‹ Le Nouveau TestamentChapitre 33 sur 90 · D CENT ΦΊΛΟΝ · texte numérisé non relu

D CENT ΦΊΛΟΝ

Au commencement était la Parole; et la Parole était avec Dieu 1: et la Parole était Dieu.

Cette Parole était au commencement avec Dieu 1. Toutes choses sont nées par elle, et absolument rien de ce qui existe n’a pris naissance sans elle. En elle il y avait vie?, et la vie était la lumière des hommes. Et la lumière éclaire dans les ténèbres; et les ténèbres ne l'ont pas acceptée “.

Il a paru un homme, envoyé de la part de Dieu; il s’appelait Jean; cet homme est venu pour être témoin. Il est venu témoigner en faveur de la lumière, pour que tous devinssent croyants par lui. Il n’était pas lui-même la lumière ; mais il était là pour témoigner en faveur de la lumière.

1 Le mot que nous traduisons par avec signifie proprement vers; mais traduire : la Parole était vers Dieu, serait ici une faute. Le sens véritable est : La Parole était dirigée vers Dieu et en relation avec Dieu.

2 Quelques anciens manuscrits lisent: En elle il y a vie.

8 On peut lire aussi, d’après une autre ponctuation : Toutes choses sont nées par elle et absolument rien n’a pris naissance sans elle. Ce qui a été créé en elle, était vie (ou : est vie) et la vie était la lumière des hommes. On peut traduire aussi : Ce qui a été créé était vie en elle (ou : est vie en elle).

Ou: ne l'ont pas saisie.

Elle existait, cette parfaite lumière qui éclaire tout homme venant au monde!. Elle existait dans le monde; et le monde avait pris naissance par elle et le monde ne l'avait pas connue ?. Elle est venue dans sa propre demeure *, et les siens ne l’ont pas accueillie; mais à tous ceux qui l'ont accueillie, elle a accordé le privilège de devenir enfants de Dieu; elle l’a accordé à ceux qui ont cru en son nom. Ceux-là ne sont pas nés au sens physique par la volonté de la chair et de l’homme, mais ils sont nés de Dieu.

Oui, la Parole est devenue chair, et elle a dressé sa tente au milieu de nous, et nous avons contemplé sa gloire, la gloire parfaite d'un Fils unique envoyé par son Père, tout rempli de grâce et de vérité.

Jean lui rend son témoignage dans ce cri qu’il a jeté : «C'était de lui que je disais : Celui qui doit venir après moi, m’a devancé, parce qu'il ἃ été avant moi.» En effet, de sa plénitude nous avons tous reçu, et grâce après grâce. Car la Loi a été donnée par Moïse; la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ. Personne n'a jamais vu Dieu; le Fils unique “ qui est dans le sein du Père ὅ, voilà celui qui l’a expliqué.

Voici quel fut le témoignage de Jean lorsque les Juifs envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites lui poser cette question :

1 Au lieu de: Elle existait, celte parfaite lumière qui éclaire tout homme venant au monde. On peut traduire aussi: Gette parfaite lumière qui éclaire tout homme venait dans le monde.

2? Ou: Κα le monde a pris naissance par elle, et le monde ne l’a pas connue.

3 Littéralement : dans ce qui lui appartenait en propre.

4 Quelques manuscrits très anciens et très autorisés lisent : le Dieu Fils unique qui est dans le sein du Père...,

5 Cette traduction : dans le sein du Père, tout en étant littérale, rend imparfaitement le texte grec, où la préposition dans exprime le mouvement. Le sens véritable est: qui est incliné sur le sein du Père ou: qui a accès aw sein du Père.

«Qui es-tu?» II s’expliqua formellement et sans réserve; il s’expliqua ainsi: «Je ne suis pas, moi, le Christ.» — «Qui donc?» lui demandèrent-ils alors. «Serais-tu Élie?» — Il répondit: «Je ne le suis pas. » — «Es-tu le Prophète? » — Et il répondit: «Non.» — Ils lui dirent alors: «Qui es-tu? pour que nous rendions réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu de toi-même?» — «Moi, répondit-il, je suis

«Une voix qui crie dans le désert :

Aplanissez la voie du Seigneur ! »

comme l’a dit le prophète Ésaïe. »

Les envoyés étaient des Pharisiens. Ils continuèrent à l’interroger : «Pourquoi donc, lui dirent-ils, baptises-tu, si tu n’es ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète?» La réponse de Jean fut celle-ci : « Moi, je baptise avec l’eau?; mais, au milieu de vous, se tient quelqu'un que vous ne connaissez pas. C’est celui qui doit venir après moi; je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale! »

Ceci se passait à Béthanie, au delà du Jourdain, là où Jean baptisait.

Le lendemain, Jean voit Jésus qui s’avance vers lui, et il dit : « Voici l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde! c’est de lui que j'ai dit: «Après moi vient un homme qui m'a devancé, parce qu'il ἃ été avant moi.» Moi, je ne le connaissais pas, mais c’est pour qu'il fût manifesté à Israël que je suis venu baptiser avec l'eau 3.»

Jean rendit encore ce témoignage : «J'ai vu, dit-il, l'Esprit descendre du ciel sous la figure d’une colombe et demeurer sur lui. Moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser avec l’eau ? m'a dit lui-même : «C’est l’homme sur lequel tu

1 Ésaïe 40, 3. On peut lire aussi, d’après une autre ponctuation : «Je suis Une voix qui crie :

Aplanissez dans le désert la voie du Seigneur.» ? Ou: avec de l’eau. Le texte n’a pas d'article avant le mot eau. On peut traduire aussi : dans de l’eau. Noir note sur Matth. 3. 11.

PSS =]

verras l'Esprit descendre et demeurer, qui baptise avec l'Esprit saint.» Or je l'ai vu et j'ai rendu ce témoignage : «C’est lui qui est le Fils de Dieu. »

Le lendemain Jean était de nouveau au même endroit avec deux de ses disciples et, arrêtant son regard sur Jésus qui passait, il dit : «Voici l’agneau de Dieu!» Les deux disciples entendirent ces paroles et suivirent Jésus.

Celui-ci, s'étant retourné et s'étant aperçu qu'ils le suivaient, leur dit: «Qui cherchez-vous?» — Ils lui répondirent: «Rabbi (ce mot veut dire: maître), où demeures-tu?» — « Venez, leur dit-il, et vous le verrez. »

Alors ils allèrent avec lui, virent où il demeurait et restèrent auprès de lui ce jour-là; c'était vers la dixième heure ?.

André, le frère de Simon Pierre, était l’un de ces deux qui, sur le mot de Jean, s'étaient mis à suivre Jésus. Il fut le premier à trouver son propre frère Simon et lui dit: «Nous avons trouvé le Messie (ce mot se traduit : Christ #).» Il l’amena à Jésus qui, arrêtant sur lui son regard, lui dit: «Tu es Simon, le fils de Jean 5, tu seras appelé Képhas (ce qui veut dire Pierre). »

Le lendemain, Jésus résolut de partir pour la Galilée. 11 trouva Philippe et lui dit: «Suis-moi!» Philippe était de Bethsaïda, de la même ville qu'André et Pierre. Il trouva Nathanaël et lui dit : «Celui dont ἃ parlé Moïse dans «la Loi», dont ont parlé «les Prophètes 5 », nous l’avons trouvé! C'est Jésus de Nazareth, le fils de Joseph.» Nathanaël lui répondit : «Peut-il venir quelque chose de bon de Nazareth?» — «Viens et vois», lui répliqua Philippe.

