis ont vécu.) Il nous délivre de nos ennemis, Et de la main de tous ceux qui nous haïssent; Il montre sa miséricorde envers nos pères; Il se souvient de sa sainte alliance ; Du serment par lui juré à notre père Abraham; Il nous donne enfin à nous, délivrés de la main de nos ennemis, De le servir sans crainte, [de notre vie; De marcher devant lui dans la sainteté et la justice tous les Jours Et toi, enfant, tu seras appelé Prophète du Très-Haut; Car tu iras devant le Seigneur; Tu marcheras devant lui pour lui préparer les voies; Tu donneras à son peuple la science du salut, Tu lui diras que ses péchés lui sont remis; Que notre Dieu a des entrailles de miséricorde ?, Qu'il nous ἃ regardés du haut des cieux, Que le soleil d'Orient se lève; Qu'il illuminera ceux qui sont assis dans les ténèbres et l'ombre [de la mort ; Qu'il dirigera nos pas dans un chemin de paix. » L'enfant grandissait et son esprit se fortifiait, et jusqu'au jour de sa manifestation à Israël, les déserts furent sa demeure.
Vers cette époque, parut un édit de César-Auguste ordonnant le recensement de tous les habitants de la terre. Ce recensement
1 Littéralement : 11] nous «a suscité une corne de salut, expression figurée désignant une puissance qui sauve.
? Littéralement : Par les entrailles de la miséricorde de notre Dieu.
fut le premier !, et Cyrénius était alors légat impérial en Syrie. Tout le monde allait se faire enregistrer ; et chacun en son lieu d’origine. Joseph (qui était de la maison et de la famille de David) partit, lui aussi, de Nazareth, ville de la Galilée, pour monter au pays de Judée et se rendre à la cité de David, appelée Bethléem, afin d'y être inscrit avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte.
Or il advint, pendant qu'ils étaient en cet endroit, que le moment d’enfanter arriva; et elle mit au monde son fils premier-né. Elle l’emmaillota et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas pour eux de place à l'hôtellerie.
Il y avait, en ce même lieu, des bergers qui vivaient dans les champs et gardaient leurs troupeaux durant les veilles de la nuit. Un ange du Seigneur leur apparut, et une gloire du Seigneur resplendit autour d'eux; et ils furent saisis d’une grande crainte. L'ange leur dit: «Ne vous effrayez point, car je vous apporte la Bonne Nouvelle d'une grande joie?, qui sera pour tout le peuple : Aujourd'hui, en la cité de David, vous est né un Sauveur ; c'est le Christ, le Seigneur. Et, pour vous, voici quel sera le signe : vous trouverez un petit enfant emmailloté et couché dans une crèche à. »
Soudain s’unirent à l’ange des multitudes appartenant à l’armée
du ciel. Et tous louaient Dieu et disaient :
«Gloire à Dieu au plus haut des cieux Et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté“ !»
Quand les anges s’éloignèrent, remontant au ciel, les bergers
se dirent l’un à l'autre : « Allons jusqu’à Bethléem , voyons ce qui
1 Le premier. Le mot le n’est pas dans le texte grec; et l’on pourrait traduire ainsi: Ce recensement fut premier (dans le sens de : fut capital, fut important). Nous trouverons cette même signification du mot premier dans le passage : Éphésiens, 6, 2.
? Littéralement : je vous évangélise une grande joie.
3 Quelques anciens manuscrits omettent ef couché.
1 C'est-à-dire aux hommes qui sont les objets de la bienveillance divine, Le texte traditionnel : Bonne volonté envers les hommes, n’a pas en sa faveur les meilleurs manuscrits. Mais le sens reste le même; car La bonne volonté, la bienveillance dont il est ici parlé est celle de Dieu. Il s’agit des hommes en qui Dieu prend plaisir.
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est arrivé, ce que le Seigneur nous ἃ fait connaître. » Étant partis en toute hâte, ils trouvèrent Marie, Joseph et le petit enfant couché dans la crèche. Quand ils l’eurent vu, ils firent connaitre ce qui leur avait été dit de cet enfant. Chacun, en écoutant les bergers, était émerveillé de ce qu'ils racontaient.
Quant à Marie, elle conservait toutes ces paroles et les repassait en son cœur.
Les bergers s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu de ce qu'ils avaient entendu et vu, toutes choses en parfait accord avec ce qui leur avait été dit.
Lorsque huit jours après, l'enfant fut circoncis, on lui donna le nom de Jésus, celui que l’ange lui avait donné avant qu'il eût été conçu dans le sein maternel.
Quand furent achevés les jours que la Loi de Moïse consacre à la purification, on porta l’enfant à Jérusalem pour le présenter au Seigneur (en exécution de ce qui est écrit dans sa Loi: « Tout enfant mâle premier-né sera dit consacré au Seigneur ») et pour offrir en sacrifice (selon la prescription de la Loi du Seigneur) «soit une couple de tourterelles, soit deux jeunes colombes?.»
Or, à Jérusalem, il y avait alors un homme qui se nommait Siméon. Cet homme était juste et pieux, il attendait la consolation d'Israël, et sur lui reposait l'Esprit saint; et cet Esprit saint lui avait révélé qu'il ne verrait point la mort avant qu'il eût vu l'Oint du Seigneur ὃ.
Poussé par l'Esprit, il vint au Temple, et comme les parents de l’enfant Jésus l'y apportaient afin de se conformer, en ce qui le concernait, à l’usage légal, ce fut lui qui le reçut dans ses bras, et il bénit Dieu et dit :
1 Exode 13, 2, 15.
2 Lévitique 12, 8.
3 Ou le Christ du Seigneur.
# Lui, et non un prêtre quelconque.
«Maintenant, ὃ mon Maître, tu laisses ton serviteur s’en aller | En paix, suivant ta parole; Car mes yeux ont vu ton salut; Salut que tu as préparé à la face de tous les peuples, Lumière qui se révélera aux nations Et gloire de ton peuple d'Israël !»
Le père et la mère de l'enfant s’émerveillaient de ce que l’on disait de lui. Siméon les bénit aussi et dit à Marie, sa mère : «Sache que cet enfant est au monde pour être la chute et le relèvement de plusieurs en Israël et pour être un signal de contradiction, et ton âme, à toi-même, sera transpercée par un glaive; c'est ainsi que paraïtront au jour les sentiments de bien des cœurs. »
Il y avait là également une prophétesse, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était toute chargée d’années. Après avoir, depuis sa virginité, vécu sept ans avec son mari, elle était devenue veuve. Agée alors de quatre-vingt-quatre ans, elle ne quittait point le Temple, servant nuit et jour le Seigneur dans les jeûnes et dans les prières, Elle aussi, survenant en cette même heure, rendit gloire à Dieu et parla de l'enfant à tous ceux qui attendaient la rédemption de Jérusalem.
Quand furent accomplies toutes les prescriptions de la Loi du Seigneur, ils rentrèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L'enfant grandissait et se fortifiait; il était plein de sagesse et la grâce de Dieu était sur lui.
