‹ Le nouvel Aladdin: suivi de Fleuranges (volume 2)Chapitre 123 sur 133 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

cuits par la chambre , et les autres signes auxquels on reconnaît la folie amoureuse , voyant la nuit approcher , il courut chez la jeune fille. Le chevalier se jeta aux genoux de Jeannette. Il ne la conduisit point à la comédie; il ne l'entraîna point souper chez lui , et ne la garda point jusqu'au matin ; mais il fit apporter son souper chez elle et ne la quitta que le lendemain au grand jour, ce qui pouvait passer pour un équivalent.

Fieuranges employa le premier instant qu'il trouva pour réfléchir, à se demander si l'art et les finesses auraient eu le même succès que sa simplicité , el si Saint-André n'était pas au fond un froid arithméticien.

Notre héros ne fit aucun mystère de sa liaison avec Jeannette. Il ne quittait guère " sa maîtresse , et la menait aux loges grillées du théâtre Favart. On ne le vit plus chez la marquise , et ses rivaux ne manquèrent pas d'annoncer en triomphant son infidélité.

Saint-André, qui regardait son ami comme perdu dans l'esprit d'Henriette , revint à ses anciennes espérances. Il acheta une perruque neuve, et reprit le cours de ses assiduités. M. de Bé ville parla des grisettes avec mépris, et M. de Noyon plaça convenablement une phrase préparée sur le défaut de Tinconstance.

Mademoiselle de la Noue suivait les modes avec grand soin. Elle mettait du rouge et se posait habituellement deux mouches qui lui allaient à ravir, Tune au coin de la bouche, et l'autre sous l'œil gauche. Quel fut l'étonnement de ses adorateurs, lorsqu'elle parut un soir toute pâle , sans son rouge ni ses mouches ! Ce ne pouvait être qu'un oubli. M. de Noyon fit remarquer à Henriette cette omission grave : on ne lui répondit que par un regard dédaigneux.

M. de Béville, voyant l'écueil où tombait son rival, déclara que le fard était une chose

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