Apercevant Nathanaël qui s’avançait vers lui, Jésus dit de lui :

1 Ou: dans l'Esprit saint. Voir note sur Matth. 3, 11.

2 Vers quatre heures de l’après-midi.

3 Quelques anciens manuscrits lisent : Il trouva d'abord son propre frère. ‘Ou: Oint. Le mot Ghrist n’est autre que le grec du mot français : Ont. Le texte traditionnel: fûts de Jonas, est moins ancien et moins autorisé, 6 Voir sur la « Loi et les Prophètes» note sur Matth. 22, 40.

« Voici un véritable Israélite, un homme qui est sans fraude!» — «D'où me connais-tu?» lui demanda Nathanaël. Jésus lui répondit par ces paroles : «Avant que Philippe t’appelât, quand tu étais sous le figuier, je t'ai vu. » — « Rabbi, répliqua Nathanaël, tu es le Fils de Dieu! tu es le Roi d'Israël!» Jésus reprit en ces termes : « Parce que je t'ai dit que je t'ai vu sous le figuier, voilà que tu crois! Tu verras de plus grandes choses que celles-la.» Et il ajouta : «En vérité, en vérité, je vous le dis, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu montant et descendant sur le Fils de l’homme. »

Le troisième jour, il y avait un repas de noce à Cana en Galilée. La mère de Jésus s’y trouvait, et Jésus également avait été invité avec ses disciples. Le vin étant venu à manquer !, la mère de Jésus dit à celui-ci: «Ils n’ont plus de vin?.» — «Femme, lui répondit Jésus, qu'y a-t-il entre toi et moi“? mon heure n'est pas encore venue. » Sa mère dit à ceux qui servaient : « Faites ce qu'il vous dira. »

Or, il y avait là six urnes de pierre disposées pour les ablutions qui sont en usage parmi les Juifs. Chacune d’elles contenait deux ou trois métrètes ὅ, «Remplissez d’eau les urnes», dit Jésus aux serviteurs. Ils les remplirent jusqu’au bord. «Puisez-y maintenant, leur dit Jésus, et portez-en à l’ordonnateur du repas 6.» Ils lui en

1 Au lieu de: Le vin étant venu à manquer, un des plus anciens manuscrits lit : on n’avait plus de vin, parce qu’on avait fini le vin du repas de noce.

? Quelques anciens manuscrits lisent : ΠῚ n’y a plus de vin.

3 Ce mot femme, dans la langue que parlait Jésus et d’après les conventions sociales de son temps, équivalait à celui-ci: ma mère.

4 Cette expression : Qùw’y a t-il entre toi et moi? qui se retrouve souvent dans le grec profane, répond toujours au français : Laisse-moi faire; je n'ai pas: besoin de ton concours. Les démoniaques ont souvent prononcé la même parole. (Voir, par ex., Luc 8, 28.) On pourrait aussi donner à cette expression ce sens: Qu’'y a-t-il pour toi et pour moi? Cest-à-dire : Que demandes-tu de moi? Une formule de politesse identique est encore en usage chez les Arabes. D'ailleurs, quelle que soit l'interprétation de ces mots, ils n’impliquent nullement une rupture entre Jésus-Christ et sa mère.

5 Le métrète était exactement de 38 litres 88 centilitres.

5 Grec : l’architriclin, ce n’était pas celui qui présidait le repas, assis à table

ot

portèrent. Quand celui-ci eut goûté l’eau devenue vin, — n’en sachant point la provenance, comme la savaient les serviteurs qui avaient puisé l’eau, — il appelle l'époux et lui dit: «Tout le monde offre d’abord le bon vin à ses convives et, quand ils sont en ébriété, 11 leur en donne de qualité inférieure; quant à toi, tu as réservé le bon vin jusqu’à maintenant. »

Tel fut, à Cana en Galilée, le commencement des miracles faits par Jésus.

Ainsi 1l manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui.

Après cela, il descendit à Capharnaüm, avec sa mère, ses frères et ses disciples. Il n’y demeura que peu de jours. La Pâque des Juifs était proche et il monta à Jérusalem.

Dans le Templef, il trouva les marchands de bœufs, de brebis, de colombes, les changeurs installés. Se faisant alors un fouet avec des cordes, il les chassa tous du Temple? ainsi que les brebis et les bœufs ; il répandit sur le sol la monnaie des changeurs et renversa leurs tables et, quant aux marchands de colombes, il leur dit : « Emportez tout cela et ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic.»

Ses disciples se souvinrent qu'il est écrit :

«Le zèle de ta maison me dévore 5. »

Cependant les Juifs s’adressèrent à lui; ils lui dirent : «Quel miracle nous montres-tu pour agir de la sorte? » Jésus leur répondit par ces paroles : «Renversez ce Temple et en trois jours je le relèverai!» — «Il ἃ fallu, reprirent les Juifs, quarante-six ans pour bâur ce Temple et toi tu le relèverais en trois jours!» Mais lui, il parlait du Temple de son corps; et lorsqu'il fut ressuscité d'entre les morts, ses disciples se souvinrent de ce langage, et ils crurent alors à l'Écriture et à la parole dite par Jésus.

avec les convives, mais celui qui dirigeait les serviteurs, celui que nous appelons aujourd’hui le maître d’hôtel.

1 Le Temple, c’est-à-dire ici la cour du Temple, immense enceinte qui entourait le sanctuaire et était une sorte de place publique.

? C'est-à-dire de l’enceinte sacrée.

ἡ Psaume 639, 10.

Pendant qu'il était à Jérusalem, à la fête de Pâque, un grand nombre, à la vue des miracles qu'il faisait, crurent en son nom. Mais lui, Jésus, ne se fiait pas à eux, parce qu’il les connaissait tous.

Π n'avait pas besoin en effet que tel ou tel témoignage vint le renseigner sur qui que ce soit; il savait par-lui-même ce qu'il y avait en chacun.

Parmi les Pharisiens se trouvait un homme du nom de Nicodème. C'était l’un des chefs des Juifs 1. 11 vint à Jésus pendant la nuit. «Rabbi 3, lui dit-il, nous savons que tu es venu de la part de Dieu comme docteur, car nul ne peut faire les miracles que tu fais, si Dieu n’est avec lui. »

Jésus alors lui adressa ces paroles : «En vérité, en vérité, je te le dis, personne, s’il ne naît de nouveau, ne peut voir le Royaume de Dieu.» Nicodème lui dit : «Comment un homme qui est vieux peut-il naître! peut-il retourner dans le sein de sa mère et naître une seconde fois? »

Jésus répondit : «En vérité, en vérité, je te le dis, personne, s'il ne naît d’eau et d'Esprit, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu“. Ce qui est né de la chair est chair; ce qui est né de l'Esprit est Esprit. Ne t’étonne pas de ce que je t’aie dit: il faut que vous naissiez de nouveauÿ. Le vent6 souflle où il veut; tu en entends le bruit, mais tu ne sais ni d’où il vient, ni où il va. Ainsi en est-il de tout homme né de l'Esprit. »

Nicodème l’interrogea : «Comment, dit-il, cela se peut-il faire? »

Jésus alors lui adressa ces paroles : «Tu es le docteur d'Israël et tu ne sais pas ces choses! En vérité, en vérité, je te le dis,

1 Sans doute membre du Sanhédrin. Voir note sur Matth. 5, 22.

2 C'est-à-dire Maître.

3 Littéralement : s’i ne naît d'en haut; mais ici cette expression signifie : s’il ne naît de nouveau ou plus exactement encore : à nouveau.

4 Un des plus anciens manuscrits lit: Royaume des cieux.

> Que vous naïissiez de nouveau, Voir note sur le verset 3.