Chaque année, à la fête de Pâque, ses parents allaient à Jérusalem. Ils y montèrent pour la fêle, comme de coutume, lorsqu'il eut atteint l’âge de douze ans. Les jours consacrés à la solennité étant passés, ils s'en revinrent. Or l'enfant Jésus était resté ἃ Jérusalem. Ses parents ne s’en aperçurent point. Supposant qu'il était avec leurs compagnons de route, ils firent une journée de marche, le cherchant parmi ceux de leur parenté et parmi leurs connais-
1 C'est-à-dire le signal d’une formidable opposition ; on refusera de le suivre.
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sances. Ne l’ayant point trouvé, ils retournèrent à Jérusalem, le cherchant toujours. Ce fut au bout de trois jours qu'ils le trouvè- τς rent, dans le Temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant. Tous ceux qui l'entendaient étaient confondus de son intelligence et de ses réponses. ἃ sa vue, ses parents furent très surpris, et sa mère lui dit: « Mon enfant, pourquoi as-tu agi de la sorte à notre égard? Voilà que ton père et moi nous te cherchions dans une grande angoisse.» — «Pourquoi me cherchiezvous? » leur répondit-il. «Ne saviez-vous pas qu'il faut que je sois aux affaires de mon Père.» Ses parents ne comprirent pas cette parole qu'il leur adressa. Descendant avec eux, il retourna à Nazareth; il leur était soumis; sa mère conservait toutes ces choses en son cœur; et Jésus progressait en sagesse, en stature et en grâce, devant Dieu et devant les hommes.
En l’an quinze du règne de Tibère César, — Ponce-Pilate étant procurateur de la Judée, — Hérode, tétrarque de la Galilée, — Philippe, son frère, tétrarque de l'Iturée et des terres de la Trachonite, — Lysanias, tétrarque de l’Abilène, — sous le pontilicat de Hanne et de Kaïphe?, la parole de Dieu fut adressée à Jean, fils de Zaccharie, dans le désert.
Et Jean s’en alla dans toute la région du Jourdain, prèchant un baptème de repentance * pour la rémission des péchés, ainsi que cela est écrit au livre des paroles du prophète Ésaïe :
«Une voix crie dans le désert :
Préparez la voie du Seigneur !, Aplanisses ses sentiers ; Toute vallée sera comblée :
Toute montagne el toute colline seront abassées ; Les voies tortueuses seront changées en droits chemans ;
1 On peut traduire aussi : qu'il faut que je sois dans la maison de mon Père. 2 Plus exactement : de Hannas et de Kaïiaphas.
5 Ou: de conversion.
4 On peut lire aussi, d’après une autre ponctuation: Une voix crie : Préparez
dans le désert lu voie du Seigneur.
Et les voies rocailleuses en routes unies :
Et toute chair ! verra le salut de Dieu?»
Aux foules qui accouraient pour être baptisées par lui, il disait : « Engeance de vipères, qui vous ἃ appris à fuir la colère à venir? Produisez donc des fruits dignes de la repentance, et n’allez pas dire en vous-mêmes : Nous avons pour père Abraham; car je vous le dis, Dieu peut faire surgir, des pierres que voici, des enfants à Abraham. Déjà la cognée touche la racine des arbres. Tout arbre donc qui ne produit pas de bon fruit, sera coupé et jeté au feu. » — «Qu'avons-nous à faire?» lui demandèrent alors les multitudes. Il leur répondit par ces paroles: «Que celui qui possède deux tuniques ὁ en donne une à celui qui n’en ἃ pas et que celui qui ἃ des aliments pour se nourrir fasse de même.» Des publicains ὁ vinrent pour être baptisés et lui dirent aussi: « Maitre, qu'avonsnous à faire?» — « N’exigez rien de plus, leur répondit-il, que ce qui vous ἃ été prescrit.» Des soldats aussi le questionnèrent : « Et nous, qu'avons-nous à faire?» A eux il dit : « Ne faites violence à personne; ne faites tort à personne; contentez-vous de votre paye. »
Le peuple était en suspens; et chacun se demandait, dans le secret de son cœur, si Jean n'était pas peut-être le Christ. Pour répondre ἃ tous, Jean dit: «Moi, je vous baptise d’eau; mais il va venir celui qui est plus puissant que moi; je ne suis pas même digne de délier la courroie de ses sandales; lui, vous baptisera avec l'Esprit saint et le feu ὅ. Il ἃ le van dans la main pour nettoyer son aire et rassembler le froment dans son grenier; mais la paille il la brülera au feu inextinguible. »
C’est ainsi qu'il annonçait la Bonne Nouvelle au peuple 6 par des exhortations nombreuses et variées.
Le tétrarque Hérode, cependant, ayant élé repris par lui tant
1 Toute chair, expression hébraïque qui signifie fout homme.
2 Ésaie 40, 3 à 5. (Voir Matth. 3, 3 et Marc 1 et suiv.)
3 La tunique était le vêtement de dessous, celui de dessus s’appelait le manteuu.
4 Publicains, voir note sur Matth. 9, 10.
5 Voir note sur Matth. 8, 11.
5 Littéralement : il évangélisait le peuple.
196 ©ULE NOUVEAU TESTAMENT
au sujet d'Hérodiade, femme de son frère, qu'au sujet des mille crimes qu'il avait commis, ajouta encore celui-ci à tous les autres : il fit jeter Jean en prison.
Or tout le peuple ayant reçu le baptème, et Jésus aussi ayant été baptisé, il advint que le ciel s’ouvrit, pendant qu'il priait, et que l'Esprit saint descendit sur lui sous une forme corporelle, sous la figure d’une colombe; et une voix vint du ciel: «Tu es mon Fils bien-aimé, en toi je me complaist. »
Jésus, en ce commencement, avait environ trente ans et passait pour être le fils de Joseph,
Fils d’'Héli,
Fils de Maththath?, Fils de Lévi,
Fils de Melchi, -.
Fils de Jannaï, Fils de Joseph,
Fils de Mattathias”.
Fils d’Amos,
Fils de Naoum, Fils d’Eslei,
Fils de Nangaï, Fils de Maath,
Fils de Mattathias, Fils de Semeein, Fils de Josech,
Fils de Joda,
Fils de Joanan,
Fils de Rèsa,
Fils de Zorobabel, Fils de Salathiel, Fils de Nèrei,
1 Je me complais. Voir note sur Matth. 8, 17.
2 Ou : Matthat.
3 Ou : Maththathias.
Fils de Melchei, 98, 3 Fils d’Addei,
Fils de Kosam,
Fils de Elmadam,
Fils de Her,
Fils de Jésus, 29 Fils d'Éliézer,
Fils de Jorem.,
Fils de Maththath1,
Fils de Lévi,
Fils de Siméon, 30 Fils de Judas,
Fils de Joseph,
Fils de Jonam,
Fils d'Éliakim,
Fils de Méléa, 31 Fils de Menna,
Fils de Mattatha,
Fils de Natham ?,
Fils de David,
Fils de Jessaï, 99 Fils de Jobed 5.
Fils de Boos,
Fils de Sala #,
Fils de Naasson,
Fils d’Aminadab 5, 33 Fils d’Admein 5,
Fils d’Arni?,
Fils d’'Esrom$,
1 Ou : Matthat.
? Ou: Nathan.
