‹ Le Nouveau TestamentChapitre 32 sur 90 · SAINT JEAN · texte numérisé non relu

SAINT JEAN

PRÉFACE

Les Eglises des premiers siècles ont toutes admis le quatrième Évangile dans leur Nouveau Testament ; ce livre ἃ toujours été au rang des éncontestés et aucune d’elles n’a douté que Jean, l’apôtre, n’en fût l’auteur.

Écrit après tous les autres livres du Nouveau Testament, cet Evangile en est le couronnement magnifique; et si les divers ouvrages qui forment ce recueil étaient rangés dans l’ordre chronologique, il devrait être placé le dernier de la série.

Il date certainement de la fin du premier siècle ou du commencement du second. Les plus anciens témoignages nous permettent de remonter jusqu’à. cette époque, en même temps qu’ils nous indiquent Éphèse comme l'endroit où il ἃ été écrit. Or nous savons positivement que Jean, l’apôtre, a exercé un long ministère à Éphèse, et qu’il y est mort vers l’an 100, très avancé en âge. Il est donc tout naturel que la tradition chrétienne lui ait toujours et partout attribué le quatrième Évangile.

Dans le livre lui-même, l’auteur garde l’anonyme, mais cet anonymat est singulièrement transparent. Sans se trahir une seule fois

et tout en restant invisible, il montre clairement qu'il est l’un des douze et, parmi les douze, le bien-aimé du Maître. Or nous savons, par les autres Évangiles, que les trois apôtres préférés étaient Pierre, Jacques et Jean. Pierre ne peut être l’auteur du quatrième Évangile, puisque, d’une part, il y est nommé plusieurs fois et que, de l’autre, l’auteur garde l’anonyme. Nous pourrions songer à Jacques, s’il n’était pas mort peu de temps après la fondation de l'Église, assassiné par l’ordre d’Hérode Agrippa 1 (Actes 12 : 1). Il ne reste donc que Jean.

Sans entrer dans aucune des questions soulevées sur l’authenticité et l’historicité du quatrième Évangile, ajoutons aux constatations que nous venons de faire quelques remarques de fait, sur lesquelles tout le monde est d'accord.

Le 21° chapitre est un appendice ajouté par des amis de l’auteur et rédigé pour montrer que Jésus-Christ n'avait pas dit que Jean ne mourrait pas. Il s'agissait de rassurer les fidèles dont la foi venait d’être ébranlée par la mort du vieil apôtre. Ce chapitre n’a pu être rédigé qu'aussitôt après cette mort. Donc, Jean vivait encore lorsque l'Évangile fut écrit.

Remarquons encore qu’à chacune des lignes de eë livre, nous

entendons le témoin oculaire qui a vécu dans l’intimité du Maître, que ce témoin connaît fort bien la tradition synoptique et ne craint pas de s’écarter d’elle et de donner parfois des récits tout nouveaux et fort différents des siens. Quel autre qu’un apôtre se serait permis ces libertés ?°

Enfin, si le quatrième Évangile n’est pas de Jéan, il est un écrit pseudépigraphe. Or, il ne présente aucun des caractères qu’offrent les travaux de ce genre, si communs alors, et dont les auteurs mettaient leur composition sous l’autorité d’un grand nom d'autrefois. Un auteur pseudépigraphe aurait déclaré en toutes lettres qu'il était l’apôtre Jean.

Nous n'avons plus qu’à indiquer succinctement le plan suivi par l'écrivain. Il veut prouver que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu (20 : 31). Après le prologue, dans lequel il résume ce qu'il se propose d'établir dans la suite (1: 1-19), il divise son récit en deux parties. La première (1 : 19 à 13 : 1) expose parallèlement les succès croissants et les revers croissants de la prédication du Christ, succès par le témoignage que lui rend Jean-Baptiste

art

(1: 19-35), succès par sa propre prédication (1: 55-56: 1); revers après la guérison du malade de Béthesda et la multiplication des pains (ch. 5 et 6), revers quand Jésus est en face des Juifs qui complotent déjà sa mort (7 : 1 à 10: 22); puis nouveaux succès qui eux-mêmes hâtent le dénouement, en excitant les Juifs contre lui {10: 22-13: 1). Dans la seconde partie, nous avons le récit du dernier repas (13 : 1-31), les discours d’adieux aux apôtres (13: 31 à 18: 1), l'arrestation, le jugement, la crucifixion (ch. 18 et 19), la résurrection (20 : 1-30) et l’indication du but du livre (20: 30 et 31). Le chapitre 21, nous l’avons dit, est un appendice.

»» $ À < Ç ἣ δι ἂν δὲ ᾽ VISE Ψ , 5 ‘ b L ἐφ Cd nd hd Γ᾿ ΙΣ ἥ Ἷ ὃ ΕΣ “ À le ᾿ Le τ

FI

AJ Ὁ

L’ÉVANGILE

SELON

Page 1