5 Grec : l’esprit. Il désigne ici le vent.

ce que nous savons, nous le disons; ce que nous avons vu, nous l’attestons; et vous n’acceptez pas notre témoignage. Si, quand je vous ai parlé des choses de la terre, vous ne croyez pas, comment croiriez-vous si je vous parlais des choses du ciel? Nul n’est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme qui est au ciel!. Et de même que, dans le désert, Moïse a élevé le serpent, de même il faut que le Fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle ?. »

«Dieu, en effet, ἃ tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle *. Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. »

«Qui croit en lui n’est point jugé; qui ne croit point est déjà jugé parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. Voici quel est le jugement : la lumière est venue dans le monde et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Quiconque, en effet, commet le mal hait la lumière et ne vient pas vers la lumière, de crainte que ses œuvres ne soient découvertes et condamnées. Quant à celui qui pratique la vérité, il vient vers la lumière, afin que ses œuvres deviennent manifestes, parce que c’est en Dieu qu’elles sont accomplies. »

Après cela, Jésus et ses disciples se rendirent en Judée. Il y demeurait avec eux et il baptisait. Jean baptisait également à

1 Plusieurs anciens manuscrits omettent qui est au ciel.

2 Le grec n’a pas l’article et dit : Une vie éternelle, ce qui se présentera souvent dans cet Évangile, sans que nous croyions nécessaire de l'indiquer chaque fois au lecteur, Remarquons aussi que si le mot que nous traduisons par éternelle a bien ce sens dans le grec, c’est-à-dire dans la langue originale des Évangiles, cependant son correspondant hébreu ou syriaque, c’est-à-dire le terme dont Jésus-Christ s'est servi, a simplement le sens de : ὦ venir. Les Juifs disaient: «la vie à venir, le siècle à venir», par opposition à: «la vie présente, le siècle présent,» sans que la durée de ce siècle ou de cette vie fût fixée. (Voir Matth. 25, 46.)

3 Voir la note du verset 15 sur ces mots: la vie éternelle.

Ainon, près de Salim, parce qu'il γ avait là beaucoup d’eau. On y venait alors recevoir le baptème. En effet, Jean n'avait pas encore été mis en prison.

Or, à la suite d'une discussion des disciples de Jean et d’un Juif à propos de la purification, ceux-ci vinrent à Jean et lui dirent: «Rabbit, celui qui était avec toi au delà du Jourdain, celui dont tu as été le témoin, voici qu'il baptise et que tout le monde vient à lui. »

Jean répondit par ces paroles: «Un homme ne peut rien prendre? qui ne lui soit donné du ciel. Vous-mêmes vous me rendez le témoignage que j'ai dit: «Je ne suis pas, moi, le Christ; mais je suis envoyé devant lui.» L’époux c’est celui qui a l'épouse; l'ami de l’époux qui se tient près de lui et l'écoute, est réjoui d'une grande joie par la voix de l’époux. Cette joie-là est pleinement mienne. Lui, il faut qu’il croisse; moi, que je diminue. »

« Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tous. Celui qui vient de la terre * est de la terre et parle de la terre; celui qui vient du ciel est au-dessus de tous “; il atteste ce qu'il a vu et entendu et personne n'accepte son témoignage. Celui qui accepte son témoignage confirme que Dieu est véridique. Car ce sont les paroles de Dieu que prononce celui que Dieu ἃ envoyé, parce que ce n’est pas avec mesure® que Dieu donne l'Esprit. Le Père aime le Fils, et ἃ tout remis entre ses mains. Qui croit au Fils ἃ la vie éternelle5; qui refuse de croire au Fils ne verra pas la vie; mais la colère de Dieu demeure sur lui. »

Ayant su que les Pharisiens avaient ouï dire qu'il faisait plus de disciples et baptisait plus que Jean (quoiqu'il ne baptisät pas lui-

1 C'est-à-dire Maître.

2? Prendre, c’est-à-dire ici s’arroger.

3 Littéralement : celui qui est de la terre.

4 Quelques anciens manuscrits omettent esé au-dessus de tous. Il faut lire alors : celui qui vient du ciel atteste, etc.

Ὁ C'est-à-dire parcimonieusement.

5 Voir note sur le verset 15.

[Se] |

[Re] O0

PSS

Qt

même; c’étaient ses disciples qui baptisaient), le Seigneur! quitta la Judée et repartit pour la Galilée.

ΠῚ lui fallait alors traverser la Samarie.

ΠῚ arriva donc à une ville de ce pays nommé Sychar, près de la terre que Jacob avait donnée à son fils Joseph.

Là se trouvait le puits de Jacob.

Fatigué par le voyage, Jésus s’assit sur le puits; 1] était environ la sixième heure ?.

Survint pour puiser de l’eau une femme de la Samarie. « Donne-moi à boire», lui dit Jésus. (Ses disciples étaient allés à la ville pour acheter des vivres.) La femme samaritaine lui répondit: «Comment me demandes-tu à boire, toi, qui es Juif, à moi qui suis Samaritaine? » (Les Juifs, en effet, n'ont point de rapports avec les Samaritains ".) Jésus alors lui adressa ces paroles : «81 tu savais le don de Dieu, et quel est celui qui te dit: «Donne-moi à boire», tu lui ferais toi-même une telle demande, et il te donnerait de l’eau vive. »

«Seigneur, lui dit la femme“, tu n'as rien pour puiser, et le puits est profond. D'où as-tu cette eau vive? Es-tu plus grand que notre père Jacob, lequel nous ἃ donné ce puits, et qui y a bu lui-même ainsi que ses fils et ses troupeaux 3»

Jésus lui répondit par ces paroles : «Quiconque boit de l’eau que voici aura soif de nouveau; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif; au contraire, l’eau que 16 lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant en vie éternelle ὃ,»

«Seigneur, reprit la femme, donne-moi cette eau-là, pour que je n’aie plus soif, et que je ne vienne plus ici pour puiser. »

«Va appeler ton mari, lui dit Jésus, et reviens ici. »

1 Au lieu de: Le Seigneur, quelques anciens manuscrits lisent : Jésus.

2? Environ midi.

3 Quelques anciens manuscrits et de très anciennes autorités omettent: les Juifs, en effet, n'ont point de rapports avec les Samaritains.

4 Les deux plus anciens manuscrits omettent La femme et lisent : lui dit-elle,

Ὁ C'est-à-dire: d’où jaillit une vie éternelle.

La femme répondit ainsi: «Je n'ai pas de mari.» Jésus repartit: «Tu as raison de dire: «je n'ai pas de mari»; en effet, tu as eu cinq maris et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari; en cela, tu as dit vrai.»

«Seigneur, lui dit la femme, je vois que tu es prophète. Nos pères ont adoré sur cette montagne-c1; et vous dites, vous, qu'à Jérusalem est le lieu où il faut adorer. »

«Femme, crois-moi, lui dit Jésus, il vient une heure où ni sur cette montagne-ci, ni à Jérusalem vous n’adorerez le Père. Vous adorez, vous, ce que vous ne connaissez pas; nous, nous adorons ce que nous connaissons, parce que le salut vient des Juifs. Mais il vient une heure, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; car ce sont de tels adorateurs que demande le Père; Dieu est esprit, et il faut que ceux qui l'adorent, l’adorent en esprit et en vérité. »

«Je sais, repartit la femme, qu'il va venir un Messie » — (ce mot signifie Christ) !, — «Quand il viendra, il nous apprendra tout. »

Jésus lui dit: «Je le suis, moi qui te parle.»