3 Ou: Jobel.
4 Ou : Salmon.
Ὁ Quelques anciens manuscrits omettent fils d’ Aminadab. 5 Quelques anciens manuscrits omettent fils d’Admein.
7 Ou: d’Aram.
$ Ou: d'Esron.
Fils de Pharès, Fils de Judas, 3, 34 Fils de Jacob, Fils d'Isaac, Fils d'Abraham, Fils de Thara, Fils de Nachor, 35 Fils de Serouch, Fils de Ragau, Fils de Phalek, Fils de Eber, F Fils de Sala, 26 Fils de Kainam !, Fils d’Arphaxad, Fils de Sem, Fils de Noé, Fils de Lamech, 37 Fils de Mathousalem.
Fils d'Enoch, Fils de Jaret 3, Fils de Meleleël ?, Fils de Kainam#, 38 Fils d’Enos, Fils de Seth, Fils d'Adam, Fils de Dieu.
4, 1 Jésus, rempli de l'Esprit saint, revint des bords du Jourdain ; 2 l'Esprit le poussait au désert. Il y passa quarante jours; il était tenté par le diable, Durant ces quarante jours, il ne mangea rien,
3 et quand ils furent achevés, il eut faim. Le diable lui dit: «Si tu
1 Ou: de Kainan.
2 Ou: Jared.
3 Ou : Maleleël,
4 Ou: de Kainan.
es Fils de Dieu, dis à cette pierre de se changer en pain»; et Jésus lui répondit: «Il est écrit: «Ce n'est pas de pain seulement que vivra l’homme À. »
Puis le diable l’emmena, et lui montrant en un instant tous les royaumes de la terre: «Je te donnerai, lui dit-il, toute cette puissance et la gloire de ces royaumes, car elle m'a été livrée, et je la donne à qui je veux. Donc, prosterne-toi en adoration devant moi et tout cela est à toi.» Et Jésus lui fit cette réponse : « Il est écrit: « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu et c'est à lui seul que tu rendras un culte?,» |
Le menant à Jérusalem, le diable le plaça sur le faite du Temple et lui dit: «Situ es Fils de Dieu, jette-toi d’ici en bas, car il est écrit :
« A ses anges il donnera l’ordre de te garder Et de te soutenir de leurs mains, De peur que ton pied ne se heurte contre une pierre.»
Jésus lui répondit par ces mots: «Il est dit: « Tu ne tenteras point le Seigneur ton Dieu“. »
Toute espèce de tentation étant achevée, le diable s’éloigna de lui, jusqu’à une autre occasion ὅ.
Puissant par l’Esprit$, Jésus retourna en Galilée; sa renommée se répandit dans toute la contrée; 1] enseignait dans les synagogues du pays et tous célébraient ses louanges.
Étant allé à Nazareth 7, où il avait été élevé, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, selon sa coutume, et il se leva pour
1 Deut. 8, 8.
2 Deut. 6, 13.
3 Psaume 91, 11 et suiv.
4 Deut. 6, 16.
5 Et non pas: pour un temps, comme on traduit généralement.
6 Littéralement : En la puissance de l'Esprit, c’est-à-dire possédant l’Esprit saint qui le rendait puissant.
7 Plus exactement : Nazara.
faire la lecture. On lui présenta le livre du prophète Ésaïe. Il l’ouvrit ! et trouva un passage où il était écrit : «L'Esprit du Seigneur est sur moi ; ILm'a consacré par son onction pour annoncer l Évangile aux pauvres?, Il m'a envoyé pour annoncer aux captifs leur délivrance, Aux aveugles qu'ils vont recevoir la vue, Pour renvoyer les opprimés affranclus, | Pour annoncer une année de faveur ® de la part du Seigneur #.»
Τ| ferma le livre, le rendit au servant ὃ et s’assit. Tout le monde, dans la synagogue, avait les yeux fixés sur lui. Il commença ainsi : «Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d'entendre...» Tous lui rendaient témoignage et étaient ravis des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche. «N'est-ce pas là, disait-on, le fils de Joseph?» — « Vous irez jusqu'à m’appliquer ce proverbe, reprit-il : Médecin, guéris-toi toi-même. Tout ce que tu as fait à Capharnaüm et dont nous avons entendu parler, fais-le donc également ici même dans ta patrie. »
Puis il ajouta: «Je vous le dis en vérité, nul prophète n’est accepté dans sa patrie. Il y avait, aux jours d’Élie, ce que je vous dis là est la vérité, beaucoup de veuves en Israël, lorsque le ciel fut fermé pendant trois ans et demi, et qu’il y eut une grande famine sur toute la terre ; et cependant Élie ne fut envoyé à aucune d'elles, mais bien à une veuve de Sarepta, dans le pays de Sidon. Il y avait aussi, en Israël, beaucoup de lépreux au temps du prophète Élisée, et cependant aucun d'eux ne fut guéri 6. Celui qui fut guéri ce fut un Syrien : Naaman. »
Ces paroles remplirent de colère tous ceux qui étaient dans la synagogue. Ils se levèrent et ils le chassèrent hors de la cité; puis
1 7ὶ l’ouvrit. Le verbe grec signifie dérouler. Les livres des anciens, écrits sur une peau préparée, formaient des rouleaux que l’on développait successivement pour lire.
2 Ou: pour annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres.
3. Allusion à l’année du Jubilé, qui chez les Juifs revenait tous les cinquante ans.
4 Ésaïe 61, 1 et suiv.
5 Ce servantou agent s'appelait en hébreu le Hazzan et était chargé de prendre soin des manuscrits de la Loi et des Prophètes. Voir note sur Matth. 5, 95.
5 Grec : purifié. Voir note sur Matth, 8, 2,
ils le menèrent jusqu'au sommet de la montagne sur laquelle leur ville avait été bâtie, pour le jeter en bas. Mais lui, passant au 30, 4 milieu d'eux, s’en alla et descendit à Capharnaüm, ville de Galilée. 91
Il y enseignait aux jours de sabbat. Et 1ls étaient extrêmement 938 frappés de son enseignement, car sa parole était pleine d'autorité 1.
Dans la synagogue il y avait un homme possédé de l'Esprit 33 d’un démon impur. Il se mit à jeter de grands cris: &Ah! qu'y 84 a-t-il entre nous et toi?, Jésus de Nazareth? Tu es venu pour nous perdre *; je sais qui tu es: le Saint de Dieu!» Jésus alors le 35 menaça : «Tais-toi, dit-il, sors de cet homme!» Le renversant par terre au milieu de l'assemblée, le démon sortit de lui sans lui faire aucun mal. Tous furent terrifiés, et ils se parlaient les uns 36 aux autres: «Qu'est-ce donc, disaient-ils, que cette parole? Il commande avec autorité et puissance aux Esprits impurs, et ils sortent ! » Dans tout le pays environnant il n’était bruit que de lui. 37
Ea sortant de la synagogue, 1l entra dans la maison de Simon. 38 Or, la belle-mère de Simon était malade d’une forte fièvre. On implora Jésus en sa faveur #. Il se pencha vers elle, commanda à 39 Ja fièvre, et la fièvre disparut. Immédiatement cette femme se leva et se mit à les servir.
