‹ Le nouvel Aladdin: suivi de Fleuranges (volume 2)Chapitre 126 sur 133 · CHAPITRE IY · texte numérisé non relu

CHAPITRE IY

ville, Fleuranges est un garçon rusé. Il sait l'art de la coquetterie. Se faire désirer, voilà le secret. Mon empressement est maladroit.

Partons pour la campagne. On enverra courir après moi dans les bois de Morfontaine.

M. de Noyon, illuminé subitement par un trait de lumière, se frappa le front en montant dans son carrosse.

— Pardieu ! se dit-il, si Fleuranges est un habile^homme, je serai aussi habile que lui. Soyons inconstant et prenons une grisette. Quelle idée! Faisons mieux : enlevons-lui sa grisette. Séduisons-la. Mais comment? A force d'argent. Supplantons de toutes les manières ce chevalier si redoutable.

Mademoiselle de la Noue, abandonnée à son chagrin, demeura pendant deux jours enfermée dans sa chambre. Il n'y a rien de tel pour donner des forces à l'amour que de

l'avouer à un confident. Toutes les pensées d'Henriette étaient à son volage chevalier ; cependant elle apprit avec un peu de surprise que pas un de ses adorateurs n'était venu pour la voir. Le commandeur entra dans le salon avec un visage sombre et décomposé.

— Encore une catastrophe ! murmura le bonhomme en jetant sa canne et son épée dans un coin.

— Une catastrophe ? Vous me faites frémir, mon oncle.

— Saint-André s'est brûlé la cervelle par amour pour toi, mon enfant. Il est pourtant triste d'être la cause de tous ces malheurs.

— N'y a-t-il pas encore quelque méprise ?

demanda Henriette.

— La chose n'est que trop sûre. Le pauvre garçon n'a fait aucun éclat. Il a prétexté des affaires en province, et il est allé se tuer à Saint-Cloud. J'ai voulu voir de mes yeux-

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