En ce moment, arrivèrent ses disciples ; 115 furent surpris de ce qu'il parlait à une femme. Aucun d'eux pourtant ne [ui dit: «Que lui demandes-tu?» ou : « Pourquoi t’entretiens-tu avec elle? »

Quant à celle-ci, laissant là sa cruche, elle partit pour la ville et dit aux uns et aux autres : «Venez voir un homme qui m'a dit tout ce que j'ai fait; ne serait-ce pas le Christ?»

Ils sortirent de la ville, et ils allaient vers Jésus.

Dans l'intervalle, les disciples insistaient auprès de lui et lui disaient : «Rabbi?, mange. »

«J'ai pour me nourrir, leur répondit-il, un aliment que vous ne Connaissez pas. »

Les disciples s’interrogeaient l’un l’autre : «Quelqu un lui a-t-il apporté à manger ? »

1 Christ voir note sur Jean 1, 42.

? Maître.

«Ma nourriture, reprit Jésus, c’est de faire la volonté de Celui qui m'a envoyé, c’est d'accomplir son œuvre. Vous dites, n'est-ce pas, qu’il y ἃ encore quatre mois avant la moisson. Eh bien! moi, je vous dis: levez les yeux et regardez ces campagnes, elles sont blanches pour la moisson. Déjà le moissonneur reçoit son salaire?, et ramasse du fruit pour la vie éternelle, afin que le semeur se réjouisse en même temps que le moissonneur. [Οἱ se vérifie cette parole : autre est le semeur, autre le moissonneur. Je vous ai envoyé moissonner là où vous n’aviez point travaillé. D’autres ont travaillé et vous, vous êtes entrés dans leur travail à. »

Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en lui d’après le témoignage porté par cette femme: «Il m'a dit tout ce que j'a fait.» Aussi ces Samaritains vinrent-ils le prier de s’arrêter chez eux.

Jésus y passa deux jours ; et un bien plus grand nombre encore crurent en lui, après avoir écouté sa parole. «Ge n’est plus sur ton récit que nous croyons, disaient-ils à la femme; car nous l'avons entendu nous-mêmes, et nous savons qu'il est vraiment le Sauveur du monde.»

Après ces deux jours, Jésus partit de là et s'en alla en Galilée. Il est vrai qu’il avait lui-même déclaré que «dans sa propre patrie un prophète est sans honneur ». Cependant quand il y arriva, les Galiléens l’accueillirent à cause de tout ce qu'ils lui avaient vu faire à Jérusalem pendant la fête à laquelle eux aussi avaient assisté.

Jésus se rendit aussi de nouveau à Cana de Galilée, où il avait changé l’eau en vin.

Or, il y avait à Capharnaüm un oflicier royal dont le fils était

1 Ces mots : encore quatre mois avant la moisson peuvent se scander dans le texte grec et forment un vers iambique.

2 On peut lire aussi, d'après une autre ponctuation : elles sont déjà blanches pour ἴω moisson. Le moissonneur reçoit son salaire.

3 C'est-à-dire vous avez joui des fruits de leur travail.

malade. Cet officier ayant appris que Jésus, venant de Judée, était arrivé dans le pays, alla le trouver et le pria de descendre à Capharnaüm pour guérir son fils, qui était mourant. Jésus lui dit: «A moins d’avoir sous vos yeux des miracles et des prodiges vous ne croyez pas!» — « Viens, Seigneur, reprit cet oflicier du roi, avant que mon enfant meure!» — Jésus lui répondit : « Va, ton fils vit.» Cet homme crut à la parole que lui avait dite Jésus et s’en alla.

Il était déjà en route lorsqu'il rencontra ses serviteurs! qui lui annoncèrent que son enfant était vivant. Il leur demanda à quelle heure l'enfant s’était senti mieux. «Hier, répondirent-ils, à la septième heure ? la fièvre l’a quitté.» Le père constata que c'élait à cette heure même que Jésus lui avait dit: «Ton fils vit.» Dès lors il devint croyant, ainsi que tous ceux de sa maison.

C'était un nouveau miracle, le second que fit Jésus à son retour de Judée en Galilée.

Après cela, vint une fête ὁ des Juifs et Jésus monta à Jérusalem. Or, il s’y trouve près de la Porte-des-Brebis une piscine (le mot hébreu est Bethzatha “); elle ἃ cinq portiques sous lesquels étaient étendus une multitude de malades : aveugles, estropiés, perclus ὅ. ΠῚ y avait là un homme dont la maladie remontait à trente-huit ans. Le voyant couché et sachant qu'il était là depuis longtemps, Jésus lui dit: « Veux-tu être guéri? » — «Seigneur, lui répondit le malade, je n'ai personne pour me jeter dans la piscine lorsque

1 Grec : esclaves.

2 Une heure de l'après-midi.

3 Quelques anciens manuscrits lisent : Après cela vint la fête des Juifs, c’està-dire la fête par excellence, la Pâque.

4 On (d’après d’autres manuscrits) : Béthesda.

Le passage qui forme dans les versions ordinaires la fin du verset 3 et le verset 4 ne se trouve dans aucun manuscrit autorisé : 115 attendaient l'agitation de l’eau; à certains moments, en effet, un ange descendait dans la piscine et mettait l’eau en mouvement, et le premier qui entrait dans la piscine après ce bouillonnement de l’eau était guéri, quelle que fût sa maladie.

QD D =

l’eau vient à bouillonner !. Pendant que j'y vais, un autre y descend avant moi.» Jésus lui dit: «Lève-toi, prends ton grabat et marche.» Cet homme fut immédiatement guéri?; 1l prit son grabat; il marchait.

Or ceci se passait en un jour de sabbat.

Alors les Juifs s’adressèrent à l’homme guéri : «C'est le jour du sabbat; il ne t'est point permis d’emporter ce grabat.» Il leur répliqua : «Celui-là mème qui m'a guéri m'a dit: «Prends ton

grabat et marche.» — «Quel est cet homme, lui demandèrentls,

qui (᾽ἃ dit de le prendre et de marcher?» Mais l'homme guéri * ne savait pas qui c'était; Jésus, d’ailleurs, s'était retiré parce qu'il y avait foule en ce lieu.

Quelque temps après Jésus rencontra cet homme dans le Temple et lui dit : «Te voilà guéri; ne pèche plus de peur qu'il ne t’arrive quelque chose de pire.» Cet homme s’en alla dire aux Juifs que c'était Jésus qui l'avait guéri. Et c'est parce que Jésus agissait de la sorte le jour du sabbat, c’est pour cela même que les Juifs le poursuivaient. Mais lui, il leur dit: « Mon Père jusqu'à présent agit, et moi aussi j'agis *. » |

Là-dessus, les Juifs cherchaient d'autant plus à le faire mourir; non seulement parce qu'il annulait le sabbat, mais parce qu'en outre il disait que Dieu était son propre Père, se faisant l’égal de Dieu.

Jésus alors leur adressa ces paroles : «En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même; il ne fait que ce qu'il voit faire au Père. En effet, tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait également; car le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu'il fait; et il lui montrera des œuvres plus grandes que celles-ci, pour que vous soyez remplis d’admiration.

1 ΤΠ s’agit évidemment ici d’une source intermittente, ayant le plus d'efficacité au moment où elle jaillit.

2 Quelques anciens manuscrits omettent immédiatement.

3 Quelques anciennes autorités lisent : l’homme malade.

4 C'est-à-dire : Mon action est incessante comme celle de mon Père et ne s'arrête pas plus que la sienne, le jour du sabbat. À chaque instant il agit, et j’agis aussi.