Après le coucher du soleil, tous ceux qui avaient des malades, 40 quels que fussent leurs maux, les lui amenèrent. Imposant les mains à chacun d'eux, Jésus les guérit. Des démons sortaient 41 aussi d’un grand nombre, en s’écriant : «Tu es le Fils de Dieu! »
Mais il les menaçait et leur défendait de parler ainsi; car ils savaient qu'il était le Ehrist.
Lorsqu'il fit jour, 1l sortit et s’en alla dans un lieu solitaire. 42
1 Ou: de puissance.
2 Voir note sur Marc 1, 24 et sur Jean 2, 4.
3 On peut, d’après une autre ponctuation, mettre cette phrase sous forme interrogative : Es-tu venu pour nous perdre?
# On peut traduire aussi : on consulta Jésus à son sujet.
Les multitudes se mirent à sa recherche; elles arrivèrent jusqu’à lui et elles le retenaient, ne voulant point qu'il les quittât. Mais il leur dit : «Il me faut annoncer dans d’autres villes aussi l'Évangile 1 du Royaume de Dieu, car c’est pour cela que j'ai été envoyé. »
Et il prêchait dans les synagogues de la Galilée.
Un jour, qu'il se tenait sur le rivage du lac de Gennézareth, la foule se pressait autour de lui pour entendre la parole de Dieu. Il vit deux barques qui stationnaient près du bord ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets. Montant alors dans l’une de ces barques, 1] pria Simon, à qui elle appartenait, de l’éloigner un peu de terre. Puis il s’assit; et de la barque?, il instruisait les multitudes.
Lorsqu'il eut fini de parler, il dit à Simon : « Pousse au large, et vous lancerez vos filets pour la pêche. » Simon lui fit cette réponse: «Maître nous avons travaillé toute la nuit sans rien prendre; toutefois, sur ta parole je jetterai le filet.» Ce qu'ils firent; et ils ramenèrent une telle quantité de poissons que les filets se déchiraient. Alors 115 appelèrent à leur aide ceux de leurs camarades qui étaient dans l’autre barque; ceux-ci arrivèrent et les deux barques furent remplies au point qu’elles s’enfonçaient. A cette vue, Simon Pierre tomba aux genoux de Jésus disant : « Éloignetoi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. » Un sentiment d’effroi l'avait, en effet, saisi, ainsi que tous ses COMpagnons, en présence de cette pêche et des poissons qu'ils venaient de prendre. Il en était de même de Jacques et de Jean, fils de Zébédée, qui étaient les camarades de Simon. « Ne crains point, dit Jésus à Simon, désormais tu seras pêcheur d'hommes.» Là-dessus, ramenant les barques à terre, ils quittèrent tout et le suivirent.
Une autre fois, comme il était dans une ville, survint un homme couvert de lèpre. Voyant Jésus, il se prosterna, tout suppliant, la face contre terre, disant: «Seigneur, si tu le veux, tu peux me
1 Ou: la Bonne Nouvelle.
? Quelques anciens manuscrits lisent: dans la barque.
guérir !. » Jésus étendit la main, le toucha et dit : «Je le veux, sois guéri ?.» La lèpre disparut à l’instant. Jésus lui recommanda de n’en parler à personne : «Retire-toi, lui dit-il, va te montrer au prêtre, et offre pour ta guérison ce que Moïse a prescrit; que ce leur soit un témoignage *.
Sa renommée se répandait de plus en plus ; d'immenses multitudes accouraient pour l’entendre et pour se faire guérir de leurs maladies. Quant à lui, il se tenait retiré dans les lieux solitaires et il y priait.
Voici ce qui arriva, un des jours où il était à enseigner, ayant assis devant lui des Pharisiens et des Docteurs de la Loi venus des bourgs de Galilée et de Judée et de la ville de Jérusalem : La puissance du Seigneur était là pour guérir, lorsque survinrent des gens portant sur un lit un homme qui était paralysé. Ils cherchèrent à le faire entrer et à le placer devant Jésus; et ne trouvant pas moyen de pénétrer à cause de la foule, ils montèrent sur la maison # et descendirent le malade avec son petit lit par la toiture, au milieu de l’assemblée et devant Jésus. Voyant leur foi 5, celui-ci dit à l'homme: «Tes péchés te sont pardonnés. »
Alors les Scribes et les Pharisiens se mirent à faire leurs réflexions : «Qui donc, disaient-ils, est celui-ci qui profère des blasphèmes? Qui peut pardonner des péchés que Dieu seul?» Connaissant leurs raisonnements, Jésus leur adressa ces paroles : « Pourquoi ces pensées dans vos cœurs? Lequel est le plus facile, de dire: tes péchés te sont pardonnés, ou de dire: lève-toi et marche? Or, afin que vous sachiez que le Fils de l’homme ἃ sur la terre le pouvoir de pardonner des péchés 6...» s'adressant au paralytique : «À toi, je dis: Lève-toi, emporte ton petit lit et, va dans ta maison ! »
1 Grec : me purifier. Voir note sur Matth. 8, 2.
2 Grec : sois purifié. Voir note précédente.
5 Que ce leur soit un témoignage. Voir note sur Matth. 8, 4. ὁ Sur le toit plat et formant terrasse. Voir note sur Marc 2, 4. 5 Leur foi. Voir note sur Matth. 9, 2.
5 Phrase incomplète. Voir note sur Matth. 9, 0.
Aussitôt, se levant devant eux, il emporta le petit lit sur lequel il était couché et retourna en sa maison glorifiant Dieu.
Transportés d'enthousiasme, tous se mirent aussi à glorifier Dieu et, tout effrayés, ils disaient: «Quelle incroyable chose nous avons vue aujourd'hui!»
Après cela, il sortit, et aperçut, assis au bureau du péage, un publicain? du nom de Lévi. I] lui dit: «Suis-moi»; et lui, abandonnant tout, se leva et le suivit. |
Lévi lui donna un grand festin en sa maison. Se trouvaient à table, entre autres convives, un grand nombre de publicains 3, Cela fit murmurer les Pharisiens et leurs Scribes : «Pourquoi, dirent-ils aux disciples, mangez-vous et buvez-vous avec des publicains et avec des pécheurs?» Jésus alors leur adressa ces paroles : «Ce ne sont pas ceux qui sont en bonne santé qui ont besoin de médecin, ce sont les malades. Je ne suis pas venu appeler à la repentance 1 des justes, mais des pécheurs. »
Ils lui dirent : «Les disciples de Jean se livrent. fréquemment aux jeûnes et aux prières; ceux des Pharisiens font de même; et les tiens mangent et boivent 5. »
Jésus leur répondit: «Pouvez-vous faire jeüner les amis de l'époux 5 pendant que l'époux est avec eux? Des jours viendront où l’époux leur sera enlevé, ils jeüneront dans ces jours. »
Il leur dit aussi une parabole: «Personne, dans un vêtement neuf ne déchire un morceau pour le coudre à un vêtement vieux; autrement 1l aura déchiré le vêtement neuf et aura mis au vieux vêtement un morceau neuf qui ne s'accorde pas. Personne non plus ne verse du vin nouveau dans de vieilles outres; autrement le vin nouveau fera éclater les outres; il se répandra et les outres
1 Péage. Voir note sur Matth, 9, 9.
2 Publicain. Voir note sur Matth. 9, 10.
3 Avec des publicains et des pécheurs. Voir note sur Matth. 9, 40..
4 Ou à la conversion.
5 On peut traduire aussi, d’après une autre ponctuation: Æt pourquoi les tiens mangent-ils et boivent-ils?
6 Les amis de l'époux. Voir note sur Matth. 9, 15.
seront perdues. Mais on doit verser le vin nouveau dans des outres neuves. » |
«Quand on vient de boire du vin vieux, on n’en demande jamais du nouveau : Le vieux, dit-on, c’est le bon.»
