GRACE ET PAIX VOUS SOIENT DE PLUS EN PLUS DONNÉES
Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, de nous avoir régénérés dans sa grande miséricorde pour que nous ayons, par la résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts, une vivifiante espérance, celle d’un héritage incorruptible, immaculé, inaltérable, réservé dans ies cieux à vous que la puissance de Dieu garde par la foi pour le salut qui est prêt à paraitre et paraîtra au moment suprême.
Vous en êtes transportés de joie, quoique vous soyez, pendant quelque temps encore, attristés de diverses épreuves. S'il le faut, c'est afin que l'épreuve par laquelle passe votre foi, bien plus précieuse que celle de l’or (et cependant cette matière périssable est éprouvée au feu), tourne à votre louange, votre gloire, votre honneur, lorsque paraitra Jésus-Christ, que vous aimez sans l'avoir vu; et, croyant en lui sans le voir encore, vous êtes transportés d’une joie ineffable et glorieuse, parce que vous remporterez la récompense de votre foi, le salut de vos âmes.
Ce salut a été le sujet des recherches et des investigations des prophètes qui ont prédit la grâce à vous destinée; ils cherchaïent quelle époque et quelles circonstances indiquait l'Esprit de Christ qui rendait en eux un témoignage prophétique aux souffrances destinées au Christ et à la gloire dont elles seraient suivies. Et il leur fut révélé que ce n’était pas pour eux-mêmes, mais pour vous qu'ils étaient dispensateurs de ces choses, que vous ont maintenant annoncées par l'Esprit saint, envoyé du ciel, ceux qui vous ont prèché l'Évangile, et au fond desquelles les anges mêmes désirent plonger leurs regards.
Ainsi donc, ceignez vos reins (je parle au figuré), et soyez sobres; placez votre espérance tout entière dans la grâce? qui vous sera apportée lorsque paraîtra Jésus-Christ.
En enfants obéissants, ne suivez pas les errements de vos passions premières, quand vous étiez dans l'ignorance; mais, comme l'a dit le Saint qui vous ἃ appelés, soyez saints, vous aussi, dans toute votre conduite, car il est écrit : « Vous serez saints, car moi je suis saint°»; et Si vous invoquez comme Père celui qui, sans faire acception de personne, juge chacun selon son œuvre, marchez dans la crainte de Dieu tout le temps de votre pèlerinage; car ce n'est pas, vous le savez, par des choses périssables, par de l'argent cu par de l'or que vous avez été rachetés de cette manière de vivre si vaine que vous avaient léguée vos pères, mais par un sang précieux, semblable à celui d’un agneau sans tache et sans défaut, le sang de Christ, prédestiné avant la création du monde, et manifesté à cause de vous à la fin des siècles.
ar lui vous avez foi en Dieu qui l’a ressuscité d’entre les morts et l’a glorifié, de sorte que votre foi est aussi une espérance en Dieu.
1 Littéralement : ceignez les reins de votre pensée, c’est-à-dire soyez dans l’état d'âme d'un homme dont les reins sont ceints. Le passage Job 38, 3, exprime la même idée : ceins Les reins comme un vaillant homme. Voir Luc 12, 35.
? On peut lire aussi, d’après une autre ponctuation : soyez parfaitement sobres; placez votre espérance dans la grâce. etc.
3 Lévitique 11, 44; 19, 2; 20, 7, 26,
Après avoir sanctifié vos âmes par l’obéissance à la vérité et en vue d’une sincère affection fraternelle, aimez-vous ardemment les uns les autres et de tout cœur, vous qui êtes nés de nouveau non d'un germe corruptible, mais d'un germe incorruptible, d'une parole vivifiante de Dieu, d’une parole qui ne passera pas. Car :
« Toute chair est comme l'herbe,
Et toute sa gloire comme la fleur de l'herbe ;
L'herbe sèche et sa fleur tombe,
Mais la parole du Seigneur demeure éternellement. »
Cette parole est celle dont la Bonne Nouvelle vous a été annoncée.
Débarrassez-vous donc de toute méchanceté, de toute fausseté, dissimulation, jalousie et médisance; semblables à des enfants nouveau-nés, désirez vivement le lait pur (je parle au sens spirituel}, afin de croître par lui pour le salut, si :
« Vous avez goûté que le Seigneur est doux 2,»
Approchez-vous de lui «pierre» vivante, «rejetée» par les hommes, mais aux yeux de Dieu, «choisie», «précieuse?» , et alors vous, comme des pierres vivantes, édifiez-vous vousmêmes en maison spirituelle, formez un saint clergé, qui offre des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus- Christ.