De même, en effet, que le Père ressuscite les morts et vivifie, de 24, 5 même le Fils vivifie qui il veut. Car le Père ne juge qui que ce soit; 99 mais il ἃ remis au Fils tout le jugement afin que tous honorent le 93 Fils comme ils honorent le Père. Celui qui n’honore pas le Fils n’honore pas le Père qui l’a envoyé. »

«En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma 2 parole et croit à Celui qui m'a envoyé, possède une vie éternelle et ne comparait point en jugement: de la mort il est passé à la vie. En vérité, en vérité, je vous le dis, il vient une heure, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l’auront entendue vivront. Car, comme le Père a la 96 vie en soi, ainsi il a donné au Fils d’avoir la vie en soi, etilluia 97 donné la puissance d'exercer un jugement, parce qu'il est fils d'homme. Ne vous étonnez pas de cela; car il vient une heure! 98 où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix, eten 2 sortiront; ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour vivre,

et ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour être jugés ?. »

«Je ne puis, moi, rien faire de moi-même; comme j'entends, 30 je Juge, el mon jugement est Juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de Celui qui m'a envoyé. »

«Si c'est moi qui me rends témoignage à moi-même, mon 31 témoignage n'est pas véridique. Il en est un autre qui me rend 389 témoignage, et le témoignage qu'il me rend est, je le sais, véridique. »

ε9 Qt

« Vous vous êtes adressés à Jean, et il a rendu témoignage ἃ la 88 vérité. Quant à moi, ce n’est pas le témoignage qui vient d’un 84 homme que j'accepte, mais j'en parle afin que vous soyez sauvés.

Il était lui le flambeau qui brûle et qui brille et, à sa clarté, vous 35 vous êtes plu un moment à vous réjouir. »

«Quant à moi, j'ai le témoignage qui est plus grand que celui 56 de Jean; car j'ai les œuvres que le Père m’a donné d'accomplir;

1 On peut traduire aussi: Ne vous éfonnez pas de ceci : il vient une heure... etc., ou encore: Vous étonnez-vous de ceci qu’il vient une heure... etc.

2? Grec: en résurrection de vie et: en résurrection de jugement.

5 Quelques anciens manuscrits lisent : vous le savez.

ce sont ces œuvres mêmes, celles que je fais, qui rendent témoignage de moi et attestent que le Père m'a envoyé. »

«De plus, le Père qui m’a envoyé a, lui aussi, rendu témoignage de moi. Vous n'avez jamais ni écouté sa voix ni contemplé sa face, et sa parole vous ne l’avez pas demeurant en vous, PU τοὺ vous ne croyez pas à celui qu'Il ἃ envoyé. »

«Vous scrutez les Écritures, parce que vous pensez y trouver la vie éternelle, et elles aussi, elles me rendent témoignage. »

« Et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ! »

«La gloire qui vient des hommes, je ne l’accepte pas; mais je vous connais pour n'avoir pas l'amour de Dieu en vous : moi, qui suis venu au nom de mon Père, vous ne me recevez pas! Qu'un autre se présente en son propre nom, et vous le recevrez! »

«Comment pourriez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres et ne recherchez pas la gloire qui vient de Dieu seul?? Ne pensez pas que, devant le τ ce Soit MOI qui vous accuserai. Votre accusateur c'est Moïse en qui vous mettez votre espoir. Car si vous croyiez à Moïse, vous croiriez à moi-même; en effet, c'est de moi que parlent ses écrits; mais si vous ne croyez pas à ce qu'il ἃ écrit, comment croirez-vous à mes paroles ?»

Ensuite Jésus passa de l’autre côté de la mer de Galilée (ou de Tibériade). ΠῚ était suivi d’une foule immense, attirée par les miracles qu'il opérait sur les malades. Il gravit la montagne et y fit sa demeure * ainsi que ses disciples.

C'était aux approches de la fête juive de la Pàâque.

Ayant levé les yeux, Jésus aperçut l'immense foule qui venait à lui, et dit à Philippe : «Où achèterons-nous des pains # pour leur donner à manger?» (II lui parlait ainsi pour le mettre à l'épreuve; car, lui, 1l savait ce qu'il allait faire.) «Pour que chacun en

1 Cest-à-dire : je constate seulement que vous n'avez pas l'amour de Dieu en vous, puisque moi qui suis venu, etc.

? On peut traduire aussi: de Celui qui seul est Dieu.

5 Ily fit sa demeure. Voir note sur Matth. 5, 1.

4 Voir note sur Matth, 14, 17.

eût tant soit peu, lui répondit Philippe, deux cents deniers! de pains seraient insuflisants.» L'un des disciples (c'était André, le frère de Simon Pierre) dit à Jésus : «Il y a ici un petit garçon qui ἃ cinq pains d'orge et deux poissons; mais pour une pareille foule qu'est-ce que cela?» — «Faites asseoir ces gens», dit Jésus.

En ce lieu-là, l'herbe était abondante.

Les hommes s’assirent au nombre d'environ cinq mille. Jésus prit alors les pains, prononça l’action de grâces et les distribua à ceux qui étaient assis ; 1l fit de même avec les poissons; ils en eurent autant qu'ils en voulaient. Quand tous furent rassasiés, il dit à ses disciples : «Ramassez, pour que rien ne se perde, les morceaux qui sont restés. » Ils les ramassèrent donc; et, avec ces morceaux des cinq pains d'orge, avec ce superflu du repas, ils remplirent douze paniers.

Tous ces gens, s’apercevant qu'il avait fait un miracle?, disaient: «C’est vraiment là le prophète qui doit venir dans le monde.» Sachant alors qu'ils allaient l'enlever de force pour le faire roi, Jésus se retira de nouveau, lui seul, dans la montagne.

Quand vint le soir, ses disciples redescendirent vers la mer; ils montèrent dans une barque et entreprirent la traversée dans la direction de Capharnaüm. Il faisait déjà nuit 4, Jésus ne les avait pas encore rejoints, et la mer s’enflait au soufile d’un grand vent. Les disciples avaient parcouru environ vingt-cinq ou trente stades ὅ, quand ils aperçurent Jésus, marchant sur la mer et s’approchant de la barque. L'’épouvante les saisit, mais Jésus leur dit : «C’est moi, soyez sans crainte.» [15 voulurent alors le recevoir dans la barque, et tout aussitôt elle se trouva à terre, là où ils allaient.

1 Deux cents deniers : Voir note sur Marc 6, 37.

? Quelques anciens manuscrits lisent : des miracles.

# Un des plus anciens manuscrits, au lieu de : se retira, lit: s'enfuit.

4 Au lieu de: Il faisait déjà nuit, quelques anciens manuscrits lisent: La nuit les surprit.

5 Le stade valait environ 190 mètres; de 25 à 30 stades faisaient donc de 4 kilomètres 750 mêtres à 5 kilomètres 700 mètres. Le lac de Tibériade a de 20 à 24 kilomètres de longueur et de 12 à 16 de largeur.

[Se]

Le lendemain, les multitudes, restées de l’autre côté de la mer, remarquèrent que Jésus n’était pas entré avec ses disciples dans la seule et unique barque qui füt là, et que ceux-ci étaient partis seuls.

D'autres bateaux cependant arrivèrent de Tibériade près de l'endroit où, à la suite de l’action de grâces du Seigneur, tous avaient élé nourris.