Il arriva — un jour de sabbat! — que Jésus passa par des blés; ses disciples cueillaient les épis et, les froissant dans leurs mains, en mangeaient les grains. « Pourquoi faites-vous, dirent quelques-uns des Pharisiens, ce qu’au jour du sabbat il n'est pas permis de faire?» Jésus leur répondit par ces paroles : «N’avez-vous pas lu ce que fit David quand il eut faim et ce que firent ses compagnons? Comment il entra dans la maison de Dieu, prit les pains de proposition ?, en mangea et en donna à ceux qui étaient avec lui, quand il n’est permis qu'aux prêtres seuls d'en manger 3» — «Le Fils de l’homme, ajouta-t-il, est maître aussi du sabbat. »
Un autre jour de sabbat, il entra dans la synagogue et il y enseigna. 1] s’y trouvait un homme dont la main droite était paralysée?. Les Scribes et les Pharisiens l’observaient pour voir si, un jour de sabbat, il le guérirait, et pour tirer de là quelque prétexte à accusation. Quant à lui, il connaissait leurs pensées. «Lève-toi, dit-il, à l’homme dont la main était paralysée, et tiens-toi debout au milieu de nous tous! » L'homme se leva et se tint debout. «Je vous le demande, leur dit alors Jésus, est-il permis aux jours de sabbat de faire le bien ou de faire le mal? de sauver une vie ou de la perdre?» Ayant sur eux tous promené son regard, il dit à l'homme: «Étends ta main.» Il le fit et sa main fut guérie.
Quant à eux, 1ls étaient fous de rage, et ils parlaient entre eux de ce qu'ils pourraient bien faire à Jésus.
1 Plusieurs anciens manuscrits lisent: wn jour de subbat second-premier ; le sens de cette expression est inconnu.
2 Voir note sur Matth. 12, 4.
3 Grec : était sèche.
En ces jours-là, il se retira sur la montagne pour prier et passa la nuit à prier Dieu.
Quand il fit jour, il convoqua ses disciples; et 1l choisit douze d’entre eux, auxquels il donna le nom d’apôtres; ce furent Simon, qu'il nomma Pierre, et André son frère; — Jacques et Jean; — Philippe et Barthélemi; — Matthieu et Thomas; — Jacques, fils d’Alphée, et Simon (celui qu’on appelle le zélateur 1): Judas, frère de Jacques, et Judas l'Iskariôte?, qui fut un traître.
Descendant de la montagne, avec eux, il s'arrêta sur un terrain uni. Là se trouvait, avec une foule considérable ὃ de ses disciples, une multitude immense de peuple, venue pour l'entendre et se faire guérir de ses maux, de toute la Judée, de Jérusalem et du littoral de Tyr et de Sidon. Ceux qui étaient tourmentés par des Esprits impurs en étaient délivrés et chacun dans la foule cherchait à le toucher, parce qu'il sortait de lui une vertu * qui les guérissait (ous.
Jésus, levant les yeux sur ses disciples, dit:
«Heureux êtes-vous, à pauvres, parce qu'à vous appartient le Royaume de Dieu! »
«Heureux, ὃ vous qui avez faim maintenant, parce que vous serez rassasiés ! » |
«Heureux, Ô vous qui pleurez maintenant, parce que vous rirez ! »
« Heureux serez-vous lorsque les hommes vous haïront, vous réprouveront, vous outrageront, prôscriront votre nom comme maudit à cause du Fils de l'homme! En ce jour-là réjouissezvous ÿ et sautez de joie! parce que votre récompense sera grande
1 Le zélateur ou le Cananite. Voir note sur Matth. 10, 4.
2 L'Iskariôte, Voir note sur Matth, 10, 4.
3 Plusieurs anciens manuscrits omettent considérable.
4 Ou: une force, une puissance.
5 On peut lire aussi, d'après une autre ponctuation : Vous êtes heureux ! Lorsque les hommes vous haïront, vous réprouveront, vous outrageront, proseri=
dans le ciel; car c'est de même façon que leurs pères traitaient les prophètes. »
«Malheur à vous cependant, riches, parce que vous avez aujourd’hui votre consolation! »
« Malheur à vous qui maintenant avez tout à satiété, parce que vous aurez faim ! »
« Malheur à vous qui maintenant riez, parce que vous tomberez dans le deuil et les larmes! »
« Malheur! lorsque tous les hommes diront du bien de vous, car C'est de même façon que leurs pères traitaient les faux prophètes! »
« Quant à vous qui m'écoutez, voici ce que je vous dis : Aimez vos ennemis ; faites du bien à ceux qui vous haïssent; bénissez ceux qui vous maudissent; priez pour ceux qui vous font injure. Si quelqu'un te frappe sur une joue, présente-lui aussi l’autre; et contre celui qui t’enlève ton manteau ne défends pas même ta tunique 1. »
(A qui te demande, donne; et à qui s'empare de ce qui est à toi, ne réclame rien. »
«Gomme vous voulez que les hommes agissent envers vous,
agissez vous-mêmes ? pareillement envers eux. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on? les pécheurs ὃ aussi aiment ceux qui les aiment. Et si vous faites du bien à ceux qui vous en font à vous-mèêmes, quel gré vous en saura-t-on? Les pécheurs ὃ le font aussi. Et si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir quelque chose, quel gré vous en saura-t-on? Les pécheurs aussi font des prêts aux pécheurs pour recevoir un jour le même service. Vous cependant aimez vos ennemis; faites du bien et prêtez sans espérer quoi que ce soit. Et votre récompense sera grande et
ront votre nom comme maudit à cause du Fils de l'homme, en ce jour-là réjouissez-vous… etc.
1 C’est-à-dire le vêtement de dessous. Voir note sur Luc 3, 11. 2 Quelques anciennes autorités omettent vous-mémes. * Les pécheurs. Voir note sur Matth, 9, 10,
vous serez fils du Très-Haut, parce qu'il est bon pour les Gr et pour les méchants. »
«Soyez miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux. »
«Ne jugez point et vous ne serez point jugés; ne condamnez point ef vous ne serez point condamnés. Pardonnez, et il vous sera pardonné. Donnez, et il vous sera donné; 1l sera versé dans votre sein! une bonne mesure, pressée, tassée, débordante, car la mesure que vous faites aux autres sera votre mesure. »
Il leur dit aussi une parabole: «Un aveugle peut-il conduire un aveugle? Ne tomberont-ils pas tous deux dans une fosse?»