On lit en effet dans l’Écriture :
« Voici que je place en Sion une pierre,
Une pierre d'angle choisie et précieuse,
Et celui qui aura confiance en elle ne sera pas déçu.» Ainsi donc à vous, croyants, l'honneur; quant aux incrédules :
1 Ésaïe 40, 6, 7, 8.
2 Psaume 34, 9.
3 Voy. pour ces mots : pierre, rejetée, choisie, précieuse, Psaume 118, 22 et Esaie 28, 16.
4 Ésaïe 28, 16.
Et
«La pierre rejetée par les constructeurs Est devenue la principale pierre d'angle, »
ei :
«Une pierre d'achoppement,
Un roc qui fait tomber ?» ;
Is s'y heurtent pour n'avoir pas cru à la parole et c'est à cela qu'ils sont destinés. Mais vous, vous êtes œune race élue, un clergé royal, une nation sainte *,
Un peuple que Dieu s’est acquis
Pour que vous annonciez les mérites»
de Celui qui vous ἃ appelés des ténèbres à son admirable lumière; vous qui, autrefois, «ne formiez pas un peuple 5 », vous êtes maintenant: Cun peuple de Dieu7», vous qui: «n'aviez pas obtenu maiséricordeS, vous avez maintenant «obtenu miséricorde? ».
Mes bien-aimés, je vous exhorte comme des étrangers et des expatriés: Gardez-vous des passions sensuelles qui font la guerre à l'âme; conduisez-vous bien au milieu des païens, et alors, voyant que ces choses dont ils vous accusent à tort, vous traitant de malfaiteurs, sont, examinées de près, de bonnes œuvres, ils rendront gloire à Dieu au jour de sa «visitation 1».
Soumettez-vous, à cause du Seigneur, à toutes les autorités instituées par les hommes; au roi, comme au souverain; aux gouverneurs, comme délégués par lui pour châtier les malfaiteurs et approuver les gens de bien. C’est la volonté de Dieu que, par
1 Psaume 118, 22.
2 Ésaïe 8, 14.
; Emprunté à Ésaïe 43, 20.
4 Emprunté à Exode 19, ὁ.
5 Ésaïe 48, 21.
5 Emprunté à Osée 2, 25.
1 Ibid.
8 Jbid.
9 Ibid.
10 Le jour de la visitation de Dieu (terme fréquemment employé dans l'Ancien Testament) est le jour où Dieu vous appelle, s'adresse à vous (par l’épreuve on autrement), en un mot vous visite,
1 Le «roi» désigne ici, sans nul doute, l'empereur romain,
Lid
votre bonne conduite, vous imposiez silence aux insensés qui vous méconnaissent. Comportez-vous en hommes libres, non en hommes dont la liberté n’est qu'un voile qui cache le vice, mais en serviteurs! de Dieu. Soyez respectueux pour tout le monde, aimez les freres, craignez Dieu, respectez le roi?.
Domestiques, soyez en toutes choses soumis à vos maîtres avec crainte, non seulement à ceux qui sont bons et humains, mais aussi à ceux qui sont méchants. C’est une grâce d’endurer des peines et de souffrir injustement par motif de conscience et pour Dieu. Quel est votre mérite, si, après avoir commis une faute, vous supportez patiemment les soufflets? Mais si, après avoir fait le bien, vous supportez patiemment la souffrance, voilà qui est une grâce aux yeux de Dieu; et c'est à cela que vous avez été appelés. Car le Christ aussi ἃ souffert pour vous; il vous a laissé un exemple pour que vous suiviez ses traces;
«Lui qui n'a pas commis de péché
Et dans la bouche duquel il ne s’est trouvé aucune fraude.» Outragé, il n’a pas rendu l’outrage; maltraité, il n'a pot fait de menaces; il ἃ remis sa cause à Celui qui juge avec justice, et c’est lui «qui a porté.nos péchés “» en son corps sur le bois, afin que, morts au péché, nous vivions pour la justice; c’est lui dont «les plaies vous ont guéris5». Vous alliez «(ἃ et là comme des brebis» et maintenant vous êtes revenus vers le berger et le gardien? de vos àmes.
Et vous, femmes, soyez, de même, soumises, chacune à votre mari, afin que ceux d’entre eux qui seraient rebelles à la parole soient gagnés, en dehors de la parole, par la conduite de leurs femmes, considérant que cette conduite est chaste et réservée.
1 Grec, esclaves.
2 Voir la note du verset 13.
3 Ésaie 53, 9.