Les multitudes, qui finirent par se convaincre que, de même que ses disciples, Jésus n’était plus là, montèrent dans ces embarcations pour aller le chercher à Capharnaüm. Et l'ayant en effet trouvé sur l’autre rive, elles lui demandèrent: «Rabbit, quand es-tu venu Ici? »

Jésus leur répondit par ces paroles: «En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez non pas à cause des miracles que vous avez vus, mais à cause des pains dont vous avez été nourris et rassasiés. Travaillez à acquérir, non l'aliment qui périt, mais l’aliment qui subsiste en vie éternelle, et que le Fils de l'homme vous donnera, le Fils de l’homme que le Père, que Dieu ἃ marqué de son sceau. »

«Que devons-nous faire, lui dirent-ils, pour travailler aux œuvres de Dieu?» |

Jésus leur répondit par ces paroles : «L'œuvre de Dieu est d’avoir foi en celui qu'Il ἃ envoyé. »

Alors ils lui demandèrent: «Quel est le miracle ? que tu fais afin que nous le voyions et que nous ayons foi en toi? Quelle est l’œuvre que tu accomplis? Nos pères ont mangé la manne dans le désert comme cela est écrit:

QE leur donna à manger un pain qui vient du ciel*. »

«Le pain qui vient du ciel, leur répondit Jésus, en vérité, en vérité, je vous le dis, Moïse ne vous l’a pas donné: mais c’est mon Père qui vous donne le pain qui vient du ciel, le pain véri-

1 Rabbi, c’est-à-dire Maître.

2? Le mot miracle peut se traduire aussi par signe. Il a évidemment ce sens spécial ici : Quel est le signe que tu nous présentes ?

8 Psaume 78, 24 (Exode 16, 15).

table. Le pain de Dieu est, en effet, celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. ».

«Seigneur, lui demandèrent-ils, donne-nous toujours ce pain-là. »

Jésus leur dit alors: «C’est moi qui suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n'aura Jamais faim; celui qui croit en moi n'aura jamais soif. Mais je vous l’ai dit: Bien que vous m’ayez vu!, vous ne Croyez pas. »

«A moi viendra tout ce que le Père me donne, et celui qui vient à moi je ne le repousserai point au dehors; car je suis descendu du ciel, non pour faire ma volonté, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé. Or, la volonté de Celui qui m'a envoyé, c’est que je ne perde rien de ce qu’il m'a donné, mais que je ressuscite tout au dernier jour. Oui, la volonté de mon Père c'est que quiconque contemple le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et moi-même je le ressusciterai au dernier jour. »

Cependant les Juifs murmuraient contre cette parole de lui : «C’est moi qui suis le pain descendu du ciel.» — «Est-ce que ce n’est pas là Jésus, le fils de Joseph, disaient-ils, Jésus dont nous connaissons le père et la mère? Comment cet homme peut-il dire: «je suis descendu du ciel?»

Jésus leur répondit par ces paroles: «Ne murmurez pas entre vous; nul ne peut venir à moi, sans être attiré par le Père qui m'a envoyé, et c'est moi qui ressusciterai celui-là au dernier jour. Il est écrit dans les prophètes :

« {ls seront tous enseignés de Dieu?.»

«Quiconque ἃ entendu le Père * et a appris*, vient à moi. Non que quelqu'un ait vu le Père, sauf celui qui est de la part de Dieu 5. lui, il a vu le Père. »

«En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit a la vie

1 Quelques anciens manuscrits lisent : vous ayez vu.

2 Ésaïe 54, 13.

3 Grec: a entendu du Père, de la part du Père, comme dans le chap. 1, v. 14, où nous avons traduit : envoyé par le Père.

4 À appris, C'est-à-dire : s’est laissé instruire par lui, l’a compris.

5 Un des plus anciens manuscrits lit: ait vu Dieu.

5 C'est-à-dire: qui vient de la part de Dieu.

οτ [Re]

éternelle. Je suis, moi, le pain de la vie. Vos pères ont mangé la manne dans le désert; puis ils sont morts. Voici le pain descendant du ciel, afin qu'on en mange et qu'on ne meure point!. Je suis, moi, le pain vivant descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain?, il vivra éternellement. Et le pain que je donnerai pour la vie du monde, c’est ma chair. »

Il y eut alors un débat entre les Juifs; ils disaient : «Comment cet homme peut-il nous donner à manger sa chair?»

«En vérité, en vérité, je vous le dis, reprit Jésus, si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez son sang, vous n’avez pas la vie en vous-mêmes. Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. Car ma chair est une vraie nourriture, et mon sang est un vrai breuvage. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. De même que Celui qui est vivant, le Père, m'a envoyé et que, moi, je vis par le Père*, de même aussi celui qui me mange vivra par moi “. Tel est le pain descendu du ciel°. Il n'en est pas de lui comme de la manne dont se nourrirent vos pères, lesquels sont morts ensuite. Celui qui mange ce pain-ci vivra éternellement. »

Telles furent les paroles de Jésus enseignant dans la synagogue à Capharnaüm.

Après les avoir entendues, plusieurs de ses disciples dirent : «C’est dur à accepter ce qu'il dit là ! Qui peut écouter ces paroles ? »

Sachant en lui-même les murmures de ses disciples à ce sujet, Jésus leur dit: «Cela vous scandalise 7! Et si vous voyiez le Fils de l’homme montant là où il était auparavant! C’est l'Esprit qui

1 On peut traduire aussi: Tel est le pain qui descend du ciel, que, en en mangeant, on ne meurt point.

2 Quelques anciens manuscrits lisent : de mon pain.

3 Par le Père, à cause du Père; mais on peut traduire aussi: en raison du Père, c’est-à-dire parce que le Père et le Fils ont les mêmes attributs et qu'ils sont uns.

4 Ou: en raison de moi, c’est-à-dire en tant qu'ù sera un avec moi.

5 Ou: Voici le pain descendu du ciel.

6 Ces mots : La manne, sont sous-entendus dans le texte.

7 Voir sur le mot scandaliser note sur Matth. 18, G.

vivifie; la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et sont vie. Mais il en est parmi vous quelques-uns qui ne croient pas!» (Des le commencement, en effet, Jésus savait quels étaient ceux qui ne croyaient point, et quel était l’homme qui le livrerait.) «Voilà pourquoi, ajoutait-il, je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, à moins que cela ne lui soit donné par le Père. »

Ce fut alors qu’un grand nombre de ses disciples se retirèrent ; ils ne furent plus de sa suite; ils ne marchaient plus avec lui.

«Et vous, voulez-vous aussi vous en aller?» dit Jésus aux douze. Simon Pierre lui répondit: «Seigneur, à qui irions-nous? tu as des paroles de vie éternelle, et nous, nous avons cru et nous avons reconnu que tu es le Saint de Dieu!.» Jésus reprit: «N'est-ce pas moi qui vous ai choisis tous les douze? eh bien, l’un de vous est un démon ? !»

Il parlait de Judas, fils de Simon, l’Iskariôte ÿ. C'était lui, en effet, qui devait le livrer, lui, l’un des douze.

Jésus, après ces choses, parcourait la Galilée, ne voulant pas voyager en Judée, où les Juifs cherchaient à le faire périr.

La fête juive dite des Tabernacles approchait cependant, et ses frères lui dirent : «Pars de ce pays-ci, transporte-toi en Judée, afin que les disciples que tu y comptes voient, eux aussi, les œuvres que tu accomplis. On n’agit pas en cachette quand on veut se faire connaître ; si réellement tu fais ces choses, manifeste-toi toi-même au monde!» (En effet, ses frères non plus ne croyaient pas en lui.) 5

Jésus leur répondit: «Mon temps, à moi, n’est pas encore venu; pour vous, que le monde ne peut haïr, le moment est

1 Le texte traditionnel : que tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant, ne se trouve pas dans les meilleurs manuscrits.

? Grec : l’un de vous est un diable!