«Le disciple n’est pas au-dessus du maître; il sera parfait quand il sera pareil à son maître. »
« Pourquoi regardes-tu la paille qui est dans l'œil de ton frère? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas! Comment peux-tu dire à ton frère : «Mon frère, laisse-moi ôter cette paille qui est dans ton œil», ne voyant pas toi-même la poutre qui est dans le tien? Hypocrite?, ôte d’abord de ton œil la poutre et alors tu verras? à ôter la paille de l’œil de ton frère!»
QUn arbre qui produit de mauvais fruits n’est pas bon; et, à l'inverse, un arbre qui produit de bons fruits n’est pas mauvais; car c’est par son fruit que chaque arbre se fait connaître. Sur des épines on ne cueille pas de figues; sur des ronces on ne vendange pas de raisin, » |
«Du bon trésor de son cœur l’homme bon tire le bien; de son mauvais trésor l'homme mauvais tire le mal; car c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle ἡ.»
1 Cest-à-dire dans les plis de votre manteau. Geux-ci servaient, en effet, à porter certains fardeaux et, en particuher, les grains de toutes sortes,
2 Voir note sur Matth. 6, 2. :
5 Voir note sur Matth. 7, ὃ.
4 Voir note sur Matth. 12, 34.
«Pourquoi m'appelez-vous : «Seigneur! Seigneur!» et ne faites-vous pas ce que je dis? Quiconque vient à moi, entendant mes paroles! et les mettant en pratique, je vais vous montrer à qui il ressemble. Il ressemble à un homme qui, en construisant une maison, a creusé très avant et a établi ses fondations sur le roc. L'inondation est survenue; le torrent ἃ fait irruption sur cette maison et il n’a pas eu la force de l’ébranler, parce qu'elle était bien construite. »
«Quant à celui qui entend? et ne met pas en pratique, il ressemble à un homme qui a bâti sa maison sur la terre sans fondations. Sur elle le torrent a fait irruption; soudain elle s’est écroulée ; et la ruine de cette maison a été grande. »
Quand il eut achevé tous ces discours adressés au peuple, Jésus entra dans Capharnaüm.
Or un centurionÿ avait, malade et près de mourir, un serviteur“ qui lui était très cher. Ayant entendu parler de Jésus, il lui envoya quelques Anciens d’entre les Juifs, pour lui demander de venir et de guérir son serviteur “. Ceux-ci, ayant abordé Jésus, le prièrent avec de grandes instances: « 1] mérite, lui dirent-ils, que tu lui accordes cela, car il aime notre nation et c’est lui qui nous ἃ bâti la synagogue 5. »
Jésus était parti avec eux; comme il n'était plus qu'à une petite distance de la maison, le centurion envoya de ses amis lui dire : «Seigneur, ne prends pas tant de peine, car je ne suis pas digne que tu entres sous mon (toit, et c'est pour cela que je ne
me suis pas moi-même jugé digne d'aller à toi. Mais donne un ordre et mon serviteur sera guéri. Car moi (qui ne suis pourtant qu’un subordonné) j'ai sous mes ordres des soldats, et si je dis à
1 Ou: écoutant mes paroles.
2 Ou: écoute.
3 Un centurion. Voir note sur Matth. 8, 5.
4 Grec : esclave.
5 Évidemment la synagogue de Capharnaüm,
l’un : «Va-t’en », il s’en va; à l’autre : « Viens», il vient; à mon esclave : «Fais cela», il le fait.» Jésus fut dans l’admiration de ce langage; et se tournant vers la foule qui le suivait: «Je vous le déclare, dit-1l, même en Israël, je n'ai pas trouvé une foi aussi grande. »
De retour à la maison, les envoyés du centurion trouvèrent le serviteur ! en pleine santé.
Le lendemain 1] se dirigea vers une ville appelée Naïn; avec lui allaient un grand nombre de ses disciples et une foule considérable. Comme il arrivait à la porte de la cité, il se trouva que l’on portait en terre un mort?; c'était un fils unique dont la mère était veuve. Une grande quantité d'habitants de la ville étaient avec elle. En la voyant, le Seigneur fut touché de compassion * envers elle et lui dit: «Ne pleure point!» Puis il s’approcha et toucha le cercueil. Les porteurs s’arrêtèrent, et il dit: «Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi! » Et le mort se dressa sur son séant et se mit à parler.
Jésus le rendit à sa mère.
La crainte les saisit tous et ils glorifiaient Dieu: « Un grand prophète, disaient-ils, a surgi parmi nous, et Dieu a visité son peuple. » Le bruit de ce qui s'était passé se répandit partout en Judée et dans tout le pays environnant.
Les disciples de Jean ayant rapporté tout cela à leur maitre, celui-ci en désigna deux, et les envoya dire au Seigneur : « Es-tu celui qui doit venir“, où devons-nous en attendre un autre)»
S'étant donc présentés à Jésus, ces hommes lui dirent : «Jean- Baptiste nous ἃ adressés à toi pour te dire : «Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre?» Or, en cet instant
1 Grec: l’esclave, 2 À cette époque, les morts étaient transportés à visage salée: dans des cercueils non fermés.
3 Voir note sur Matth, 9, 90.
1 Celui qui doit venir. Voir note sur Matth, 11, 3.
même, Jésus guérissait nombre de malades, d’infirmes, de possédés 1; à beaucoup d’aveugles il faisait don de la vue. Alors il fit aux messagers celte réponse : «Allez annoncer à Jean ce que vous avez vu et entendu : des aveugles voient, des estropiés marchent, des lépreux sont guéris?, des sourds entendent, des morts ressuscitent, des pauvres entendent l’Évangileë, Heureux est celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute . »
Quand les messagers furent partis, Jésus se mit à parler de Jean aux multitudes : «Au désert, qu'êtes-vous allés voir? Est-ce un roseau agité par le vent? Qu'êtes-vous allés voir? Est-ce un homme aux vêtements efféminés? Mais ceux qui se revêtent de riches habits et qui vivent au milieu des délices vivent dans les palais des rois. Qu’êtes-vous donc allés voir? Est-ce un prophète? Oui, vous dis-je, et plus qu’un prophète. C'est celui dont il est écrit:
« Voici que j'envoie mon messager pour te précéder Et préparer ton chemin devant toi.»
«Je vous le déclare, parmi ceux que les femmes ont enfantés, oul n'est plus grand que Jean 5. Mais le plus petit dans le Royaume de Dieu est plus grand que lui. »
«En se faisant baptiser du baptème de Jean, tout le peuple qui l'écoutait, même les publicains ont reconnu la justice de Dieu; mais en ne se faisant pas baptiser par lui, les Pharisiens et les légistes ont rejeté le dessein de Dieu à leur égard. »
«A qui donc assimilerai-je les hommes de cette génération-ci? et à qui ressemblent-ils? Ils ressemblent à des enfants assis sur la place publique qui se crient les uns aux autres :
«Nous avons joué de la flûte
Et vous n'avez pas dansé;
Nous avons entonné des chants lugubres Et vous n'avez pas pleuré. »
1 Littéralement : d’Esprits mauvais.
2 Grec: purifiés. Voir note sur Matth. 8, 2.
3 Ou : La Bonne Nouvelle est annoncée à des pauvres.
£ Voir note sur Matth. 11, 6.