1 Allusion à Ésaie 53, 4.
5 Allusion à Ésaie 53, 5.
6 Allusion à Ésaie 53, G.
7 Littéralement : le surveillant. Voir note sur 1 Tim. 3, 1,
Cherchez non la parure du dehors, qui consiste à s’entrelacer les cheveux avec art, à porter des bijoux d’or, à mettre de riches vêtements, mais la beauté cachée du cœur, le charme impérissable d’un esprit doux et tranquille; voilà la vraie richesse devant Dieu. Tel était l’ornement des saintes femmes d'autrefois, espérant en Dieu, soumises chacune à son mari, Sarra, par exemple, qui obéissait à Abraham et l’appelait «son Seigneur !», Sarra, dont vous êtes devenus les enfants en faisant le bien sans crainte, sans aucune appréhension.
Et vous, maris, de votre côté, traitez vos femmes comme un être plus éclairé doit traiter un être plus faible; ayez pour elles des égards comme pour des cohéritières de la grâce de vie?, afin que vos prières ne soient pas troublées.
Enfin, ne soyez tous qu'un cœur et qu'une âme, fraternels, compatissants, humbles, ne rendant pas le mal pour le mal, l’outrage pour l'outrage, au contraire bénissant, car, pour hériter d’une bénédiction, vous avez été appelés à bénir. Et en effet :
«Que celui qui veut aimer la vie
Et voir des jours heureux
Garde sa langue du mal
Etses lèvres du mensonge,
Qu'il se détourne du mal et fasse le bien,
Qu'il aspire à la paix, qu'il la recherche ;
Parce que le Seigneur a les yeux sur les justes
Et ses oreilles sont attentives à leurs prières,
Mais la face du Seigneur regarde ceux qui font le mal*.»
Et puis, qui peut vous faire du mal, si vous vous appliquez à faire le bien? Si même il vous arrivait de souffrir pour la justice, soyez-en heureux !
1 Genèse 18, 12.
2 On peut lire aussi, d’après une autre ponctuation : «Trailez vos femmes comme doit le faire un être plus éclairé, ayez pour elles des égards comme élant plus faibles que vous et comme élant cohéritières, ete. »
8 Psaume 84, 13, 14, 15, 16.
en πον
« Seulement n'ayez d'eux aucune espèce de crainte Et ne vous laissez pas troubler; »
mais «craignez saintement » dans vos cœurs Christ «le Seigneur?».
Ayez une apologie toujours prête pour ceux qui vous demandent compte de vos espérances, mais faites-la avec douceur et modestie, forts de votre bonne conscience, afin que ceux qui diffament votre bonne conduite en Christ aient à rougir de leurs calomnies; car il vaut mieux souffrir en faisant le bien (si telle est la volonté de Dieu) qu'en faisant le mal.
Christ aussi a souffert pour les péchés une fois pour toutes — un juste pour des injustes! — afin de nous amener à Dieu, ayant été mis à mort quant à la chair, étant revenu à la vie quant à l'Esprit.
Étant Esprit, il est allé prêcher aux esprits en prison, qui ont été rebelles autrefois, du temps où Noé construisait l'arche lorsque Dieu prolongeait sa patience.
Dans cette arche, peu de personnes, huit seulement, furent sauvées et ce fut à travers l’eau; or cette eau vous sauve, vous aussi, sous la forme du baptème, qui en est l'image correspondante {je n'entends pas par baptème une simple ablution débarrassant le corps de ses souillures, mais l'alliance qu'une bonne conscience fait avec Dieu); ce baptème-là vous sauve par la résurrection de Jésus-Christ, qui est à la droite de Dieu, depuis qu'il est monté au ciel et qu'il s'est soumis anges, puissances et dominations.
Ainsi donc, Christ a souffert dans la chair; faites-vous une arme de cette pensée-la; car celui qui a souffert dans sa chair en ἃ fini avec le péché et ne doit plus, pendant le temps qui lui reste ici-bas, vivre selon les passions des hommes, mais selon la volonté de Dieu.
Assez longtemps vous avez fait la volonté des païens, en vivant dans la débauche, les mauvais désirs, l’ivrognerie, les excès de
1 Ésaïie 8, 12.
2 Expressions empruntées à Esaïe 8, 13.
[Re]
Co
table, les orgies et le culte impie des idoles. 115. trouvent étrange que vous ne vous plongiez plus avec eux dans cette fange et dans ces infamies, et ils vous outragent : ils rendront compte à Celui qui est prêt à juger les vivants et les morts.
Et, en effet, en vue de ce jugement, l'Évangile a été annoncé aussi aux morts, afin qu'après avoir été jugés et condamnés à la mort du corps comme pécheurs, ils puissent trouver la vie divine, la vie de l'Esprit !.
