‹ Le nouvel Aladdin: suivi de Fleuranges (volume 2)Chapitre 102 sur 133 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

moins sincèrement la mort de son compagnon de route. En quittant mademoiselle de la Noue , il ne se crut nullement encouragé à poursuivre le rôle de prétendu ; c'est pourquoi il laissa au hasard le soin de débrouiller l'intrigue. Pour faire connaître au lecteur les suites de cette affaire, nous l'introduirons dans le salon de madame de Champré.

— Monsieur mon beau-frère, disait la marquise tout en parfilant, vous croyez donc que nous avons reçu la visite d'un revenant?

— Madame ma belle-sœur, répondit le commandeur, je ne sais ce que j'en dois croire, mais je n'ai point rêvé ce que je vous dis. Hier, quand vous avez envoyé chez M. de Tillemont, ne vous a-t-on pas répondu que ce jeune homme était mort? Ne suis-je pas allé ce matin à l'hôtel d'Angleterre ? N'y ai-je pas vu un catafalque, des cierges, un

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cercueil , et puis le service à Saiot-Roch?

Le valet de chambre du défunt ne m'a-t-il pas dit l'avoir enseveli lui-même ? Cet homme n'est-il pas resté pleurant derrière le char jusqu'au cimetière, où j'ai conduit le mort, et où je l'ai vu mettre en terre, comme je vous vois à présent hocher la tête et me regarder d'un air de pitié ?

— Vous avez eu la berlue, mon frère.

Votre esprit baisse, je vous en donne avis.

— Vertudieu ! madame, je vous dis que j'ai vu tout cela. Suis-je le premier à qui ces aventures soient arrivées? Notre grand-père ne nous a-t-il pas raconté que le maréchal de Gassion avait été averti de sa fin tragique par un fantôme? N'y a-t-il pas cent histoires de ce genre dans tous les pays?

— Ce sont des sornettes que ces histoires-là.

— Comme il vous plaira. Expliquez- moi donc alors cette affaire-ci. Pourquoi M. de

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