5 Malachie 3, 1.
5 Plusieurs anciens manuscrits lisent: plus grand prophète que Jean.
«Et, en effet, Jean-Baptiste est venu s’abstenant de manger du pain et de boire du vin; et vous dites: «Il est possédé d’un démon.» Le Fils de l’homme est venu mangeant et buvant comme tout le monde, et vous dites : « Voilà un amateur de bonne chère, un buveur de vin, un ami des publicains et des pécheurs ?. »
«À la sagesse, justice est rendue par tous ses enfants $. »
Un des Pharisiens le pria de venir manger chez lui. Jésus, étant donc entré dans la maison du Pharisien, se mit à table 4.
Or, une femme de la ville qui vivait dans le péché, ayant appris qu'il était à table dans la maison de ce Pharisien, apporta un vase d’albâtre 5 rempli de parfum. Elle se plaça derrière lui, en pleurant6, et se tint à ses pieds, qu'elle arrosa d’abord de ses larmes et qu'elle essuya ensuite de ses cheveux, à ses pieds qu'elle baisa longtemps et qu'elle oignit de son parfum.
Voyant cela, le Pharisien qui l'avait invité pensait en lui-même:
«Si cet homme était prophète, 1l saurait qui est cette femme qui le touche; et ce qu’elle est: une pécheresse. »
Jésus alors s'adressant à lui: «Simon, j'ai quelque chose à te dire. » — « Parle, maître », répondit Simon. — «Un certain créancier avait deux débiteurs ; le premier lui devait cinq cents deniers; et le second cinquante. Ni l’un ni l’autre n’ayant de quoi le payer, il fit à chacun d'eux remise de sa dette. Lequel des deux l’aimera le plus?» Simon fit cette réponse : «Celui, je suppose, auquel il ἃ renus davantage. » — «Tu viens de juger en toute droiture», reprit Jésus; puis, se tournant vers la femme et parlant toujours à Simon:
1 Ces mots : comme tout le monde, sont sous entendus dans le texte.
2 Voir sur les mots publicains et pécheurs note sur Matth. 9, 10.
3 Les enfants de la sagesse sont ceux qui écoutent la voix de la sagesse divine ; ils reconnaissent cette sagesse pour ce qu’elle est véritablement; ils lui rendent justice.
4 Littéralement : se coucha à table, suivant la coutume des anciens, qui s’'étendaient sur des lits pour prendre leurs repas, Les pieds étaient done à la même hauteur que le reste du corps. Ce détail importe à l'intelligence du récit qui va suivre. εν
5 Un vase d’albâtre, Voir note sur Matth. 26, 7.
6 Plus exactement : en sanglotant.
« Tu vois cette femme? Quand je suis entré dans ta maison tu ne m'as pas apporté d’eau pour mes pieds, mais elle, c'est avec ses larmes qu’elle les ἃ arrosés, c’est avec ses cheveux qu'elle les ἃ essuyés. Tu ne m'as pas donné de baiser ; mais elle, depuis l’mstant où elle est entrée n’a cessé d’embrasser mes pieds. Sur ma tête, tu n’as pas fait d’onction d'huile; mais elle, ce sont mes pieds qu’elle ἃ oints de parfum. A cause de cela, je te le déclare, ses nombreux péchés lui sont pardonnés, parce qu’elle ἃ beaucoup aimé. Celui à qui on pardonne peu, aime peu.» Puis il lui dit à elle : « Tes péchés te sont pardonnés. » — « Qui est cet homme qui va jusqu’à pardonner des péchés? » se demandèrent entre eux les convives. Lui, cependant, dit à la femme : «Ta foi t’a sauvée; va en paix!»
Ensuite, il alla de ville en ville et de village en village prêchant et annonçant l'Évangile ! du Royaume de Dieu. Avec lui étaient les douze et quelques femmes qui avaient été délivrées de mauvais Esprits, ou guéries de maladies : Marie, celle qu’on appelle Magdelaine ?, de laquelle étaient sortis sept démons; Jeanne, femme de Chouza, intendant d'Hérode; Suzanne, et beaucoup d’autres qui l’assistaient de leurs biens.
Comme il s’assemblait une foule énorme et que de toutes les villes on venait à lui, il dit cette parabole :
«Le semeur est sorti pour semer sa semence; 1] jette sa semence, et des grains sont tombés le long du chemin; on les a foulés aux pieds; et les oiseaux du ciel les ont mangés. »
« D’autres sont tombés sur des pierres; ils ont levé, puis séché ; ils n'avaient pas d'humidité. »
«D’autres grains sont tombés au milieu des épines, et en même temps ont crû les épines; et elles les ont étouffés. »
« D’autres sont tombés dans la bonne terre; ils ont levé; 115 ont
1 Ou: La Bonne Nouvelle.
2? Cest-à-dire du village de Magdala.
porté du fruit au centuple.» Cela disant, il s’écriait: «Que celui qui ἃ des oreilles pour entendre, entende!!»
Ses disciples lui demandèrent ce que signifiait cette parabole. II répondit: «A vous il est donné de pénétrer les mystères du Royaume de Dieu, mais les autres ne les connaissent que par des paraboles, afin qu'ils voient sans voir et entendent sans comprendre. »
« Voici le sens de cette parabole :
«La semence, c’est la parole de Dieu. Le long du chemin sont ceux qui ont écouté?; mais ensuite vient le diable, qui enlève de leurs cœurs la parole, de peur qu'ils ne croient et ne soient sauvés. »
«Sur des pierres sont ceux qui, après avoir écouté ! la parole, l'ont accueillie avec joie; mais ils n’ont pas de racine; ils ont la foi momentanément et, au moment de l'épreuve, ils se retirent. »
«La semence tombée parmi les épines représente ceux qui ont écouté la parole, et puis ils sont partis, et chez eux elle demeure stérile, étouflée par les soucis, par les richesses et par les plaisirs de la vie. »
«La semence tombée dans la bonne terre représente ceux qui retiennent dans un cœur excellent et bon la parole par eux entendue, et portent du fruit avec persévérance. »
«Personne, quand 11 allume une lampe, ne la recouvre d’un vase ou ne la pose sous un lit; on la place au contraire sur un pied-de-lampe, afin que ceux qui entrent voient la lumière. Car rien n'est caché qui ne doive être découvert, rien n’est secret qui ne doive être connu et mis au jour. Prenez donc garde comment vous écoutez. Car à celui qui aura, 1l sera donné, et à celui qui n'aura pas, même ce qu'il croit avoir lui sera Ôté. »
Sa mère et ses frères, étant venus le trouver, ne pouvaient, à cause de la foule, pénétrer jusqu'à lui. On l'en prévint : «Ta mère
1 Ou: pour écouter, écoute.
? Ou: entendu.
et tes frères sont là dehors, qui voudraient te voir.» Il répondit par ces paroles: «Ma mère et mes frères, ce sont ceux-là, qui écoutent la parole de Dieu et qui la mettent en pratique. »
Il monta, un jour, dans une barque avec ses disciples. «Faisons la traversée du lac», leur dit-il. [ls partirent. Tandis qu’ils navieuaient, Jésus s’endormit; et un tourbillon de vent s’abattit sur le lac; la barque s’emplissait d’eau; ils étaient en danger. Les disciples allèrent à lui, le réveillèrent, lui disant: «Maître, maître, nous périssons!» Il se leva, se mit à menacer le vent et les flots soulevés. Ils s’arrêtèrent; il se fit un calme. Il leur dit alors: « Où est votre foi?» Terrifiés, ils l’admiraient et se disaient l’un à l’autre : «Qui donc est cet homme qui commande aux vents et aux flots, et à qui ils obéissent?»
