‹ Le nouvel Aladdin: suivi de Fleuranges (volume 2)Chapitre 40 sur 133 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

connaissez pas le patriarche Bragadino.

Demain, la pauvre enfanl serait au couvent, et moi je serais chassée honteusement de la maison.

— Ne craignez rien , reprit notre héros avec plus de force ; le patriarche a trouvé son maître. Il baisera les pieds de sa nièce, et viendra lui-même ici fairehumblement ses soumissions au cavalière Tomolo. Mes ordres arriveront chez lui aussitôt que vous, et la charmante Jacomina trouvera le plus souple et le plus facile des oncles à son retour au palais Bragadino. Rien ne peut changer mes résolutions , parce que je suis sûr de ma puissance.

A ces mots, les deux femmes échangèrent on regard d'intelligence et baissèrent la tète d'un air consterné.

— Ce n'est pas là ce que j'espérais, dit la vieille. Il faut sortir de ce mauvais pas. Mon Dieu ! n'entends-je pas des cris dans la rue?

On nous cherche peut-être. Seigneur cavalier, allez donc voir ce que c'est.

Lorsque Zanetto fut sorti , la vieille tira de sa poche une poudre noire, dont elle mesura soigneusement une dose avec la pointe d'un couteau, puis elle versa cette poudre dans un verre, qu'elle emplit jusqu'au bord de vin d'Espagne.

— Hélas ! dit la fausse Jacomina , un si aimable et gentil garçon! il me fait pitié.

— Point d'hésitation, répondit la vieille :

il y va de la vie et de la liberté ; nous sommes au bord de l'abîme. Préfères-tu y tomber sans espoir de t'en relever jamais , plutôt que d'y jeter cet étourdi? Allons , lève les yeux ! de l'assurance ! Rien de suspect ni de douteux dans le geste ni la voix !

Zanetto rentra, et vint annoncer que personne ne songeait à troubler son bonheur.

La feinte nièce du patriarche souleva gaie-

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