5 C'est-à-dire l’homme de Kariôth (village de la Judée). Voir note sur Matth. 10, 4.

Qt

[ep]

toujours opportun; mais le monde me hait, moi, parce que je rends de lui le témoignage que ses œuvres sont mauvaises. Rendezvous à la fête!; quant à moi, je ne vais pas à cette fête?, parce que mon temps n’est pas encore accompli. »

Cela dit, il demeura en Galilée.

Puis, lorsque ses frères furent partis pour la fête, lui-même s’y rendit aussi, mais ce n’était pas d’une façon ostensible, c'était comme en cachette.

Pendant la fête, cependant, les Juifs s’informaient de lui: QOù donc est-il», demandait-on. Dans la foule, une quantité de bruits couraient sur lui: «C’est un homme de bien», disaient ceux-ci. « Nullement, c’est tout le contraire», disaient ceux-là, al égare la foule»; mais personne, par crainte des Juifs, n’osait s'exprimer tout haut sur son compte.

On était déjà au milieu de la fête, lorsque Jésus monta au Temple; 11 se mit à enseigner au grand étonnement des Juifs. «Comment, disaient-ils, cet homme est-il si instruit 4, lui qui n’a pas étudié? »

Jésus leur répondit par ces paroles: «Mon enseignement n'est pas de moi”, mais de Celui qui m’a envoyé. Si quelqu'un veut faire sa volonté, il saura si mon enseignement est de Dieu © ou si je parle de mon chef. L’homme qui parle de son chef poursuit sa gloire propre; mais l’homme qui poursuit la gloire de celui qui l’a envoyé, est véridique, lui, et il n’y a en lui aucun manque de droiture. N'est-ce pas Moïse qui vous ἃ donné la Loi? Et aucun de vous ne la met en pratique! Pourquoi cherchez-vous à me tuer?»

1 Grec : Montez à lu fête. On disait: Monter à Jérusalem, monter au Temple, parce que Jérusalem et le Temple étaient bâtis sur des montagnes,

2? Plusieurs anciens manuscrits lisent : je ne vais pas encore à cette fête.

3 Deux anciens manuscrits omettent comme et lisent : c'était en cachette,

4 Littéralement : comment sait-il les lettres? c’est-à-dire comment est-il lettré? La traduction ordinaire : comment connaît-il les Écrituwres? est fautive. Il faut remarquer toutefois que l'instruction dont parlent ici les Juifs se rapportait avant tout à l’étude des Écritures.

5 Cest-à-dire ne vient pas de moi.

ὁ Cest-à-dire vient de Dieu.

La foule répondit: «Tu es possédé d’un démon; qui est-ce qui cherche à te tuer ? »

Jésus répliqua par ces paroles: «Une seule œuvre ! accomplie par moi, vous ἃ tous surpris ?. Moïse vous ἃ donné la circoncision (elle n’a pas été instituée par Moïse, elle vient des patriarches), cette circoncision vous la pratiquez le jour du sabbat. Eh bien, si on peut, pour ne pas violer la loi de Moïse, pratiquer la circoncision le jour du sabbat, pourquoi vous irriter contre moi pour avoir, ce même jour de sabbat, rendu un homme entièrement sain? Ne jugez pas sur l’apparence; jugez au contraire suivant la justice. »

Parmi les habitants de Jérusalem quelques-uns disaient : « N'est-ce point cet homme que l’on cherche à faire périr? Le voici qui parle en toute liberté, et on ne lui dit rien! Les autorités ὃ auraient-elles vraiment reconnu qu'il est le Christ? Nous savons pourtant d’où est celui-ci; or quand le Christ vient, personne ne sait d’où il est 4. »

Alors Jésus, qui enseignait dans le Temple, s’écria: «Vous me connaissez! vous savez d’où je suis! mais je ne suis pas venu de

moi-même. Il y en ἃ un qui réellement m'a envoyéf, et Celui-là vous ne le connaissez pas! Moi je le connais, parce que je viens de lui et que c’est lui qui m'a envoyé.»

Là-dessus, ils cherchèrent à l'arrêter; personne toutefois ne porta la main sur lui, parce que son heure n’était pas encore venue.

Dans la foule un grand nombre crurent en lui. «Lorsque le

1 11 s’agit sans doute ici de la guérison du malade de Béthesda , chapitre 5, 1 et suiv.

? Plusieurs anciens manuscrits ajoutent : voilà pourquoi. On peut alors traduire : j'ai accompli une seule œuvre et voilà pourquoi vous êtes surpris. On peut. aussi, d’après une autre ponctuation, placer ces deux mots au cômmencement de la phrase suivante : Voilà pourquoi Moïse vous a donné la circoncision.

5 Littéralement : les chefs, c'est-à-dire les membres du Sanhédrin qui exerçaient la justice.

4 Nous conservons ici le temps présent qui est dans le grec, mais le sens est évidemment futur : quand le Christ viendra, personne ne saura d'où il est.

C'est-à-dire de mon propre chef.

5 C'est là ma vraie origine.

[Re] Ὁ"

300 LE NOUVEAU TESTAMENT RP ES νι RE Christ viendra, disaient-ils, fera-t-il plus de miracles que n'en ἃ fait cet homme-là 12»

Les Pharisiens entendirent ces rumeurs de la foule; aussi, de concert avec les chefs des prêtres, envoyèrent-ils des agents pour l'arrêter.

Jésus dit alors: «Je suis encore avec vous pour un peu de temps; après quoi je retourne à Celui qui m’a envoyé. Vous me chercherez et vous ne me trouverez pas et, au lieu où je suis?, vous ne pouvez venir. »

Les Juifs se demandaient entre eux: «Où donc va-t-il aller, que nous ne le trouverons pas? Va-t-il aller chez les disséminés , parmi les païens et instruire les païens 4? Qu'est-ce que ce mot qu'il ἃ prononcé : «vous me chercherez et vous ne me trouverez pas; et au lieu où je suis® vous ne pouvez venir. »

Durant le dernier jour de la fête, qui en est le plus solennel, Jésus, se tenant debout, s’écria : «Si quelqu'un ἃ soif, qu'il vienne à moi6 et qu'il boive! Comme dit l’Écriture:

«Du sein de celui qui croit en moi jailliront des fleuves d'eau vive7. »

Il disait cela de l'Esprit que devaient recevoir ceux qui avaient cru en lui. En effet, il n’y avait pas encore d'Esprit, parce que Jésus n’était pas encore glorifié.

1 Deux anciens manuscrits et quelques anciennes autorités lisent: que n’en fuit.

? Où je suis, c’est-à-dire où je serai. On peut traduire aussi, d’après une autre ac centuation du mot grec qui en fait un autre verbe : au lieu où je vais, vous ne pouvez venir.

3 On appelait disséminés (littéralement ceux de la dispersion) les Juifs qui habitaient à l'étranger, hors de Palestine, en terre païenne. Voir Épitre de Jacques 1, 1 et pr emière Épitre de Pierre 1, :

4 Le mot que nous rendons deux fois par paiens signifie Les Grecs. Œétait le terme usité chez les Juifs pour désigner les païens, parce qu'ils parlaient généralement la langue grecque; mais tous n'étaient pas de nationalité grecque. Voir Épître aux Romains 1, 16.

5 Voir note sur le verset 34.

6 Deux des plus anciens manuscrits omettent à moi et lisent: ἊΝ il vienne οἱ qu'il boive !

7 Ce passage ne se trouve pas dans l'Ancien Testament. Il est possible cependant qu’il soit une réminiscence de Zaccharie 14, 8. (Voir aussi Ésaïe 58, 11).