Ils abordèrent au pays des Géraséniens?, situé en face de la Galilée. Comme Jésus descendait à terre, vint à sa rencontre un homme de la ville, possédé par des démons. Il était depuis fort longtemps sans vêtements; il vivait en dehors de tout domicile; et demeurait dans les sépulcres #. Apercevant Jésus, il tomba à ses pieds en jetant des cris, et dit de toutes ses forces : « Qu’y a-t-il entre moi et toi 4, Jésus, Fils du Dieu Très-Haut? Je t'en conjure, ne me torture point. » En effet, Jésus commandait à l'Esprit impur de sortir de cet homme dont depuis très longtemps il s'était emparé. On l’attachait avec des chaînes, on lui mettait des fers aux pieds pour le retenir; il rompait tous les liens et le démon le poussait vers les lieux déserts. Jésus l’interrogea. « Quel est ton nom?» lui dit-il. — Il répondit: «Légion. » Une quantité de démons étaient, en effet, entrés dans cet homme. Ceux-ci supplièrent Jésus de ne pas ordonner qu'ils allassent à l’abime ὅ, mais de leur permettre
1 Ou: il se réveilla.
? Un des plus anciens manuscrits lit: Gerguéséniens (de même verset 37),
3 Voir note sur Marc 5, 2.
4 Voir note sur Jean 2, 4,
5 L’abime, c’est-à-dire le lieu de tortures réservé, d’après la théologie juive
de ce temps-là, au diable et à ses anges ou mauvais Esprits. Voir note sur Matth. 8, 29.
d’entrer dans un nombreux troupeau de pourceaux qui étaient là paissant sur la montagne. Il le leur permit. Les démons sortirent alors de l’homme et entrèrent dans les pourceaux et, d’une course impétueuse, le troupeau se précipita dans le lac et s’y noya. Voyant ce qui était arrivé, les gardeurs prirent la fuite et allèrent répandre la nouvelle dans la ville et dans les campagnes. Les habitants sortirent pour voir ce qui s'était passé. Ils s’approchèrent de Jésus; ils trouvèrent assis à ses pieds, avec ses vêtements, et plein de bon sens, l’homme de qui les démons étaient sortis. Cela leur fit peur. Les témoins oculaires leur racontèrent comment le démoniaque avait été guéri. Tout ce peuple du pays des Géraséniens! pria alors Jésus de s'éloigner d'eux. En effet, ils étaient frappés de terreur. Il remonta donc dans la barque et s’en retourna. L'homme qui avait été délivré des démons lui demandait la permission de rester avec lui. Mais Jésus le congédia et lui dit: «Retourne en ta maison, et raconte tout ce que Dieu t’a fait.» Cet homme partit, publiant par toute la ville ce que lui avait fait Jésus.
A son retour, Jésus fut reçu par la foule; tous étaient ἃ l’attendre. À ce moment un homme nommé Jaïrus, qui était chef de la synagogue, vint se jeter à ses pieds, le suppliant d'entrer dans sa maison, parce que sa fille unique, âgée de douze ans environ, se mourait. |
Il y allait pressé par la foule, lorsqu'une femme, malade d’une perte de sang depuis douze années, qui avait dépensé en médecins tout son avoir ?, sans qu'aucun d'eux eût pu la guérir, s’approcha par derrière et toucha la frange de son vêtement ὃ, Sa perte de sang s'arrêta immédiatement. Jésus demanda : «Qui est-ce qui m'a touché?» Tous s’en défendirent. «C’est la foule, maître, qui te presse, qui t’accable », lui dirent Pierre et ceux qui étaient avec
1 Géraséniens, Voir note sur le verset 26.
? Quelques très anciens manuscrits omettent qui avait dépensé en médecins tout son avoir. 1] faut alors traduire ainsi les mots qui suivent: sans que personne eût pu la guérir.
3 La frange de son vêtement de dessus, de son manteau. Ces franges, ordonnées par la Loi, se portaient aux quatre coins du manteau (Nombres 15, 38).
luit. Jésus reprit: «Quelqu'un m'a touché, car j'ai senti qu’une vertu? sortait de moi.» Se voyant découverte, la femme, toute tremblante, vint se jeter à ses pieds et déclara devant tout le monde pourquoi elle l'avait touché, et comment elle avait été immédiatement guérie. Et lui, 1l lui dit: «Ma fille, ta foi l’a guérie3; va en paix. »
Comme il parlait encore, arriva quelqu'un de chez le chef de la synagogue disant: « Ta fille est morte, ne fatigue pas davantage le maître.» Jésus, entendant ces paroles, dit à Jaïrus : «Ne crains point, crois seulement #, et elle sera sauvée.» Arrivé à la maison, il ne permit à personne d'entrer avec lui, sinon à Pierre, à Jean et à Jacques, ainsi qu'au père et à la mère de l'enfant. Tous ceux qui étaient là pleuraient à haute voix et se lamentaient sur elles. I! leur dit : « Ne pleurez pas, elle n’est pas morte, mais elle dort. » Et on se moquait de lui; on savait bien qu’elle était morte. Jésus, alors, lui saisit la main et prononça ces paroles: «Mon enfant, réveille-toi 7! » Et son esprit revint. Elle se leva aussitôt, et Jésus commanda de lui donner à manger. Ses parents étaient transportés ; mais 1l leur ordonna de ne dire à personne ce qui était arrivé.
Ayant réuni les douze, 1] leur donna force et puissance sur tous les démons et le pouvoir de guérir des maladies. Puis il les envoya en mission pour prêcher le Royaume de Dieu et faire des guérisons. Voici ce qu'il leur dit: « N’emportez rien pour la route, ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent, n'ayez pas même deux vêtements ὃ, En quelque maison que vous entriez, demeurez-y, et que
1 Un des plus anciens manuscrits omet ef ceux qui étaient avec lui.
? Ou: une force, une puissance.
3 Ou : sauvée.
ὁ On peut traduire aussi: Aie seulement confiance, ou : Aie seulement de la foi. Voir note sur Jean 14, 1.
5 Ou : guérie.
5 Cest-à-dire montraient bruyamment leur douleur suivant la coutume du temps.
7 On peut traduire aussi : lève-toi, ou encore : ressuscite.