MISÉRICORDE, PAIX ET AMOUR VOUS SOIENT DE PLUS EN PLUS DONNÉS
Bien-aimés, je mettais beaucoup de soin à vous écrire concernant notre salut commun?, quand je me suis trouvé forcé de vous adresser cette lettre pour vous prier de défendre la foi qui a été une fois pour toutes transmise aux fidèles. Car il s’est faufilé parmi nous certains personnages (des impies dont la sentence est déjà écrite et depuis longtemps) qui changent en orgie la grâce de notre Dieu, et qui renient notre seul maitre et Seigneur Jésus- Christ.
Je veux vous rappeler (et c'est inutile, car vous savez tout) : que le Seigneur, ayant délivré le peuple du pays d'Égypte, fit périr la seconde fois ceux qui furent incrédules; que les anges qui n'ont pas su conserver leur rang et ont déserté leurs propres demeures, ont été mis par lui en réserve pour le jugement du
1 Grec: Esclave.
? Jude avait donc écrit une première lettre que nous n’avons pas. Cependant on peut traduire aussi : J'avais un grand désir de vous écrire concernant notre salut commun, lorsque je me suis trouvé dans la nécessité de le faire et de vous adresser cette lettre, etc.
grand jour, dans les ténèbres et retenus par des chaines éternelles ; que Sodome, Gomorrhe et les villes voisines qui se prostituèrent comme ceux dont je parle et coururent aux crimes contre nature, sont devant nous comme un exemple, subissant la peine du feu éternel.
Malgré cela, ceux dont je parle font de même; dans leurs rêveries, ils souillent la chair, méprisent l’autoritét, insultent les gloires?! Or, même l’archange Michel, quand il discutait avec le Diable et lui disputait le corps de Moïse*, n’osa pas l’insulter, en prononçant son jugement, il lui dit seulement : «Que le Seigneur te punisse !» Eh bien, ceux dont il s’agit insultent tout ce qu'ils ne connaissent pas, et ce qu'ils savent naturellement comme des bêtes brutes, ils s’y perdent!
Malheur à eux! car ils sont entrés dans la voie de Caïn! Ils se sont jetés, pour de l'argent, dans l'erreur de Balaam! Ils ont péri dans la révolte de Coré!
Ces gens-là sont un écueil dans vos agapes'; ils s’y gorgent sans pudeur; ils ne pensent qu'à se repaitre°! Nuages sans eau emportés çà et là par les vents! Arbres de fin d'automne sans fruits! deux fois morts! déracinés! Flots sauvages de la mer, jetant l’écume de leurs turpitudes! Astres errants, auxquels le gouffre des ténèbres est réservé pour l'éternité!
C'est d'eux qu'a prophétisé Hénoch, le septième patriarche depuis Adam, quand il ἃ dit: «Voilà que le Seigneur vient avec ses saintes myriades, pour prononcer un jugement contre tous, el pour convaincre tous les impies de toutes les œuvres d'impiété qu'ils ont commises et de toutes les dures paroles qu'ils ont prononcées contre lui, eux, ces pécheurs impies ὃ.» Ce sont des mécon-
1 L'autorité du Seigneur.
2 C'est-à-dire ceux qui sont dans la gloire.
3 Allusion à un livre apocryphe, intitulé: L'Assomption de Moise, que lisaient les Juifs et les chrétiens de ce temps-là.
# Voir sur agapes note sur deuxième Ep, de Pierre 2, 13.
5 On peut lire, d’après une autre ponctuation : ils s’y gorgent, ils ne pensent qu'à se repaitre sans pudeur.
ὁ Hénoch 1,9. Le livre d'Hénoch est aussi un de ces livres apocryphes que lisaient les Juifs et les chrétiens.
tents, toujours à gronder, guidés par leurs passions, dont la bouche est pleine d’emphase, qui flattent les gens par intérêt !
Mais vous, bien-aimés, rappelez-vous les paroles prononcées par les apôtres de notre Seigneur Jésus-Christ. Ils vous disaient qu'aux derniers temps paraïtraient des railleurs, guidés par leurs passions impies. Eh bien, il s’agit de ceux-là, de ces auteurs de schismes, de ces êtres sensuels, n'ayant pas l'Esprit.
Mais vous, bien-aimés, édifiez-vous vous-mêmes sur le fondement de votre très sainte foi; priez, dirigés par l'Esprit saint; maintenez-vous vous-mêmes dans l'amour de Dieu; attendez que la miséricorde de notre Seigneur Jésus-Christ vous donne la vie éternelle.
De ceux qui hésitent, réprimandez les uns!, sauvez les autres en les arrachant du feu; ayez des autres une pitié mêlée de crainte, haïssant jusqu'au vêtement souillé par la chair.
A celui qui peut vous préserver de toute chute et vous faire comparaître devant sa gloire irréprochables et joyeux, au Dieu unique, notre Sauveur par Jésus-Christ notre Seigneur, appartiennent la gloire, là grandeur, la force et la puissance de toute éternité, -maintenant et dans tous les siècles! Amen.
