‹ Le Nouveau TestamentChapitre 52 sur 90 · AUX CORINTHIENS · texte numérisé non relu

AUX CORINTHIENS

PRÉFACE

Paul fonda l’Église de Corinthe pendant le séjour d’un an et demi qu'il fit dans cette ville à la fin de son second voyage missionnaire de 53 à 4 (Actes 18 : 11: 2 Cor. 1 : 19). L'Église fut tout de suite nombreuse. Elle s’était surtout recrutée dans les basses classes (1 Cor. 1 : 26; 6: 11; 8: 10; 12 : 13).

Après le départ de Paul, Apollos continua l’œuvre commencée ; puis arrivèrent de Jérusalem d’autres missionnaires, dont les uns prêchèrent la doctrine de Pierre, les autres l’enseignement du Christ historique sans se couvrir de l’autorité de tel ou tel apôtre. Divers partis se formèrent alors dans l’Église.

Vers la fin du séjour de trois ans que Paul fit à Éphèse, c’est-àdire vers la Pâque de l’an 57, trois membres de l’Église de Corinthe : Stephanas, Fortunatus et Achaïcus (1 Cor. 16 : 17), tous #trois «de la maison de Chloé » — ou «fils de Chloë» — (1 Cor. 1: 11), lui furent envoyés en députation; ils étaient porteurs d’une lettre de l'Église consultant l’apôtre sur certaines questions, objets des plus vifs débats (mariage et célibat, viandes sacrifiées aux idoles, don des langues, résurrection des corps, ete.). Ces trois messagers apprirent en outre à Paul, de vive voix, que les Corinthiens étaient

divisés en quatre partis, les uns se réclamant de Paul, les autres d’Apollos, les autres de Pierre, d’autres enfin prétendant ne relever que du Christ sans l'intermédiaire d'aucun apôtre. Paul leur écrivit alors notre première épître aux Corinthiens, qui est en réalité la seconde lettre qu’il leur adressait, car il leur avait déjà écrit une lettre d’avertissements qui a été perdue (1 Cor. 5, 9).

Il commence par leur parler des partis qui les divisent et 1] assigne à chacun sa vraie place (ch. 1, 2, 8, 4); puis il leur fait de vives remontrances sur un scandale (mariage illicite ou inceste) qu’ils osent tolérer parmi eux. Il passe ensuite aux procès que les chrétiens ont entre eux (ch. 5 et 6). Enfin il répond successivement aux questions qui lui sont posées dans la lettre d’eux qu’il a reçue : le mariage (ch. 7), les viandes sacrifiées aux idoles (ch. 8). Il relève la dignité de son apostolat (ch. 9 et 10). Il insiste sur l’attitude que chacun doit prendre dans l'Église, sur la manière de célébrer la sainte Cène, sur l’unité du corps de l'Église et la diversité de ses membres, sur le don de la charité et sur le don des langues (ch. 11, 12, 13, 14). Il discute les objections faites à la résurrection des corps (ch. 15), et termine en annonçant son prochain départ d'Éphèse et son arrivée à Corinthe (ch. 16).

L’allusion à la fête de Pâque, qui se trouve ch. 5, v. 7 et 8, montre bien que c’est au moment de cette fête et, comme nous l’avons dit, en l’an 57, que cette épître a été écrite. Vers la Pentecôte, Paul partit, en effet, pour Corinthe en passant par la Macédoine.

La première épître aux Corinthiens nous fait pénétrer dans la vie intérieure des Églises apostoliques. Elle nous initie aux difcultés que rencontrait l’apôtre Paul et au caractère très particulier des questions qui troublaient les communautés d'alors.

L'authenticité de cette épître est absolument certaine et d’ailleurs n’a jamais été attaquée. Il va sans dire que les chrétiens des premiers siècles l’ont toujours rangée au nombre des écrits incon-

testés.

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