‹ Le nouvel Aladdin: suivi de Fleuranges (volume 2)Chapitre 101 sur 133 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

celui à qui devaient appartenir sa fortune et sa personne. Le temps prescrit pour son deuil était écoulé; à peine arrivée à Paris, précédée par le titre prestigieux de riche héritière et de jolie femme, elle éveilla de tous côtés la convoitise. On ne l'avait encore vue nulle part, et déjà trois personnages de distinction avaient demandé sa main pour des parents ou des amis. M. de Condorcet avait parlé au commandeur en faveur de Saint-André; madame de Muy, veuve d'un ancien ministre, avait présente chez la marquise son cousin, M. de Béville, et M. de Hiroménil, attaqué d'une maladie mortelle, promettait cent mille écus sur son testaient si on voulait donner mademoiselle de la Noue au comte de Noyon, son protégé. La marquise répondit que sa maison était ouverte à tous les jeunes gens de bonne compagnie, que la main d'Henriette appartiendrait à celui qui réussirait à plaire ;

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mais elle annonça aussi qu'elle attendait un quatrième concurrent, dont elle favorisait les prétentions, sans vouloir pourtant contraindre en rien sa nièce.

Mademoiselle de la Noue avait accueilli Saint-André avec une politesse froide, Béville avec uit dédain majestueux, et M. de Noyon avec des railleries. Saint-André, qui avait plus d'esprit que les deux autres, se crut préféré ; la fermentation se mit dans sa tête, non par amour, mais par envie d'épouser une dot d'un million ; c'est alors qu'il imagina cette expédition qui coûta la vie au pauvre Tillemont, et qui conduisit le chevalier de Fleuranges chea la marquise, comme on l'a vu au chapitre précédent*

La plaisanterie était plus à la mode en ce témps-là qu'aujourd'hui. Celle que le chevalier s'était permise sur un triste sujet avait son excuse dans la légèreté du siècle, et d'ailleurs Fleuranges n'en déplorait pas

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