# Quelques anciens manuscrits lisent : qui croyaient en lui.

Dans la multitude, ceux qui avaient entendu ces paroles disaient: «C'est vraiment le prophète!» d'autres: «C’est le Christ!» d’autres encore: «Est-ce que le Christ doit sortir de la Galilée? Est-ce que l'Écriture ne dit pas que le Christ sortira! de la famille de David et du village de Bethléem d’où était David? »

On était donc dans le peuple fort divisé à son sujet. Un certain nombre d’entre eux voulaient l'arrêter; mais aucun ne porta la main sur lui.

Les agents retournèrent auprès des chefs des prêtres et des Pharisiens. «Pourquoi ne l’avez-vous pas amené!» demandèrent ceux-ci. À quoi les agents répondirent: «Jamais homme n’a parlé comme parle cet homme?.» — «Vous êtes-vous aussi laissé séduire? » leur dirent les Pharisiens. «Est-ce qu'il y ἃ un seul personnage ayant autorité qui ait cru en lui? Est-ce qu'il y ἃ un seul Pharisien? Il n’y ἃ que cette maudite populace qui n'entend rien à la Loi!»

Nicodème, un des leurs, celui qui était venu à Jésus tout d'abord, leur dit: «Est-ce que notre Loi juge un homme sans qu'il soit entendu et sans qu’on se soit rendu compte de ses actes ? » Is lui répondirent ainsi: «Serais-tu, toi aussi, de la Galilée? informe-toi, et tu verras que de la Galilée ne surgit pas de prophète. »

Jésus 4 leur parla de nouveau disant: «Je suis la lumière du

1 Grec: vient. Le présent pour le futur.

2 Un des plus anciens manuscrits et quelques anciennes autorités lisent : Jamais homme n’a ainsi parlé.

5 Quelques anciens manuscrits et quelques anciennes autorités omettent celui qui était venu à Jésus lout d’abord.

Ὁ Le récit suivant, qui forme dans les traductions ordinaires du Nouveau Testament le dernier verset du chapitre ‘7 et les onze premiers versets du chapitre 8, manque dans tous les plus anciens et les meilleurs manuscrits:

Après quoi, chacun d'eux retourna à sa maison; quant à Jésus, 11 alla 53, ΤΙ: 4, 8

au mont des Oliviers. Au point du jour, il revint au Temple. [Tout le peuple accourait à lui. Jésus s'était assis et enseignait], lorsque les Scribes et les Pharisiens lui amenèrent une femme qu'on avait surprise en adultère et la placèrent au milieu de tout le monde. Maître, dirent-ils à désus, cette femme a été saisie en flagrant délit d'adultère. Or, dans la Loi, Moïse [nous] a

monde. Qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres; mais il aura la lumière de la vie.»

Alors les Pharisiens lui dirent: «C’est toi-même qui témoignes de toi-même, ton témoignage n’est pas valable. »

Jésus leur répondit par ces paroles : «Bien que je sois à moimême mon propre témoin, mon témoignage est valable, parce que je sais d'où je suis venu et où je vais. Vous, vous ne savez ni d'où je viens, ni où je vais. Vous, vous jugez selon la chair, moi, je ne juge personne. Et s’il m'arrive de juger, mon jugement est véritable ?, parce que je ne suis pas seul, mais avec moi est le Père ὃ qui m'a envoyé, et il est écrit dans votre Loi que le témoignage de deux personnes est valable. Or il y ἃ moi qui me rends témoignage à moi-même, et il y a le Père qui m'a envoyé, et qui, lui aussi, me rend témoignage. » — «Ton père, lui disaientils alors, où est-il? » — « Vous ne connaissez ni moi, ni mon Père, répondit Jésus; si vous me connaissiez, vous connaîtriez également mon Père. »

ΠῚ prononça ces paroles dans le Trésor *, lorsqu'il enseignait au Temple. Personne ne l’arrêta, parce que son heure n'était pas encore venue.

ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, quel est ton avis? [Ils parlaient ainsi pour le mettre à l'épreuve et avoir un prétexte à accusation.] Quant à Jésus, il s'était baissé et il écrivait sur le sol avec son doigt. Geux qui l'interrogeaient ayant persisté, il se releva et [leur] dit : «Que celui d’entre vous qui est sans péché lui jette la pierre le premier.» Puis se penchant de nouveau, il continua d'écrire sur le sol. Mais, en entendant cette réponse, ils sortirent un ἃ un, à commencer par les plus âgés. Et [Jésus] resta seul avec ἴα femme, toujours là, au milieu. Alors il se leva et 1 lui dit : « Femme, où sont-ils [tes accusateurs]? Est-ce qu'aucun ne l'a condamnée?» — « Auèun, Seigneur», répondit-elle. Jésus lui dit: «Moi non plus, je ne te condamne pas. Va et [désormais] ne pèche plus ?!

1 Selon la chaïr, d'une manière charnelle; c’est-à-dire votre jugement repose sur des considérations superficielles et erronées.

2 C'est-à-dire absolument juste.

3 Un des plus anciens manuscrits omet le Père et lit: Celui qui m'a envoyé.

4 Dans le Trésor, c'est-à-dire près des troncs destinés à recevoir les offrandes des fidèles et placés, au nombre de treize, à l’entrée de la cour dite «cour des femmes ».

1 Plusieurs manuscrits ajoutent : ef ne voyant personne que la femme. 2 Los mots que nous avons insérés entre crochets manquent dans les manuscrits lés plus autorisés parmi ceux qui renferment ce passage,

I1 leur dit encore : «Je m'en vais; vous me chercherez et vous mourrez dans votre péché. Au lieu où je vais, vous ne pouvez venir.» — «Est-ce qu’il se donnera la mort; se demandaient les Juifs, puisqu'il dit : «Au lieu où je vais, vous ne pouvez venir!» Jésus reprit: «Vous, vous êtes d’en bas; moi, je suis d’en haut; vous, vous êtes de ce monde; moi, je ne suis pas de ce monde. Aussi vous ai-je dit que vous mourrez dans vos péchés; car si vous ne croyez pas que c'est moi... vous mourrez dans vos péchés. »

«Qui donc es-tu?» demandèrent-ils.

Jésus leur répondit: «Avant tout, je suis ce que je vous dis?. J'ai, sur vous, beaucoup à dire, j'ai beaucoup à juger, mais Celui qui m'a envoyé est véridique, et ce que j'ai entendu auprès de lui, je le proclame dans le monde. »

Comme ils ne comprenaient pas qu'il leur parlait du Père, 1] ajouta : «Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous reconnaîtrez que c'est moi ...... vous reconnaitrez que je ne fais rien de moi-même, mais que je parle d’après les enseignements du Père. Celui qui m’a envoyé est avec moi; il ne m'a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable. »

Pendant qu'il parlait ainsi, plusieurs crurent en lui.

Or, à ces Juifs qui avaient eu foi en lui, Jésus disait: « 51 vous demeurez dans ma parole, vous êtes véritablement mes disciples; vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres. »

Hs lui répliquèrent : « Nous sommes du sang d'Abraham et nous n'avons jamais été les esclaves de qui que ce soit. Comment dis-tu : « Vous deviendrez libres. »

Jésus leur répondit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, qui-

1 Sous-entendu : qui suis celui qui doit venir, le Messie, le Sauveur. Voir la même expression 13, 19.

2 On peut traduire aussi: Je suis précisément ce que je vous dis. Ge passage est difficile à traduire; mais l'interprétation ordinaire : ce que je vous dis depuis le commencement, nous paraît fautive.

3 Même note que sur le verset 24,

Page 1