La fin de toutes choses approche. Soyez donc sages et sobres pour pouvoir prier.
Avant tout, ayez les uns pour les autres un ardent amour, car
«L'amour couvre une multitude de péchés 5».
Exercez entre vous l'hospitalité sans vous plaindre.
Que chacun mette au service des autres le don qu'il a reçu, comme le doivent de bons administrateurs des diverses grâces de Dieu. Que celui qui enseigne, enseigne comme étant l’oracle de Dieu; que celui qui exerce les fonctions de diacre, les exerce comme employant une force dispensée par Dieu, afin que, en toutes choses, Dieu soit glorifié par Jésus-Christ, auquel appartiennent la gloire et la puissance aux siècles des siècles! Amen,
Mes bien-aimés, ne soyez pas surpris de l'incendie qui s'allume au milieu de vous pour vous éprouver, comme s'il vous arrivait quelque chose d’étrange; mais réjouissez-vous d’avoir part aux souffrances du Christ, afin de vous réjouir encore, et avec chants de triomphe, au jour de la révélation de sa gloire. Si l'on vous outrage au nom de Christ, vous êtes heureux; car l'Esprit de gloire, l'Esprit de Dieu repose sur vous. Qu’aucun de vous ne soit puni? comme meurtrier, comme voleur, comme malfaiteur,
1 Littéralement : après avoir été jugés, comine hommes, quant à μα chair, ils vent, comme Dieu, quant à lesprit.
? Proverbes 10, 12.
᾿ Littéralement : n'ait à souffrir.
PREMIÈRE ÉPÎTRE DE PIERRE 667 comme surveillant indiscret de ceux du dehors!, mais si quelqu'un souffre comme «chrétien», qu'il n’en rougisse pas; qu'il glorifie Dieu au contraire de porter ce nom-là; car le moment est venu où le jugement va commencer par la maison de Dieu. S'il commence par nous, quelle sera la fin de ceux qui n’obéissent pas à l'Évangile de Dieu, et si :
«Le juste ne sera sauvé qu'à grand'peine,
L'impie, le pécheur? que deviendra-t-il3?»
Que ceux donc qui souffrent selon la volonté de Dieu recommandent leurs âmes au fidèle Créateur, en faisant ce qui est bien.
J'adresse maintenant mes exhortations aux Anciens parmi vous, moi, un Ancien comme eux et un témoin des souffrances du Christ, moi, qui aurai ma part aussi de la gloire qui doit être révélée :
Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde; faitesle“ non par contrainte, mais volontairement”, non par vil intérêt, mais par dévouement, non en dominateurs de ceux qui vous sont échus en partage, mais en devenant les modèles du troupeau; et quand le souverain pasteur paraîtra, vous remporterez la couronne de la gloire qui ne se flétrit Jamais.
Quant à vous, jeunes gens, soyez soumis aux Anciens, et, d’ailleurs, montrez tous de l'humilité dans vos rapports mutuels,
Car :
«Dieu résiste aux orqueilleux Et il fait grâce aux humbles 5.»
1 C'est-à-dire se permettant de critiquer les institutions politiques ou sociales du monde païen.
2 On peut lire aussi, d’après un autre texte : celui qui est impie et pécheur, que deviendra-t-il?
5 Proverbes 11, 31.
4 Plusieurs anciens manuscrits lisent : veillez sur lui, non par contrainte, etc.
> Plusieurs anciens manuscrits ajoutent : selon Dieu.
5 Proverbes 3, 34.
Humiliez-vous denc sous la main puissante de Dieu pour qu'il vous élève, quand le temps sera venu,
« Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis !», car c’est lui qui prend soin de vous.
Soyez sobres; soyez vigilants; votre adversaire, le Diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant quelqu'un à dévorer. Résistez-lui, fermes en la foi, sachant que vos frères répandus dans le monde, éprouvent les mêmes souffrances que vous éprouvez.
Le Dieu de toute grâce qui vous a appelés en Christ à sa gloire éternelle, après un peu de souffrances, vous perfectionnera luimême, vous affermira, vous fortifiera?. A lui soit la force aux siècles des siècles! Amen.
C’est par Silvanus, frère, à mon avis, fidèle que je vous écris ces quelques lignes, pour vous exhorter et vous attester que c'est à la vraie grâce de Dieu que vous vous êtes attachés.
L’élue“ qui est à Babylone vous salue ainsi que Mare, mon fils.
Saluez-vous les uns les autres du baiser d'amour.