« 1 Plusieurs anciens manuscrits lisent : De ceux qui hésitent, ayez pitié des uns, sauvez les autres, etc.
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PRÉFACE
Cet ouvrage est un spécimen d’un genre de composition religieuse assez fréquent pendant les siècles qui ont immédiatement précédé et immédiatement suivi l’apparition du christianisme. Le livre de Daniel dans l’Ancien Testament est une Apocalypse; le dernier livre du Nouveau Testament en est une autre. Son auteur s’est d’ailleurs constamment inspiré du livre de Daniel.
Quel est cet auteur? Les anciens chrétiens, Papias par exemple, ont dit: c’est l’apôtre Jean. Mais cette opinion ne s’est point établie, et l'Église d'Orient des premiers siècles a tout entière rejeté l’Apocalypse. Elle ne plaçait pas ce livre dans son Nouveau Testament (voir, dans l’appendice à notre Introduction, page 80, la liste des livres du Nouveau Testament d’après la traduction syriaque appelée la Peschito). Plus tard, Origène hésitait à l’admettre. Denys d'Alexandrie le repoussait. Au quatrième siècle, Eusèbe le déclare contesté; Chrysostome ne prêchait jamais sur l’Apocalypse. Ce n’est donc pas sans beaucoup d’opposition que cet ouvrage ἃ été admis dans le Nouveau Testament.
Si, pour découvrir son auteur, nous nous en rapportons à l'écrit lui-même, nous apprenons qu’il s'appelle « Jean, serviteur de Dieu.» Nulle part il ne s'appelle apôtre et lorsqu'il parle des douze (2, 2; 18,20; 21, 14), ce n’est jamais pour se compter parmi eux.
Mais, d’autre part, il rappelle, par son style et par quelquesunes de ses idées, l’écrivain du quatrième Évangile, et il y ἃ une parenté évidente entre les deux écrits. Il est donc possible que
l'auteur de l'Apocalypse soit l’apôtre Jean; cependant, comme le nom de Jean était très commun au premier siècle, on ne peut acquérir ici une entière certitude,
C’est à Patmos, qui n’était nullement un désert, comme on l’a souvent dit, mais une île fort peuplée alors et très commerçante, que «Jean, serviteur de Dieu» a eu les Révélations qu’il nous raconte.
Nous n'avons pas à donner ici une analyse de l’Apocalypse. L'exposition de son contenu a souvent été faite. Quant au sens à donner à ces Révélations, on sait combien il a été et est encore discuté. Rappelons seulement que l’auteur annonce «ce qui doit arriver bientôt » (1, 1). Il est donc inutile de chercher l’accomplissement des prophéties de ce livre dans un avenir éloigné. Il s’agit d'événements contemporains de l’auteur ou à peu près.
La date précise de la composition de l’Apocalypse est difficile à fixer. Certains passages du livre ont été rédigés au temps de Néron ou peu après, car au chapitre 17, verset 9, 10, l’auteur déelare aussi clairement que possible qu’il écrit sous le sixième empereur romain. D'autre part, il est probable que plusieurs parties de l’ Apocalypse se rapportent à la persécution ordonnée par Domitien. La rédaction du livre aurait donc été reprise sous cet empereur, et l'Église, en enseignant que l’Apocalypse entière date de Domitien, ne se serait trompée qu'en partie.
Nous ne saurions entrer dans plus de détails, car ces questions d'auteur et de date ne sont pas encore entièrement résolues, et nous ne notons dans nos préfaces que les faits acquis à la science,
Telle qu’elle est, et malgré ses obscurités, l’Apocalypse de Jean est un des plus beaux livres du Nouveau Testament. Quand on place cet ouvrage dans son milieu historique, quand on y voit un tableau des persécutions subies par l’Église du premier siècle et de sa lutte contre l’empire romain, une protestation de la vérité contre le mensonge, la victoire du bien sur le mal, l’afirmation sereine du triomphe final de Dieu qui ne peut être vaineu, on y trouve ce que les chrétiens y ont toujours trouvé, une source abondante d’édification pour l'âme croyante et l'écho suprême des
antiques prophéties d'Israël.
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CSS QT À
RÉVÉLATION DE JÉSUS-Crrisr QUE DIEU LUI À ACCORDÉE pour MONIRER À SES SERVITEURS! CE QUI DOIT ARRIVER BIENTÔT, ET QUE LE CHRIST A TRANSMISE EN ENVOYANT SON ANGE À SON SERVITEUR JEAN, QUI ATTESTE, COMME TÉMOIN OCULAIRE, LA PAROLE DE Dieu ET LE TÉMOIGNAGE DE JÉsus-Curisr.
Heureux celui qui lira,? heureux ceux qui entendront la parole* de cette prophétie et qui observeront ce qui y est écrit, car le temps est proche!