‹ Le nouvel Aladdin: suivi de Fleuranges (volume 2)Chapitre 125 sur 133 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

mauvais esprit qui vous possède. Il fallait me dire cela plus tôt. Je vous aurais excusée, secourue. Finissez ces sanglots, ma chère nièce. Raisonnons tranquillement :

vous n'êtes pas si méchante que vous le croyez. Les jeunes filles ont souvent de ces folles envies qui leur donnent un faux caractère pour quelque temps. Ce sera passager , le mariage vous guérira ; nous ferons en sorte que vous ayez votre chevalier.

— Hélas i madame, que je suis honteuse !

— Remettez-vous , ma belle. Tout s'arrangera. Fleuranges vous aime; c'est par dépit et par vengeance qu'il feint de s'attacher à une autre. Il nous reviendra dans peu. Je voudrais bien voir qu'une griselte pût vous l'enlever.

— Où me cacher, bon Dieu ? dit Henriette.

— N'ayez point de honte, mon enfant.

Votre franchise est honnête et louable. Je

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suis votre amie et votre tante. Vous ne devez point rougir devant moi.

Henriette ouvrit entièrement son cœur et causa longuement avec sa tante du mauvais génie qui l'obligeait à parler et agir au rebours de ce qu'elle sentait.

Pendant cette conférence, Saint-André cheminait dans les rues, le menton incliné vers la terre, en travail d'un admirable projet.

— Cette jeune fille bizarre , pensait-il , aime prodigieusement les grands effets de théâtre, les péripéties, comme on dit à l'université. Qui m'empêche de lui servir ce qui lui plait? Elle a pleuré Fleuranges :

pourquoi ne me pleurerait-elle pas? Jouer le mort, et sortir de la tombe, sécher ses pleurs et la voir tomber dans mes bras, ce serait un coup de maître. Rêvons à cela cette nuit.

— Corbleu ! disait de son côté M. de Bé-

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